Villages-fantômes du Québec: Bienvenue à Joutel

Au Québec, comme partout ailleurs, il y a ce que l’on appelle, pour différentes raisons, des villages-fantômes. Des municipalités qui furent créées avec les meilleures intentions du monde, mais qui, pour une raison ou pour une autre, ont été carrément démantelées, laissant derrière plus ou moins de traces du passage de la civilisation.  Aujourd’hui, je vous propose quelques images du village-fantôme de Joutel.

Mais d’abord, une petite mise en situation.

À quelque 120 kilomètres au nord d’Amos, en Abitibi, la découverte d’or, de cuivre et de zinc amène l’ouverture de mines, en 1965, et leur mise en opération demande l’afflux de quelques centaines de travailleurs, et de ce fait, la création d’une petite ville, pour soutenir tout ce beau monde.  On donna à la municipalité le nom de Joutel, en hommage à l’explorateur et navigateur français Henri Joutel (1651-1735), originaire de Rouen.  Pour rejoindre la municipalité, on doit prendre une route d’une douzaine de kilomètres, vers l’ouest, depuis la route de Matagami, aujourd’hui la route 109.

Les projets miniers s’ouvrent; la mine de Poirier, d’abord, en 1965, puis la Joutel Copper Mine, de 1967 à 1972, verront la petite ville dépasser les 1000 habitants, mais la population tombera à environ 250 lors de la fermeture de la mine, dix ans plus tard. C’est ce que les gens de la place appelleront le “crash de 1975”.

Pendant ce temps, Agnico Eagle coulera son premier lingot d’or le 20 février 1974, dans ses nouvelles installations, à quelques kilomètres au nord de Joutel, sur la rive ouest de la rivière Harricana.  Le site est d’ailleurs le théâtre d‘un spectaculaire vol d’or le 19 mai 1979.  Cette entreprise, ainsi que les mines Selbaie, donneront un second souffle à Joutel, qui verra sa population monter à environ 1200 âmes. Cette exploitation amènera, dans les années 1980, de nouvelles installations dans la ville, dont un aréna.

Par contre, la fermeture des installations d’Agnico Eagle, en 1993, puis celles de Selbaie, en 1998, donnèrent le coup de grâce à Joutel, qui ferma ses livres le 1er septembre de la même année.  Les maisons, qui appartenaient toutes aux compagnies minières, furent déménagées, alors que les commerces, et les installations publiques, furent démolis. Aujourd’hui, il ne reste que les rues et les trottoirs, quelques dalles de béton, et la tour des retransmetteurs de radio et télé.  Le territoire de Joutel fait partie du territoire du gouvernement régional Eeyou Itschee Baie-James.

Lors d’une virée improvisée, le 26 octobre dernier, je me suis rendu sur le site de Joutel. J’ai pris quelques photos, mais j’étais craintif de passer sur les rues partiellement couvertes de neige et de glace.

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Ici, on voit la halte routière du mont Cartwright, située à environ 120 kilomètres au nord de la ville d’Amos, avec, au fond, la toilette, qui malheureusement, était inutilisable lors de mon passage.

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Le téléphone d’urgence – il faut mentionner que le signal cellulaire brille par son absence dès que l’on s’éloigne d’Amos, ainsi qu’un panneau qui raconte la relation entre les autochtones et les animaux locaux.

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On s’est même inspiré des activités locales pour décorer les abords de la halte.

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Une fois que vous avez traversé le pont de la rivière Harricana, si vous manquez ce panneau, vous manquez Joutel. C’est aussi simple que ça; il n’y a pas d’autre indication.

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Il y a plusieurs années, ce devait être un panneau d’arrêt, comme on en voyait du temps où pouvait y lire les mots “ARRÊT – STOP”.  Mais il a fallu l’examiner de près pour s’en rendre compte.  C’est à l’intersection de la rue Principale et de la route qui conduit à la route 109.

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Ma bagnole, sur le boulevard Joutel.

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La rue Principale, à l’intersection du boulevard Joutel.  À droite, la tour de retransmission, qui diffusait, il n’y a pas si longtemps, des émissions depuis les tours principales, entre autres, de TVA.

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La nature reprend peu à peu ses droits, à l’intersection de la rue Principale et de ce qui devait être probablement le terrain de l’aréna, dont on voit la bordure de béton.

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Le boulevard Joutel, avec son trottoir.

