Le sénateur Boisvenu: Que dire de plus?

À lire les commentaires, principalement sur Twitter, concernant la déclaration du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, à savoir l’histoire de la corde, dans chaque cellule de condamné à un crime grave, et que j’ajoute ces commentaires à tous ceux que je lis lorsqu’il est question de types comme Guy Turcotte, ou comme Paul Laplante, qui fut accusé d’avoir tué sa conjointe, Diane Grégoire, je me rends compte à quel point le peuple québécois, pris dans son ensemble, semble souffrir de bipolarité.  Je m’explique.

D’abord, il me semble que le fait d’être sénateur ne soit pas une raison valable pour empêcher une personne d’exprimer une opinion.  Aussi, ceux et celles qui sont à l’origine de pétitions, ou d’autres moyens de pression, pour virer Pierre-Hugues Boisvenu du Sénat, devraient y penser à deux fois, avant d’entreprendre une telle croisade.  D’une part, une telle pétition revient à priver un individu de son droit à la libre expression.  Car il faut bien préciser, ici, que le sénateur n’a pas déposé un projet de loi; il a exprimé un commentaire, point!  Que l’on soit chef d’entreprise, sénateur, ou assisté social, la liberté d’expression existe pour tous, et quiconque l’empêche se voit rapidement pointé du doigt.  Vous n’êtes pas d’accord avec les propos de Boisvenu?  Soit, mais ce n’est pas une raison de le priver de son job.  D’autre part, personne n’est tenu à quitter son emploi à la suite d’une pétition, pas plus un sénateur qu’un premier ministre.  Le mandat de Boisvenu va se terminer, un jour, et en fonction des lois en vigueur, à ce moment-là, il pourra continuer, pour un nouveau mandat, ou retourner chez lui.

Ensuite, si l’on condamne facilement un sénateur, à la suite d’une déclaration, et que celle-ci soit malhabile ou non n’y change rien, dites-moi, qui voudra devenir sénateur?  Déjà que l’on se plaint de la piètre qualité de nos élus!  C’est Joseph Facal, qui avait fait une comparaison entre un élu et un chef d’entreprise, comparaison qui illustrait à merveille la raison pour laquelle les meilleurs ne vont pas en politique.  Si l’on s’en prend à un sénateur, dès que celui-ci fait une déclaration le moindrement controversée, plus personne ne voudra aller au Sénat non plus!

Quant à la pertinence de la question, à savoir si “chaque cellule devrait avoir sa corde”, nous savons que cette image était mal choisie, et la première personne à l’avouer fut Pierre-Hugues Boisvenu lui-même.  Comme Jérôme Lussier le mentionnait, sur le site web du journal Voir, dans le deuxième de ses trois commentaires rapides, sur l’affaire, “La proposition de Boisvenu ouvre la porte à une espèce de peine de mort volontaire. Personne n’est condamné à mort, mais l’État n’interviendra pas pour vous empêcher de mettre fin à vos jours si vous êtes condamné à la prison à perpétuité. L’image de la corde est évidemment frappante, mais le résultat serait le même si on donnait aux prisonniers le droit de garder leur ceinture. Il y aurait plusieurs nuances à apporter — notamment sur la distinction entre l’intention de compassion et celle de punition, et le caractère « incitatif » de la proposition du sénateur — mais je pense que les partisans du suicide assisté devraient expliquer en quoi une liberté qu’ils voudraient accorder à certaines personnes « condamnées par la maladie » ne devrait pas aussi être accordée aux gens condamnés à la prison à vie.”  Il y a là, effectivement, matière à réflexion.  Souvenons nous que le gouvernement du Québec a mis en place une commission mobile connue sous le nom de “Mourir dans la dignité”, et qui étudiait, justement, la pertinence de permettre à certaines personnes de mettre fin à leurs jours.  Je crois qu’une telle façon de faire, bien sûr dans le cas de personnes condamnées, et non pas en attente de procès (la nuance est importante, ici), devrait aussi être étudiée.

Car après tout, si l’on se souvient de l’affaire de Paul Laplante, qui fut accusé du meurtre de sa conjointe, Diane Grégoire, plusieurs ont salué sa mort, prétextant qu’on venait de libérer la société d’un “déchet”, et ce avant même de savoir s’il était vraiment coupable de quoi que ce soit, son procès n’étant pas encore commencé, au moment de son suicide.  En fait, était-il coupable que quelque geste que ce soit, ou se savait-il plutôt condamné à l’avance par le public – et les médias – avant même d’être entendu, comme ce fut le cas pour Guy Turcotte?  On ne le saura jamais.

