Séparation du Québec: Ce n’est vraiment pas le temps!

Ceux et celles qui me suivent sur Twitter (@levraiRichard3) savent que je n’ai pas toujours la langue dans ma poche, et si vous ne l’avez pas encore lu quelque part, je vous donne une primeur; j’ai déjà été un membre en règle du parti québécois (PQ)!  Mais au fil du temps, et de mon apprentissage de la chose politique, j’ai décidé, à l’époque (René Lévesque venait de céder sa place à Pierre-Marc Johnson), de ne pas renouveler.

Une philosophie politique ne se construit pas du jour au lendemain.  Les informations se succèdent aux déceptions, et c’est ainsi qu’on se forge une façon de voir toute l’affaire.  Évidemment, certains ne changeront pas d’idée, convaincus qu’ils détiennent la vérité, et si l’on leur met sous le nez des informations contradictoires, ils utiliseront la théorie du complot en guise de défense.  D’autres, très nombreux, se diront plutôt qu’ils sont « tous pareils, tous des crosseurs ».

Pour ma part, je tente de garder l’esprit ouvert, et d’accueillir toutes les informations, du moment que les sources demeurent un tant-soit-peu non-partisanes.  Et les gouvernements, pour peu qu’on soit capable de déchiffrer les informations qu’ils publient, sont habituellement, à mes yeux, des sources relativement bonnes.  Donc, quand je prends des informations provenant de documents gouvernementaux, c’est parce que j’estime que celles-ci sont de bonnes références.

Aussi, au fil des discussions sur Twitter, je suis tombé sur l’édition 2001 d’un document intitulé “Comptes économiques des revenus et dépenses du Québec« , dans lequel on retrouve un tableau, aux pages 84 et 85, qui montre les transferts de fonds annuels, entre Québec et Ottawa.  Le tableau est appelé “Recettes et dépenses de l’administration fédérale, Québec, 1992-2010”.  En fait, un usager de Twitter avait publié une image du tableau en question, auquel il avait ajouté les chiffres des lignes 01, 10 et 17 pour l’année 2011.  Selon le tableau original, qui s’arrête en 2010, la différence entre ce que le Québec envoie au fédéral, et ce que le fédéral nous retourne, incluant la péréquation, était cette année-là de 17,809,000,000$, à l’avantage du Québec.  Ce nombre en bouchera un coin à ceux qui prétendront que le Québec « perd de l’argent » avec le fédéral!  Mais ça, ce n’est rien; avec les chiffres ajoutés sur l’image publiée sur Twitter, la différence pour 2011, toujours à l’avantage du Québec, se montait à 19,1G$, rien de moins!

Il est donc clair que si l’on sépare le Québec du Canada maintenant, il y aura un trou de plus de 20G$ à remplir dans le budget.  Il est important de rappeler ici que le budget du Québec se situe aux environs de 73G$, ce qui revient à dire que le gouvernement en place à ce moment-là devra trouver environ 27,4% de ses revenus ailleurs, pour remplacer ce manque à gagner.  Et cela n’inclut pas la part du Québec dans la dette fédérale, qui sera à négocier, et que nos amis d’Ottawa n’hésiteront pas à nous facturer, une fois le montant déterminé.

Pour faire court, ce n’est vraiment pas le temps de parler de séparation du Québec.

Gouvernement du Québec: Pauline recule!

Bon, vous allez me dire qu’il n’y a rien de nouveau dans ce titre, ce à quoi je vous répondrai que vous avez totalement raison.  Alors pourquoi je reviens avec ça?  La primeur se retrouve là; en plus de vous faire lire un peu, je veux surtout… vous faire chanter!

Rassurez-vous, je n’ai pris personne en otage.

Tout le monde a un peu entendu parler de la fameuse chanson du poussin piou, qui a fait un carton en Europe, il y a quelques semaines.  Tellement qu’on en a fait des parodies (dont celle-ci, pas tout à fait recommandée pour les enfants), là-bas!  Eh bien j’ai trouvé une version karaoké, au début de laquelle il y a un blanc de cinq secondes, ce qui vous donne le temps de la lancer, puis de revenir ici, pour chanter cette version que j’ai écrit, et qui se rapporte au mouvement le plus répété par le gouvernement péquiste de Pauline 1ère 1ère.

Bon, il y a des trucs, parmi les paroles, qui ont été réglés, depuis.  Évidemment, ils l’ont été par une manoeuvre… de marche arrière!  Il y a aussi le fait que tout ça est en retard pour les fêtes, mais bon, pas besoin de Noël pour se bidonner!  Alors trève de présentation, voici donc les paroles de Pauline recule!  Amusez-vous bien!

