Brownsburg-Chatham: La route 148 nommée « route de la mort »

De tous temps, dans notre société distincte, et c’est le cas dans chaque région, il arrive qu’une section de route, une courbe particulière, ou encore une intersection, reçoive le surnom de « route de la mort », en raison du nombre d’accidents mortels qui y surviennent.  La dernière manchette à ce sujet, parue dans le Journal de Montréal, attribue ce qualificatif à la route 148, à la hauteur de Brownsburg-Chatham, et ce à cause de deux accidents mortels, causant autant de victimes, survenus à trois jours d’intervalle dans la seule période des fêtes de cette année.

En effet, deux autres accidents mortels sont survenus pratiquement au même endroit, remettant en question la sécurité de cette route surutilisée.  On sait d’ores et déjà que d’ici un an, soit vers la fin de 2008, l’autoroute 50 sera mise en service entre Lachute et Grenville-sur-la-Rouge, ce qui permettra à la circulation en transit d’éviter cette portion de la route 148.  Par contre, le fait de construire l’A-50 en « super-2 » n’améliorera probablement pas le bilan routier de cette région.  Sachant à la base que cette autoroute, au fur et à mesure de l’ouverture successive de ses divers tronçons à la circulation, se remplira de camions lourds en transit entre Gatineau et Montréal, que la ville d’Ottawa chassera de ses rues suite aux travaux sur la rue King Edward, les collisions risquent d’être plus violentes, et par extension, encore plus mortelles.

Depuis le nombre d’années que les régions de l’Outaouais et des Laurentides réclament à grands cris l’autoroute 50, il me semble que le gouvernement du Québec aurait dû voter les budgets afin de construire l’autoroute à chaussées séparées, et non pas en super-2.  Il est désormais connu que le coût de construction d’une route double aux cinq ans, alors il devient évident que la construction d’une autoroute en super-2, pour épargner les coûts de la construction de la deuxième chaussée, ne représente pas une économie, loin de là.  Le nombre de vies humaines perdues sur la super-2 justifient à elles seules la dépense supplémentaire pour achever la deuxième chaussée.  Si le MTQ ne croit pas nécessaire de construire une autoroute à deux chaussées dès le départ, alors pourquoi se targue-t-il de construire une autoroute?  On sait ce qui s’est produit entre Drummondville et Sherbrooke, sur l’A-55, au cours des années 1990.  Cette super-2 était, elle aussi, une véritable « route de la mort », et l’on a mis des années à construire une seconde chaussée à cette autoroute, multipliant ainsi les coupes de rubans d’inauguration et les photos de ministres dans les journaux locaux.  Auparavant, c’était l’A-55 entre Shawinigan et Trois-Rivières, dans les années 1980, puis l’A-40 entre Trois-Rivières et Berthierville, au cours des années 1970.  À l’image des routes provinciales qui servent de lien unique pour traverser une région, les super-2 coûtent trop de vies humaines, et toutes ces pseudo-autoroutes que l’on a au Québec devraient être complétées en autoroutes à deux chaussées dans les plus brefs délais.

Si le gouvernement du Québec, qui détient le monopole de construction routière, dans notre société distincte, n’a pas la capacité de construire et d’entretenir un réseau routier supérieur digne de ce nom, qu’il se retire et laisse la place à l’entreprise privée.  Un système de concession permettrait à des entrepreneurs de s’occuper de diverses autoroutes, en retour de frais de péage, et pourrait être applicable à la très grande majorité des voies rapides québécoises.  Un tel système de concessions permettrait d’ouvrir de nouvelles liaisons routières, parce que pendant que les bouchons de circulation s’accumulent – et se multiplient – un peu partout, de nombreux corridors routiers attendent présentement d’être exploités par le MTQ, qui préfère dormir aux gaz sur cette question que d’affronter les environnementalistes devant le BAPE.

