Circulation à Montréal: A-t-on atteint le point de non-retour?

Mon travail de routier professionnel m’amène à oeuvrer, entre autres, dans le grand Montréal. À ce temps-ci de l’année, les voies rapides devraient, à défaut d’être désertes, être beaucoup plus libres, compte tenu des professeurs et enseignants qui sont toujours en vacances, entre autres. Mais tel n’est pas le cas; si les petits matins sont plus calmes, la suite de la journée est loin d’être rose. Et ce, pas seulement sur l’île de Montréal, mais aussi tout autour.

Au point de se demander si la grande région montréalaise a atteint ce que l’on pourrait qualifier de « point de non-retour ».

La population du grand Montréal, bon an mal an, augmente; si celle de la ville elle-même stagne, ou varie très peu, celle de ses couronnes, elle, augmente beaucoup plus rapidement. Et la raison est bien simple; ce ne sont pas tous les ménages qui veulent vivre dans des appartements en étage. Beaucoup recherchent une maison détachée, avec une cour arrière, question de permettre aux enfants de jouer dehors sans être constamment en état de surveillance active. Avec les dangers d’enlèvement, qui subsistent toujours dans les parcs urbains, les gens veulent que leurs enfants puissent vivre, et s’amuser, sans devoir constamment regarder par-dessus leur épaule, de peur qu’un inconnu ne les saisissent. Et ces propriétés ne sont accessibles qu’à l’extérieur de l’île de Montréal, et encore; il faut s’éloigner des banlieues immédiates, qui deviennent de plus en plus occupées, et de moins en moins accessibles.

De là la pression grandissante vers les municipalités plus éloignées.

J’ai eu à faire quelques déplacements dans la région de Boisbriand, ces jours-ci, et on va se le dire; l’autoroute 640 est devenue un véritable enfer. L’échangeur des autoroutes 15 et 640 a été complètement reconstruit il y a quelques années à peine, et déjà, il ne suffit plus à la tâche. L’autoroute elle-même aurait besoin d’au moins une voie supplémentaire, voire deux, entre Deux-Montagnes et Charlemagne, soit sur presque 40 kilomètres.

En fait, le réseau actuel du grand Montréal a été imaginé au milieu des années 1950, dans le but d’être complété au tournant des années 1980. Nous sommes en 2021, et plusieurs parties de ce réseau ne sont toujours pas construites. Cela occasionne une surutilisation du réseau existant, de là les bouchons à répétition, et l’usure prématurée des infrastructures. Le problème, c’est que la planification à long terme est tout simplement inexistante; nos dirigeants s’imaginent que les gens vont prendre les transports en commun, et ainsi abandonner l’utilisation de la voiture, alors que c’est tout le contraire qui se produit. On voit une multitude d’entrées privées avec trois voitures ou plus. Aussi, les voitures électriques, qui ont dépassé le stade de curiosités, et qui deviennent de plus en plus populaires, devront bien rouler quelque part, elles aussi. La table est donc mise pour un autre grand coup de développement du réseau routier supérieur.

Mais il faut se rendre à l’évidence; des interventions ciblées, ici et là, seront nettement insuffisantes. L’échangeur 15/640 en est le meilleur exemple; par le temps écoulé entre les études de circulation et la fin des travaux, le nouvel échangeur est déjà désuet. De plus, les travaux de construction, en général, sont de plus en plus longs; si l’on voudrait construire un complexe comme celui de la baie James, il faudrait plus de cent ans. Autre exemple; les ponts de l’autoroute Décarie. Les 21 passages supérieurs de l’autoroute Décarie ont été rénovés au tournant des années 2000, travaux qui ont duré environ trois ans. En 1967, lors de la construction initiale de la voie rapide, les mêmes 21 ponts furent construits, à partir de rien,… en quatre mois.

De là la question. A-t-on atteint un point de non-retour?

Qu’on le veuille ou non, il faudra accomplir de grands travaux, ou alors la ville de Montréal sera condamnée à mourir. Mais le problème, prenons par exemple entre Montréal et la rive-sud, est si lourd qu’un seul nouveau pont, sur le fleuve Saint-Laurent, ne règlera rien. Nous l’avons constaté entre Montréal et Laval; aucun pont existant n’a vu son achalandage diminuer significativement depuis l’ouverture du pont Olivier-Charbonneau (A-25) qui, lui aussi, malgré son péage, est désormais loin d’être désert. C’est donc dire que ni ce pont, ni l’ouverture du métro vers Laval, n’ont réussi à abaisser le niveau de circulation des autres traversées.

