Éducation: On continue de niveler par le bas!

Une de mes amies Facebook (et amie dans la vraie vie, aussi!  Oui oui, j’en ai!) m’a partagé une lettre ouverte, publiée sur le site web de La Presse, en disant “J’ai hâte de connaître ton opinion!”  La lettre est écrite par Stéphane Lévesque, qui se présente comme un enseignant de français au secondaire, ce qui lui donne l’avantage de voir le système d’éducation de l’intérieur.  Il intitule sa lettre “Le diplôme d’études secondaire n’est plus”.

Dans sa missive, il explique que depuis la réforme de l’éducation (j’ajoute ici qu’il s’agit d’une autre grande réalisation de Pauline Marois!), les élèves de 1ère année du secondaire ne peuvent plus “couler” leur année, parce que l’on considérait désormais les deux premières années du secondaire comme un cycle, et que l’évaluation se ferait globalement, pour ces deux années, à la fin du cycle.  La chose avait choqué, dit-il, mais on avait rassuré les profs en leur disant qu’il faudrait aux élèves 28 unités sur 36, en 2e secondaire, pour passer en 3e.  Sauf que sa commission scolaire – qu’il ne nomme pas – vient de décider de continuer d’évaluer les élèves à la fin de la 2e année du secondaire, comptant les deux premières années comme un cycle, mais d’abaisser le nombre d’unités requises, pour passer à la 3e année, de 28 à 18, sur 36.  Ce qui revient à dire que le jeune qui coule tout son secondaire 1, et la moitié de ses cours en secondaire 2, passera quand même au secondaire 3.  Le tout fait en sorte que les élèves seront de moins en moins qualifiés, à mesure qu’ils atteindront les dernières années du secondaire.  L’auteur de la lettre conclut qu’en 2017, le diplôme d’études secondaires n’aura plus de diplôme que le nom, et que celui-ci ne sera plus qu’un permis de travail.  Il dit également que ce faisant, on a pelleté une bonne partie du problème du décrochage scolaire sous le tapis.

Cela revient à ce que je concluais dans plusieurs billets, depuis nombre d’années, à savoir que lorsque se produisent des problèmes, dans les écoles, on se fout royalement des enfants, et on va au plus court, avec la bénédiction des syndicats, bien sûr.  Mais avant de lancer tout le fiel à la commission scolaire – que Stéphane Lévesque prend bien soin de ne pas nommer, je vais demander à ce professeur de français au secondaire quels sont les efforts qu’il fait, personnellement, pour que la matière soit intéressante – à défaut d’être excitante – pour ses élèves.  Évidemment, on me dira que ce n’est pas une mince tâche de rendre la grammaire française excitante, mais comme le disait Johanne Girard, qui enseignait en 5e année du primaire, dans l’ouest de l’île de Montréal, lorsqu’elle a accordé une entrevue à Sébastien Ménard, du Journal de Montréal, entrevue que j’ai rapporté dans ce billet, il faudrait à tout le moins que les profs aient le goût de rentrer à l’ouvrage, le matin!

Dans une usine de broche à foin, on peut avoir l’air bête, en se pointant au travail; il n’y a que la machine sur laquelle on travaille qui va s’en rendre compte.  Dans une école, surtout au primaire et au secondaire, l’humeur que l’on affiche en entrant dans une classe peut changer l’atmosphère de celle-ci du tout au tout!  Quand on entre avec une bonne humeur qui se voit, et se sent, c’est difficile pour un jeune de persister à avoir l’air bête.  Bien entendu, Stéphane Lévesque ne nous indique pas s’il entre dans sa classe avec un sourire communicatif, on encore s’il arrive avec l’air d’un accident qui s’en va quelque part pour arriver!  Pour avoir longtemps côtoyé des gens syndiqués, et non-syndiqués, dans des situations comparables, je peux vous dire par expérience que les gens syndiqués sont toujours plus difficiles à faire sourire que les autres; je ne sais pas si c’est à cause du “combat” à poursuivre, ou d’une autre raison, mais il reste que l’humeur que l’on affiche, en tant que prof, fait partie de l’ensemble des éléments qui vont assurer le succès – ou l’échec – d’un élève, d’une classe, et d’une école.