Le problème, avec la sortie de Boisvenu, c’est qu’elle vient mettre la lumière sur un sujet que d’aucuns voudraient laisser camouflé, à savoir si un individu coupable de crime grave devrait pouvoir mourir.  Pour l’heure, on l’envoie dans un pénitencier, pour plus ou moins longtemps, ou à perpétuité, en fonction du crime pour lequel il a été déclaré coupable, et donc, dans une certaine mesure, on l’oublie, et ce depuis que la peine de mort n’est plus prononcée, au Canada.  Or, justement, un sondage Angus-Reid, publié au début de 2010, et que rapporte ici Lysiane Gagnon, de La Presse, conclut que 62% des canadiens – et 69% des québécois – sont en faveur de la peine capitale.  Cela vient donc dire que le sénateur Boisvenu n’est pas si déconnecté de la réalité que d’aucuns le laissent croire; d’ailleurs, cet article de l’agence QMI rapporte qu’entre 500 et 600 courriels ont été envoyés à monsieur Boisvenu, en appui à sa déclaration.  Aussi, les chances que celui-ci soit poursuivi, que ce soit par Jacques McBrearty, de Saguenay, comme le rapporte ici le quotidien de la rue St-Jacques, selon une dépêche de la Presse Canadienne, ou par tout autre individu, risquent d’être symboliques, sans plus, et n’iront pas plus loin que dans les médias.

Bref, tout cela pour dire qu’au Québec, le fait de réfléchir tout haut peut parfois provoquer des tempêtes.

Suicide de Paul Laplante: Était-ce la meilleure issue pour tout le monde?

La nouvelle est sortie aux environs de midi trente, sur Twitter.  Le conjoint, et accusé du meurtre de Diane Grégoire, Paul Laplante, s’est suicidé à l’intérieur des murs du centre de détention Rivière-des-Prairies, à Montréal.  Le site web de l’agence QMI rapporte la nouvelle ici.  Il devait être jugé, à Salaberry-de-Valleyfield, pour le meurtre de sa conjointe, dont les restes furent retrouvés dans le secteur de Côteau-du-Lac, dans le Suroît, près de quatre ans après sa disparition.

À la suite de la courte intervention publique des deux enfants du couple, Elizabeth et Francis, après la comparution de leur père, en décembre dernier, on pouvait deviner qu’une période difficile s’amorçait pour eux, et pour tous leurs proches.  Puisqu’elle était disparue depuis presque 4 ans, Diane Grégoire était connue de tous, désormais, et il est clair que le procès de Laplante allait être scruté de près, et analysé sous tous ses angles, par les médias.  D’ailleurs, où aurait-on pu trouver 12 personnes réellement neutres, et aucunement au courant des tenants et aboutissants de cette affaire, afin de former un jury capable de porter un verdict éclairé, et surtout impartial?

La question que je me pose maintenant est la suivante; le suicide de Paul Laplante, malgré le coup dur qu’il porte à ses enfants, serait-il la meilleure chose à se produire, dans cette affaire?

Sur Twitter, une personne disait que ce faisant, Paul Laplante avait gagné son procès, puisqu’il emporte avec lui les éléments qui auraient permis à ses enfants de comprendre son geste.  D’autres soulignaient le destin tragique des deux enfants du couple qui, en plus de subir l’assassinat de leur mère, il y a maintenant environ 4 ans, et maintenant le suicide de leur père, ont aussi souffert le suicide d’un frère, environ un an avant la disparition de leur mère.  Un autre demandait où était la surveillance, pour qu’un détenu puisse se pendre dans sa cellule sans que personne ne le sache.

Sur l’aspect purement économique, on épargne les frais d’une détention de plusieurs années, advenant la culpabilité de Laplante, et surtout d’un long procès fortement médiatisé.  Sur le plan émotif, c’est plus compliqué; les enfants seront peut-être privés, en effet, d’éléments que leur père aurait pu expliquer, lors d’une éventuelle défense, mais d’un autre côté, ils n’auront pas à subir cette pression médiatique constante, et ce tout au long d’un processus judiciaire qui n’en finit plus de finir.  Elizabeth et Francis, ainsi que leurs proches, pourront désormais se concentrer sur eux-mêmes, et tenter de trouver, en eux, et loin des médias, des moyens de sortir de ce calvaire dont ils ne sont responsables de rien.

