Cabines de protection dans les bus de la STM: Si ça peut vous faire plaisir,…

LCN rapportait hier que les chauffeurs de la STM souhaiteraient vivement – pour ne pas dire qu’ils exigeraient – une cabine de protection dans chacun des quelques 1300 autobus de la flotte, question de les protéger contre les agressions qui vont en augmentant depuis plusieurs mois.

Évidemment, la dégradation des services de la STM d’une part, et les récurrents conflits de travail de l’autre (notons ici que les chauffeurs ne sont pas sortis en grève depuis une vingtaine d’années, et ne le feront pas cette année non plus), font que la clientèle qui, comme nous tous, est davantage stressée qu’avant, est souvent exacerbée quand vient le temps de prendre l’autobus.  Et comme le chauffeur est évidemment le « premier répondant » à se retrouver sous les yeux d’un client frustré, c’est lui qui écope.  Résultat: Il arrive que ça dégénère.  130 agressions furent répertoriées en 2006, et 143 en 2007.  Plus souvent qu’autrement, elles se limitent à des mots, ou encore à des crachats, mais une bonne quarantaine d’agressions furent physiques, l’an dernier, dont 7 à main armée.  Le reportage, que l’on peut voir via l’article, dit même quels sont les endroits les plus dangereux sur l’île de Montréal.

À mes yeux, il s’agit d’un couteau à double tranchant; d’un côté, une telle cabine protégera le chauffeur dans la plupart des cas d’agression physiques.  Mais de l’autre côté, elle coupera le « contact » avec les clients plus conviviaux, ceux qui sont contents de saluer « leur » chauffeur, le matin.  Il faut par contre spécifier que le nombre de clients de ce genre diminue au fur et à mesure que le temps avance, et laisse place aux clients « indifférents », qui sont désormais la majorité.  Aussi, si les chauffeurs croient que cela vaut le coup de s’isoler des clients respectueux afin de se protéger de quelques stupides qui sont concentrés dans une région bien précise, alors pourquoi pas, si ça peut leur faire plaisir?  Comme je ne suis pas un client de la STM, ce n’est pas moi qui va s’en plaindre… du moment où cela ne touche pas mon portefeuille!

Car le gros du problème, il se situe là.  La STM n’est pas financée que par ses usagers; elle est aussi financée par les villes de l’île de Montréal, et par… les automobilistes.  On parle de plus de 10,000$ la cabine, multiplié par 1300 autobus, ce qui donne, au bas mot, un coût supplémentaire de 13 millions$.  Si la STM va de l’avant avec une telle dépense, elle devra en faire assumer le coût aux usagers, car ce sont eux qui agressent les chauffeurs, pas les automobilistes.  Cela fait des années que les automobilistes paient pour le transport en commun, aussi je crois qu’il serait temps que les usagers assument une part plus juste des coûts globaux du service.  Je n’irai pas jusqu’à demander d’appliquer intégralement le principe de l’utilisateur payeur, mais…

Et pourquoi pas, tiens?  On devrait faire une contrepartie à la journée « en ville sans ma voiture », et faire payer le plein prix du service aux usagers, ce jour-là, question qu’ils comprennent bien le prix réel du transport en commun.  On pourrait appeler cette journée le « jour de l’utilisateur-payeur », et la faire tomber… un mercredi.  Ce jour-là, aucun autre titre ne serait accepté que le ticket simple spécial « plein tarif », qui se détaillerait pour la bagatelle de… 9,17$ chacun!  Car c’est ce qu’il en coûte à la STM à chaque fois que quelqu’un prend les transports en commun.  L’usager paie normalement 2,75$, et le reste est financé par les villes et les automobilistes.  On pourrait afficher d’où proviennent les fonds de la STM, un peu comme font les pétrolières au sujet du prix de l’essence, avec un graphique en forme de tarte.  Les usagers seraient à même de constater que leur pointe n’est pas si grosse, finalement.  Lors de cette journée, on modifierait les affiches de tarifs pour montrer ce qu’il en coûterait si les usagers payaient le plein prix.  Ils sursauteraient certainement de voir la carte mensuelle affichée à… 220,83$

Soyez sans crainte, le « jour de l’utilisateur-payeur » ne sera jamais au programme de la STM.  Au contraire; celle-ci continuera de siphonner les poches des automobilistes qui, comme le prouvent les très nombreux – et très profonds – nids-de-poule, ces jours-ci, n’en ont plus pour leur argent, et ce depuis des années!

Secteur manufacturier: Est-ce la fin d’une époque?

Beaucoup de journalistes, qui couvrent les faits et gestes sur la colline parlementaire fédérale, ne cessent de nous répéter qu’il y a un parfum de campagne électorale dans l’air, et plusieurs chefs, dont Gilles Duceppe, du bloc québécois, exigent que le gouvernement conservateur mette des milliards de dollars pour venir en aide au secteur manufacturier, qui bat de l’aile au pays présentement.  Or, je viens de lire un texte d’André Pratte, de La Presse, intitulé « Un recul inévitable« .