Bien sûr, le fait d’abaisser les exigences pour passer d’un niveau à un autre n’encourage en rien la réussite, au contraire!  Elle encouragera le jeune à privilégier le moindre effort, parce que de toute façon, il va passer quand même.  Cela devient plus difficile pour le prof de motiver ses troupes.  Celui-ci doit donc trouver un moyen pour stimuler ses élèves, les sortir de leur bulle, et les amener à montrer ce dont ils sont capables.  L’auteur de la lettre mentionne que la décision origine des gestionnaires de sa commission scolaire, mais il n’indique pas si les conditions qu’il constate sont présentes seulement dans la sienne, ou s’il en est de même à travers tout le Québec.  Le cas échéant, l’amour de la langue française – pour s’en tenir à cette matière – ne sera qu’un peu plus théorique, et le fait de bien la parler, et de bien l’écrire, tiendra davantage du discours identitaire que de l’objectif de réussite en éducation.

Dommage.

A-50, entre Lachute et Mirabel: La meilleure solution demeure le doublement!

En jetant un oeil sur le site Canoë, je suis tombé sur cet article, signé Stéphane Sinclair, de l’agence QMI, qui mentionne que le MTQ chercherait une solution pour améliorer la sécurité sur le tronçon de l’autoroute 50, entre Lachute et l’aéroport de Mirabel.  Nous savons tous que ce tronçon est à une seule chaussée, sur laquelle se rencontrent deux voies de circulation, une dans chaque direction.

Parmi les solutions étudiées, l’article parle d’un muret, que l’on voudrait ériger entre l’aéroport de Mirabel, et la sortie de Saint-Canut.  Cette proposition aurait été dévoilée par l’agence QMI, au début de novembre, et un tollé de protestations aurait suivi, de la part de travailleurs des diverses entreprises ayant pignon sur rue à l’aéroport.  Les pauvres; ils auraient à faire un détour de, tenez-vous bien, huit kilomètres, pour se rendre et revenir de leur travail.  Que feront ces gens, le jour où l’A-50 sera doublée, et que les intersections actuelles n’existeront plus?  Ils vont lâcher leur job?  De toute façon, si le MTQ est capable d’accommoder les cultivateurs, en leur construisant des voies d’accès, lors de la construction d’autres autoroutes, il sera sûrement capable de s’entendre, avec Aéroports de Montréal, pour aménager une voie d’accès à la zone industrielle de l’aéroport, à partir du chemin Saint-Simon.

Car si le MTQ dépense des milliers – des millions? – de dollars de vos impôts et taxes, pour trouver une solution à l’A-50, je leur soumettrai que puisqu’il faut dépenser de l’argent, la meilleure solution demeure le doublement des voies.  Les viaducs sont construits en fonction d’une éventuelle seconde chaussée, et si l’on se fie aux chiffres de l’Atlas des transports du MTQ, particulièrement des débits journaliers moyens annuels (DJMA) sur les tronçons de l’A-50, entre Lachute et Mirabel, le moment d’aller de l’avant, avec cette seconde chaussée, est venu.  En effet, dans un reportage diffusé à la SRC-Ottawa-Gatineau, l’hiver dernier, on mentionnait qu’il fallait considérer un DJMA de plus de 10,000 véhicules par jour pour envisager le doublement d’une autoroute; dans le reportage, il s’agissait d’un autre tronçon de l’A-50, cette fois celui reliant le secteur Masson-Angers, de la ville de Gatineau, à Lochaber, au nord de Thurso, dont une grande partie fut ouvert à la circulation en 2008.

Les chiffres du tronçon de Lachute à Mirabel ne trompent pas; à part la partie entre les sorties 272 et 279, dont les données ne sont pas répertoriées en 2008, et celle entre les sorties 260 et 272, avant 2004, tous les tronçons répertoriés entre Lachute et Mirabel dépassent les 10,000 véhicules par jour!  Celui entre l’aéroport et la sortie 279 dépassait même les 15,000 véhicules, en 2008!  Mis à part la baisse marquée de 21,500 à 15,800 véhicules, sur la section entre l’aéroport et l’A-15, déjà construite à chaussées séparées, et une autre, beaucoup plus légère, sur la partie située entre les sorties 272 et 279, baisses causées par la cessation des vols passagers à l’aéroport de Mirabel, tous les autres chiffres sont soit stables, soit en hausse, d’une période de dénombrement à une autre.

Comme tout porte à croire que ces chiffres seront en hausse, à mesure que d’autres tronçons de l’A-50 vont laisser passer la circulation, le MTQ devrait laisser tomber les diverses recherches de solutions trop faciles pour être vraies, et quitte à investir davantage, opter pour la meilleure solution, afin d’améliorer la sécurité, sur cette autoroute.  Et cette solution, c’est définitivement le doublement.