Selon moi, la filière environnementale fait fausse route en s’opposant à toute nouvelle construction routière.  Évidemment, leur cheval de bataille actuel est la lutte aux gaz à effet de serre (GeS), entre autres au CO2, émis par les voitures et autres véhicules.  Ce qu’ils oublient, c’est que le jour où se pointeront les nouvelles technologies, comme celle des véhicules à cellule à hydrogène, qui n’émettront aucun monoxyde de carbone, pour ne nommer que celle-là, ces nouveaux véhicules auront, eux aussi, besoin de routes pour circuler.  Le fait de restreindre le nombre de véhicules en ville, en choisissant de ne pas construire de nouvelles routes, n’améliorera pas le bilan environnemental des villes, loin de là.  D’ailleurs, nous savons que la solution à la concentration de la pollution urbaine ne passe pas par la cessation de l’étalement urbain.  Mais ça, c’est une autre histoire.

Julie Boulet: Quelques jours de repos dans le sud… pour réfléchir

Il est plutôt rare que je sorte de la grande région de Montréal pour m’intéresser à l’actualité d’une région particulière, mais je fais aujourd’hui une petite exception.  De passage dans ma famille, en Mauricie, j’ai jeté un coup d’oeil sur la dernière livraison du quotidien Le Nouvelliste, de Trois-Rivières, et le fait de voir la ministre des transports, Julie Boulet, sur la une du journal ne fut pas vraiment une surprise pour moi.  Dans une série d’articles, dont celui-ci, signés de la plume de Louise Plante, on peut lire que la ministre commence à avoir son voyage, si je peux prendre cette expression, et qu’elle ira passer quelques jours dans le sud pour se reposer,… et réfléchir.

C’est que, voyez-vous, l’affaire de la limousine lui est rentré dans le corps assez solide.  Vrai qu’elle n’a pas fait fort elle non plus dans sa justification de la chose (à cause de la fatigue?), mais madame Boulet disait qu’elle n’avait peut-être pas encore la carapace assez dure pour affronter tous les coups bas.  Autre point qui lui a particulièrement fait mal, la sortie de la mairesse de Shawinigan, Lise Landry, qui trouve que la ministre Boulet, qui est également la représentante de la circonscription de Laviolette à l’Assemblée nationale, et seule députée libérale de la Mauricie, n’a pas fait grand chose pour aider la ville de Shawinigan à se sortir de la misère, elle qui vient de recevoir une autre tuile sur la tête avec la fermeture définitive de l’usine Belgo, propriété de la papetière AbitibiBowater, alors que l’avenir des usines locales de la société Alcan demeure toujours incertain.  La ministre a d’ailleurs profité de l’occasion pour défendre sa position en rapport avec la ville de Shawinigan.

L’un des articles de la série – il y en avait sur quatre pages – faisait aussi mention de rumeurs de remaniement ministériel à Québec (c’est bizarre qu’aucun chroniqueur parlementaire n’en ait fait mention, mais bon), et la ministre des transports mentionne que malgré le travail imposant qu’il implique, elle aime beaucoup ce ministère, et elle voudrait bien le garder.  Sur un autre texte, paradoxalement, elle disait qu’elle partait dans le sud pour se reposer, et réfléchir à son avenir.  Un point important, toutefois; dans tous les articles, aucune mention du blogue de Richard3, ce qui laisse croire que je ne sois pas suffisamment virulent dans mes critiques envers elle, ou encore que mon blogue soit si peu connu des parlementaires à Québec qu’elle y prête aucune attention, voire même qu’elle en ignore totalement l’existence.  Ceci permettra donc à votre humble serviteur de continuer à commenter ses faits d’armes en toute honnêteté.

Sécurité routière: Le véhicule devrait lui-même décider, dit un coroner

Un article, signé Marilou Séguin, et publié dans le Journal de Montréal de ce samedi, rapporte que le coroner Guy Cavanagh recommande ce qu’il appelle lui-même « un méchant coup de barre » pour améliorer la sécurité routière au Québec.  Ses conclusions sont liées à une enquête qu’il a effectué suite à un accident de la route, le 9 juin dernier, en Gaspésie, dans lequel Wayne Condo, 38 ans, a perdu le contrôle de son véhicule, et a été éjecté de celui-ci suite à plusieurs tonneaux.  Le rapport dit aussi que Condo avait un taux d’alcool dans le sang élevé, qu’il consommait un médicament, et qu’il ne portait pas sa ceinture de sécurité.

