Environnement: Pourquoi ne pas interdire les feux rouges?

Il y a plusieurs semaines, le site de nouvelles LCN publiait une toute petite manchette au sujet de la possible disparition du service à l’auto dans des établissements comme les restaurants-minute. Sans encore parler de les interdire complètement, certaines administrations municipales citées dans la manchette semblaient vouloir restreindre l’accès à ces installations, à cause des longues files d’attente constatées à certains moments de la journée, et que de telles réductions permettraient ainsi de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GeS) près de ces établissements, et par extension dans la ville.

Je déterre cette manchette aujourd’hui pour poser une question, à savoir: Si la diminution de l’accès, ou alors l’interdiction pure et simple, du service à l’auto, permettrait de réduire l’émission de GeS, dans nos villes, pourquoi alors ne pas interdire les feux rouges? Ben quoi, c’est vrai! À certains moments de la journée, les files d’attente aux feux de circulation sont si longues qu’il faut parfois jusqu’à trois cycles complet des feux pour parvenir à passer l’intersection. D’autres feux de circulation sont si longs qu’on craint qu’il ne changent jamais! Un exemple probant parmi tant d’autres; l’intersection de la rue Bombardier et du boulevard L.-H.-Lafontaine, à Anjou. On dirait que le feu rouge dure des heures!

Vous l’aurez compris, mon but n’est pas de retirer les feux de circulation des intersections. Ils ont leur raison d’être, et ils sont là pour rester. Mon but est plutôt de ramener à l’ordre les administrations municipales qui seraient tentées de prendre des décisions aussi stupides que celles citées dans la manchette de LCN. Je voudrais également leur rappeler un autre truc simple; si l’on veut lutter contre la concentration des GeS dans un secteur donné, il faudrait peut-être songer à abandonner la lutte stérile contre l’étalement urbain. C’est un autre truc tout à fait vrai; comment peut-on lutter à réduire le CO2 si l’on cherche à entasser le plus de gens possible dans un endroit exigü? Il faut rappeler à nos chers gouvernants une vérité simple, mais implacable; les êtres humains respirent l’air ambiant, et rejettent du CO2! Plus on entasse des personnes à l’étroit, plus ils risquent de respirer de l’air vicié. La lutte au CO2 devrait d’abord commencer à l’intérieur même des édifices publics, que ce soit les hôpitaux, ou les résidences pour personnes âgées, là où sont entassées de nombreuses personnes à la santé fragile.

Aussi, la prolifération de banlieues n’a rien de dramatique, dans la cadre de la lutte à la pollution, bien au contraire. Les familles recherchent de l’espace, ce qui n’est pas disponible en ville. On n’envoie pas les enfants jouer dehors quand on habite un condo au 6e étage! De plus, les chemins de fer qui gravitent autour de Montréal ne demandent qu’à être exploités. Je crois qu’un bon réseau de trains de banlieue serait beaucoup plus efficace que de simples voies réservées sur les autoroutes et boulevards principaux. Et il ne faut pas oublier de compléter le réseau routier supérieur.

En effet, les bouchons actuels sont principalement le fruit de l’inaction des gouvernements à compléter des parties vitales du réseau routier supérieur. Comme de rattacher l’A-640 à l’A-40, à la hauteur de Hudson, afin de permettre un lien routier Québec-Ottawa sans traverser l’île de Montréal. Même chose pour l’A-30, sur la rive sud, dont le chantier n’avance pas très rapidement. Une fois ces deux liens complétés, il ne manquerait plus qu’une traversée du fleuve à l’est de l’île de Montréal pour boucler une vraie route périphérique qui tiendrait hors de Montréal l’essentiel du trafic de transit.

D’autres éléments de la grille routière mériteraient davantage d’attention, comme le doublement du pont Champlain, ou du tunnel L.-H.-Lafontaine. Évidemment, avant de permettre de meilleurs accès à l’île, il faudra d’abord canaliser le flot de circulation à l’intérieur de celle-ci. L’autoroute Métropolitaine ne suffit plus à la tâche, et ce depuis plusieurs années. Il faut définitivement compléter l’autre axe est-ouest de l’île, et j’ai nommé l’autoroute Ville-Marie, entre le centre-ville et le tunnel, afin d’en faire ce qu’elle devait être à l’origine, soit l’A-20. Le premier véritable lien nord-sud sera ouvert en 2011, avec la nouvelle section de l’A-25. Il faudrait établir un second lien direct, en construisant une section de voie rapide qui relierait les deux A-15, soit l’autoroute Décarie et l’autoroute des Laurentides.

On me dira que de construire de nouvelles autoroutes ne fera qu’augmenter les émissions de CO2. C’est vrai, mais en partie seulement, et à court terme, alors que le tout s’éliminera à plus longue échéance. Dans un premier temps, les gens qui roulent déjà seuls en voiture continueront de le faire, et comme les bouchons de circulation sur les ponts seront réduits, cela réduira les concentrations de CO2 au niveau des traversées, ce qui rendra la balance moins déficitaire que certains l’envisagent. Dans un deuxième temps, les voitures à cellule d’hydrogène arriveront bientôt sur le marché, ce qui réduira d’autant les émissions de CO2. Car il faut bien rappeler que si ces nouvelles voitures ne produiront plus d’émissions polluantes, elles auront quand même besoin de routes. Alors autant être prêts. D’autant plus que l’inflation, particulièrement dans le domaine de la construction, fait que le coût d’un projet double environ aux cinq ans. Aussi, il vaut mieux cesser de remettre à plus tard.