La CLAC justifie la casse à Toronto: Bla, bla, bla…

Autre survol des titres, ce soir, sur le site web Canoë.  Que vois-je?  Un article signé Reine Côté, de l’agence QMI, justement intitulé La CLAC justifie la casse à Toronto.  Les deux porte-parole de l’organisation, qui dans les faits s’appelle la Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC), Mathieu Francoeur et Diane Royer, probablement deux “gosses de riches” qui n’ont jamais eu de véritable emploi de leur vie, ont pris la parole, justement, lors d’un point de presse, devant une cinquantaine de supporteurs gagnés à l’avance, ainsi que quelques journalistes, afin de nous faire croire que leurs actes, commis lors du sommet du G20, à Toronto, le week-end dernier, étaient justifiés.

Ils ont entre autres mentionné s’en être effectivement pris à des véhicules de police, et à des vitrines de commerces, afin d’attaquer ce qu’ils qualifient de “symboles capitalistes”.  Et Francoeur d’ajouter, en parlant de la casse, que “c’est une façon de s’exprimer pour beaucoup de gens, pas seulement pour les casseurs”.  Je rappelle ici à Francoeur que les gens qui s’expriment en cassant tout sur leur passage, d’abord correspondent fort bien à la définition d’un casseur, et ensuite commettent un crime, qui s’appelle la voie de fait, et qu’il y a un prix à payer, soit via une amende, et/ou de la prison, pour ceux et celles qui s’expriment de cette façon.  Si vous voulez vous exprimer ainsi, de surcroit devant des policiers, attendez-vous à vous faire arrêter, et à être traduit en justice.

Quant à madame Royer, elle a avancé qu’à la CLAC, “On s’inquiète. Si on n’est plus capables de sortir dans la rue pour exprimer notre mécontentement, qu’est-ce qui nous attend.”  À madame Royer, je dirai que si elle, et les autres membres de la CLAC, s’étaient contentés d’exprimer leur mécontentement en scandant des slogans, et en agitant des pancartes, personne, parmi eux, n’aurait été arrêté.  Si la seule forme d’expression de votre organisation, madame, est la voie de fait, vous méritez d’aller passer quelques temps à l’ombre, derrière les barreaux, en tant que porte-parole de celle-ci.

La CLAC dit dénoncer des gestes capitalistes.  Faudrait-il rappeler aux porte-parole de la CLAC que s’ils peuvent s’habiller convenablement, pour organiser un point de presse, et éviter de s’y présenter flambant nus, c’est justement grâce au capitalisme.  Il faudrait également rappeler aux membres de la CLAC que s’ils ont pu se rendre à Toronto, dans de beaux autobus jaunes, c’est aussi grâce au capitalisme.  Si les parents des casseurs arrêtés ont pu payer une caution, afin de permettre à leur progéniture de sortir de taule, en attendant la suite des procédures, c’est également grâce au capitalisme.

La vérité, vue d’ici, c’est que des jeunes casseurs ont juste voulu se payer une bonne joute de tapes sur la gueule, avec les forces de l’ordre, et que les membres de la CLAC ont voulu faire parler d’eux.  Les images de la casse, puis des affrontements avec les policiers chargés de la sécurité, ayant fait le tour du monde, la CLAC a remporté cette portion de leur pari.  Par contre, s’ils veulent maintenant se faire passer pour de pauvres victimes de violence policière injustifiée, avec moi, ça ne prendra pas.  Ces gens ont tout simplement couru après leurs problèmes, et ils n’ont plus, maintenant, qu’à faire face aux conséquences de leurs gestes.  Bref, qu’ils aillent “sécher” en-dedans!

Combien de temps passez-vous avec vos enfants?

« Je serais curieuse que les gens prennent un moment juste pour calculer combien de temps ils ont pris à chercher et acheter leurs cadeaux, par rapport au temps qu’ils passent avec leurs proches.  Je ne dis pas qu’il ne faut pas acheter de cadeaux. C’est aussi ça, Noël. Mais on se met un stress énorme à trouver LE cadeau. Mais, finalement, ce qui est important pour les enfants, c’est le temps passé ensemble, le plaisir. »

Ces paroles sont celles d’Isabelle Gaston, médecin-urgentologue à l’Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme.  Peut-être que son nom ne vous dit rien, comme ça, mais c’est celle qui a perdu ses deux enfants, Anne-Sophie, 3 ans, et Olivier, 5 ans, présumément assassinés par son ex-conjoint, le cardiologue Guy Turcotte.  Elle s’apprête à vivre son premier Noël sans ses enfants.  Marc Pigeon, du Journal de Montréal, a écrit une série d’articles (premier, deuxième, troisième) sur la réalité que vit cette femme, depuis le drame de Piedmont, qui a secoué tout le Québec, en février dernier.

