Fusions, défusions,… confusion: Voici un cas d’espèce

Le reporter Charles Faribault, qui semble prendre goût à faire des reportages sur tout ce qu’on peut rouler dessus, en a justement présenté un au sujet du viaduc Rockland, reliant les villes de Montréal (Outremont) et Ville Mont-Royal, défusionnée depuis 2006.  Il semblerait que son état – celui du viaduc – laisse sérieusement à désirer, à tout le moins celui de la partie appartenant à Ville Mont-Royal, parce que la partie montréalaise de l’ouvrage a été rénovée en 2007, ce qui donne à ville défusionnée l’impression de s’en être fait passer une petite vite.

Je n’ai qu’une chose à dire là-dessus; Ville Mont-Royal l’a voulu, elle l’a eue!

La population de Ville Mont-Royal a refusé la fusion, et a préféré la défusion proposée par les libéraux de Jean Charest, et doit maintenant vivre avec la confusion.  Pas que je sois personnellement en faveur des fusions forcées à outrance, mais je crois que l’île de Montréal peut très bien être administrée comme une seule et unique ville, avec un seul maire, et un seul conseil municipal.  Par contre, la population de 15 villes fusionnées de force ont préféré défroquer, et ce sans tenir compte de toutes les conséquences causées par la multiplication des conseils et comités, ainsi que par les chevauchements de pouvoirs et les dédoublements de tâches administratives.  Nous savons que le Québec est un endroit où chacun veut être maître de son petit royaume, et le gouvernement du Québec finit toujours par dire oui à tout et à n’importe quoi, dans ce sens.  C’est ainsi que l’on se retrouve avec un viaduc qui est solide d’un côté, et faiblard de l’autre.

Évidemment, si la ville de Mont-Royal décide de fermer le viaduc aux camions lourds, il faudra placer de la surveillance policière aux abords de celui-ci, afin de s’assurer de la sécurité des lieux.  L’histoire récente nous a montré le coût d’une opération semblable lors de la fermeture du viaduc Henri-Bourassa, qui surplombe le boulevard Pie-IX, à Montréal-Nord, pendant que l’on procédait à des inspections poussées de la structure.

Ce sont encore les payeurs de taxes qui feront les frais de cette bévue administrative.  Il semble que c’est compliqué de prendre le téléphone et d’appeler l’administration de l’autre ville pour s’entendre sur des travaux.  Les responsables de cette situation sont-ils trop gênés pour se parler entre eux?  C’est ce qui arrive quand il y a plus de chefs que d’indiens, pour prendre une expression populaire.  La mairesse de Ville Mont-Royal, Vera Danyluk, connaît pourtant le tabac; c’est une vieille routière de l’administration municipale.  Aussi, de la voir au coeur d’un tel bordel tend à prouver que toute l’histoire des défusions ne fut qu’une opération bâclée, où les villes fusionnées de force ont improvisé depuis le début, dans le seul but de prouver qu’elles auraient un jour le dessus sur le gouvernement québécois.  Elles ont manqué leur coup, et doivent vivre avec les problèmes que cela occasionne, maintenant.

Saint-Lazare: Une famille part en guerre contre la vitesse au volant

Lu dans le Journal de Montréal, un article signé Marilou Séguin, sur un couple de Saint-Lazare qui a décidé de partir en guerre contre la vitesse au volant.  Claude et Lise Jolicoeur ont vécu – et continuent de vivre à chaque jour – les répercussions d’un accident de la route qui a coûté la santé à leur fille Patricia, aujourd’hui âgée de 27 ans.  C’est qu’en novembre 2006, alors qu’elle promenait son chien, Patricia a été happée par une voiture, conduite par un jeune conducteur de 20 ans « qui circulait beaucoup trop vite », tel qu’écrit dans l’article, non loin de la résidence de la famille.

Malgré que j’éprouve beaucoup de compassion et de sympathie pour ce couple, parce que l’épreuve est certainement très difficile à vivre, je crains fort que les solutions avancées dans l’article, à savoir d’augmenter l’âge d’obtention d’un permis de conduire, ou encore de donner des amendes ou, le cas échéant, des sentences plus sévères aux contrevenants, ne changera pas grand chose au bout du compte.  Je l’ai dit, l’automne dernier, dans l’histoire de la petite Bianca Leduc, et je le redis à nouveau, que le seul et unique incitatif qui amènera les gens à rouler moins vite en milieu urbain est la présence accrue de policiers, et rien d’autre.  Je crois également que le fait de raconter son histoire dans le Journal de Montréal, ce qui risque de culpabiliser ceux et celles qui appuient sur le champignon à l’occasion, ne fera que jeter de l’huile sur le feu aux yeux des plus récalcitrants, qui en viendront à dire que les journalistes vont encore aller chercher des histoires à faire brailler le peuple dans le but de leur mettre des bâtons dans les roues, et de les empêcher de vivre leur vie.