Cliquez ici pour lancer la musique.

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Pauline recule

(sur l’air du Poussin Piou)

 

Au PQ y a une Pauline, au PQ y a une Pauline

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au PQ y a un Duchesne, au PQ y a un Duchesne

Duchesne est en otage, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au PQ y a un Lisée, au PQ y a un Lisée

Le Lisée charge en double, Duchesne est en otage

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au PQ y a un Breton, au PQ y a un Breton

Et le Breton y cuve, le Lisée charge en double

Duchesne est en otage, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au PQ y a un Marceau, au PQ y a un Marceau

Le Marceau coupe les vivres, et le Breton y cuve

Le Lisée charge en double, Duchesne est en otage

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au PQ y a un Drainville, au PQ y a un Drainville

Et le Drainville y rêve, le Marceau coupe les vivres

Et le Breton y cuve, le Lisée charge en double

Duchesne est en otage, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

À New York y a un Boisclair, à New York y a un Boisclair

Le Boisclair a deux payes, et le Drainville y rêve

Le Marceau coupe les vivres, et le Breton y cuve

Le Lisée charge en double, Duchesne est en otage

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

À l’AMT y a un Girard, à l’AMT y a un Girard

Le Girard prend la pose, le Boisclair a deux payes

Et le Drainville y rêve, le Marceau coupe les vivres

Et le Breton y cuve, le Lisée charge en double

Duchesne est en otage, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

.

Au PQ y a une Malavoy, au PQ y a une Malavoy

Malavoy fait la nonne, le Girard prend la pose

Le Boisclair a deux payes, et le Drainville y rêve

Le Marceau coupe les vivres, et le Breton y cuve

Le Lisée charge en double, Duchesne est en otage

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au PQ y a une Ouellet, au PQ y a une Ouellet

La Ouellet pète sa coche, Malavoy fait la nonne

Le Girard prend la pose, le Boisclair a deux payes

Et le Drainville y rêve, le Marceau coupe les vivres

Et le Breton y cuve, le Lisée charge en double

Duchesne est en otage, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au PQ y a un Blanchet, au PQ y a un Blanchet

Et le Blanchet déconne, la Ouellet pète sa coche

Malavoy fait la nonne, le Girard prend la pose

Le Boisclair a deux payes, et le Drainville y rêve

Le Marceau coupe les vivres, et le Breton y cuve

Le Lisée charge en double, Duchesne est en otage

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

Et la Pauline recule, et la Pauline recule

 .

Au Québec y a le peuple, au Québec y a le peuple

Et le peuple vote, le peuple vote

Le peuple vote, et la Pauline fait…

 .

OH OH!

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A-50 (2011): À la montée Papineau

Dernière étape du périple photographique du 29 octobre 2011, voyons ensemble l’évolution de la construction de l’autoroute 50, cette fois dans le secteur des montées Saint-François, et Papineau.

Voici de quoi avait l’air l’A-50, vers l’est, depuis le viaduc de la montée Saint-François.  Nous reconnaissons les deux damiers, dos à dos, qui marquent la fin du chantier, semblables à ce que l’on a vu dans les billets sur l’échangeur de la route 321.  Notons qu’à part la couche de base d’asphalte, et la signalisation, il n’y a pas beaucoup de différences entre le niveau d’avancement des deux chantiers.

Cette fois, il s’agit de l’A-50, mais en direction ouest.  Nous voyons le viaduc, ainsi que l’échangeur, de la montée Papineau.

Sur la première photo de ce billet, nous pouvions voir, tout au loin, un panneau de supersignalisation.  J’ai marché le kilomètre et demi qui sépare la montée Saint-François de celui-ci, et ce afin de vous le montrer en primeur.  Vous savez maintenant que la dernière sortie avant la fin actuelle de la partie ouest, au nord de Thurso, sera la sortie 197.

Bon, en revenant vers la montée Saint-François, je me suis permis de vous livrer un peu de pédagogie.  Pour les deux ou trois personnes qui ne le savaient pas déjà, les réflecteurs, que l’on voit sur les glissières de sécurité, sont en fait fixés aux blocs de bois, qui se situent entre la glissière et le poteau de soutien.  Quand la glissière se trouve à votre gauche, les réflecteurs sont jaunes,…

…et quand la glissière se trouve à votre droite, les réflecteurs sont blancs, question de s’harmoniser avec les lignes de rive, peintes sur la chaussée.  Comme la glissière est rattachée au poteau avec un seul boulon, il arrive, avec le passage des années, qu’un bloc devienne lâche, et se retourne; autrefois, on pouvait voir alors un réflecteur sous la glissière, et de la mauvaise couleur.  Mais plus maintenant, puisque les réflecteurs blancs et jaunes sont installés sur des blocs différents.

