Transport en commun: À Montréal-Est, c’est la STM! Sinon,…

Dans le passé, j’avais osé faire des liens entre les syndicats et la mafia, en ce qui concerne certaines de leurs façons de faire, entre autres dans ce billet, où il est question des chauffeurs de la Société de transport de Montréal (STM).  Eh bien, force est de constater que nous n’avions pas encore tout vu; je viens de constater, une fois de plus, que la « méthode forte » est toujours en force (c’est le cas de le dire!), et les passagers d’une navette, à Montréal-Est, l’ont appris à leurs dépens.

C’est que la ville de Montréal-Est, face au service déficient de la STM, contre lequel plusieurs citoyens se sont plaints, et ce depuis un bon bout de temps, a décidé de mettre en place un service de navette, gratuit, entre la ville et la station de métro Honoré-Beaugrand.  Pour ce faire, Montréal-Est a donc fourni gratuitement son autobus, qui sert principalement lors de sorties organisées, et un chauffeur, aux citoyens qui demandaient l’aide de la ville.  Une première tentative avait été mise en place l’automne dernier, mais la STM s’y était opposée, et la ville de Montréal-Est avait fait marche arrière.  Devant les plaintes constantes des citoyens, qui doivent se contenter de regarder passer des autobus déjà remplis à capacité, la ville a donc effectué une nouvelle tentative cette année.  Or, le 7 octobre dernier, alors que l’autobus de la ville (plusieurs villes, ou arrondissements, possèdent aussi un ou des autobus, dont Anjou) circulait en direction de la station de métro, il a subi un « assaut », pour reprendre les termes du directeur général de Montréal-Est, Louis Lemay.  On a forcé le véhicule à s’arrêter, et tous les passagers en ont été expulsés.  Le chauffeur a été bousculé, et menacé de représailles, puis l’autobus a finalement été vandalisé, de façon à ce qu’il ne puisse plus reprendre la route.  Les vandales, une trentaine d’hommes et de femmes, ont dégonflé les pneus du véhicule, ont apposé des autocollants du SCFP (Syndicat canadien de la fonction publique, centrale qui représente les chauffeurs de la STM) dans le pare-brise, et interdit que l’autobus reprenne la route.  Je me demande de quel droit des vandales peuvent émettre une interdiction, mais c’est ce que rapporte l’article de Serge Labrosse, du Journal de Montréal, article repris par le site Canoë.  Évidemment, le directeur général de Montréal-Est ne mâche pas ses mots, et déclare que « Ces gens-là ont mis la sécurité de nos citoyens en danger« .  De son côté, le président du syndicat des chauffeurs d’autobus de la STM, local 1983 du SCFP, Claude Benoît, a commencé par tout nier, puis a finalement lâché le morceau, lorsque Labrosse lui a parlé d’une journaliste de l’hebdomadaire L’Avenir de l’Est, avec qui il aurait jasé.

Ces événements prouvent, aussi clairement que le nez au milieu du visage, que plus un syndicat est fort (lire: riche en argent et en pouvoir), plus il s’impose, que ce soit face à la partie patronale, comme dans une négociation de convention collective, entre autres, ou même, tel qu’on le constate dans le présent cas, face à des citoyens payeurs de taxes, et à une administration municipale avec laquelle il n’a rien à faire.  Remarquez bien que cette fois, la STM allait dans le même sens que le syndicat de ses chauffeurs, mais en prenant des moyens différents; elle a mis en demeure la ville de Montréal-Est de mettre fin à son service de navette, alléguant que « tout transport en commun dans l’agglomération de Montréal lui est exclusif et que Montréal-Est n’a pas le permis requis« , tout en demandant, parallèlement, à la Commission des Transports du Québec (CTQ), de forcer l’interruption de ce service.  Or, un porte-parole de la CTQ, Guy Mailhot, a informé le Journal de Montréal que la commission n’interviendra pas dans cette affaire.  Il a mentionné que « Ce genre de transport ne requiert pas de permis et l’opération (de la navette) ne relève pas de la Commission« .