Comprenez-moi bien.  Je ne dis pas que Claude et Lise Jolicoeur n’ont pas raison d’être « en beau maudit » contre ce que la vie leur fait subir depuis maintenant 14 mois.  Je dis seulement que ce n’est pas en amenant les lecteurs du Journal de Montréal à se sentir coupable à chaque fois qu’il appuient un peu plus que ce qu’indique le panneau installé sur le bord de la route que leur fille va prendre du mieux.  Le travail qu’ils ont à faire doit se faire entre eux, afin de les aider à admettre que la vie a mis cette épreuve sur leur chemin parce qu’ils ont en eux la force intérieure qui les aidera à la surmonter, et que les gouvernements n’ont rien à y voir.  J’en prends pour exemple la fusillade de Polytechnique, en décembre 1989; les familles des 14 innocentes victimes de Mark Lépine ont réclamé des gouvernements, à défaut de pouvoir les interdire, la tenue d’un registre de toutes les armes à feu dans le pays, ce que le gouvernement fédéral – qui a juridiction en ce domaine – a fini par faire.  Deux milliards de dollars et plusieurs années plus tard, le registre n’a jamais pu empêcher un Kimveer Gill d’acquérir des armes en toute légalité et de commettre la fusillade du collège Dawson.

Je l’ai dit à maintes occasions, et je le répète encore une fois.  Les gouvernements ne règlent rien.  Ils ne font que déplacer le problème, au mieux, et le reste du temps, ils empirent la situation.  Des événements comme l’accident de Patricia sont définitivement difficiles à vivre pour les proches, mais il n’en demeure pas moins qu’il y a une proportion de ce que l’on appelle « la fatalité de la vie » dans chaque accident, et dans chaque événement.  Parce que la nature humaine est ce qu’elle est, des gars – et de plus en plus de filles aussi – vont continuer à rouler rapidement, avec évidemment une excellente raison pour ce faire, ainsi qu’avec la certitude que de telles tragédies n’arrivent qu’aux autres.

Nouvelle A-50: Une super-2, mais pas tout à fait partout!

Il m’arrive, à l’occasion, d’aller faire un tour sur le site web du système électronique d’appels d’offres (SÉAO), là où le ministère des transports du Québec affiche tous ses appels d’offres de construction de plus de 25,000$.  On peut y voir la presque totalité des appels d’offres de la majorité des ministères du gouvernement du Québec, dont en éducation et en santé.  De nombreuses municipalités passent aussi par le SÉAO pour annoncer leurs appels d’offres.  Je vais y faire un tour afin de voir les contrats à accorder par le MTQ, signe qu’un projet ira réellement de l’avant.  Évidemment, il arrive parfois que le MTQ change d’idée même une fois cette étape passée, mais c’est plutôt rare.  Le site permet même un certain nombre de consultations de documents, et ce gratuitement.

Lors de ma visite d’aujourd’hui, je vois un appel d’offres pour l’autoroute 50, plus précisément entre la route 323 et la côte Ézilda, dans la municipalité de Notre-Dame-de-Bonsecours, au nord de Montebello.  Et en consultant les plans, je constate que l’autoroute 50 sera construite sur deux chaussées distinctes, mais très rapprochées, et séparées par un muret de béton.  On y voit même le raccord qui permettra de passer d’une à deux chaussées, tout juste à l’est de l’échangeur de la route 323.  On y voit également que l’A-50 passera, comme à Thurso, à flanc de falaise, ce qui donnera d’autres vues impressionnantes pendant, et après les travaux.  Je me demande si ce n’est que la section où se trouve l’échangeur qui sera à quatre voies sur deux chaussées, ou bien si cette configuration se prolongera plus loin vers l’ouest.  L’avenir nous le dira bien assez tôt.

Si seulement les travaux de l’A-30 pouvaient avancer un peu plus rapidement…