Je ne vais pas faire l’apologie de cette dame, ni tenter de me faire l’avocat de son ex, ici.  Si je prends cet exemple, c’est seulement pour vous poser la question suivante; combien de temps passez-vous avec vos enfants?

Si vous croyez que cette question ne vous concerne pas, tout simplement parce que vous n’avez pas d’enfants, vous pouvez vous la poser en remplaçant « vos enfants » par « votre conjoint », « vos parents », ou tout simplement « vos proches ».  Nous avons tous, quelque part, des gens qui tiennent à nous, à ce que nous sommes, et trop souvent, dans notre monde où tout va trop vite, nous ne prenons pas toujours le temps d’être là, d’être présents, et de partager des moments de qualité avec ces gens qui nous aiment, et que nous aimons.  Moi le premier, je ne visite pas assez souvent ma mère, qui aura bientôt 81 ans, ni les autres membres de ma famille.

Le temps des fêtes nous apporte une occasion rêvée de nous rapprocher de ces gens qui ont fait – et souvent font toujours – de nous ce que nous sommes, au quotidien comme dans les grandes occasions.  Mais il ne faut pas se limiter au temps des fêtes, ni non plus à quelques personnes.  Madame Gaston parle, dans l’un des articles, de « donner au suivant », d’offrir du temps à d’autres, à ses voisins, même s’ils sont parfois encore des inconnus.  Cela peut se traduire de bien des façons; déneiger les marches de l’escalier de son voisin, pendant qu’on est dehors, aider à installer les décorations de Noël, ou ne serait-ce que de tenir la porte à une personne qui a les bras chargés.  Bref, prendre le temps de faire un petit quelque chose, qui ne nous enlève rien, et qui fait plaisir.

Et pour revenir aux enfants, pour ceux qui ont la joie d’en avoir, je rejoins les mots de madame Gaston.  À quoi cela sert de passer des jours – ou des semaines – à leur acheter un cadeau énorme, et hors de prix, si l’on ne prend pas le temps de s’amuser avec eux, avec… la boîte du cadeau?  Les enfants demandent bien peu de choses, mais raffolent du temps que vous passez avec eux.  Si vous avez des enfants, dites-moi, êtes-vous capables de les regarder dans les yeux, quand vous leurs dites que vous n’avez pas le temps?  Pourquoi ais-je moi-même droit à d’énormes sourires venant d’enfants – qui me sont totalement étrangers – à qui je n’offre qu’un simple regard?

Évidemment, certains diront que ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité des moments passés ensemble qui sont importants.  Je veux bien le croire, mais encore faudrait-il qu’il y en ait, de ces moments, non?  Pour établir une complicité, avec vos enfants, vous devez être en mesure d’échanger, avec eux, et pour cela, vous devez être présents, et passer du temps, avec eux.  Pourquoi ne pas en faire une priorité?

Avez-vous fait vos changements d’adresse comme il le faut?

Bon, vous allez me dire que cela fait plus de deux mois que vous avez déménagé (pour ceux qui l’ont fait), et que tout est terminé depuis longtemps.  Eh bien vaut mieux le rappeler plus souvent que moins, parce que certaines personnes ont tendance à négliger certains détails.  (Qu’est-ce que vous avez à me regarder, tout à coup?)