Nous sommes donc à même de constater les conséquences d’un monopole syndicalo-étatique sur la société dans laquelle il opère; des citoyens qui se regroupent, appuyés par leur ville, pour s’offrir une alternative au service pourri de la STM se font menacer de poursuites, et se font attaquer en plein jour.  Quelle sera la prochaine étape; interdire le covoiturage?  Voilà une preuve de plus que les organismes publics, et les syndicats, qui opèrent en monopole, ne veulent rien savoir de la concurrence, ni même, à la limite, de la complémentarité; les gens qui transitaient par la navette allaient prendre le métro, et payaient leur droit de passage, ce qui n’enlevait donc absolument rien à la STM!  Ceux qui croient que les terroristes parlent l’arabe, et plantent des avions dans des gratte-ciel peuvent maintenant voir la vérité en face; il en existe aussi des québécois de souche, qui vident et vandalisent des autobus en plein jour!

Avez-vous fait vos changements d’adresse comme il le faut?

Bon, vous allez me dire que cela fait plus de deux mois que vous avez déménagé (pour ceux qui l’ont fait), et que tout est terminé depuis longtemps.  Eh bien vaut mieux le rappeler plus souvent que moins, parce que certaines personnes ont tendance à négliger certains détails.  (Qu’est-ce que vous avez à me regarder, tout à coup?)

Par ces propos, je veux vous amener à un article de Frédéric Denoncourt, publié dans Le Soleil, à Québec, et qui raconte l’histoire d’une dame de 92 ans, Alma Rousseau qui, suite à une hospitalisation, fut reconduite à la mauvaise adresse.  La fille de madame Rousseau, Céline Huot, fulminait au téléphone, selon les dires du journaliste.  Je vous raconte rapidement les faits.  Vers 16h45, dimanche dernier (le 6), madame Rousseau souffre de problèmes intestinaux, et de nausées, et doit être conduite au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), à Québec.  Lors de son admission, la dame présente sa carte du CHUL, sur laquelle figure son ancienne adresse, dans une résidence pour personnes âgées autonomes.  Or, depuis quelques mois (l’article ne le précise pas), elle réside plutôt dans un centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD), où sont traitées des personnes en perte d’autonomie.  Selon madame Huot, sa mère a acquiescé, lorsque on lui a demandé si l’adresse, sur sa carte, était la bonne.  « Elle est confuse, et a des pertes de mémoire », de dire madame Huot, à propos de sa mère.  Je vous mets le paragraphe suivant, de l’article, en entier, sans y toucher; il reprendrait les paroles de madame Huot.  Le voici:

« Mon fils est allé rendre visite à ma mère et s’est aperçu de l’erreur en voyant le numéro de téléphone figurant sur son bracelet. Il a donné au médecin un papier sur lequel se trouvait la nouvelle adresse de ma mère au CHSLD. Mais celui-ci n’a pas fait le suivi auprès des infirmières. C’est terrible! C’est de la grosse négligence. »

Je vous laisse lire la suite de l’article, parce que mon intervention, ici, se base sur ce seul paragraphe.

Je trouve que madame Huot a du front tout le tour de la tête pour oser reprocher au médecin, à qui son fils aurait donné un papier montrant la nouvelle adresse de sa mère, au CHSLD, d’avoir commis « de la grosse négligence ».  Si elle habite dans ce CHSLD « depuis quelques mois », n’y aurait-il pas plutôt « de la grosse négligence » de la part de madame Huot elle-même, du fait de ne pas avoir transmis la nouvelle adresse de sa mère au service concerné du CHUL (je crois que c’est le service des archives), et ce malgré que son déménagement date de plusieurs mois, surtout qu’elle sait très bien que sa mère, qui est confuse, et a des pertes de mémoire, ne fera probablement pas elle-même ce changement d’adresse?  Les médecins n’ont pas à faire de l’administration, ou des changements d’adresse, dans les hôpitaux; leur job est de soigner les gens, pas de faire de la paperasse!  Il y a du personnel administratif, pour faire ce travail.  Le geste du fils de madame Huot est sûrement chargé de très bonnes intentions, mais c’était trop peu, trop tard!  S’il y a quelque chose de terrible, dans cette affaire, c’est bien le comportement négligent de madame Huot, et non pas celui du médecin.