Comme je le mentionnais, j’étais craintif de m’aventurer plus loin dans les rues de Joutel; d’abord, je n’avais aucune idée de l’état des rues, et de ce qui se trouve en-dessous, comme les diverses infrastructures. Quant aux rues elles-mêmes, elles étaient, pour la plupart, recouvertes de neige, de glace, et d’eau qui s’écoulait.  Rien de rassurant!  Ajoutez à cela que ma bagnole était toujours munie de sa chausse d’été – je vous l’ai dit, c’était une virée improvisée, et que si la route défonce, la dépanneuse la plus proche est fichtrement loin, et vous comprendrez que je ne voulais prendre aucun risque.

Mais il faudra définitivement y retourner au printemps, juste après la fonte des neiges, et juste avant que la nature reprenne vie; c’est le temps idéal pour explorer des lieux comme ceux-ci.  Le voyage pourrait se faire avec un véhicule plus approprié, comme mon vieux Durango; avec ses quatre roues motrices en permanence, même si une rue défonce, je pourrais me sortir d’affaire.

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Route 112, à Thetford Mines: Des images saisissantes!

La saga de la route 112, à Thetford Mines, a commencé en 2010 quand, après avoir constaté des signes d’affaissement, le long d’une partie de la route qui longe une mine d’amiante à ciel ouvert de quelque 1100 pieds (335 mètres) de profondeur, propriété de la société LAB Chrysotile, le Ministère des transports du Québec (MTQ) a construit une section de route temporaire, juste à côté de la route originale, question de tenter d’éviter des problèmes liés à un glissement de terrain, pendant que l’on réfléchissait à une solution permanente.

L’année suivante, le MTQ s’est rendu compte que non seulement la vieille route 112, mais également la nouvelle section temporaire, menaçaient sérieusement de s’effondrer.  Il prit alors la décision de fermer complètement la route 112 entre le secteur Black Lake de la ville de Thetford Mines et le village voisin de Saint-Joseph-de-Coleraine, puis de détourner la circulation automobile par le chemin de Vimy, qui contourne la mine par le nord, alors que les véhicules lourds devaient prendre le chemin du Barrage, au sud du secteur.  Le MTQ a ensuite annoncé la construction d’une toute nouvelle section de la route 112, qui allait passer entre le chemin de Vimy et la mine.  LAB Chrysotile allait collaborer en vertu d’une entente selon laquelle, en plus de fournir le plus gros de l’emprise retenue pour la nouvelle route, elle mettrait ses équipements et son personnel au service du MTQ pour, entre autres, enlever le mort-terrain, et déplacer des haldes, question de libérer l’emprise.

Le 15 février de cette année, le site web ThetfordActu.com publiait un article dans lequel l’entente avec LAB Chrysotile était remise en question, suite à la mise en faillite de l’entreprise.  Celle-ci devait déplacer des haldes, et retirer le mort-terrain de l’emprise de la future route, pendant que le MTQ complétait les plans et devis du projet, dont la mise en service était prévue en 2014.  Le 15 octobre dernier, ThetfortdActu.com publiait un autre article, cette fois sur le soutien des élus locaux au projet, qui n’avance pas assez rapidement à leur goût.

Finalement, cet avant-midi, je suis tombé sur une dépêche de la Société Radio-Canada (SRC), mentionnant qu’une manifestation s’organisait ce midi, à l’intersection du boulevard Frontenac Ouest (route 112) et de la rue Saint-Désiré (route 165), dans le secteur Black Lake, à environ un kilomètre au nord du lieu du glissement de terrain qui, depuis l’été dernier, a pris des proportions telles que certaines parties de la route, autant de la vieille section que de la route temporaire, sont désormais carrément portées disparues!

Je me suis dit qu’il devait sûrement y avoir des images de cela quelque part.  Après une simple recherche sur Google, je suis arrivé, de fil en aiguille, sur un site créé spécialement pour montrer l’évolution du glissement de terrain, au fil des semaines, tout au long de l’été dernier.  Les photos sont, pour ainsi dire, saisissantes.  Le site, une réalisation de Louis Blais, se trouve juste au bout de ce lien.

A-40: Épisode 5 – Le côté sombre de l’autoroute Métropolitaine

Eh bien voici l’épisode final, en ce qui concerne les dessous de l’autoroute Métropolitaine, soit le secteur entre la rue Saint-Hubert, et un peu à l’ouest du boulevard Saint-Laurent.  Il y a bien une autre section, qui s’étend sur environ deux kilomètres, entre les échangeurs Décarie et Côte-de-Liesse, mais j’en ai comme soupé de vous repasser toujours les mêmes choses, comme vous pourrez les voir ici, encore une fois.