Je constate que les dires de Pratte font beaucoup de sens.  Oui, c’est vrai qu’il se perd des milliers d’emplois dans le secteur manufacturier, en fait 72,000 emplois au Québec en 2 ans, mais ils furent remplacés par des emplois dans le domaine des services, et pas nécessairement des emplois précaires.  Plus de 188,000 emplois ont été créés depuis deux ans, et ce dans les domaines des services professionnels et techniques, du transport et de l’entreposage, ainsi que dans le commerce de gros.  La majorité de ces emplois sont à temps plein, et très bien payés, selon l’article d’André Pratte.

Selon moi, la question de l’emploi est plutôt relative, puisque malgré le nombre d’emplois du secteur manufacturier qui baisse sans cesse depuis cinq ans, le taux de chômage baisse lui aussi, atteignant des creux historiques.  C’est donc dire que ce n’est pas l’emploi comme tel qui est le problème, mais plutôt le secteur manufacturier qui perd des plumes.  Il en est ainsi dans la très grande majorité – pour ne pas dire la totalité – des pays industrialisés.  Et la raison en est bien simple; le monde évolue.  Les pays émergeants ont une main-d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, et malgré qu’ils gagnent peu, ce que l’on considère chez nous comme des salaires de misère représente une richesse inespérée pour eux.  Ces gens-là feront comme nous; ils apprendront ce qu’est le pouvoir d’achat, ils deviendront consommateurs, puis tenteront d’améliorer leur sort quand ils le compareront avec ce qui se passe ailleurs dans le monde.  Comme nous l’avons fait, nous aussi, à une certaine époque.

Le monde est en train de s’équilibrer.  D’une année à l’autre, de plus en plus de gens s’enrichissent.  Évidemment, il reste encore beaucoup – trop – de gens qui doivent se débrouiller avec moins d’un dollar par jour, et des milliers d’enfants meurent encore chaque jour des suites de la malnutrition.  Par contre, sauf en Afrique, tous les continents voient une amélioration du niveau de vie de leurs citoyens, ce qui me permet de croire que l’on est sur la bonne voie.  Il faut toutefois être prudents; il ne suffirait que de quelques pays, qui prendraient la décision de tout chambouler, pour que l’on replonge.  Prenons par exemple le Venezuela.

Ce pays d’Amérique du Sud se débrouillait pas trop mal, et son secteur pétrolier lui permettait les meilleurs espoirs.  Ça allait bien jusqu’à l’arrivée de Hugo Chavez.  Il a pris le pouvoir en promettant une autre vision de l’économie, celle qu’il appela « le socialisme du XXIe Siècle ».  On en voit aujourd’hui les résultats; Nathalie Elgrably-Lévy nous rapportait, dans sa chronique du Journal de Montréal du 14 février dernier, qui traitait justement d’une autre vision de l’économie, que les vénézuéliens manquent de tout.  Le lait, les oeufs, l’huile, la farine, le sucre, le maïs, le poulet, etc., font défaut, là-bas.  Il manque aussi de médicaments, de pièces d’autos, de produits d’hygiène personnelle, et même de papier hygiénique!  À défaut de les trouver sur le marché conventionnel, on doit les chercher sur le marché noir, selon cet autre article de La Presse.  Et avec tout ce qui s’est passé au sujet des champs pétroliers de l’Orénoque ces derniers mois, la production de pétrole a sensiblement diminué.  L’inflation, pour l’année 2007, a atteint pas moins de 22,5%.  Ce n’est pas pour rien que Hugo Chavez a lancé son nouveau bolivar.

La liberté économique fait des merveilles partout – ou presque – dans le monde.  Les preuves s’accumulent pour démontrer que c’est lorsque l’on tente de l’entraver que les problèmes commencent.  Pour le reste, ce n’est qu’une question d’adaptation.  Le secteur manufacturier est en déclin chez nous, comme ailleurs dans les pays industrialisés, mais notre économie compense de façon formidable.  Tout ce que nous devons faire, c’est de s’adapter.

Nous roulerons sur l’autoroute 50. Un jour.

Après plus de 40 ans de discussions, de tergiversations, de négociations,… alouette!

Voici des images du chantier de l’autoroute 50, promise par le PQ pour… 2007! Cette section, s’étendant entre le chemin Scotch, à Grenville-sur-la-Rouge, et la route 148, aux limites de Brownsburg-Chatham et de Lachute, devrait être ouverte à la circulation, en principe, à l’automne de 2008.

Chemin Scotch

Voici le chemin Scotch, à Grenville-sur-la-Rouge, en direction nord. Cette route doit être totalement reconstruite puisque compte tenu qu’il s’agit en fait d’une petite route de campagne, elle n’aurait jamais pu supporter la circulation en provenance de l’A-50. Vous avez tout compris; le chemin Scotch servira de raccord temporaire entre la route 148, la route 344 et l’A-50, d’ici à ce que la suite de celle-ci, vers l’ouest, soit ouverte à la circulation.