Je crois que les plus grands perdants sont les québécois les plus curieux, les disciples des Claude Poirier de ce monde, avides de grands procès, et de détails croustillants; ceux qui ont suivi le procès de l’ancien cardiologue Guy Turcotte, entre autres.  Ceux-ci seront privés d’une affaire à suivre sur plusieurs semaines, ainsi que de tous les détails scabreux, qui sont fortement soulignés par les médias.  Ils devront jeter leur dévolu sur une autre affaire.

Marilène: Une inspiration rafraîchissante!

Ceux et celles qui suivent régulièrement le Blogue savent bien que j’aime prendre un texte, et y répondre directement.  Or, cela fait un bon bout de temps que je ne me suis pas payé ce genre d’exercice.  Mais ce soir (NDLR: Ce texte fut écrit le 28 décembre), je fus inspiré.

Une gentille dame que je suis, sur Twitter, Marilène Pilon (@MarilenePilon), écrit aussi un blogue hébergé par WordPress, dont j’avoue ne pas être un lecteur régulier.  Par contre, ce soir (je devrais dire cette nuit, du 28 au 29 décembre), au fil d’une conversation sur Twitter, Marilène a mis un lien vers l’un de ses billets; j’ai suivi le lien, et j’ai trouvé ce billet, qui traite de l’argumentaire fédéraliste.  Enfin, de sa lecture de l’argumentaire fédéraliste, tel qu’il était le 8 juillet dernier, jour de publication de son billet.  Je vais répondre à son texte directement dans celui-ci, espérant que madame Pilon ne m’en veuille pas trop.  De toute façon, vous pourrez comparer avec le billet original, directement sur le blogue de Marilène Pilon, en cliquant sur ce lien.  Évidemment, si madame Pilon me demande de retirer ce billet, et se montre en désaccord avec mes propos, je tenterai de négocier.  Genre.

Allons-y.  Le billet de Marilène Pilon est en vert, et mes réponses en noir.  C’est parti!

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Fédéralisme : un argumentaire à regarder

Publié le 8 juillet 2011

Au fil du temps, j’ai relevé certains arguments fédéralistes populaires. Mon objectif ici est de présenter la réalité de ces arguments pour tenter de les relativiser et aussi, je l’avoue, de les analyser un peu. Notez ci-dessous que le “Oui” représente en général les souverainistes et le “Non”, les fédéralistes. Je le précise parce que si nous changeons le sens de la question, ça défait tout mon texte!?!?!?

1 ) On ne brise pas un pays avec la moitié de la population : lorsque plus de la moitié des gens veulent changer un état de fait, on le change; c’est le principe de la démocratie. De plus, une majorité, c’est 50 % plus 1. Ça, c’est un principe mathématique.

Encore faut-il bien comprendre ce principe de la démocratie.  Est-ce 50% +1 du vote exprimé, ou du total des électeurs inscrits?  Prenons l’exemple des référendums sur les défusions municipales, patate chaude du premier mandat des libéraux de Jean Charest, au milieu des années 2000.  Pour qu’une municipalité puisse procéder à la défusion, il lui fallait obtenir 50% + 1 du vote exprimé, si et seulement si le taux de participation était supérieur à 30% de l’ensemble des électeurs inscrits.  Cette petite clause supplémentaire est venue fausser toutes les prédictions des experts; des villes du West-Island, comme Pierrefonds, Roxboro, et Lachine, sont demeurées fusionnées à Montréal, alors que la bourgade de Montréal-Est a réussi à sa défusionner.  Si l’on considère seulement 50% + 1 du vote exprimé, beaucoup se plaindront que la souveraineté n’a pas été décidée par la majorité, mais plutôt par le pourcentage du total des électeurs inscrits, qui sera sûrement de moins de 50%.  Je veux dire, si le vote exprimé représente 50% des électeurs inscrits, 50% + 1 de 50%, ça ne donne plus que 25% des électeurs inscrits.  De quoi alimenter les lignes ouvertes pendant des années!

1.1 ) Ça ne fait rien, tu n’es pas assez fort avec 50 % plus 1 : si on met la logique mathématique au rancart, poussons le raisonnement : les résultats “officialisés” de 1995 sont 49,4 % pour le Oui et 50,6 % pour le Non. Puisque ça prend supposément 55 % des votes, le Non a perdu aussi. Non?