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On voit ici le raccord de la sortie Papineau, bien dégoulinant, en cette journée pluvieuse.

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Un bout de grillage, sur le coin de la rampe de la sortie Papineau, installé d’une façon qui fait penser à un rembourrage improvisé, pour éviter de se cogner contre un coin trop proéminent.

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Encore un joint de béton effrité, avec du styromousse qui en ressort.

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Non, il ne s’agit pas de vandales, mais plutôt d’un type – ils étaient deux – qui ramasse les déchets, par terre, afin de maintenir l’endroit propre.  Excellente initiative.

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Ça n’est pas au point de dire que la Métropolitaine va s’écraser par terre, mais force est d’admettre que les piliers s’enfoncent dans le sol.

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Comme on peut le voir, même le Fonds de solidarité de la FTQ loue des espaces de stationnement, sous la Métropolitaine.  Il faut mentionner que les deux tours à bureaux de la centrale syndicale sont à quelques dizaines de mètres de là, sur le boulevard Crémazie.

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Un autre pilier effrité, quelque part entre les rues Basile-Routhier et Lajeunesse.

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Un autre, au coin de la rue Lajeunesse, qui a plus mauvaise mine, encore.

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Encore du béton effrité, dans le joint, entre deux dalles.

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Et quelques bouts de grillage, cette fois au-dessus de l’avenue Casgrain.

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Même dans la partie centrale du rond-point du boulevard Saint-Laurent, le béton des piliers s’est effrité.  Mais il y a quelque chose de coincé, le long du tuyau.  Voyons voir de plus près.

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Il y a bien quelque chose, dans cette bouteille, mais ne me demandez surtout pas de le boire.

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Encore un joint de dalles effrité, cette fois dans la partie centrale du rond-point du boulevard Saint-Laurent.

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Le « plafond » est beaucoup plus bas, ici.  C’est normal.  Nous sommes à l’ouest du boulevard Saint-Laurent, et au fond, c’est la fin de la partie surélevée de l’autoroute Métropolitaine.

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Même si cet endroit est en légère pente, cela n’empêche pas la formation de stalactites, depuis le joint central, entre les deux chaussées.

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Et derrière ces grilles, il y a quoi?  Des déchets, lancés là par, euhhh… par n’importe qui, finalement.

Et voilà.  Il aura fallu cinq épisodes, répartis sur presque un an (le premier date du 22 mars 2008), pour vous montrer que l’autoroute Métropolitaine est dans un sale état.  Il y a plusieurs années, en 2000, en fait, quand le ministre des transports du temps, Guy Chevrette, avait présenté le projet d’autoroute, pour remplacer la rue Notre-Dame, dans l’est, le site web du MTQ disait que cette nouvelle autoroute servirait de solution de rechange, lors de la reconstruction de la Métropolitaine, qui devait commencer en… 2005!  Or, nous sommes en 2009, et les travaux de la réfection de Notre-Dame débutent à peine.  Et encore là, on ne parle même plus d’une autoroute!  C’est donc dire que la reconstruction de l’A-40 est dûe depuis longtemps, et qu’on tentera de lui faire tenir le coup pour encore quelques années.  J’espère seulement que d’ici-là, aucune section surélevée de cette voie rapide, qui n’a plus de rapide que le nom, ne nous tombe sur la tête.

Vous bouffez de l’histoire politique? Voici un bon « tuyau »!

Vous vous demandez quel parti a gagné une élection partielle dans votre circonscription, il y a 30 ans? Vous cherchez qui était le premier ministre lors de votre naissance? Ou encore combien de députés comptait votre parti préféré lors de la dernière élection générale? Vous allez probablement trouver les réponses à toutes ces questions, et à combien d’autres, sur le site Québec politique.

Je me suis retrouvé sur ce site presque par hasard, au gré d’une autre de mes « promenades » sur le net, et j’ai pris le temps de fouiller un peu. Ce site est une véritable mine d’informations sur la politique québécoise, et ce depuis la fin des années 1700! On y apprend entre autres que les accusations de « manoeuvres électorales frauduleuses » existaient bien avant la loi sur le financement des partis politiques de René Lévesque, et nombreuses furent les élections annulées suite à de telles accusations.

Bref, une foule de renseignements pertinents sur la politique québécoise, ainsi que sur les interactions du Québec avec le gouvernement fédéral, et même le gouvernement britannique. Je vous le recommande.

