Le Canada aux urnes 2011: La campagne des Sans Chemise

J’écris ce billet en prêtant une oreille au débat francophone des chefs.  Les partis ont installé leurs pancartes, et le même droit est accordé aux intervenants, qui se sont inscrits auprès d’Élection Canada.  Ces intervenants ont le droit d’afficher, comme les partis politiques, et ce même s’ils ne présentent pas de candidat.

Or, jusqu’à maintenant, je n’ai vu les affiches que d’un seul intervenant, une organisation appelée les Sans chemise.  Ils diffusent leur requête, à savoir d’améliorer les normes de l’assurance-emploi.  Ce que je trouve drôle, c’est la façon dont ils s’y prennent pour passer leur message.

Sur l’affiche de gauche, on spécifie qu’un chômeur sur deux n’a pas accès aux prestations de l’assurance-emploi, et que cette situation doit changer.  Sur celle de droite, on dit à Stephen Harper de ne pas même penser à changer l’assurance-emploi.

Si je décide de faire une campagne en disant une chose, et son contraire, en même temps, c’est comme ça que je veux le faire!

Bienvenue à Saint-Barthélémy!

À travers ce superbe média qu’est Le blogue (merci à WordPress, en passant; même si je suis là depuis trois ans et demi, je n’ai eu à affronter aucune augmentation de tarif!  À tous les mois, ça me coûte gratis!), je vous ai montré toutes sortes de choses; de l’eau, des chantiers, des routes en décrépitude avancée, et encore de l’eau, beaucoup d’eau!  Cette fois, je vous amène à Saint-Barthélémy, municipalité située à la limite des régions de Lanaudière et de la Mauricie.

Cette municipalité a fait parler d’elle il y a presque un an, alors que le maire de l’endroit, Pierre Roy, a soulevé l’ire de plusieurs de ses concitoyens en s’accordant une légère augmentation de salaire de… 400%!  Pas de 400 dollars, mais bien 400 pour cent!  Le salaire du maire était, à l’époque, de 10,500$, et il l’a augmenté à 42,000$, à savoir 28,000$ de salaire proprement dit, auquel s’ajoute 50% du salaire en compensation des dépenses encourues, soit 14,000$, le tout pour un total de 42,000$.

Vous me direz qu’un simple maire d’arrondissement, à Montréal, gagne 60,000$ de salaire de base, à part les dépenses, les comités, etc.  Oui, c’est vrai, mais la municipalité de Saint-Barthélémy ne compte que 1973 personnes, selon les derniers chiffres du Répertoire des municipalités du gouvernement du Québec.  On en parlait, l’an dernier, sur le site web Canoë; un vidéoreporter, Frédéric Perreault, avait réalisé cet article, doublé d’une vidéo, sur toute l’affaire.

À Saint-Barthélémy, on doit s’occuper de tous les problèmes du réseau routier local, et cela comprend, bien sûr, les ponts qui ont dépassé leur durée de vie utile.  Nous voyons donc ici ce qui, je l’espère, est une solution temporaire; un pont installé par-dessus un autre pont!  Je ne sais pas si c’est une idée du maire Roy, pour « sauver de l’argent », mais ça laisse perplexe!

On voit bien, ici, que le pont temporaire repose tout simplement sur l’ancien pont, qui n’a jamais été retiré!  On m’a même dit qu’il s’agissait… d’un pont loué!  J’espère que le maire a obtenu un bon prix, parce que je n’ai aucune idée du loyer d’un pont.  Cette scène se déroulait en février dernier, sur le rang du Fleuve.

Nous sommes maintenant à la sortie est du village, sur le chemin York.  La signalisation montre bien que l’asphalte, à cet endroit, a été retiré.  Je ne sais pas pour quelle raison; probablement pour l’installation de conduites d’eau, ou de gaz, je ne pourrais dire.  Reste que le pavage fut retiré sur environ la moitié de la largeur de la route, et à certains endroits, sur toute sa largeur.  Mais le problème, c’est qu’on a l’impression que ça fait deux ans, que l’asphalte a été enlevé!  Il n’y a pas l’ombre d’un travailleur, sur les lieux!

Au moment de la prise de la photo, il faisait doux, la neige fondait, et le chemin York ressemblait à une « trail à vaches ».  Avec le printemps qui n’en finit plus de finir de s’installer, il est clair que la route n’est pas des plus praticables.

Aussi, les utilisateurs du chemin York roulent parfois à droite, parfois à gauche, selon l’état de la partie sans asphalte, et le niveau de confort de leur véhicule, entre autres raisons.  Et c’est comme ça que ça se passe sur environ 800 mètres.

L’article de Perreault se terminait sur une certaine note d’espoir, disant que c’est à la longue que l’on saura si l’augmentation de salaire de 400% du maire Pierre Roy sera vraiment justifiée!  En tout cas, jusqu’à maintenant, il semble que les économies se font particulièrement sur le dos des usagers de la route!