Plus loin, dans l’article, elle continue de déblatérer contre le centre hospitalier universitaire, disant entre autres qu’elle a « un gros problème avec le CHUL, qui n’a pas fait son travail. Je me pose de sérieuses questions sur les procédures d’identification des patients. Certains ne sont pas toujours en mesure de répondre correctement parce qu’ils ont des pertes de mémoire. Ils n’ont pas su identifier son problème de perte de mémoire. Comment est-ce possible que les hôpitaux ne soient pas capables d’identifier des patients qui vivent dans les CHSLD? Il y a un gros bogue là! »  Elle ose demander comment est-ce possible que les hôpitaux ne soient pas capables d’identifier des patients qui vivent dans les CHSLD.  Qu’est-ce que vous souhaitez, madame Huot, qu’on leur mettent un gros code à barres dans le front?  C’est pourtant aussi simple que le nez se trouve au milieu du visage, madame Huot; les hôpitaux identifient les patients qui vivent dans les CHSLD par l’entremise d’une carte d’identité, communément appelée « carte d’hôpital », sur laquelle figure leur adresse, dans un CHSLD, le cas échéant.  Encore faut-il que le changement d’adresse soit effectué en temps et lieu, madame Huot!  Et ça, je regrette, mais ce n’était pas la faute des médecins, ni des infirmières, ni du personnel du CHUL.

La seule et unique faute, là-dedans, elle est de vous-même, madame Huot!

Toutes les conséquences qui ont suivi, et qui vous ont bouleversé, elles ne sont la faute de personne d’autre que vous-même, madame Huot.  Le pire, dans toute cette affaire, maintenant que nous savons tous que votre mère se porte bien, après toute cette aventure, c’est que des lecteurs du Soleil vont encore chier sur la tête des médecins, des infirmières, du personnel cadre, et de la direction du CHUL, et ce sans même y avoir mis les pieds, sans même savoir comment ça se passe, dans cet hôpital, juste à la lecture de vos propos.  Si j’étais un dirigeant du CHUL, j’entreprendrais des démarches légales, qui pourraient bien aboutir à des poursuites en diffamation contre vous, madame Huot.  Mais soyez tranquille; je ne suis qu’un simple blogueur sans-le-sou, et je n’entreprendrai rien contre vous, si ce n’est de vous supplier de cesser de reprocher à tout-un-chacun les conséquences de vos propres négligences, madame.

Il est vrai, et j’en parle assez souvent, que notre système de santé est pourri.  Mais au moins, j’espère que madame Huot, ainsi que toutes les madames Huot qui vivent dans cette société distincte qu’est la nôtre, auront un jour l’humilité de reconnaître leurs erreurs.  Car si notre système est effectivement pourri, des déclarations à l’emporte-pièce, comme celle de madame Huot, ne font rien pour redorer le blason des personnes qui y consacrent leur vie, leur âme, et trop souvent… leur santé.  Combien de personnes, qui travaillaient au CHUL, le 6 septembre dernier, qui ont été mêlées de près ou de loin à cette affaire, ou qui en ont eu connaissance, se sont couchées, ce soir-là, ou les soirs suivants, en se sentant coupables des conséquences vécues par madame Rousseau, et ce sans même qu’elles n’aient commis quoi que ce soit de répréhensible?  Dans ce système pourri, de très nombreuses personnes se donnent, sans compter, pour que les patients aient le maximum de soins, de compassion, et de dignité possibles, compte tenu de la pourriture du système dans lequel ces personnes travaillent.  Est-ce que la négligence de madame Huot vaut la peine de traîner dans la boue tous les efforts incessants de ce personnel, souvent poussé à bout?