Ceci dit, je crois que les dirigeants politiques ont beaucoup mieux à faire que de légiférer sur les services à l’auto.

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8 réactions sur “Environnement: Pourquoi ne pas interdire les feux rouges?

  1. Non, dites moi que c’est une blague? Interdire le service au volant? Pas que je l’utilise vraiment, mais là, c’est vraiment, mais vraiment devenu ridicule tout ce cirque sur la pollution et l’environnement! Je ne sais pas un jour si j’arriverai à m’habituer aux élucubrations des élus afin de plaire aux « verts ». Gagner le gros lot, je crois que je m’achèterais un Hummer question de faire faire une crise d’apoplexie aux adeptes de la religion verte! 😉

    Et vivement le raccordement de tous les tronçons routiers inachevés! Avec les voies de contournements complètes, le CO2 diminuera rapidement. Mais, comme le dit mon père: La paix dans le monde, c’est pas pour demain. »

    Merci mille fois pour votre blogue. J’en apprends plus ici que dans les journaux!

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  2. Salut richard3,

    En premier temps, dans un restorant du parc maisonneuve, pas loin de la rue Sherbrooke, il y a une carte d’autobus ou de métro datant autour début années 70. Il est clairment marquées que la 720 s’appellle encore la 20.

    Deuxièment, selon les plan originaux, les 2 bouts de la 15 devait t’elle se relier?

    Merci d’avance pour vos réponses

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  3. Eh ben oui, mon cher Gui4, si les plans originaux avaient été respectés, l’A-720 n’aurait jamais existé! Du moins, ce numéro n’aurait jamais désigné une autoroute montréalaise.

    Par contre, je ne sais pas si les prévisions originales reliaient les deux extrémités actuelles de l’A-15, soit le nord de l’autoroute Décarie et le sud de l’autoroute des Laurentides. Au fil des ans, il y a eu différents projets, comme celui d’une connection de Décarie, en passant par les terrains industriels, le long des chemins de fer, puis du boulevard Jules-Poitras, avec l’autoroute des Laurentides, juste au nord du boulevard Henri-Bourassa, mais ce dernier lieu de raccordement a depuis fait place à la gare Du Ruisseau, de la ligne de train de banlieue Montréal–Deux-Montagnes. Auparavant, il y eut un autre projet, soit celui d’une voie rapide dans l’axe du boulevard de l’Acadie. Les deux n’ont été rien de plus que des tentatives, n’ont pas vraiment été étudiés, et ne verront probablement jamais le jour.

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  4. Salut richard3,
    Selon l’article sur l’autoroute 15 sur wikipédia, les numéros de sorties recommencent à 1 car, au départ, c’était 2 routes différentes.

    J’espère que cela puisses t’aider

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  5. Évidemment, qu’il s’agit de deux routes différentes. Quand l’autoroute des Laurentides fut ouverte, en 1958, la première pelletée de terre de l’autoroute Décarie n’était même pas dans les pensées de la population de Montréal. Dans le temps, on croyait encore à la voie rapide dans l’axe du boulevard de l’Acadie, pour relier le centre-ville à la nouvelle autoroute. Sauf que depuis le temps, les choses ont changé. Ça fait maintenant une quarantaine d’année que le chiffre 15 désigne les deux autoroutes, et maintenant 23 ans que les postes de péages ont été retirés des autoroutes québécoises.

    Le gros problème, c’est que le MTQ, quand vient le temps de prendre des décisions, fait les choses de façon aussi variable que la température de cette année, en fonction du degré de réveil du fonctionnaire responsable. Par exemple, quand la décision fut prise de faire définitivement passer l’A-20 par le pont Champlain, et que l’A-25 commencerait sur la rive sud, tous les numéros de sortie de l’A-25, jusqu’à Saint-Esprit, ainsi que ceux de l’autoroute Ville-Marie, furent changés, mais pas ceux de la route 132, où passe désormais l’A-20, et qui vont de 1 (boulevard Simard, à Saint-Lambert) à 19 (rue Samuel-de-Champlain, à Boucherville). La sortie vers le tunnel Lafontaine, et vers l’autoroute Jean-Lesage, est la sortie 15. Si le MTQ avait appliqué, à la route 132, le même raisonnement qu’aux deux autres autoroutes, les numéros de sortie seraient semblables à ceci:

    – Boul. Simard, St-Lambert: sortie 76
    – Boul. Sir-Wilfrid-Laurier, pont Victoria: sortie 78
    – Ave. Notre-Dame, Lemoyne: sortie 81
    – Boul. Lafayette (est seulement): sortie 82
    – Boul. Taschereau, pont Jacques-Cartier: sortie 83
    – Boul. Roland-Therrien: sortie 86
    – Tunnel Lafontaine, autoroute Jean-Lesage: sortie 90

    Les sorties restantes de la route 132, à Boucherville, seraient:

    – Boul. Marie-Victorin: sortie 2
    – Boul. de Montarville: sortie 3
    – Rue Samuel-de-Champlain (est seulement): sortie 4

    En deux mots, le MTQ fait la numérotation des sorties de la même façon qu’il fait l’entretien des routes sous sa juridiction; n’importe comment.

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  6. Je suis d’accord des fois les sorties d’autoroutes sont n’importe quoi ! Un autre choses des fois les panneaux de sorties sont tellement usées sur la 10 entre autre que l’on parvient plus à distinguer très biens les directions de la sortie !

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