Par ces propos, je veux vous amener à un article de Frédéric Denoncourt, publié dans Le Soleil, à Québec, et qui raconte l’histoire d’une dame de 92 ans, Alma Rousseau qui, suite à une hospitalisation, fut reconduite à la mauvaise adresse.  La fille de madame Rousseau, Céline Huot, fulminait au téléphone, selon les dires du journaliste.  Je vous raconte rapidement les faits.  Vers 16h45, dimanche dernier (le 6), madame Rousseau souffre de problèmes intestinaux, et de nausées, et doit être conduite au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), à Québec.  Lors de son admission, la dame présente sa carte du CHUL, sur laquelle figure son ancienne adresse, dans une résidence pour personnes âgées autonomes.  Or, depuis quelques mois (l’article ne le précise pas), elle réside plutôt dans un centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD), où sont traitées des personnes en perte d’autonomie.  Selon madame Huot, sa mère a acquiescé, lorsque on lui a demandé si l’adresse, sur sa carte, était la bonne.  « Elle est confuse, et a des pertes de mémoire », de dire madame Huot, à propos de sa mère.  Je vous mets le paragraphe suivant, de l’article, en entier, sans y toucher; il reprendrait les paroles de madame Huot.  Le voici:

« Mon fils est allé rendre visite à ma mère et s’est aperçu de l’erreur en voyant le numéro de téléphone figurant sur son bracelet. Il a donné au médecin un papier sur lequel se trouvait la nouvelle adresse de ma mère au CHSLD. Mais celui-ci n’a pas fait le suivi auprès des infirmières. C’est terrible! C’est de la grosse négligence. »

Je vous laisse lire la suite de l’article, parce que mon intervention, ici, se base sur ce seul paragraphe.

Je trouve que madame Huot a du front tout le tour de la tête pour oser reprocher au médecin, à qui son fils aurait donné un papier montrant la nouvelle adresse de sa mère, au CHSLD, d’avoir commis « de la grosse négligence ».  Si elle habite dans ce CHSLD « depuis quelques mois », n’y aurait-il pas plutôt « de la grosse négligence » de la part de madame Huot elle-même, du fait de ne pas avoir transmis la nouvelle adresse de sa mère au service concerné du CHUL (je crois que c’est le service des archives), et ce malgré que son déménagement date de plusieurs mois, surtout qu’elle sait très bien que sa mère, qui est confuse, et a des pertes de mémoire, ne fera probablement pas elle-même ce changement d’adresse?  Les médecins n’ont pas à faire de l’administration, ou des changements d’adresse, dans les hôpitaux; leur job est de soigner les gens, pas de faire de la paperasse!  Il y a du personnel administratif, pour faire ce travail.  Le geste du fils de madame Huot est sûrement chargé de très bonnes intentions, mais c’était trop peu, trop tard!  S’il y a quelque chose de terrible, dans cette affaire, c’est bien le comportement négligent de madame Huot, et non pas celui du médecin.

Plus loin, dans l’article, elle continue de déblatérer contre le centre hospitalier universitaire, disant entre autres qu’elle a « un gros problème avec le CHUL, qui n’a pas fait son travail. Je me pose de sérieuses questions sur les procédures d’identification des patients. Certains ne sont pas toujours en mesure de répondre correctement parce qu’ils ont des pertes de mémoire. Ils n’ont pas su identifier son problème de perte de mémoire. Comment est-ce possible que les hôpitaux ne soient pas capables d’identifier des patients qui vivent dans les CHSLD? Il y a un gros bogue là! »  Elle ose demander comment est-ce possible que les hôpitaux ne soient pas capables d’identifier des patients qui vivent dans les CHSLD.  Qu’est-ce que vous souhaitez, madame Huot, qu’on leur mettent un gros code à barres dans le front?  C’est pourtant aussi simple que le nez se trouve au milieu du visage, madame Huot; les hôpitaux identifient les patients qui vivent dans les CHSLD par l’entremise d’une carte d’identité, communément appelée « carte d’hôpital », sur laquelle figure leur adresse, dans un CHSLD, le cas échéant.  Encore faut-il que le changement d’adresse soit effectué en temps et lieu, madame Huot!  Et ça, je regrette, mais ce n’était pas la faute des médecins, ni des infirmières, ni du personnel du CHUL.

La seule et unique faute, là-dedans, elle est de vous-même, madame Huot!

Toutes les conséquences qui ont suivi, et qui vous ont bouleversé, elles ne sont la faute de personne d’autre que vous-même, madame Huot.  Le pire, dans toute cette affaire, maintenant que nous savons tous que votre mère se porte bien, après toute cette aventure, c’est que des lecteurs du Soleil vont encore chier sur la tête des médecins, des infirmières, du personnel cadre, et de la direction du CHUL, et ce sans même y avoir mis les pieds, sans même savoir comment ça se passe, dans cet hôpital, juste à la lecture de vos propos.  Si j’étais un dirigeant du CHUL, j’entreprendrais des démarches légales, qui pourraient bien aboutir à des poursuites en diffamation contre vous, madame Huot.  Mais soyez tranquille; je ne suis qu’un simple blogueur sans-le-sou, et je n’entreprendrai rien contre vous, si ce n’est de vous supplier de cesser de reprocher à tout-un-chacun les conséquences de vos propres négligences, madame.

