Échangeur Turcot: Montréal veut nous faire tourner en rond!

Je lisais, hier, sur le site Canoë, un article de l’agence QMI, qui traitait des coûts d’entretien astronomiques de l’échangeur Turcot (A-15/A-20/A-720), dans le sud-ouest de Montréal.  On y disait que les seuls coûts d’inspection, pour l’année 2008-09, se sont élevés à 9,6 millions$, et que cette année, l’inspection et l’entretien de cette structure, qui prend de plus en plus des airs du Colisée de Rome, de par ce qui en tombe, devrait atteindre les 30 millions$.

Tout le monde sait que le MTQ doit remplacer l’échangeur Turcot, qui a d’ores et déjà dépassé sa durée de vie, et ce avant qu’une section ne tombe carrément au sol.  Le principal problème, c’est que l’on ne s’entend pas sur la solution à prendre, pour remplacer ce que l’on appelle désormais le complexe Turcot, qui comprend les échangeurs Turcot, LaVérendrye, Angrignon et Montréal-Ouest.  Le MTQ voulait reconstruire la plupart des bretelles au sol, sur des remblais, puisqu’il n’est désormais plus nécessaire de maintenir les quelque 30 mètres de dégagement au-dessus du canal Lachine, ce à quoi s’oppose les citoyens des quartiers traversés par ces infrastructures.  S’il est vrai que des remblais seraient beaucoup plus économiques à construire, et à entretenir, que d’énormes viaducs, ces remblais occuperont trois fois plus d’espace au sol, ce qui perturbera évidemment la vie des gens de la place.

À la lumière de ce que l’on apprend, dans l’article, c’est que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, aurait décidé de faire table rase, et de proposer un projet complètement nouveau au MTQ; malgré que les principaux paramètres du projet ne soient pas encore dévoilés, on dit qu’il s’agirait d’une structure de type “circulaire”, pour remplacer le spaghetti de béton actuel, qui correspond plutôt à un échangeur de type « directionnel ».  Or, les échangeurs de type circulaires que je connaisse, dans le grand Montréal, sont constamment bloqués, parce que inefficaces, compte tenu du volume de circulation qu’ils doivent supporter.  Parmi les exemples de structures de type circulaire, pensons à l’échangeur l’Acadie, sur l’autoroute Métropolitaine, fraîchement refait, et constamment bloqué, particulièrement sur ses voies de desserte.  Cet échangeur est aussi régulièrement inondé, mais ça, c’est une autre histoire.  Les échangeurs des boulevards Saint-Michel, Papineau, et Saint-Laurent, toujours sur la Métropolitaine, sont aussi des structures de type circulaire, comme l’est également l’échangeur Côte-de-Liesse, un autre endroit constamment bloqué, sous la Métropolitaine.

La base de la structure circulaire demeure le carrefour giratoire, communément appelé rond-point.  Le problème, avec le rond-point, c’est qu’il est incompatible avec des voies rapides, puisqu’un rond-point est tout, sauf rapide.  Donc, avec sa brillance habituelle, le maire de Montréal nous fait la démonstration de son attitude anti-automobile reconnue, surtout qu’il a nommé, au sein du conseil exécutif, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, un autre anti-véhicules notoire.  En fait, ces deux lascars veulent tuer le projet actuel, alors que le MTQ travaille dessus depuis des mois, afin de le rendre le plus conforme possible aux recommandations du BAPE.

Bref, la ville de Montréal veut nous faire tourner en rond, dans tous les sens du terme.  Mais il faudra bien finir par faire comprendre à tous les intervenants, dans le dossier, que le jour où une section de l’échangeur Turcot tombera sur la tête de quelqu’un, il sera trop tard pour tergiverser.

A-50: Pourquoi pas un mur New Jersey, en attendant la « vraie » autoroute?

Nous le savons tous, et le reportage de Martin Gauthier, de la SRC Ottawa-Gatineau, réalisé en décembre dernier, nous l’a démontré, la nouvelle section en super-2 de l’autoroute 50, en Outaouais, ouverte en novembre 2008, n’est pas sécuritaire.  Enfin, pas plus que ne l’est la première section en super-2 de l’A-50, entre Mirabel et Lachute.  Sur l’une comme sur l’autre, on compte les morts à chaque année.  À l’est des grands chantiers, on expérimente la bande rugueuse médiane, avec plus ou moins de succès, sur environ 43 kilomètres.  Pendant que nous sommes dans les expériences, pourquoi ne pas essayer un mur de type New Jersey?