Je crois que la grande majorité des québécois s’entendent sur ce qu’est une “majorité claire”.  Par contre, quel que soit le résultat d’un référendum sur une question d’une telle importance, le seul fait que le débat entraîne des chicanes parfois acerbes, et ce au sein même de plusieurs familles, fait que l’on retrouve des perdants des deux côtés.

1.2 ) Hahaha mais non, le Non ne peut pas perdre, c’est le Oui qui doit gagner à 55 %, il entraîne un changement important : et alors? Quand on change de gouvernement, 50 % + 1 ça fonctionne (passer d’un gouvernement de centre-gauche à un gouvernement de droite, ce n’est pas radical ça?). Aussi, si une municipalité vote pour un nouveau maire, 50 % + 1 ça passe.

Pourquoi le statu quo serait avantagé? Qui décide que le changement est opéré si on a plus de 50 % + 1 dans quelques situations, mais pas pour tout? Pardonnez-moi, mais changement important ou pas, quand la majorité vote dans un sens, on le fait : c’est la démocratie. Le Oui a bien respecté le résultat “officialisé” de 1995, une chance pour le Non. Et “respecter” ne signifie pas “accepter”.

Là aussi, je crois que les québécois comprennent bien – sachant qu’il y a toujours des exceptions qui confirment la règle – le sens d’une décision majoritaire.  Par contre, il faut noter que l’élection d’un gouvernement de droite, à l’heure actuelle, est purement théorique; tous les partis politiques au Québec – même Québec Solidaire – sont au centre, quoiqu’ils penchent tous un peu, d’un côté ou de l’autre.

1.3 ) Ce n’est pas grave, le Canada ne te reconnaîtra pas avec 50 % plus 1 : Si c’est le cas, le Canada est devenu une dictature. Vous riez? Démonstration : disons que le Canada exige 55 % des votes pour le Oui afin de reconnaître le pays du Québec. Ça signifie que pour chaque tranche de 100 personnes, 46 votes pour le Non gagnent contre 54 votes pour le Oui. Vous me suivez? Alors le Canada accorde plus de poids à un vote pour le Non qu’à un vote pour le Oui. Un citoyen qui vote du bon bord pour le Canada a plus de poids que celui qui vote du mauvais bord. Voter du bon bord : ce n’est pas une dictature?

Le Canada risque, tout au plus, de “faire la baboune”, pendant un certain temps, et d’attendre un peu, avant de reconnaître un éventuel pays du Québec, de voir la direction prise par les différentes diplomaties, à travers le monde.  Par ailleurs, dans plusieurs pays dits démocratiques – ainsi que dans beaucoup de syndicats québécois, entre autres, certaines décisions se prennent à une majorité supérieure à 50% + 1, souvent à “la majorité des deux-tiers”, où il faut le deux-tiers des votes pour que ladite décision soit entérinée.  Doit-on qualifier tous ceux qui pratiquent ceci de dictateurs?  En passant, je ne voudrais pas être mesquin, mais le Parti québécois n’était pas prêt à reconnaître, pour sa part, lors de la dernière refonte de la carte électorale, que le vote d’un électeur en région a plus de poids que celui d’un électeur urbain!  Tiens donc!

2 ) Le reste du Canada ne fera plus de commerce avec nous : ils vont probablement nous bouder une semaine ou deux, mais il ne dira jamais non à un marché de 8 millions de personnes. Nous représentons 23 % de la population du Canada actuel : ça en achète du pétrole et du bois. Le commerce continuera entre les 2 pays : depuis quand des gens d’affaires refusent de faire de l’argent avec un marché se trouvant à côté.

Globalement, non, mais commerce par commerce, certains le feront sûrement!  Je donne comme exemple les magasins d’outillage et de surplus Princess Auto; en plus de leur centre de distribution postale, et de leur siège social, tous deux situés à Winnipeg, ils opèrent une trentaine de magasins, à travers tout le Canada,… sauf au Québec!  Pourquoi?  Aucune idée!  Reste que leurs circulaires, et leur site web, sont disponibles en français, sur demande, et qu’à part une faute de frappe à l’occasion, la traduction y est excellente.  Autre exemple; Walmart!  Cette entreprise multinationale a décidé, après une tentative infructueuse, de retirer ses billes, en Allemagne; il y a pourtant beaucoup plus que 8 millions de personnes, en Allemagne!  Est-ce que d’autres entreprises seront tentées de se retirer du Québec, suite à un référendum gagnant?  Ce sera à suivre; dans un sens comme dans l’autre, personne ne peut le garantir!