Voici le viaduc de la montée Papineau, vu du dessus.  Les bandes blanches, peintes de chaque côté de la chaussée, nous permettent de croire qu’une fois l’A-50 ouverte, le viaduc pourrait bien permettre la circulation sur quatre voies.

Nous terminons avec deux images de l’A-50, prises depuis le pont d’étagement de la montée Papineau, photos qui, compte tenu du soleil couchant (ben oui, ça m’arrive encore, de me faire prendre par la tombée de la nuit!), m’ont donné du fil à retordre.  D’abord celle-ci, vers l’ouest, où l’on peut voir un reflet rouge, au milieu de la photo; il est causé par le soleil qui frappe sur la glissière de sécurité.

Sur celle-ci, qui montre l’A-50 vers l’est, on remarque une bande rouge, à gauche, sur la photo.  Je ne sais pas si c’est causé par le fait que l’objectif de mon appareil était muni d’un pare-soleil, mais tout le reste de la photo semble correct.  Cela prouve que j’en ai encore à apprendre, question photographie!

Compte tenu de l’heure tardive (eh oui, le soleil, encore!), ainsi que du fait que j’aie pris la mauvaise route (au lieu de prendre la montée Papineau vers le sud, et le chemin Malo, j’ai pris le chemin des Cascades, et le rang Saint-Louis, pour aboutir finalement à la route 317, près de Saint-Sixte), je ne me suis pas rendu dans le secteur plus à l’ouest de l’A-50.  Il me reste donc une dizaine de kilomètres à visiter, le long desquels on retrouve, entre autres choses, le pont de la rivière de la Petite-Nation, ainsi qu’un autre pont, juste à l’ouest de la montée du Gore qui, malgré qu’il traverse ce qui semble être un tout petit cours d’eau, a l’air plutôt impressionnant, vu depuis les images satellite de Google Maps.

Suite aux deux ouvertures de 2011, il ne manque plus que 24 kilomètres, environ, à l’A-50, pour devenir un lien ininterrompu entre la ville de Gatineau et l’A-15, à Mirabel, au nord de Montréal.  Bon, je sais que toutes les parties en super-2 ne sont pas de véritables autoroutes, mais quand même, c’est un début.  Avouez qu’il est plus facile de convaincre un gouvernement de doubler une autoroute déjà existante que de demander une autoroute à partir de rien.  La partie n’est pas gagnée d’avance pour autant; les demandes répétées pour le doublement du tronçon Lachute-Mirabel, qui porte son lot de morts tragiques à chaque année, depuis maintenant plus de 15 ans, sont toujours restées lettre morte (sans jeu de mots), et ce malgré la succession de titulaires, au Ministère des transports.

Michael Jackson: « Gelé comme une balle »?

Ceux qui me connaissent bien, en lisant ceci, doivent se demander « Mais qu’est-ce que fait Richard3 dans les potins artistiques, c’est loin d’être sa ligne ».  Effectivement, j’avoue me sentir en terrain étranger, limite hostile, en osant parler de ce sujet; de un, ça ne s’est pas passé au Québec, de deux, nous sommes aux antipodes de la politique, de trois, c’est un sujet délicat dans le sens qu’aux yeux d’un fan, il s’agit plus d’une question de foi inébranlable que de conviction profonde.  Bref, tout est en place pour que je ne sois pas très à l’aise.  Mais je vais en parler quand même; je prends une chance.