Ici, une courte section de mur New Jersey protège les piétons qui utilisent le trottoir central.

On voit ici un exemple de deux installations distinctes de murs de type New Jersey.  Au premier plan, une installation permanente, à laquelle une clôture grillagée et des lampadaires furent ajoutés, et plus loin, un mur temporaire du même type, placé là pendant des travaux de rénovation du pont.

Section de bout d’un mur de type New Jersey.

Les sections du mur sont emboîtées l’une dans l’autre, lors de l’installation.

Deux rails métalliques, dont les formes se complètent, sont coulés dans le béton des sections de mur, afin de permettre de les emboîter.

Les deux rails métalliques, plus en détail.  Leur forme complémentaire font que le mur demeure uni, même sous la force d’un impact.

Ce mur de béton, construit en section emboîtables, pourrait très bien faire le travail, sur l’A-50, en attendant que la “vraie” autoroute, à savoir la seconde chaussée, soit terminée.  Contrairement à la bande rugueuse, qui n’offre qu’une séparation virtuelle, à peine plus sécuritaire qu’une ligne peinte sur la chaussée, le Jersey, comme on l’appelle communément, séparerait physiquement les voies de la route, empêchant ainsi les collisions frontales, qui représentent les impacts les plus meurtriers.  De plus, jumelé avec le panorama impressionnant de la vallée de la rivière Gatineau, un tel aménagement donnera à l’autoroute un air de ressemblance avec la « Styles Bridges Highway », cette section de l’Interstate 93, qui traverse le parc Franconia Notch, dans le New Hampshire.

Évidemment, on viendra nous dire qu’un tel mur, sur des kilomètres de long, coûtera cher, et que le gouvernement n’a pas d’argent.  Toutefois, si l’on compare le coût d’un mur de type New Jersey à celui de l’indemnisation de nombreux blessés graves, annuellement, par la SAAQ, le mur devient, à toutes fins pratiques, un investissement rentable.  Et comme une telle installation permettra de réduire considérablement le nombre de morts sur l’A-50, un tel ouvrage pourra même devenir “électoralement payant”, pour le ministre qui prendra la décision d’aller de l’avant.

Bref, voici, encore une fois, un peu de matière à réflexion, pour les bonzes du MTQ.

A-20, près de Rimouski: Pas de mort, cette fois!

L’agence QMI rapporte que ce lundi matin, 8 février, un accident est survenu sur une section en super-2 de l’autoroute 20, à la hauteur de Saint-Anaclet-de-Lessard, près de Rimouski.

Dans le présent cas, c’est une voiture, conduite par une dame de 50 ans, qui est allé percuter une dépanneuse, qui venait en sens inverse.  La dame, dont le nom n’est pas cité dans l’article, était accompagnée de sa fille, âgée d’une dizaine d’années.  Après avoir été extirpées de la voiture, à l’aide des pinces de désincarcération, les deux occupantes ont été conduites au Centre hospitalier de Rimouski, afin d’être traitées pour des blessures graves.

Évidemment, on peut remercier le ciel (ou la vie, c’est selon), parce que cet accident n’a pas fait de mort.  On dira que les conditions climatiques sont en cause, dans cet accident, puisque selon le porte-parole de la Sûreté du Québec, Claude Ross, une légère neige tombait, au moment de la collision.  Celui-ci a même déclaré: “Encore une fois, c’est une triste histoire de conduite non adaptée aux conditions hivernales”.  L’article n’en dit pas plus sur les circonstances de l’accident; est-ce la dépanneuse, qui débordait légèrement de sa voie, ou plutôt la dame qui aurait fait une fausse manoeuvre?

D’un autre côté, avec un Débit journalier moyen annuel (DJMA) de 5400 véhicules, à l’ouest de la route qui conduit à Saint-Anaclet, et de 4800 à l’est de celle-ci, ce n’est pas demain, la veille du jour où l’on doublera l’A-20, à cet endroit.  Mais puisque l’on sait, maintenant, que les bandes rugueuses médianes ne règlent pas tout, il faudrait peut-être envisager d’autres solutions, comme une barrière de type Jersey, par exemple.  Bref, il faudrait trouver un moyen de faire des routes plus sécuritaires, avec les actuelles super-2.  En attendant de les doubler, bien sûr.