3 ) On ne pourra plus utiliser le dollar canadien : mais oui, le Canada va nous supplier de l’utiliser. Sinon, on le vendrait et ça ferait chuter la valeur de la monnaie drastiquement parce qu’il y en aurait énormément sur le marché. Pas très bon pour les importations. Trop bas, c’est comme pas assez.

Au contraire; à quel moment les entreprises canadiennes – dont de nombreuses québécoises – ont-elles fait le plus d’exportations, sinon quand le dollar canadien est tombé autour de 62 cents US, vers la fin des années 1990?  Une devise faible entraîne une augmentation des exportations, dans certains domaines, alors que dans d’autres, c’est le contraire.  Bref, que l’on utilise ou non le dollar canadien, certaines entreprises tireront leur épingle du jeu mieux que d’autres.

4 ) On n’a pas d’armée et on va avoir une guerre civile : Le Canada et le Québec sont 2 états de droits. Nous sommes diplomates alors on va se parler bien avant de se taper dessus. Nous avons beaucoup d’installations au Québec (allez voir sur le site des forces canadiennes). Alors nous achèterons l’actif (à moins qu’il ne soit déjà à nous?). Nous pourrions faire une armée de Casques Bleus; c’est juste une idée, on jase là.

Justement, on jase, là; je ne suis pas convaincu qu’une majorité d’électeurs croient en la possibilité d’une guerre civile, suite à un oui majoritaire.  Par contre, il faut tenir compte des engagements internationaux que prendra un éventuel Québec souverain; sera-t-il membre de l’ONU, de l’OTAN, signera-t-il d’autres traités internationaux?  Tout cela reste à voir!  Et si un éventuel ennemi se pointe, il sera trop tard pour commencer à acheter de l’équipement!

5 ) On va être comme la Grèce, sur le bord de la faillite et nous serons surendettés : La Grèce est en difficulté parce que beaucoup de Grecs ne payent pas leurs impôts. Nous les payons à ce que je sache. Nous allons simplement tout envoyer à Québec au lieu d’en envoyer d’abord à Ottawa pour un tri, utilisés pour des priorités qui ne sont pas les nôtres avant de nous être retournés en partie.

La Grèce, comme l’Italie, et de nombreux autres pays d’Europe, sont en difficulté parce qu’ils n’ont pas respecté les règles les plus élémentaires du gros bon sens économiques, à savoir, entre autres, que 1) lorsque l’on a une dette, il faut la rembourser, et 2) les régimes de pensions doivent s’autofinancer, pour être fonctionnels.  Et vous savez quoi?  L’Amérique du Nord, le Canada, et particulièrement le Québec, ont exactement les mêmes problèmes!

6 ) On reçoit 8,5 milliards de dollars chaque année du fédéral, il va falloir qu’on commence par refuser ce chèque : oui, nous le refuserons lorsque nous arrêterons d’envoyer nos sous à Ottawa. En attendant, on va exiger notre argent : je ne suis pas d’accord pour payer sans avoir de services en fonction de mes priorités en retour. Et c’est exactement ce que les Conservateurs font en mettant notre argent dans leurs avions F-35. Et dites-vous que si nous étions un coût pour le Canada, il ne se forcerait pas tant que ça pour nous garder avec la Loi C-20.

D’abord, clarifions une chose tout de suite; dans un Québec souverain, ce n’est pas le Québec qui va refuser le chèque de péréquation, mais plutôt le fédéral qui refusera de le verser!  La péréquation est versée aux provinces plus pauvres, afin de leur permettre d’assurer des services – provinciaux – équivalents à la population, d’une province à l’autre.  Ainsi, il ne faut pas mélanger les choses; la péréquation, c’est une chose, et les services assumés par le fédéral, c’est une autre histoire.  Or, ces services, qu’on en apprécie ou non les valeurs, sont assumés, et on doit payer les impôts correspondants à ces services.  Quant à la loi C-20, qui soit dit en passant, ne contient que trois articles, elle tient à protéger surtout l’intégrité territoriale du Canada, d’un océan à l’autre, et n’a rien à voir avec les finances.

