Canada 2015: Vous croyez que les journalistes de la SRC/CBC sont neutres?

Si vous parlez de politique, en famille ou avec vos amis, et que vous soulevez la couverture médiatique de la chose politique, il y aura toujours quelqu’un pour vous dire que Québécor n’est suivi que par des gens à l’intellectuel pas très élevé, et que Radio-Canada est un exemple de neutralité.  J’ai des petites nouvelles pour vous!  Un article de Joanne Marcotte, publié dans le Huffington Post Québec, et particulièrement la petite vidéo qu’il contient, à la fin, nous en apprend des bonnes!

Les journalistes de la SRC (et de la CBC, évidemment) sont syndiqués, et membres de la Guilde canadienne des médias.  Vous me direz qu’ils ont bien le droit de se syndiquer, et vous avez tout à fait raison.  Jusque là, pas de problème; les travailleurs ont le droit, au Canada, de s’unir pour améliorer leurs conditions de travail, et ce genre de réunion de fait habituellement par l’entremise de syndicats.  Ce droit vaut aussi, bien sûr, pour les journalistes.  Sauf que lorsque votre syndicat de journalistes s’inscrit à titre de tiers dans une campagne électorale, c’est là que les doutes commencent.  Je m’explique.

Les journalistes de la SRC/CBC sont, comme je le mentionnais, représentés par la Guilde canadienne des médias. Or, la Guilde s’est inscrite comme “tiers” pour la campagne électorale actuelle.  D’abord, c’est quoi, un tiers?  C’est une personne, ou une organisation, qui en s’inscrivant auprès d’Élections Canada, obtient le droit de s’exprimer publiquement, via de la publicité, sur la campagne électorale.  Autrement dit, un tiers a le droit de dépenser jusqu’à hauteur de 439, 410.81$, ou 8788.22$ par circonscription, pour faire campagne, et ce sans présenter de candidat.

Par exemple, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) s’est aussi inscrite comme tiers, dans cette campagne, mais comme l’ensemble de ses membres ne travaille pas dans les médias, la FTQ fait donc campagne au nom de travailleurs de tout acabit.  Par contre, la Guilde ne représente que des travailleurs des médias; c’est donc dire qu’elle pourra dépenser de l’argent à travers le Canada pour donner son avis, alors que l’ensemble de ses membres dit travailler dans la plus grande neutralité.  Je ne sais pas pour vous, mais la situation me semble ambigüe.  Je veux dire, nous avons vu des journalistes de la SRC se tromper de chapeau en plein reportage; il est permis de croire que la situation se répétera encore une fois cette année.  Il reste que lorsque ceux qui prétendent vous informer de façon rigoureuse payent de la publicité pour vous dire pour qui voter, ou ne pas voter, la rigueur n’est plus ce qu’elle était!

Évidemment, je ne crois pas qu’il faille rappeler la Chambre des Communes en pleine canicule pour voter une loi qui, au final, ne changera pas grand chose à la présente campagne. Mais je suis d’avis que cette situation représente une preuve de plus que les René Mailhot de ce monde ne sont plus, et que la neutralité journalistique est bel et bien chose du passé.

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Au-delà de l’indignation,… il y a l’action!

Bon, je suis convaincu que vous, comme moi d’ailleurs, êtes indignés de ce que vous entendez à la commission Charbonneau, et particulièrement dans l’épisode des syndicats, et de la relation de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) avec certains membres du gouvernement actuel.

À ce sujet, l’animateur de radio et auteur Éric Duhaime a publié une lettre ouverte sur le site web de La Presse, ce matin, lettre intitulée “Au-delà de l’indignation”.  Il y relate ses états d’âme au sujet de la situation actuelle, de la commission Charbonneau, des liens entre le monde interlope et les grands syndicats.  Il conclut en disant “C’est bien beau et légitime d’être dégoûté par les témoignages de Jean Lavallée ou de Michel Arsenault devant la juge France Charbonneau. Mais il faudra un jour qu’un élu brise la loi du silence et ait le courage de proposer une solution durable au problème endémique de la corruption et de la collusion dans l’industrie de la construction. Sinon, l’actuelle commission d’enquête n’aura été qu’un vaste subterfuge.”  Je respecte Éric Duhaime, et j’ai bien aimé sa lettre ouverte.  Mais il faut aller au-delà de cela.  J’ai soumis à mon tour une lettre ouverte à La Presse, dans le but qu’elle soit publiée sur le site web du quotidien, à défaut de l’être dans ses pages papier.  Juste au cas où l’équipe éditoriale déciderait de ne pas la publier du tout, en voici le texte intégral.