MTQ: « Y a pas de budget qui compte », qu’y disaient!

Décidément, au Québec, plus ça change, plus c’est pareil.

C’est le site de LCN qui nous rapporte cette histoire, qui se passe en Estrie, sur l’autoroute 10, à la hauteur d’un viaduc situé près de la sortie 118, dans le secteur de Magog.  Vendredi dernier (22 janvier), une femme, Françoise Petitclerc, roulait allègrement sur la voie de gauche de l’A-10, dans sa Hyundai Accent, en compagnie de Léonie, sa fille de 6 mois, qui dort confortablement, bien installée à l’arrière.  Alors qu’elles passent à la hauteur de ce viaduc, PAF!  Le pare-brise vole en éclats, la dame ne voit plus où elle va, mais elle parvient malgré tout à arrêter sa voiture sur l’accotement, de façon sécuritaire.  À part le fait qu’elle ait reçu de la vitre dans la bouche, elle n’a pas été blessée.  Quant à Léonie, tout ce tintamarre ne l’a même pas réveillée.

Heureusement, il s’agit d’une histoire qui finit bien.  Mais les conséquences auraient pu être dramatiques, comme ce fut déjà le cas dans le passé.

Encore une fois, merci au MTQ, et à ses équipes d’inspecteurs chevronnés; le pare-brise de la voiture n’a évidemment pas éclaté de lui-même, mais bien parce qu’un morceau de béton s’est détaché du viaduc sous lequel la dame passait, à ce moment-là.  Tout porte à croire que le MTQ n’avait pas examiné tous les viaducs, et tous les aspects de ceux-ci, suite à l’événement du viaduc de la Concorde, et de la commission Johnson; on s’est limité aux 135 structures à dalle épaisse.  Tout porte à croire que pour les autres, on s’est croisé les doigts, en se souhaitant bonne chance.  J’en suis à me demander s’il faudra installer des grillages sous tous les viaducs du Québec, en attendant de les remplacer.

Dans quelques semaines, le MTQ nous annoncera sûrement, en grandes pompes, la liste des chantiers qu’il entend mettre en branle, et dont environ 20% sont reportés aux calendes grecques, bon an mal an.  Combien de milliards$ la ministre des transports, Julie Boulet, entend dépenser, en travaux sur le réseau, et en profits nets à ses amis?  J’ai hâte d’en savoir plus long, moi aussi.

Route 185: Encore une fois,…

Cela fait des années que d’aucuns disent que la route 185, entre Rivière-du-Loup et la frontière du Nouveau-Brunswick, est l’une des routes les plus meurtrières au Québec.  Preuve en fut encore faite en avant-midi, ce jeudi 31 décembre, alors que deux personnes, soit un homme de 36 ans, originaire de Longueuil, et une jeune adolescente de 13 ans, ont rendu l’âme lors d’une collision, impliquant deux véhicules, survenue à la hauteur de Saint-Honoré-de-Témiscouata.

Cet autre accident m’amène à me questionner sur deux dossiers distincts.  D’abord, je serais curieux de savoir s’il serait possible que le MTQ accélère la cadence, dans le cadre des travaux visant à faire de la route 185 une autoroute, l’A-85.  Bien sûr, on me dira que les finances publiques sont limitées, et qu’on ne peut pas tout faire en même temps, mais quand même, j’aimerais savoir.  Ensuite, qu’en est-il du projet d’un nouvel axe autoroutier est-ouest, entre les villes jumelles de St. Stephens, au Nouveau-Brunswick, et de Calais, dans le Maine, et la région de Sherbrooke, en Estrie, qui revient régulièrement dans l’actualité depuis une bonne vingtaine d’années?  Un tel projet se définit plutôt à long terme, mais un tel axe permettrait-il de réduire le flot de circulation sur la route 185?

Pour l’heure, la dépêche de LCN ne faisait pas mention des causes possibles de l’accident; peut-être est-il dû à une chaussée enneigée, ou glissante.  On sait que les conditions météo sont souvent changeantes, dans cette région.  Bref, attendons de plus amples informations, avant de tirer dans toutes les directions.