J’espère que madame Huot lira ce billet, et qu’elle prendra quelques minutes pour réfléchir à tout cela.

Postes Canada: La fin du service rural?

Dany Doucet, du Journal de Montréal, écrivait un article, dimanche dernier, dans lequel il laissait deviner que le service rural de Postes Canada allait bientôt tirer à sa fin.  Dans son papier, repris par le site Canoë, il mentionnait que l’organisme avait édicté de nouvelles normes, et que celles-ci feraient en sorte que des boîtes aux lettres, pourtant utilisées avec succès depuis parfois des décennies, seraient déclarées dangereuses, et devraient faire l’objet de modifications importantes, et/ou de déplacement, sous peine de ne plus recevoir le courrier.  Le cas échéant, le propriétaire de ladite boîte n’aurait d’autre choix que d’aller cueillir son courrier au bureau de poste auquel il est rattaché.

L’article cite un porte-parole de Postes Canada, Michel Larouche, qui évoque des raisons de sécurité, ainsi que des raisons légales, pour justifier les nouvelles normes.  Du même souffle, il nie que la société ne prenne ces mesures par souci d’économie, ou encore ne transfère les risques présumés de ses facteurs ruraux vers la clientèle elle-même.  Par contre, ni le porte-parole, ni le journaliste, ne soulignent un point qui est loin d’être négligeable, dans toute cette affaire, et c’est le suivant; il y a quelques années, lors d’une négociation de convention collective des postiers, les facteurs ruraux, qui étaient jusque là des entrepreneurs indépendants, ayant un contrat à terme avec Postes Canada, et dont le renouvellement était annoncé localement, afin de permettre aux personnes intéressées de déposer une soumission, sont devenus des employés à part entière de Postes Canada, salariés et surtout, syndiqués.

Or, comme les syndicats ne sont jamais ouverts à prendre quelque risque que ce soit, et ont une tendance naturelle à tout mettre sous la responsabilité de l’employeur, celui-ci se retrouve maintenant avec une patate chaude dans la bouche, à savoir, et particulièrement au Québec, les coûts supplémentaires liés à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), qui sont couverts à 100% par l’employeur.  Comme les accidents du travail des facteurs ruraux se produisent sur la route, et qu’il y a rarement des témoins neutres, qui peuvent corroborer les témoignages des accidentés, Postes Canada se retrouve probablement avec beaucoup de petits accidents du travail, qui impliquent, en plus des coûts de remplacement des travailleurs accidentés, les frais exorbitants du remplacement du salaire de travailleur blessé, qui a droit à 90% de son salaire net.

Le grand perdant, dans toute cette affaire, sera bien sûr le client, qui n’a pas droit à la concurrence, et qui doit se contenter du service monopolistique du syndicat des postiers de Postes Canada.  D’ailleurs, si un entrepreneur indépendant voulait reprendre une route postale rurale, comme dans le bon vieux temps, il sera aussitôt dépeint comme un « scab », soit un briseur de grève, en temps de grève, bien sûr, ou encore comme un « voleur de job », le reste du temps.  Bref, Postes Canada, en donnant le statut d’employé à part entière à ses facteurs ruraux, s’est mis le pied dans la bouche, et refile maintenant la facture à ses clients, qui n’ont d’autre choix que d’acquiescer.  Le second grand perdant sera le facteur rural lui-même, puisque le jour où toutes les boîtes aux lettres de sa route seront déclarées dangereuses, il se fera couper son poste, et se retrouvera au chômage.

Je voudrais en profiter pour dire un grand merci aux syndicats, pour cette autre merveilleuse contribution à l’avancée des travailleurs.

Aide sociale: Pour une fois, Stéphane Gendron a une bonne idée

Comme plusieurs d’entre-nous le savons, le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, signe une chronique hebdomadaire dans le Journal de Montréal.  S’il y a des fois où j’aurais envie de le traiter de malade, à la lecture de certaines de ses chroniques, j’avoue que celle qu’il propose aujourd’hui, intitulée « Réformer l’aide sociale, c’est possible« , comporte un fond très intéressant, au sujet d’une éventuelle réforme de l’aide sociale, qui serait plus serviable à la société que le régime actuel.