Le Canada aux urnes 2011: Quel sera le résultat (et cela va-t-il changer quelque chose?)

Et voilà!  L’opposition a sorti le couperet, vendredi après-midi, et a fait chuter le gouvernement minoritaire de Stephen Harper.  Ainsi, hier matin, après être allé chercher son premier café chez Tim Horton’s, et déroulé le rebord de son gobelet, afin de savoir s’il gagne quelque chose, l’actuel locataire du 24 Sussex Drive a rendu une petite visite de courtoisie à son voisin d’en-face, le gouverneur général David Johnston, afin de lui demander de dissoudre le gouvernement, et de déclencher une élection générale.

La question que les canadiens se posent, ce n’est pas tellement de savoir qui va gagner la prochaine élection, car on s’en doute déjà; c’est plutôt de savoir si le parti conservateur obtiendra enfin sa majorité tant recherchée.  Si les troupes de Stephen Harper obtiennent un mandat majoritaire, ils pourront enfin gouverner selon leur plan, sans toujours rechercher le soutien de l’un ou l’autre des partis d’opposition.  Ils pourront enfin faire leurs preuves, et la population pourra juger leurs actions au mérite.  Par contre, le risque que les conservateurs soient réélus de façon minoritaire est toujours présent.  Et c’est là que les choses risquent de se corser; malgré les « non » catégoriques du chef libéral Michael Ignatieff, le spectre d’une coalition flotte toujours dans l’air!

On se souviendra que les partis d’opposition, quelques semaines seulement après l’élection de 2008, ont voulu former une coalition, dans le but de ravir le pouvoir aux conservateurs, suite au dépôt du budget, dans lequel on voulait couper les subsides aux partis politiques.  Les chefs du temps, Stéphane Dion pour les libéraux, et Jack Layton, pour les néo-démocrates, avaient signé une entente de coalition, laquelle demeure valide jusqu’au 30 juin 2011.  Évidemment, le chef du bloc québécois, Gilles Duceppe, n’avait pas signé le deal; il a toujours dit qu’il ne voulait pas du pouvoir, d’une part, et d’autre part, le fait de le signer aurait permis aux canadiens de déclarer, hors de tout doute raisonnable, que le PLC et le NPD ont signé un pacte avec “le diable séparatiste”!  Mais dans les faits, rien n’empêchait le bloc de jeter un coup d’oeil privilégié à tout ce que ledit gouvernement de coalition aurait fait, le cas échéant.

Heureusement, le chef conservateur a été plus fin stratège qu’eux; il a prorogé la session, et a fait adopter un budget remanié lors d’un vote pendant lequel les libéraux se sont assis sur leurs mains.  On connaît la suite; Michael Ignatieff a mis les deux mains sur le volant du PLC, promettant de faire mieux que Stéphane Dion.  Et c’est ce qui est en train de se réaliser; selon les sondages, la débandade électorale du chef libéral actuel sera plus violente encore que celle subie sous la gouverne du député de Saint-Laurent – Cartierville.  Tant et si bien que l’on parle désormais d’un possible – pour ne pas dire d’un probable – gouvernement conservateur majoritaire.  La plupart des derniers sondages placent le parti de Stephen Harper soit tout près, soit au-dessus des 40%, ce qui correspond au seuil stratégique pour former une majorité à la Chambre des communes.

Il est maintenant établi que le scrutin aura lieu le 2 mai prochain.  D’ici-là, nous aurons le temps d’être envahis de pancartes de candidats de tous les partis, ainsi que de visites de certains d’entre-eux.  Ne reste plus qu’à vous souhaiter bon courage!

Pont Champlain: Va-t-il tomber avant Turcot?

Selon un article publié sur le site web de la Société Radio-Canada, le sénateur conservateur Larry Smith a annoncé, en conférence de presse, ce vendredi matin, que le gouvernement fédéral va injecter 228 millions$ dans la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc. (PJCCI), dont 158 M$ serviront à la réfection, et à la sécurisation, de l’unique corridor du pont Champlain.

C’est que La Presse a publié hier (jeudi), en exclusivité, que deux rapports, remis en décembre dernier à Transports Canada, et au ministre fédéral des transports, Chuck Strahl, par la firme Delcan, indiquent que le pont Champlain, et ses approches, se dégradent beaucoup plus rapidement que prévu, d’une part, et d’autre part, que l’ensemble est si fragile qu’un effondrement partiel d’une partie de la structure serait possible, notamment en cas de tremblement de terre.  L’article mentionne également que des discussions sont en cours, entre les paliers de gouvernement provincial et fédéral, pour l’éventuel remplacement du pont Champlain.