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Au-delà de l’indignation,… il y a l’action!

J’ai du respect pour Éric Duhaime, auteur et animateur de radio, et j’ai bien aimé son texte, intitulé « Au-delà de l’indignation », publié en ces pages. Mais pour aller au-delà de l’indignation, quand on constate que les partis actuels ne font rien, il faut avancer une autre solution politique.

C’est vrai que les chefs des partis actuellement représentés à l’Assemblée nationale sont très timides à avancer des solutions pour régler le problème qui mine la productivité sur les chantiers de construction, et qui fait que les travailleurs sont pratiquement les otages des centrales syndicales. C’est vrai aussi que quarante ans après la commission Cliche, les noms ont changé, mais le système est resté, comme le dit monsieur Duhaime au sujet des rackets entre le crime organisé et les syndicats. Mais une chose est claire; pour changer les lois, il faut d’abord se faire élire à l’Assemblée nationale. Et comme les partis actuels ne sont pas très chauds à faire des changements, il faudra donc créer un autre parti.

À l’été de 2010, une demi-douzaine de militants de droite, dont Éric Duhaime, ont fondé le Réseau Liberté Québec (RLQ), dont l’un des buts était de réseauter les tenants de la droite économique au Québec, et de faire connaître au grand public les idées dites de droite. Nous savons tous que le fait de se dire de droite, ici, relève pratiquement de la maladie honteuse, tant les élites du Québec ont détruit tout l’héritage tiré des années de Maurice Duplessis, époque que l’on n’a pas hésité de qualifier de « Grande noirceur » (comme si l’époque précédente des libéraux Taschereau et Godbout fut d’une grande clarté!), parce qu’il pratiquait le « patronage », comme on disait à l’époque. Loin de moi l’idée de dire que Duplessis était parfait, mais force est de constater que les dirigeants que le Québec a eu depuis la mort de Duplessis, tous partis confondus, sont également très loin de la perfection. La dette qu’ils ont laissé à la province en représente une preuve éloquente.

Donc, nos militants de droite se sont réseautés, et se sont réunis, entre autres, à quatre reprises, lors de meetings à Québec (octobre 2010), Montréal (avril 2011), Lévis (mars 2012), et Trois-Rivières (mars 2013). Nous réservent-ils un autre « rendez-vous » en mars 2014, que nous n’en savons rien pour l’instant; leur site web fait encore la promotion de celui de Trois-Rivières! Mais en bout de ligne, tout ce réseautage, et toutes ces rencontres, se sont soldées par quoi? Quelle fut la suggestion du RLQ lors des dernières élections? Quel parti le RLQ voyait-il alors, et voit-il aujourd’hui, comme le meilleur porteur de ses idées? « Mott, la tombe », comme on disait dans Séraphin, autrefois! Ou comme on dit aujourd’hui, « Zéro, pis une barre »!

Cet exercice, qu’est le RLQ, a-t-il servi à autre chose qu’à échanger entre amis, à prendre une bière ensemble, et à refaire le monde? Pas pour l’instant! Si Éric Duhaime veut vraiment que les choses changent, au Québec, il doit nous montrer le chemin, il doit nous dire quel est le parti qui changera les choses. Quitte à le fonder lui-même!

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Le dernier communiqué de presse, sur la liste des communiqués du site du RLQ, date du 14 février 2013.  Est-ce à croire que le RLQ est mort de sa belle mort, ou encore est-il juste en hibernation?  Il reste que tant et aussi longtemps que les porte-parole de la droite économique se contenteront de quelques apparitions dans certains médias, toujours les mêmes, ils ne feront que prêcher à des convertis.  Il faut que le message traverse les frontières du “déjà vu”, et atterrisse aux heures de grand écoute.  Par quel moyen?  Je l’ignore totalement!  Mais il faudra, d’une façon ou d’une autre, que le cercle fermé de la droite s’ouvre beaucoup plus, et se montre au grand jour.

Les syndicats et la mafia: Juré, craché…

Pendant que d’aucuns tentaient de justifier, suite à l’un de mes récents billets, que les syndicats sont plus que jamais nécessaires à notre société, afin de sauver la veuve et l’orphelin, comme tout le monde le sait, on peut lire, sur le site web de LCN, qu’une opération policière d’envergure se déroule à travers le grand Montréal, ainsi qu’à Trois-Rivières, et mettrait au jour une affaire de blanchiment d’argent, et impliquerait le monde des motards criminalisés.  Le hic, c’est que les perquisitions visent essentiellement… le secteur de la construction.