Depuis le décès du roi de la pop, il y a un mois, à peu près tout a été dit; de la vie trop exigeante pour sa santé, et en particulier la préparation pour les 50 spectacles, prévus à l’automne, et célébrant son grand retour, jusqu’à un enlèvement par des extra-terrestres (d’accord, j’exagère), en passant par le crime de jalousie, toutes les raisons imaginables ont été évoquées pour tenter d’expliquer le départ soudain de Michael Jackson.  Mais ce matin, on apprend que selon les policiers, le plus connu des membres des Jackson 5 était toxicomane.  C’est LCN, dans un entrefilet reproduit sur le site Canoë, qui avance cette théorie des policiers chargés de l’enquête sur la mort de Michael Jackson.  Entre autres, les médias ont fait beaucoup de tapage au sujet de son médecin personnel, le docteur Conrad Murray.  Beaucoup de monde était prêt à déclarer celui-ci coupable d’homicide involontaire, sinon de meurtre, quand il a avoué aux enquêteurs qu’il a administré du propofol au chanteur, un puissant anesthésique général, utilisé seulement en intraveineuse, et habituellement sous supervision d’une équipe médicale complète.  La police tente maintenant, selon ce que raconte l’article de LCN, de trouver des « prescriptions à un toxicomane ».

Si l’on prend le temps de revenir sur le plancher des vaches, et que l’on se donne la peine de réfléchir sur la question de l’intoxication des artistes en général, et de ceux du domaine musical en particulier, on se rendra rapidement compte que le cas de Michael Jackson est loin d’être une primeur.  Combien de chanteurs célèbres sont morts d’overdose, que ce soit de drogues illicites, ou de médicaments prescrits.  Ces artistes développent ce que l’on appelle communément le « syndrome de Pinocchio », c’est à dire qu’ils refusent de vieillir.  C’est d’ailleurs le cas de nombreux groupes rock qui sévissaient dans les années 1970-80; ils reforment leur groupe, et partent sur de grandes tournées, comme dans le bon vieux temps (1).  Si certains de ces artistes ont plutôt gardé la forme de façon naturelle, soit par un style de vie sain, et un programme de maintien de la forme physique approprié, beaucoup d’autres veulent garder le rythme de vie trépidant qu’ils maintenaient du temps de leur apogée, et se laissent tenter par des « additifs » pas toujours recommandés.  C’est comme si le propriétaire d’une voiture modifiée, avec un système à l’oxyde nitrique (NoS), qui permet de courtes poussées de très forte puissance, mélangeait ce produit directement à l’essence, pour que la puissance soit constante; tôt ou tard, la mécanique va finir par lâcher, et les dommages seront irréversibles.

C’est ce qui est arrivé, selon moi, à Michael Jackson; il avait un médecin personnel, à qui il donnait ses ordres, et qu’il payait à prix fort.  Souvent, dans ce cas, le médecin met de côté son serment d’Hippocrate, et se soumet, en quelque sorte, aux ordres de celui qui le paie.  Et comme le « patient » n’est plus là pour témoigner, il devient très difficile de savoir si c’est le médecin qui y allait trop fort, dans l’ignorance, par l’artiste, des effets secondaires des « traitements », ou si c’est l’artiste qui était trop exigeant, et ce malgré les nombreuses contre-indications du médecin.  Il y aura là de quoi tenir les enquêteurs occupés pendant plusieurs mois, sinon quelques années, et la presse à potins trouvera de quoi noircir ses pages pendant au moins une génération.

(1) Ne le dites à personne, mais je serai au stade olympique, la semaine prochaine, pour le spectacle de AC/DC.

Rapport Castonguay: Rien de nouveau sous le soleil…

Comme tout le monde, je jette un oeil sur les suites du rapport Castonguay, sur le financement du système de santé. Ce que je trouve curieux, c’est que les réactions ne changent pas, d’un rapport à l’autre; les chefs de centrales syndicales ont déchiré leurs chemises bien avant le dépôt du rapport, en protestant qu’il ne faut pas toucher au « modèle québécois », et les ministres disent que malgré que le rapport soit « porteur », on ne pourra pas donner suite aux principales recommandations.

Nathalie Elgrably a écrit un commentaire plutôt éloquent, mais combien véridique, sur le système de santé; un système qui ne fonctionne pas. Jean-Jacques Samson, chroniqueur au Journal de Québec, parle quant à lui du chirurgien aux mains propres qu’est le ministre de la santé, Philippe Couillard, dans le sens que celui-ci n’aura pas à se mettre la tête sur le billot, en réalisant des réformes profondes qui provoqueraient des mécontents, puisqu’il n’en fera rien. Pour sa part, Jean Cournoyer, ancien ministre du travail et de la fonction publique sous Robert Bourassa, a révélé, lors d’une entrevue au canal ARGENT, qu’à défaut de faire bouger le gouvernement, le rapport Castonguay fera avancer la réflexion sur le financement du système de santé québécois.