Le coroner Cavanagh ne recommande rien de moins que quatre éléments distincts soient installés dans chaque véhicule, à savoir:

  1. Un système qui empêche le véhicule de démarrer si le conducteur a consommé de l’alcool.
  2. Un autre empêchant le véhicule de rouler à plus de 120 km/h pour une durée maximale de deux minutes.
  3. Un troisième qui empêche le véhicule de démarrer si les ceintures de sécurité ne sont pas toutes bouclées.
  4. Un système de stabilisation électronique pour tous les véhicules construits.

Je demande au coroner Cavanagh pourquoi il n’a pas tout simplement recommandé d’interdire la possession d’un véhicule de promenade et d’obliger tout le monde à prendre l’autobus, un coup parti?  On tente d’année en année de comparer le bilan routier du Québec à la pire des hécatombes, parce qu’il y a entre 600 et 750 morts par année, suite à des accidents de la route.  On semble oublier que dans les années 1970, on dénombrait autour de 2000 morts par année sur les routes québécoises.  Évidemment, je ne dis pas qu’il faille revenir à ces chiffres, mais il faudrait quand même comprendre que certaines situations se produiront toujours, et que même si chaque victime d’accident de la route en est une de trop, il est impossible d’amener le bilan routier à zéro décès.  Il y a toujours place à l’amélioration, je n’en doute pas une seconde.  Par contre, le fait qu’un coroner recommande l’installation d’une multitude de systèmes sophistiqués dans tous les véhicules pour éviter les accidents mortels me semble tout aussi crédible que si l’on recommandait d’avoir un seul aliment pour tout le monde, afin de combattre le gras trans.

À moins que le coroner Cavanagh ait des parts dans des entreprises qui fabriquent de tels systèmes?  L’on se souvient de l’ancien coroner Marc-André Boulianne qui, d’une main, avait recommandé de changer tous les autobus scolaires du Québec pour des modèles à nez plat, alors que de l’autre main, il vendait des autobus usagés dans divers pays en développement, dont Haïti.  Je ne voudrais pas entacher ici la réputation du coroner Cavanagh, mais les expériences du passé nous démontrent que les coroners font aussi autre chose de leur temps que les enquêtes auxquelles ils sont affectés, et qu’il en vaut la peine de se questionner, afin que tout soit transparent et limpide.  Dans le cas de Boulianne, ça sentait le conflit d’intérêts à des kilomètres à la ronde.

Le problème, c’est qu’il y aura toujours des bien-pensants qui vont dire que tout le monde devrait être comme ci, ou comme ça, parce qu’eux le sont.  Ils oublient que les goûts sont dans la nature, et que leurs goûts à eux ne sont pas nécessairement les goûts de tout le monde.  Plein de gens aiment Virginie, à la télé, mais moi, je dis à qui veut l’entendre que Virginie, comme l’ensemble des téléromans – et des téléréalités – que les diffuseurs nous frondent en pleine gueule, ne servent qu’à ramollir le cerveau et à endoctriner la population.  Aussi, au lieu de lancer des messages dans le but d’interdire ces émissions stupides, je respecte les goûts des gens et je prends des actions personnelles; je n’ai pas de télé, à la maison.

Il y aura toujours des gens qui vont se saoûler, mais on n’a pas interdit l’alcool.

Plein de gens meurent du cancer du poumon, mais la cigarette est toujours disponible.

À chaque année, des gens meurent dans des accidents de la route.  Ça ne vous tenterait pas de nous laisser rouler en paix?

Neige: « Same sh*t, different storm », diraient les anglos

Lors de la dernière tempête, je faisais le pari que la ville mettrait deux semaines pour effectuer le ramassage de la neige dans les rues, et je suis passé bien près d’avoir raison. Voilà qu’aujourd’hui, une dépêche du site LCN, qui parlait du calvaire pour les facteurs et les livreurs (dont je suis), révélait que le ramassage n’allait être complété qu’à 45% en date de vendredi matin.