7 ) On va perdre nos pensions : non, nous avons payé toute votre vie pour financer la Pension de la Sécurité de la Vieillesse. Ces argents reviendront à l’organisme qui s’en occupera ici, c’est notre part de l’actif fédéral qui reviendra au Québec (l’organisme existe déjà en passant, il s’appelle la Régie des Rentes du Québec; on le réorganise, même pas besoin de l’inventer!) : notre chèque aura une fleur de lys au lieu d’une feuille d’érable. Nous n’aurons qu’un organisme à financer, pas deux. On vient de diminuer les frais administratifs. Et ça s’applique à d’autres structures.

Il y a longtemps que cet argument est obsolète!  Mais plus précisément, si l’on confiait les pensions de vieillesse fédérales à la Régie des rentes du Québec, souveraineté ou non, je me priverais de manger pour investir dans des RÉER!  Nous savons tous que la RRQ est montée exactement comme un schème de Ponzi, et que d’ici 25 ans tout au plus, elle ne pourra plus verser de rentes à qui que ce soit!  Et ça, ce n’est pas la faute du fédéral!  Aussi, en moyenne, les programmes québécois coûtent plus cher à administrer que les programmes fédéraux – quoique ceux-ci ne doivent pas être qualifiés d’économiques pour autant!  Ceci étant dit, ce ne sont plus des économies, mais des coûts supplémentaires, qui vont nous attendre!

8 ) Tu veux casser mon pays en deux : la 20 ne se désagrégera pas aux frontières du Québec : on continuera de voyager quand même, seul le politique changera. Si vous passez de l’Espagne à la France, vous n’avez pas besoin de passeport. Ce modèle pourrait être appliqué ici aussi.

Il s’agit de rouler sur les routes du Québec pour se rendre compte que la 20 se désagrège, comme toutes les autres!  La question des passeports sera probablement l’une des plus faciles à régler, entre le Québec et le Canada.  Par contre, le passeport québécois sera-t-il aussi reconnu et respecté, à travers le monde, que le passeport canadien?  Ça, c’est une autre histoire!  Et encore une fois, personne ne peut rien garantir!

En résumé, la campagne de peurs du camp du Non demeure bien modeste lorsque nous les regardons en face. Je vous invite à me transmettre d’autres arguments pro-Canada : ils pourraient peut-être faire partie d’un autre blog.

En attendant, imaginez tous nos impôts utilisés pour nos priorités au lieu de financer une partie des projets du Canada dont nous ne verrons jamais la couleur parce qu’ils sont faits ailleurs qu’au Québec. Restructurer notre administration ici plutôt que de financer celle d’Ottawa parce que nous avons déjà les institutions et les installations pour effectuer ces tâches fédérales.

Notre modèle n’est pas parfait ni complet, mais un Québec souverain nous donnera les moyens de nos ambitions.

Excusez-moi de briser votre rêve, madame Pilon, mais le problème d’un Québec souverain sera le même que celui d’un Québec confédéré au sein du Canada, et il est d’ordre économique.  Nous avons des habitudes de vie plus européennes que nord-américaines (travailler moins d’heures, prendre sa retraite plus rapidement, etc.), bref, nous sommes moins productifs que nos voisins! Devant un tel constat, comment pourrions-nous devenir plus riches qu’eux?  Si le « modèle québécois » est vraiment un modèle, pourquoi aucun état, de par le monde, ne tente-t-il de l’imiter?  Même au sein du Canada, le Québec devient inexorablement la province la plus pauvre, malgré ses richesses naturelles!  C’est tout le modèle de gestion québécois qu’il faut réformer, et ce pour deux raisons.  Dans un premier temps, le fait de changer le modèle nous rendra plus efficaces, puisque l’appareil gouvernemental, fortement réduit, nous coûtera moins cher, et ce faisant, nous permettra de faire rouler davantage l’économie, puisque nous paierons moins d’impôts.  Ensuite, un Québec plus riche, autant individuellement que collectivement, aura un bien meilleur rapport de force, face au gouvernement fédéral, que ce soit pour négocier la part québécoise d’un programme pancanadien, ou pour provoquer la sécession du pays.

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J’aime bien m’engueuler – gentiment – avec Marilène Pilon, et ma foi, je crois que c’est réciproque.  Et nous le ferons sûrement dans les prochains jours!

Circulation à Montréal: On a les deux pieds dedans!