Le jour du Souvenir: Se souvenir de quoi, au juste?

Nombreux sont ceux et celles qui diront que le jour du Souvenir est une autre de ces manifestations stupides d’une autre époque, que les guerres ne font que des morts, qu’il ne devrait plus jamais y avoir de guerres, et d’autres pensées utopiques du même genre, dignes d’enfants de 5 ans. Pour ma part, ce matin, à 11 heures, la station de radio – anglophone – que j’écoutais a fait une minute de silence, pour commémorer la mémoire de tous les canadiens qui ont laissé leur vie sur les champs de bataille et dans l’exercice de leurs fonctions de militaires, et j’ai pris le temps de m’arrêter, moi aussi, pour une minute.

Comprenez-moi bien. Je ne suis pas « pour la guerre ». Je ne suis pas, de par ma nature, un « guerrier ». Par contre, je crois qu’il faut être conscient que la liberté que nous possédons aujourd’hui, car même si nos gouvernements la charcutent à tour de bras, nous avons une certaine liberté à laquelle les citoyens de beaucoup de pays n’ont même pas le loisir de rêver, cette liberté a été gagnée à grands coups de conflits armés. De nos jours, le Canada n’a pas à défendre cette liberté sur des champs de bataille, et de ce fait, elle nous semble acquise pour toujours. Or, ce n’est pas le cas. Des événements peuvent survenir à tout moment, remettant en cause les acquis que nos ancêtres ont durement gagnés, au péril – et pour plusieurs au prix – de leur vie. C’est pour cela qu’il faut se souvenir.

Certains demanderont ce que nous faisons alors en Afghanistan, parce que ce n’est pas notre conflit, après tout. Comme ce n’est pas notre propre liberté qui est en jeu, pourquoi sommes-nous à deux pieds dans cette guerre? Je répondrai tout simplement par des mots souvent utilisés par la go-gauche; par SOLIDARITÉ.

Les afghans, et surtout les afghanes, sont privés de cette liberté qui nous est acquise, et comme le gouvernement élu et légitime de ce pays n’est pas en position de force suffisante pour défendre cette liberté à laquelle ces gens ont aussi droit, il appelle à l’aide. Cette aide est fournie actuellement par une coalition, mandatée par l’ONU, mais sous l’autorité de l’OTAN, qui comprend 34 pays, notamment le Canada, dont la mission est de reconstruire le pays, mais d’abord de le libérer des talibans, ces étudiants du coran qui utilisent celui-ci de façon extrémiste afin de maintenir le peuple sous son contrôle, ce qui prive les habitants de leurs libertés les plus fondamentales. Or, les talibans veulent le pouvoir total, rien de moins, et ne comptent surtout pas sur des élections pour prendre ce pouvoir. Ils l’ont pris par les armes, l’ont perdu suite à l’arrivée des américains, qui ont aidé les locaux à élire un gouvernement légitime, et veulent le reprendre à nouveau par les armes. C’est cela que le Canada, entre autres, tente d’empêcher.

On dira que les canadiens devaient aller là-bas pour aider à reconstruire le pays. C’est vrai, mais avant de reconstruire, le pays doit d’abord être sécurisé, et c’est pour cela qu’il y a encore de la guerre dans le sens meurtrier du terme, qu’il y a encore des missions de combat. D’ailleurs, 70 de nos concitoyens ont laissé leur vie là-bas, dans ce travail où le niveau de stress est très élevé, où chaque passage sur une route peut se révéler mortel. La plupart de ces 70 membres de nos Forces sont d’ailleurs morts sur les routes, surpris par des mines artisanales.

Le jour du Souvenir permet de commémorer les anciens qui sont morts pendant les vieux conflits, mais apporte également une occasion formidable de soutenir les gars et les filles de chez nous qui sont là-bas. En passant, pas besoin d’être « pour la guerre » pour soutenir les soldats canadiens, en Afghanistan ou ailleurs. Seulement pour la liberté. Car quand on y pense sérieusement, qui serait volontaire pour aller là-bas, en émissaire, pour rencontrer les talibans, et leur dire que l’on est contre les guerres? Croyez-vous que suite à une telle opération, les talibans vont cesser toute opération de combat? Si c’était aussi facile, peut-être faudrait-il demander à des politiciens prêts à tout pour se mettre « sur la mappe » d’y aller.

J’ai pensé à Françoise David, et à Amir Khadir. D’autres suggestions?