Il constate d’abord que le nombre d’assistés sociaux a diminué, depuis les derniers mandats péquistes, passant du demi-million de prestataires à un peu plus de 230,000, dont 62% (environ 142,500) seraient déclarés « aptes au travail ».  De plus, seulement 11% de ce groupe (plus ou moins 16,000) ont moins de 25 ans.  Il s’agit donc de personnes qui devraient, en principe, avoir déjà travaillé, dans leur vie, ou à tout le moins la plupart d’entre-eux.  Il ajoute ensuite que l’idée de l’ADQ, soit d’abolir les prestations après deux ans, n’est pas une bonne idée, puisque l’on « jette à la rue bêtement une clientèle qui a besoin d’encadrement de la part de l’État dans un processus de véritable réhabilitation et d’accompagnement« , pour reprendre ses propres termes.  Il complète son point de vue en demandant au gouvernement de créer un programme de corvées régionales, grâce auquel les municipalités pourraient réquisitionner ces personnes aptes au travail, afin de profiter des talents, et de l’expérience, de ces gens.

Pour ma part, je crois que même si l’idée de Gendron n’est pas tout à fait au point, elle repose sur une très bonne base, soit celle d’amener les assistés sociaux à reprendre le collier, et à se rendre utiles envers la société qui les aide à traverser une période difficile.  Mais j’irais plus loin.

D’abord, une limitation des prestations demeure une bonne idée, puisqu’une telle mesure envoie le signal que l’aide sociale, ce n’est pas pour toujours.  Par contre, deux ans, ce n’est pas suffisant.  Je limiterais les prestations à cinq ans, ce qui donnerait le temps à la personne d’apprendre un métier dans lequel il existe une réelle demande.  Et Dieu sait qu’il y en a.  Après avoir réussi un véritable programme de formation, l’individu pourrait profiter de stages rémunérés au sein d’un programme de corvée régionale, au bénéfice de petites municipalités, ou encore d’organismes sans but lucratif, comme le programme préconisé par Stéphane Gendron, ce qui donnerait à la personne une bonne expérience de travail, et l’aiderait à dénicher, par la suite, un emploi intéressant, profitant du fait qu’elle possède désormais la formation récente et l’expérience pertinente.  En fait, elle possèderait tous les outils pour retourner sur le marché du travail la tête haute, et ainsi demander un traitement plus intéressant que le salaire minimum.

Encore là, il faudrait que le gouvernement puisse légiférer, afin d’empêcher les syndicats de venir mettre « les bâtons dans les roues » d’un tel programme.  On connaît leur façon de faire; ils commenceraient par déchirer leur chemise, devant les caméras de télé, et prétendant que le gouvernement veut prendre « les pauvres assistés sociaux », et les transformer en « cheap labour » pour les municipalités, et que ce programme « enlèvera le pain de la bouche de leurs membres », torpillant ainsi les efforts de tout le monde, et retournant les prestataires de l’aide sociale à leur chèque mensuel, et à leur manque d’estime de soi.

Donc, oui, il faut réaménager le régime d’aide sociale, mais il faut le faire de la bonne façon.  D’une façon qui soit à la fois utile à la société, et profitable à l’individu.

Économie: Elle pense encore comme moi, cette dame!

Je vais vous raconter une anecdote, concernant mes alignements, tant politique que économique.  Elle s’est produite quelque part, à l’automne de 2005.