Il est vrai, et j’en parle assez souvent, que notre système de santé est pourri.  Mais au moins, j’espère que madame Huot, ainsi que toutes les madames Huot qui vivent dans cette société distincte qu’est la nôtre, auront un jour l’humilité de reconnaître leurs erreurs.  Car si notre système est effectivement pourri, des déclarations à l’emporte-pièce, comme celle de madame Huot, ne font rien pour redorer le blason des personnes qui y consacrent leur vie, leur âme, et trop souvent… leur santé.  Combien de personnes, qui travaillaient au CHUL, le 6 septembre dernier, qui ont été mêlées de près ou de loin à cette affaire, ou qui en ont eu connaissance, se sont couchées, ce soir-là, ou les soirs suivants, en se sentant coupables des conséquences vécues par madame Rousseau, et ce sans même qu’elles n’aient commis quoi que ce soit de répréhensible?  Dans ce système pourri, de très nombreuses personnes se donnent, sans compter, pour que les patients aient le maximum de soins, de compassion, et de dignité possibles, compte tenu de la pourriture du système dans lequel ces personnes travaillent.  Est-ce que la négligence de madame Huot vaut la peine de traîner dans la boue tous les efforts incessants de ce personnel, souvent poussé à bout?

J’espère que madame Huot lira ce billet, et qu’elle prendra quelques minutes pour réfléchir à tout cela.

Enseignement: Je savais que je n’étais pas le seul à le voir!

J’ai déjà écrit quelques billets, dans un passé plus ou moins récent, au sujet de l’enseignement, au Québec.  J’ai souvent mentionné, ici ou ailleurs dans la blogosphère, que la meilleure façon d’éviter le décrochage, au primaire (un enfant qui reste dans sa classe, mais qui ne suit pas, a déjà décroché, selon moi) et au secondaire, c’est de permettre aux profs d’enseigner ce qui les passionne, et pour ce faire, il faut attribuer les postes selon les compétences, et non pas selon l’ancienneté.  Même qu’une fois, je donnais l’exemple d’une future prof passionnée d’arts plastiques qui, lors d’un stage, a littéralement séduit tous ses élèves, ainsi que la sévère chargée de stage qui devait la contrôler.  Je vous présente ici un autre exemple.

Dans le cadre de la série « Les meilleurs profs du Québec », Sébastien Ménard, du Journal de Montréal, est allé rencontrer Johanne Girard, et ses élèves de 5e année, à l’école Perce-Neige, un établissement multiethnique et défavorisé, situé à Montréal, dans l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro, arrondissement que je connais un peu, pour y avoir résidé, il y a plusieurs années.  Cela peut sembler tout ce qu’il y a de plus incompatible, à prime abord, mais cette prof est à la fois sévère, et « cool » (et fort jolie, au demeurant!).  L’article de Ménard parle évidemment de son job de prof, ainsi que de divers trucs de discipline qu’elle applique en classe (parce qu’elle applique de la discipline), mais ce qui est venu me chercher se trouve dans le petit jeu de questions et réponses, à la fin de l’article, et plus précisément à la toute dernière question.  Jugez-en par vous-même.

Q Si vous étiez ministre de l’Éducation, que changeriez-vous ?

R Moi, je suis tannée de voir des profs qui n’ont pas le goût d’être là.

C’est ça qui fait la différence dans nos écoles.

Il y en a quelques-uns qui ne sont pas capables d’arriver avec le sourire le matin.

Quand je pense qu’un enfant va passer toute la journée avec ces profs-là, ça me dépasse. C’est sûr que ce n’est pas facile, qu’on a la réforme, mais tout se fait.

Je ne sais pas ce que la ministre devrait faire, mais il faudrait trouver une solution à ce problème.

Johanne risque de se faire des ennemis, parmi ses collègues.

C’est clair que lorsque l’on ne fait pas quelque chose que l’on aime, cela se transmet dans son entourage; l’air bête que l’on affiche va se passer, de personne en personne, au fur et à mesure de nos interventions, et en bout de ligne, tout le monde aura hâte que ça se termine.  Et comme les enfants sont très influençables, ils seront les premiers à en souffrir.  Finalement, comme je le disais, ils auront rapidement décroché, et ce sans même sortir de leur classe.