La ville de Montréal, toujours selon la dépêche, travaillait sur, euhhh… appelons cela un « accommodement raisonnable », qui permettrait aux arrondissements où les choses vont bien d’aller prêter main-forte à ceux qui ont plus de difficultés. Connaissant les différents intervenants dans ce dossier, dont le syndicat des cols bleus (celui qui proposait aux citoyens et citoyennes de reconstruire Montréal ensemble, selon ce qu’ils ont apposé sur leurs véhicules), la négociation pour en arriver à une entente risquent de durer si longtemps que la neige aura le temps de fondre d’elle-même, y compris celle dans les dépôts à neige. Cela donnera un argument de plus à ceux qui osent croire que la ville serait beaucoup plus facile à administrer sans ces arrondissements stupides, repaires de roitelets, grassement payés par les contribuables, régnant sur leurs sujets depuis leurs tours d’ivoire. Il me semble que s’il s’agit d’une seule et unique ville, elle devrait avoir une seule et unique administration, ce qui simplifierait beaucoup les choses.

Mais voilà; ce serait beaucoup trop simple. Nous sommes au Québec, après tout, la société distincte qui prône la démultiplication des pouvoirs et des niveaux d’administration tous azimuts, de façon à ce que chacun puisse être le président de quelque chose. Des millions sont dépensés en organisation et en surveillance pour des élections scolaires où moins de 5% de la population va voter pour des gens qui gaspilleront 9 milliards$ de fonds publics. Mais ces élections sont tellement importantes!

C’est comme à Montréal; les fusions devaient simplifier les choses, et permettre de faire plus pour moins cher. Suite au processus de fusion de 2002, l’île de Montréal est passée de 28 municipalités, dotées d’autant de conseils municipaux, à un maire de la nouvelle ville, 27 maires d’arrondissement, un nombre d’échevins qui a décuplé, parce qu’il y a des conseillers de ville et des conseillers d’arrondissement, et on a remplacé la Communauté urbaine de Montréal, qui regroupait les 28 anciens maires, par la Communauté métropolitaine de Montréal, dont le territoire s’étend désormais de L’Assomption à Saint-Isidore, de Contrecoeur à Saint-Lazare, et de Mirabel à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville. Puis en 2006, 15 municipalités de l’île de Montréal se sont défusionné. Depuis ce temps, nous nous retrouvons avec un conseil de ville pour Montréal, composé d’un maire de ville, de 19 maires d’arrondissement, et d’une multitude de conseillers aux deux niveaux, de 15 conseils de ville pour autant de villes défusionnées, et d’un nouveau conseil d’agglomération pour chapeauter tout ce beau monde. Sans compter tout le personnel d’administration qui se dédoublent les tâches, les cols bleus, à qui l’on fournit des pelles pour s’appuyer, et des camions pour dormir à l’abri des intempéries, le personnel politique, et tout, et tout.

Pour faire une certaine comparaison, voyons voir comment cela se passe à Laval. D’abord, la ville de Laval est née en 1965 d’un concept du genre « une île, une ville », semblable à celui auquel rêvait le regretté Jean Drapeau, et qu’a tenté d’instaurer l’ancien maire de Montréal, Pierre Bourque. La nouvelle ville regroupait les cités de Chomedey (elle-même issue du regroupement de la ville de l’Abord-à-Plouffe, de la ville de Renaud, et de la cité de Saint-Martin, survenu en 1961), de Duvernay, de Laval-des-Rapides, de Laval-Ouest, de Pont-Viau et de Sainte-Rose, ainsi que les villes d’Auteuil, de Fabreville, des Îles-Laval, de Laval-sur-le-Lac, de Sainte-Dorothée, de Saint-François, de Saint-Vincent-de-Paul et de Vimont. Ceci dit, ça se passe comment, à Laval? Le conseil municipal de la ville de 350,000 habitants est composé d’un maire (Gilles Vaillancourt, en poste depuis 1989, et qui donne à croire qu’il sera maire à vie), et de 21 conseillers. Point. Et ça marche. À peine quelques nostalgiques qui préfèrent le bon vieux temps.

Je crois sincèrement que l’île de Montréal pourrait très bien être dirigée par un conseil municipal dans lequel on retrouverait le maire, et une centaine de conseillers, tout au plus. La ville actuelle n’aurait besoin que de 60 à 70 conseillers, maximum. Avec les économies réalisées par une telle administration réduite, on pourrait se permettre un déneigement beaucoup plus rapide, ce qui créerait moins de cauchemars aux citoyens payeurs de taxes.