Quant aux politiciens, certains se sont manifestés; selon Yves Chartrand, du Journal de Montréal, Monique Jérôme-Forget, comme c’est l’habitude quand elle se sent coincée, s’est présentée devant les journalistes en affichant une pointe d’arrogance, mais on la sentait quand même s’écraser, selon lui. De son côté, Jean Charest a tout simplement appuyé sans réserve son ministre de la santé, en déclarant que le choix du gouvernement était d’alléger le fardeau fiscal des québécois, et non pas de l’alourdir. Et pendant que Joanne Marcotte, l’une des cosignataires du rapport Castonguay, révélait que l’idée d’augmenter la TVQ de 1% était signée Philippe Couillard, on pouvait lire, dans différents médias, que la recommandation d’exiger une cotisation annuelle pour les soins de santé existe déjà un peu partout au Québec, sous la forme de coopératives de santé. D’ailleurs, une clinique d’Aylmer a été transformée en coop de santé avec beaucoup de succès.

Bref, tout cela pour dire que le rapport du groupe de travail présidé par Claude Castonguay ne révèle pas de grandes primeurs, et que les réactions des différents acteurs impliqués n’apporte rien de nouveau sous le soleil. Les syndicats et les fonctionnaires ne veulent pas perdre leurs acquis garantis par le monopole syndicalo-étatique, les politiciens ne veulent pas opérer des changements, de peur de se mettre la tête sur le billot, et les payeurs de taxes et d’impôts, quant à eux, continuent de payer trop pour le très peu qu’ils obtiennent. Pour ma part, la meilleure façon d’obtenir des gains en efficacité, dans le domaine de la santé, est d’y introduire de la concurrence. Parce que tant et aussi longtemps que la santé demeurera un monopole, l’efficacité n’y sera qu’illusoire, parce que les responsables de la gestion des hôpitaux, autant que les représentants du personnel sur le terrain, n’ont pas à se mesurer à quiconque. À partir du moment où la concurrence entre en jeu, tout le monde doit faire en sorte de donner le meilleur de lui-même, mais de façon concertée, sinon le concurrent sera meilleur, et l’hôpital sera menacé de fermeture.

Les centrales syndicales prétendent que le seul attrait du secteur privé est l’argent. Le pire, c’est que c’est vrai. Et pour obtenir cet argent précieux, le secteur privé est prêt à faire l’impossible; offrir des soins de qualité, dans un environnement agréable, et même fournir de petites gâteries aux patients, qui rendront leur passage chez eux mémorable, et ce pour des raisons positives. Le secteur public est-il prêt à concurrencer cela?

MISE À JOUR – 23 FÉVRIER 2008, 07h40

La première vice-présidente du groupe de travail sur le financement du système de santé, Joanne Marcotte, fait part de ses impressions et de son point de vue sur la dissidence de l’autre vice-président, Michel Venne, sur le site web du film L’illusion tranquille, dont elle fut la réalisatrice.  Elle y inclut une lettre éditoriale qu’elle a fait parvenir aux grands quotidiens, divers vidéoclips dans lesquels elle exprime ses opinions, ainsi que des liens vers d’autres commentaires parus dans les médias.  C’est par ici.

Biocarburants: Bel exemple de « ce qu’on ne voit pas »

Un article publié sur le site Canoë, signé par Virginie Roy, fait mention de résultats de recherches menées par des scientifiques américains sur les effets négatifs des biocarburants (éthanol, biodiésel) sur l’environnement.  Leurs conclusions portent sur les effets nets.  Par exemple, le fait de raser une forêt pour utiliser la terre afin de cultiver des céréales requises pour la fabrication de biocarburants fait en sorte que ladite forêt ne peut plus stocker de dioxyde de carbone, ce qui amène une « dette carbone » au lieu d’une amélioration du bilan environnemental.

Depuis le temps que je tente de convaincre les pro-environnement de considérer ce qu’on ne voit pas, en plus de ce qu’on voit, dans le calcul du bilan environnemental d’une opération, voilà des preuves supplémentaires de ce que j’avance depuis déjà longtemps.  Dans les faits, le rapport entre « ce qu’on voit » et « ce qu’on ne voit pas » est loin d’être une primeur.  Ce thème a fait l’objet d’un pamphlet de l’économiste français Frédéric Bastiat, qui rappelons-le, est décédé en 1850.  Évidemment, son pamphlet traitait surtout d’économie, mais le principe de « ce qu’on voit/ce qu’on ne voit pas » peut s’appliquer à vraiment n’importe quel domaine.  Dans le cas qui nous concerne ici, on s’aperçoit que finalement, les initiatives « écolo » sont plus nuisibles à l’environnement que le statu quo.