C’est la principale raison pour laquelle je préconise constamment la préséance des compétences sur l’ancienneté, lors de l’attribution des postes, au primaire et au secondaire.  D’ailleurs, c’est ce qui se passe au collégial, et à l’universitaire; comme les profs enseignent ce dans quoi ils sont spécialistes, ils ont hâte de communiquer leur savoir – et leur passion – à leurs étudiants.  Je me demande pourquoi on a permis que ce ne soit pas comme cela, au primaire et au secondaire; est-ce que les « spécialistes » du ministère de l’éducation prendraient les enfants pour des lemmings?  Pourtant, le taux de décrochage nous démontre trop bien que les enfants ne sont pas si cons qu’on le croit; ils constatent bien que le prof n’en sait pas beaucoup plus long qu’eux.

Je doute fort que ce billet se retrouve sous les yeux de la ministre Michelle Courchesne, mais je vais le dire quand même, juste au cas où.  Je joins ma voix à celle de Pascal Bourdeau, de Marie-Anick Arsenault, de David Soucy, et de toutes les Johanne Girard du Québec, qui se démènent pour tenter de rendre l’école intéressante, aux yeux des enfants, et je somme la ministre de trouver une solution à ce problème qu’est le décrochage.  Et à mes yeux, l’une des principales pistes de solutions passe par l’attribution des postes selon la compétence, et non par l’ancienneté.

 

Élections provinciales: Marie-France Bazzo va dans la mauvaise direction!

Je viens de lire le commentaire de Marie-France Bazzo, publié dans le Journal de Montréal, puis sur le site web Canoë, et intitulée « Pourquoi je ne voterai pas« .  Je crois que madame Bazzo a de bonnes raisons d’être blasée, parce qu’elle n’est pas la seule; je le suis, moi aussi, d’une certaine façon.  Par contre, je crois qu’en ne votant pas, Marie-France Bazzo va dans la mauvaise direction.  Je m’explique.

D’abord, je veux bien croire que « Oui, les foules sentimentales ont besoin de rêver. Elles veulent des chefs honnêtes et inspirants, qui leur parleraient d’éducation, de décrochage, de poésie, de difficulté ; qui réfléchiraient où on sera collectivement dans 20 ans« , mais les foules se sentent, d’abord et avant tout, complètement déconnectées de la politique.  La raison en est bien simple; tant que les foules regardent de loin, et ne comprennent pas trop ce qui se passe, les politiciens peuvent faire tout ce qu’ils veulent.  Y compris des scandales.  C’est d’ailleurs pourquoi ils tiennent, depuis la Révolution tranquille, un discours qui tend à éloigner les gens de la politique.  En disant aux gens, à travers les médias, que « les situations sont complexes, et qu’il faut des solutions complexes », la très grande majorité des gens ne se sentent pas à la hauteur, pour intervenir sérieusement, dans le domaine, que ce soit de peur de faire rire d’eux, ou de ne pas se sentir à leur place.

Or, le seul truc complexe, en politique, c’est la pensée keynésienne.

Juste en passant, qui a lancé cette connerie d’appeler nos voisins du Sud « États-Uniens »?  Nous ne sommes pas des « dominionniens », que je sache!  Ce pays s’appelle, jusqu’à nouvel ordre, les États-Unis d’Amérique, et de ce fait, ils ont pleinement le droit de se proclamer américains, et de se faire appeler ainsi.  D’une part, je n’ai jamais été identifié comme américain parce que je vis au Canada, et d’autre part, s’il fallait suivre le raisonnement tordu qui explique la création de ce terme, les mexicains devraient aussi s’appeler états-uniens, puisqu’ils habitent les « États-Unis du Mexique ».  On pourrait aller plus loin, et appeler les français « républicains »; je suis convaincu qu’ils apprécieraient!  Surtout si on leur dit que ce gentilé n’a rien à voir avec George W. Bush; évidemment, ils vont nous croire sur parole!

Ceci dit, il ne faut pas se leurrer; si les américains ont rêvé, et nous avec eux, ce n’est pas parce que Barack Obama leur a expliqué son projet de changement de long en large.  Ils ont rêvé parce qu’ils voulaient faire partie de ceux qui feraient l’événement d’envergure que représente l’élection d’un premier président noir.  Point à la ligne!  D’ailleurs, pour le rêve, on s’en reparlera à mi-mandat, juste pour voir.  Quant au fait que l’on soit tannés des campagnes à répétition, je crois que ce n’est pas tant dans le nombre de campagnes, plutôt que dans l’ennui mortel de chacune d’elles.