MISE À JOUR – 21 DÉCEMBRE 2007, À 15H30

Avez-vous entendu la dernière excuse du maire Tremblay?  Selon ses dires, les dépôts à neige sont tous remplis à pleine capacité, et l’on devra commencer à entasser la neige… dans les cours Turcot!  Et que feront-ils en février?  Le maire parviendra certainement à dénicher une autre excuse bidon.

Salaire minimum: Combien d’emplois seront perdus?

Comme on peut le lire dans le Journal de Montréal de ce matin, le salaire minimum sera augmenté de 50 cents l’heure le 1er mai prochain, pour passer de 8,00$ à 8,50$ l’heure. Si l’on calcule cette hausse en pourcentage, elle représente une augmentation de 6,25%.

J’imagine déjà Françoise David, et les autres tenants de Québec Suicidaire… euhhh, pardon, de Québec Solidaire, dire que c’est bien, mais bien peu, et les employeurs dire que c’est beaucoup trop. Qui a raison, qui a tort?

Dans les faits, une augmentation du salaire minimum de 6,25%, alors que la hausse du coût de la vie est d’environ 2%, est une augmentation trop rapide d’un seul coup. Par exemple, un employeur qui embauche 50 personnes au salaire minimum subira une hausse de ses coûts de production de 6,25% sans aucune augmentation de rendement équivalente. Résultat: Soit qu’il devra hausser le prix de ses produits, ce qui le rendra vulnérable face à ses concurrents, soit qu’il devra trouver d’autres façons d’absorber cette hausse de coûts. Cela risque de se traduire par l’achat d’une machine qui fera le travail de plusieurs de ses employés, achat qu’il remettait à plus tard afin de ne pas avoir à faire de mises à pied, par exemple.

N’oublions pas que les travailleurs à salaire minimum sont principalement parmi les jeunes, les femmes et les immigrants, ainsi que dans le domaine des services. Aussi, cette hausse n’aura pour seul effet que de les réconforter dans leur emploi précaire, alors que dans les faits, un emploi au salaire minimum n’est qu’une étape qui sert à prendre de l’expérience afin de viser des niveaux supérieurs. L’histoire récente a montré que des entreprises payant leurs employés au salaire minimum ont fermé leurs portes, ou déménagé leur production dans des pays connus pour leur main-d’oeuvre à bon marché, suite à des hausses trop élevées du salaire minimum. C’est ce qui risque d’arriver avec une hausse de 6,25% d’un seul coup. Cela risque de donner le coup de grâce aux dernières usines de confection de vêtements, pour lesquelles la compétition ne provient pas de la ville, ou de la province d’à-côté, mais plutôt, et de plus en plus, de la Chine.

Dans les faits, il y a de moins en moins d’emplois au salaire minimum dans le secteur manufacturier. D’abord, le manque de main-d’oeuvre force les employeurs à offrir un salaire plus élevé afin de retenir ses employés, et les empêcher de quitter pour des emplois plus payants. Ensuite, justement, parce que les emplois qui ne demandent aucune formation particulière sont souvent transférés dans des pays où la main-d’oeuvre est disponible à meilleur marché, comme certains pays de l’Amérique centrale, des Antilles, ou de l’Asie. Par exemple, la firme québécoise Gildan, qui fabrique principalement des t-shirts, a déménagé toute sa production dans le bassin des Caraïbes, notamment au Honduras, là où elle augmentera sa capacité de production. De tels emplois sont facilement déménegeables, compte tenu que le travail en tant que tel n’exige pas une formation particulière, donc n’importe qui peut faire le travail après quelques minutes d’apprentissage, ou tout au plus quelques heures.

La lutte contre la pauvreté ne passe donc pas par la hausse du salaire minimum, mais plutôt par la valorisation du travail effectué, ce qui poussera les individus à se dépasser, donc à augmenter leur « valeur » sur le marché du travail, ainsi que sur l’encouragement des jeunes à se diriger vers des études supérieures. Mais attention, pas vers des disciplines creuses, pas vers des sciences molles, mais bien vers des concentrations reconnues comme utiles à la société, comme la médecine, pour ne nommer que celle-ci. Évidemment, les études ont un prix, qui au Québec n’est pas suffisamment élevé. Mais ça, c’est une toute autre histoire.