Aussi, la prochaine fois que vous écouterez – ou regarderez – Al Gore prêcher sur l’environnement, en vous disant que d’investir des milliards$ sur des protocoles foireux comme Kyoto est la meilleure chose à faire, et que ceux qui prétendent le contraire sont dans l’erreur, pensez-y!  Les environnementalistes aussi peuvent être… dans le champ!

La ministre Boulet roule à 132 km/h: Quel malheur!

Le journaliste Vincent Larouche a publié un reportage, en trois (1) (2) (3) articles, d’une importance capitale dans le Journal de Montréal de ce matin. En effet, il a suivi la ministre Julie Boulet, entre Laval et l’Assomption, pendant une heure de temps, et a répertorié pas moins de quatre infractions commises non pas par elle, mais par son chauffeur. Pour faire la une avec un tel ragot, le Journal n’avait vraiment pas de chiens écrasés à nous mettre sous la dent!

Tout d’abord, je voudrais rappeler à Vincent Larouche qu’il n’a pas fait dans la primeur, avec cette nouvelle. Le 10 septembre 2001, le Journal de Montréal, encore, avait coincé le ministre Guy Chevrette dans la même situation, et à peu près au même endroit. Or, avec ce qui est arrivé le lendemain, à savoir les événements du 11 septembre, aux USA, on en a plus entendu parler. Je maintiens donc mon affirmation, à savoir que quand le JdeM n’a pas de chiens écrasés, il fait suivre un ministre pour constater des infractions. Ensuite, je voudrais rappeler à ce journaliste que s’il a suivi la voiture de la ministre (le mot « limousine » est un peu fort pour une Honda Accord, soit-elle hybride) pendant une heure, c’est qu’il devait lui-même aller à la même vitesse, ce qui le rend tout aussi coupable que la ministre. De plus, je suis évidemment convaincu que tous les journalistes respectent les limites de vitesse et autres articles du code de la sécurité routière quand ils se rendent sur les lieux d’un événement, dans le but d’avoir le scoop.

Donc, à mes yeux, ce reportage de Vincent Larouche n’est rien d’autre que de la « bullshit » pour faire vendre du papier! Si à ses yeux, la ministre fait désormais partie du club des « Faites ce que je dis, et non ce que je fais », je réponds du même souffle que le journaliste fait quant à lui partie du club des « Celui qui le dit, c’est lui qui l’est », ce qui n’est pas plus gratifiant. Ce ne fut donc rien de mieux pour lui qu’une belle occasion de faire monter sa Mazda (puisque c’est clair que c’est l’indicateur de vitesse d’une Mazda qui paraît sur les photos, dans le JdeM) à des vitesses habituellement inatteignables en semaine sur les voies dites rapides de Montréal. De toute façon, si j’avais à me rendre rapidement à un lieu donné, et qu’on me fournisse un chauffeur pour ce faire, je n’hésiterai pas une seule seconde à choisir le chauffeur d’un ministre comparativement à n’importe quel journaliste.

Parallèlement à cela, si le fait de rouler à 132 km/h sur la banquette arrière de sa voiture de fonction était le seul défaut de Julie Boulet, je la demanderais en mariage. Mais ce n’est pas le cas, donc je m’abstiendrai. Elle peut bien rouler à 150 km/h si ça lui chante, elle passerait ainsi inaperçue parmi les autres « pieds pesants » des autoroutes. Car il faut mettre les choses en perspective, ici. À l’heure où le chauffeur a roulé à 110 km/h sur la Métropolitaine, quiconque roulerait à 70 km/h se ferait littéralement tuer! Il ne faisait probablement que suivre le flot de la circulation. Idem pour la vitesse de 132 km/h sur la 40 à l’Assomption; à cette vitesse, on se fait allègrement dépasser! Un autre bonus; les chauffeurs de ministres proviennent généralement de la SQ (cela veut-il dire que si un jour je deviens ministre, et que je choisis une Dodge Charger SRT-8 comme voiture de fonction, je ne pourrai pas embaucher Philippe Lagüe comme chauffeur?), et ont ainsi reçu une formation pour rouler à des vitesses beaucoup plus élevées que 132 km/h.

En bout de ligne, un beau coup d’épée dans l’eau pour ce brillant journaliste. Mais il a tout de même atteint son but, soit de trouver un sujet pour faire chiâler la masse ce week-end, et occuper les lignes ouvertes, à la radio.