Au moment où j’écris ces lignes, je surveille les mouvements de la circulation, dans le grand Montréal.  Il faut spécifier que, pour des raisons de sécurité, le Ministère des transports du Québec (MTQ) a décidé de retirer les paralumes (eh oui, encore eux!) des approches du tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, et ce dès maintenant!  Pour ce faire, le tunnel au complet est fermé à toute circulation, en direction sud, jusqu’à 23h00, le 24 décembre prochain.  En direction nord, on garde une voie ouverte pendant la nuit, mais le jour, tout tourne normalement.  Mais ne vous en faites pas; la même situation se produira, dans l’autre sens, quelque part en janvier!

Pour vous donner une idée de la situation, principalement à ceux et celles qui connaissent peu le grand Montréal, tous les ponts vers la rive sud, depuis Montréal, sont totalement congestionnés!  Imaginez; le traversier qui relie Saint-Ignace-de-Loyola à Sorel-Tracy, qui n’est pas tout à fait dans la banlieue de Montréal, montre en ce moment un délai de deux heures d’attente!

Ça doit bien faire une vingtaine d’années que tous les intervenants, de comités en commissions, recommandent de nouvelles traversées, entre Montréal et la rive-sud.  Qu’est-ce qui s’est fait, depuis? RIEN!  Comme dans zéro plus une barre de travers dedans!  Depuis des années que je dis qu’il faut ajouter une traversée à Repentigny, en plus de doubler la capacité du pont Champlain, et du pont-tunnel L.-H.-Lafontaine.

Vous me direz que le MTQ investit entre 3 et 4 milliards annuellement, pour rétablir un réseau très mal en point, et vous avez raison.  Par contre, dans le grand Montréal, l’évolution du réseau routier a au moins 25 ans de retard!  Il faudrait investir là aussi, mais notre bon gouvernement s’endette déjà de plus ou moins 12 milliards par année, pour couvrir ses frais.  Alors on fait quoi, maintenant?

Depuis les tout-débuts du Blogue, que je dis qu’il faut agir, dans le grand Montréal, afin d’alléger la circulation.  Là, on a les deux pieds dedans!

Réponse à Philippe Cantin, de La Presse: À chacun ses responsabilités!

C’est plutôt rare que j’ose m’immiscer dans le domaine du sport, mais cette fois, je ne vais pas me gêner.  C’est que Philippe Cantin, de La Presse, a publié, sur le site web du quotidien de la rue Saint-Jacques, une chronique intitulée “Le Canadien abdique ses responsabilités”, chronique dans laquelle il jette son fiel sur Pierre Gauthier, et sur l’organisation du CH, à propos du remplacement de Jacques Martin, viré de l’équipe, par Randy Cunneyworth, qui était jusque là l’adjoint de Martin, et qui, ô crime de lèse-majesté, ne parle pas couramment dans la langue de Molière.

Une fois de plus, parce que la chose s’est produite à répétition, depuis les dernières années, on tente d’entraîner le Canadien de Montréal dans l’arène politique, et ce en s’offusquant du fait que tout ne se passe pas en français, au centre Bell.  Cantin oublie – ou plutôt semble choisir d’ignorer – que le CH fait partie de la Ligue Nationale de Hockey, et de ce fait, la très grande majorité de tout ce qu’y s’y passe se fait dans la langue de Shakespeare.  Ce faisant, il fait exactement ce qu’il serait sûrement le premier à reprocher, si cela se passait dans l’autre sens, c’est à dire du racisme!  Quels auraient été ses mots, si par exemple, le Lightning de Tampa Bay avait refusé d’embaucher Guy Boucher, sous prétexte qu’il est un “f*ckin’ frog”?

Comprenez-moi bien; je ne suis pas contre l’idée d’une équipe de hockey la plus francophone possible, à Montréal.  Par contre, il faut mettre les choses dans leurs justes proportions; quoi qu’en dise Philippe Cantin, la principale responsabilité du Canadien de Montréal, envers ses fans, et envers sa communauté, est de remporter la coupe Stanley!  Les joueurs, le coach, le bureau de direction, et même les placiers du centre Bell, peuvent tous parler exclusivement le Klingon, s’ils le veulent, du moment qu’ils gagnent des matches, se rendent au grand tournoi, et remportent la coupe.

Pour Philippe Cantin, le CH renie ses fans, en donnant le poste d’entraîneur à Randy Cunneyworth, et ce même de façon intérimaire.  Il obtiendra sa réponse ce soir; si le centre Bell est vide, c’est qu’il aura raison.  Mais cela me surprendrait énormément!