Allez savoir pourquoi, le président de la FTQ, Michel Arsenault, s’est empressé à organiser un point de presse, pour soutenir que la Fédération des travailleurs du Québec n’est impliqué d’aucune façon avec le crime organisé.  Évidemment, personne ne s’attendait à ce qu’il déclare que tout cela était les conséquences des « relations amicales » de Jocelyn Dupuis, ancien directeur général de la FTQ-Construction.

Attendons de voir les conclusions des perquisitions des policiers, avant d’accuser qui que ce soit.  Mais à voir la situation actuelle, j’avoue que ça sent le chauffé…

FTQ-Construction: Tiens donc!

La lecture d’un texte d’opinion, signé de la main de Éric Duhaime, chercheur-associé à l’Institut Fraser, et intitulé “Les scandales de la FTQ, de 1974 à nos jours – Liberté de choix et transparence s’imposent”, nous amène à croire que plus ça change, plus c’est pareil, dans le monde syndical.

L’auteur fait mention des événements survenus sur le chantier de LG-2, à la baie James, le 21 mars 1974, un véritable saccage qui occasionnera une perte de 33 millions$, ce qui, à l’époque, constituait une véritable fortune.  Ce sont d’ailleurs ces événements qui avaient donné naissance à la commission Cliche, vue par le site web « Bilan du siècle », de l’Université de Sherbrooke, en ces mots:

Le gouvernement libéral de Robert Bourassa annonce la création d’une Commission d’enquête sur l’exercice de la liberté syndicale dans l’industrie de la construction. Elle porte le nom de celui qui la présidera, le juge Robert Cliche .

La Commission Cliche est mise sur pied après le saccage du chantier de la Baie James par une poignée de fiers-à-bras du Conseil des métiers de la construction. Les dommages se sont élevés à 30 millions de dollars et ont forcé une interruption des travaux pendant plusieurs semaines. Le juge Robert Cliche préside cette commission au sein de laquelle on retrouve aussi Brian Mulroney et Guy Chevrette. Elle révèle que le saccage du chantier de la baie James origine de la volonté du Conseil des métiers de la construction de détenir un monopole sur les grands chantiers en instaurant un véritable régime de terreur. La lutte entre les centrales syndicales pour obtenir l’adhésion des membres est alors chose courante sur les chantiers de construction, mais le saccage de la baie James a forcé le gouvernement libéral de Robert Bourassa à réagir. Dans son rapport, qui paraît en juin 1975, la Commission démontrera que quatre syndicats (sur 23) du Conseil des métiers de la construction ont implanté les moeurs de la pègre (voies de faits, chantages, sabotages, incendies, etc) sur les chantiers. À la suite des révélations de la commission sur le noyautage de certaines centrales par des éléments criminels, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) mettra en tutelle le Conseil des métiers de la construction et annoncera le départ de son directeur général, André Desjardins. Le gouvernement en profitera également pour passer une série de lois qui encadrent sévèrement les syndicats. La crédibilité de la FTQ dans l’opinion publique en restera entachée pendant plusieurs années.”

Pour le bénéfice de votre information, André Desjardins, surnommé “Dédé”, fut abattu le jeudi 27 avril 2000, à Saint-Léonard.  Une manchette du site LCN, dans le temps, rapportait que la veille, il avait été vu prenant le petit-déjeuner avec Maurice “Mom” Boucher, ce qui permit de croire qu’il entretenait toujours des liens avec le monde criminel.

Éric Duhaime relève également certaines similitudes entre l’affaire de 1974 et celle qui implique aujourd’hui l’ancien directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, dont les liens avec des membres du crime organisé, et des enquêtes de la Sûreté du Québec (SQ).  L’auteur complète sa lettre d’opinion en insistant sur la nécessité, pour le gouvernement, d’imposer des normes de transparence aux centrales syndicales, et de permettre la liberté d’adhésion à un syndicat pour les travailleurs de la construction, une liberté d’ailleurs garantie par l’article 2d de la Constitution canadienne, toujours selon Duhaime.

Cette lettre d’opinion vient simplement rappeler à ceux qui me croient « vendu au patronat » que je ne suis pas tout à fait à côté de la piste, quand je fais des liens entre les centrales syndicales et les « pratiques mafieuses ».  Si, dans le cas de la FTQ-Construction, des liens réels furent prouvés par la commission Cliche, dans les années 1970, et font l’objet d’enquêtes présentement, certaines pratiques peuvent également exister dans d’autres syndicats, pratiques qui demeurent toutefois à être prouvées.  Je suis de ceux qui croient que dans ce milieu, comme ailleurs, si à la base, ces organisations sont majoritairement composées de personnes de bonne volonté, il arrive souvent que « l’occasion fait le larron ».