J’étais dans un restaurant, et comme presque à chaque fois que je vais seul, dans un restaurant, j’en profite pour jeter un oeil dans le journal, et dans 99% des cas, il s’agit du Journal de Montréal.  Pourquoi celui-là?  Probablement parce que c’est le seul quotidien que l’on retrouve, dans la très grande majorité des restos du Montréal métropolitain.  Évidemment, lorsque je peux mettre la main sur le National Post, ou le Globe and Mail, ou au pire, The Gazette, La Presse ou Le Devoir, je ne passe pas à côté de l’occasion pour m’en délecter, mais cette fois-là, c’était le Journal de Montréal.  À la page habituelle des chroniqueurs, je vois un nom qui m’est alors totalement inconnu, et l’on indique qu’il s’agit d’une chronique économique.  Je prends donc le temps de lire.

Les deux bras m’en tombent!

Je dois préciser, ici, que dans ma jeunesse, j’ai été membre en règle du parti québécois, et du parti progressiste-conservateur (ah, le beau risque!), j’ai été membre élu d’un exécutif syndical, et j’ai aussi eu, pendant plusieurs années, des tendances progressistes.  Mais depuis quelques années, mes alignements politique et économique avaient radicalement changé; en fait, le vent a tourné à partir du moment où je me suis posé une – pour ne pas dire LA – question existentielle, pour quiconque s’intéresse un tant-soit-peu à la chose politique, à savoir « C’est ben beau, tout ça, mais QUI VA PAYER? »

J’en étais où, déjà?  Ah oui, je disais que les bras m’en ont tombé.

Pour la première fois, dans un journal que l’on pourrait qualifier de « populaire », si on le compare à d’autres qui visent une clientèle, comment dire, plus « distinguée », je lisais une chronique dont l’auteure – puisqu’il s’agit d’une femme – avait une pensée qui rejoignait la mienne en tous points.  « Enfin, quelqu’un qui pense comme moi! », me suis-je dit.  J’ai regardé le nom de cette personne.  Il s’agissait de Nathalie Elgrably.

D’une semaine à l’autre, à force de la lire, je me disais qu’il y avait quelque chose de « pas normal ».  C’est vrai, quoi; comment un simple citoyen comme moi pouvait-il se retrouver, politiquement, mais surtout économiquement, dans les écrits d’une véritable économiste?  J’ai voulu en avoir le coeur net; je lui ai envoyé un courriel.  À ma plus grande surprise, elle m’a répondu!  S’en est suivi un échange de courriels, dans lesquels j’exprimais mes commentaires sur ses chroniques, je posais des questions sur divers sujets, et j’obtenais toujours des réponses, aussi élaborées que faciles à comprendre (même pour un type comme moi, à qui l’on a pratiquement « donné » les maths de secondaire 5, ayant terminé l’année scolaire à 48%), ainsi que d’excellentes références, sur lesquelles je base toujours ma pensée économique, aujourd’hui.  Puis, à la suite de la publication, aux éditions Logiques, au printemps de 2006, de son essai intitulé « La face cachée des politiques publiques », j’ai même tenté de la rencontrer, afin de lui faire dédicacer mon exemplaire de l’ouvrage, ce que j’ai réussi, à la faveur d’un débat, dont elle était participante, et auquel j’ai assisté, dans une boîte chic de la rue Saint-Denis, à Montréal.

Je lis encore ses chroniques, qui sont toujours intéressantes. Et si certaines d’entre-elles ne m’atteignent pas particulièrement, de par le sujet traité, d’autres m’intéressent davantage.  Mais celle d’aujourd’hui, intitulée « Lexique économique pour 2009« , m’a autant frappé que la toute première de ses chronique que j’ai lu.  Encore une fois, elle reprend, peut-être pas mot pour mot, mais dans l’essentiel de la pensée maîtresse, mes prédictions au sujet de la situation économique, pour les mois – et les années – à venir.  Et quand elle parle d’un armageddon financier, chez nos voisins du Sud, pour 2009-2010, elle voit exactement la même chose que moi, dans sa boule de cristal.

Faut-il s’en surprendre?  Après tout, ma pensée économique s’est développée à partir de références que Nathalie Elgrably m’a gracieusement fourni.  Gracieusement comme dans gratuit.

Bonne lecture.