Viaduc Ch. Scotch

Le viaduc surplombant le chemin Scotch, sur lequel passera l’A-50.

1er ponceau, ch. Scotch

L’échangeur du chemin Scotch semble plus compliqué pour les cours d’eau que pour les voies de circulation automobile. Voici un premier ponceau, sur la bretelle d’entrée de l’A-50 ouest, à l’angle du chemin Scotch,…

2e ponceau, ch. Scotch

…puis un deuxième, tout juste à sa gauche, passant celui-là sous le chemin Scotch lui-même.

Int. A-50 Ouest/ch. Scotch

L’intersection du chemin Scotch et de la bretelle d’entrée/sortie de l’A-50 ouest, toujours à Grenville-sur-la-Rouge.

A-50 Ouest/mtée Hall

Vue de l’A-50, en direction ouest, depuis le viaduc de la montée Hall, à Brownsburg-Chatham. Un employé du chantier s’approche, au volant de sa camionnette,…

A-50 Est/Mtée Hall

…et vient à la rencontre de quelques quadistes. Vue de l’A-50, en direction est, cette fois.

A-50 Ouest/Mtée Rochon

Cette fois, une vue de l’A-50 vers l’ouest, depuis le viaduc de la montée Rochon, à Brownsburg-Chatham,…

A-50 Est/Mtée Rochon

Vers l’est, toujours depuis la montée Rochon, l’A-50 semble droite comme une flèche.

Voyons maintenant des images de l’échangeur de l’A-50, au niveau de la montée La Branche, qui relie le périmètre urbain de Brownsburg-Chatham, soit l’ancien village de Brownsburg, à la route 148.

Sortie A-50/Mtée La Branche

D’abord la bretelle de sortie de l’A-50 est,…

Entrée A-50 Ouest/Mtée La Branche

…et juste en face, l’entrée vers l’A-50 est,…

Sortie A-50 Ouest/Mtée La Branche

…puis de l’autre côté du viaduc, la sortie de l’A-50 ouest,…

Entrée A-50 Ouest/Mtée La Branche

…l’entrée vers l’A-50 ouest,…

Viaduc A-50/Mtée La Branche

…et finalement, le viaduc sur lequel l’A-50 passera au-dessus de la montée La Branche.

A-50 Ouest/R-148

Cette fois, l’A-50 en direction ouest, vue du viaduc de la route 148, à quelques mètres de la ville de Lachute,…

A-50 Est/R-148

…et vue en direction est, là où elle se termine actuellement, à l’échangeur avec la route 148.

Comme on peut le voir, ça avance. Lentement, soit, mais ça avance. On peut espérer, dans l’état actuel des choses, rouler dessus quelque part entre l’automne de 2008 et celui de 2009. À moins que des élections viennent tout chambouler. On a déjà vu des chantiers abandonnés, et jamais relancés. Que ce soit celui de l’autoroute 6, à La Prairie, où l’on voit toujours les intersections de l’échangeur sur le boulevard Taschereau, et à Farnham, là où l’emprise, et son terrassement, sont devenus une piste cyclable, ou encore celui de l’autoroute… 50, entre Joliette et Saint-Esprit, où les monticules de terre sont toujours en attente de la suite des choses. D’ailleurs, l’échangeur entre l’A-31 et l’actuelle route 158, à Joliette, a des airs qui n’ont rien à envier à l’échangeur A-20/A-30, près de Sainte-Julie, pour ne nommer que celui-ci. Dans ce dossier, la plus grande merde du MTQ est que celui-ci avait acheté les terrains pour compléter ce tronçon de l’A-50, mais les a revendus!

Euhhh, pardon? Vous n’avez jamais entendu parler de l’autoroute 6? Elle faisait partie de ce que l’on pourrait appeler « les folies de grandeur » du gouvernement québécois des années 1960 et 70, absolument inutile à l’époque, mais que l’on aimerait bien pouvoir utiliser de nos jours. L’autoroute 6 aurait été pour l’A-10 ce qu’est l’A-13 pour l’autoroute 15; une deuxième voie rapide, cette fois vers les Cantons de l’Est. Cette autoroute aurait commencé tout juste au sud de la petite rivière Saint-Jacques, aux limites de Brossard et de La Prairie, longeant celle-ci jusqu’à l’A-30, croisant celle-ci un peu au sud du Carrefour Dix 30, pour se rendre à Farnham et à Cowansville, en passant par Saint-Jean-sur-Richelieu. Bref, une parallèle à la route 104, comme l’A-10 en est une pour la R-112. Évidemment, tous les environnementalistes diront que c’est une autoroute inutile, mais si elle avait été construite, elle serait très appréciée aujourd’hui.

Bon, cessons de donner à bouffer à tous ces environnementalistes.