Depuis le temps que j’en parle, du pont Champlain!  Curieusement, à chaque fois qu’un tremblement de terre majeur survient, quelque part dans le monde, on répète à qui veut l’entendre que le pont Champlain pourrait s’écrouler, si cela se produisait chez nous!  En août 2008, j’ai écrit un billet, qui s’intitulait justement “Pont Champlain: Depuis le temps que j’en parle!”, et dans lequel je présente même la configuration idéale des voies d’un nouveau pont.  Je vais maintenant vous expliquer, dans un langage à partir duquel les ingénieurs ne comprendront que dalle, mais vous, oui, comment il faudra procéder pour remplacer l’actuel pont Champlain.

Étape 1: Construire un tout nouveau pont à six voies, tout juste à côté du pont actuel.

Étape 2: Démolir le pont actuel.

Étape 3: Construire un autre pont à six voies, tout juste à côté du nouveau pont.

Étape 4: Raccorder les deux ponts ensemble, afin qu’ils deviennent un seul et unique pont.

Bon, je sais, je me fous un peu de la gueule de nos amis ingénieurs.  Mais dans les faits, le MTQ procède déjà de cette façon pour la reconstruction du pont Carbonneau, qui enjambe la rivière Ashuapmushuan, sur la route 169, à Saint-Félicien, dans la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean.  Un pont, justement, dont le nombre de voies sera doublé, passant de deux à quatre.  Une simulation visuelle, réalisée par la firme Génivar, montre en détails l’avancement des travaux; vous pouvez la visionner en cliquant sur ce lien (qui dit fichier .wmp dit ouverture avec Windows Media Player; soyez patient, le chargement en mémoire tampon risque d’être long).  En procédant de cette façon, pour le pont Champlain, cela permettra de maintenir continuellement six voies disponibles aux heures de pointe, et ce à n’importe quel moment, durant les travaux.

Évidemment, des travaux d’une telle envergure exigeront des coûts sans précédent.  C’est pourquoi il faudra procéder en mode de partenariat public-privé (PPP), et installer un péage électronique, selon le même principe que celui du pont de l’autoroute 25, qui accueillera ses premiers clients en mai prochain.

Revenu Québec: On imposerait des quotas!

Ma journée de travail m’a entraîné, aujourd’hui, dans la région des Bois-Francs, plus précisément à Princeville, entre autres destinations.  Évidemment, quand je vais dans un secteur aussi éloigné du grand Montréal, je dois renoncer à ma station de radio préférée, et syntoniser d’autres stations.

J’écoutais donc le FM93, de Québec, et pendant l’émission Liberté d’opinion, l’animateur, Hugo Langlois, a eu une conversation avec le propriétaire d’une entreprise – enfin, un ancien propriétaire d’entreprise, Jean-Yves Archambault, qui vit un cauchemar depuis 2006, soit depuis que Revenu Québec a débarqué dans son entreprise.  Vous pouvez écouter l’entrevue sur le site web de l’émission (dans les podcasts, le segment 2011-03-08, 11h30 à 12h00 débute avec l’entrevue).  Une fois de retour à la maison, je suis tombé sur cet article du site web de la chaîne Argent, qui parlait de quotas chez Revenu Québec.  Selon les deux sources, Revenu Québec serait débarqué dans l’entreprise de monsieur Archambault, la firme Enico, et suite à des recherches, qui ont mené à des constats, lesquels auraient coûté, avec les frais, environ 150,000$ à l’entreprise, somme qu’il était d’ailleurs tout à fait prêt à payer, Revenu Québec se serait acharné sur son cas, au point qu’on lui aurait finalement réclamé une somme d’un million et demi de dollars!  Bref, après plus de quatre ans de problèmes, au cours desquels Jean-Yves Archambault a pratiquement tout perdu, y compris son entreprise, il a décidé de poursuivre Revenu Québec, pour une somme d’environ 13 millions$.

S’il apparaît évident que suite à cette affaire, le comportement du personnel de Revenu Québec est à examiner, et ce très sérieusement, c’est un autre point, dans l’article du site Argent, qui m’a titillé un peu; il y est mentionné que Québec solidaire se serait intéressé au cas de monsieur Archambault, et aurait même signalé la situation au ministre des finances, sans succès.  Et que maintenant, Amir Khadir, le député de QS, accuse le gouvernement de s’être acharné sur cet entrepreneur.  Bref, le bon docteur Khadir est “crinqué comme un fusil” parce que l’on s’en prend à un pauvre propriétaire d’entreprise, alors qu’on laisse échapper “les Cinar de ce monde”, et autres Vincent Lacroix.  Je dois avouer que là-dessus, il n’a pas tort!

Par contre, j’apprécierais que monsieur Khadir s’occupe également de l’autre monsieur Archambault, Yves, celui-là, en ce sens qu’il devrait convaincre ses amis de PAJU de foutre la paix, et de cesser de s’acharner sur cet autre entrepreneur, pour sa part propriétaire d’une boutique de chaussures de la rue Saint-Denis, à deux pas de sa circonscription.

Mais ça, c’est une autre histoire.