Quand Marie-France Bazzo dit « Comme citoyenne, je peux m’exprimer à travers des groupes, des lobbys, intervenir sur la place publique. En ce moment, ce pouvoir est plus précieux et plus efficace que mon vote« , entend-elle nous convaincre que l’exercice de la démocratie, que représente le droit de vote de chaque citoyen, devrait être éliminé?  Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas instaurer une dictature, au sein de laquelle chaque citoyen aurait son blogue sur le net, afin de faire savoir au chef d’état qu’il le fait chier?  Ce serait beaucoup plus économique que de tenir des élections, non?  Si elle peut profiter de la tribune que lui offre le JdeM, les vendredis, grand bien lui en fasse; ce ne sont pas tous les citoyens qui bénéficient de ce privilège.

Si elle n’a plus envie que les politiciens se réclament de NOUS, je n’ai pas plus envie que Marie-France Bazzo me réclame de son propre NOUS.  Pour ma part, le taux baissier des trois ou quatre dernières élections n’a rien apporté d’autre, en termes de questionnement, que des mesures, instaurées par le DGEQ, pour, semble-t-il, « aider le citoyen dans son exercice du droit de vote », mesures utilisées par moins d’une poignée de personnes, mais qui font décupler le coût d’une élection générale.

Que Marie-France Bazzo se le tienne pour dit; la seule et unique façon que les politiciens utilisent pour « écouter le peuple », c’est le décompte du scrutin.  C’est ainsi que je crois que davantage que l’abstention, c’est surtout l’annulation de son vote, qui incitera les politiciens à réagir.  Lorsque le taux de participation baisse, on trouve toutes sortes de raisons; les téléromans viennent de recommencer, c’était Star Machin, ou Loft Patente, à la télé, il faisait trop mauvais, trop froid,… ou trop beau!  Par contre, si le Québec se rend effectivement aux urnes, mais fait augmenter le taux de votes annulés, les fonctionnaires du DGEQ n’auront d’autre choix que de se dire que les gens en ont ras-le-bol, du système actuel.

D’ailleurs, pourquoi ne pas lancer un mouvement, pendant qu’on y est?  On se rend en grand nombre, aux bureaux de scrutin (y compris par anticipation), et une fois dans l’isoloir, on vote pour tout le monde, puis on marque, sur le bulletin, les mots « RAS-LE-CUL ».  Même si le bulletin est sur fond noir, il est possible d’y écrire, avec le crayon à mine de plomb fourni.  Si, dans plusieurs bureaux de vote, « RAS-LE-CUL » l’emporte, les politiciens n’auront vraiment plus le choix de se regarder dans le miroir.  Ce sera autrement plus efficace que de rester à la maison, et de regarder Star Machin.

Quant à savoir si un homme, ou une femme, de bonne volonté, se lèvera, inspiré, je tiens à rappeler à madame Bazzo que nos chefs actuels, y compris les deux pantins de Québec suicidaire, le sont tout à fait.  Inspirés par les sondages, pour les uns, par l’idée d’avoir leur face dans la caméra, pour d’autres, mais ils sont tous inspirés.  Le problème, c’est qu’aucun n’est INSPIRANT.  Aucun ne soulève de passions, ni n’évoque quoi que ce soit de grandiose, apeuré qu’il soit de se faire « planter » par les environnementalistes.  Ils rivalisent donc tous d’utopie, à différents degrés, dans des plans abstraits, qui laissent les électeurs dans l’indifférence la plus totale.

Marie-France Bazzo croit « qu’on est capables de grandes choses ».  Mais « on » attend tous que ces grandes choses tombent du ciel.  Pourtant, elle sait, comme nous tous, d’ailleurs, que si l’on veut faire le ménage de la garde-robe, il faudra définitivement mettre la chambre à coucher sens dessus-dessous.  Il y a un grand ménage à faire, au Québec, et il faudra se mettre sens dessus-dessous, pour quelques années, afin d’y parvenir, et de pouvoir recommencer à rêver à un avenir brillant.  Par contre, le politicien qui tiendra une campagne électorale dans ce sens se retrouvera avec moins de votes, dans tout le Québec, que le parti québécois dans une circonscription du West-Island!

Désolé.