Une autre partie du problème de circulation du grand Montréal consiste aux livraisons par camion. Quoi que l’on dise, si l’on veut des commerces de proximité, il faudra bien les desservir, les approvisionner. Et si l’on veut que ce soit fait par des camions plus petits, il faudra des centres de distribution, parce que l’on sait tous que les laitues que l’on trouve, dans les magasins d’alimentation, par exemple, ne poussent pas sur le toit de ces magasins. Il faut aller les chercher là où elles poussent; chez les producteurs qui, eux, sont en-dehors du grand Montréal. Et c’est la même chose pour tout; l’achat local, je veux bien, mais il s’agit d’un rêve dont les limites sont vite atteintes. Pour le reste, mentionnons qu’aucun magasin, petit ou grand, n’a de desserte ferroviaire; ils sont donc tous dépendants des camions.

Donc, de grands travaux, et de grâce, bien planifiés. Le nouveau pont Samuel-de Champlain est un exemple de mauvaise planification; le pont Champlain original, ouvert en 1962, comportait trois voies par direction. Aujourd’hui, avec les populations, des deux côtés du pont, qui se sont multipliées, combien de voies par direction a-t-on mis, sur le nouveau pont? Eh oui, trois voies par direction. Nous avons maintenant une infrastructure beaucoup plus solide, certes, mais pas plus serviable, en ce sens qu’elle a la même capacité que celle qu’elle remplace, et qui fut construite presque 60 ans plus tôt. Par contre, ce pont, avec sa travée centrale qui supportera le REM, qui sera bientôt en service, illustre à merveille l’orientation prise par nos dirigeants; tout pour le transport en commun, rien pour les véhicules routiers.

Il faut d’abord planifier à quoi ressemblera le prochain demi-siècle, et desservir les populations en ce sens. Autrefois, on pouvait voir environ vingt ans à l’avance; la génération montante, une fois adulte, aura besoin d’infrastructures, de villes, d’écoles, d’hôpitaux, bref, de tout ce que le monde a besoin. De nos jours, il est plus difficile de prévoir; avec l’immigration massive, les nouveaux besoins doivent être prêts maintenant, pas dans vingt ans. Il faut donc se mettre au travail tout de suite, et imaginer la grille des transports idéale. Comme le Québec est en retard d’environ 40 ans sur le développement de son réseau routier supérieur, la grille des transports doit aussi combler ces lacunes, le tout en se basant sur le réseau actuel, et ses possibilités de développement.

Donc, pour commencer, il faut compléter le réseau des années 1950. Terminer l’autoroute 440, vers l’ouest jusqu’à Kirkland, en passant par l’île Bizard, et vers l’est, entre l’A-25 et l’A-40, à la pointe nord-est de l’île de Montréal. Compléter l’autoroute Ville-Marie, peu importe le numéro qu’on lui donnera, entre le pont Jacques-Cartier et le tunnel L.-H.-Lafontaine. Prolonger l’autoroute 19 au moins jusqu’à l’A-640. Et boucler la boucle de l’actuel niveau de route périphérique, en raccordant l’A-640 à l’A-40, entre Saint-Joseph-du-Lac et Hudson, et en rattachant l’A-640 à l’A-30, entre Charlemagne et Varennes. Aussi, en boulevard urbain non-autoroutier, creuser un tunnel entre les boulevards Pie-IX, à Montréal, et Taschereau, à Longueuil. Et dans le but d’alléger la tâche du pont Honoré-Mercier, prolonger l’A-730 jusqu’à l’A-20, près de l’échangeur Saint-Pierre. Je sais, c’est très urbanisé, et ça coûtera cher, mais l’autre option, soit de prolonger l’A-13 vers le sud jusqu’à Châteauguay, ne sera pas économique non plus.

Ensuite, il faudra compléter un autre niveau de route périphérique qui, lui, sera beaucoup plus grand. Partons de l’échangeur 15/50, au sud de Saint-Jérôme, et allons dans le sens des aiguilles d’une montre. Il faudra prolonger l’A-50 de ce point jusqu’au nord du village de Saint-Esprit, où elle croisera l’A-25, en contournant la ville de Saint-Lin–Laurentides par l’ouest, où elle sera rejointe par l’A-19, puis par le nord. De Saint-Esprit, on devra convertir la route 158 en autoroute 50, et ce jusqu’à l’échangeur avec l’A-31, à Joliette. La périphérique se poursuivra sur l’A-31, qui deviendra l’A-35; elle prendra un nouvel itinéraire au sud du viaduc ferroviaire, un peu à l’est du tracé actuel (qui, jusqu’à l’A-40, deviendra un tronçon de la route 131). Ce nouvel itinéraire passera juste à l’est de Lavaltrie, et traversera le fleuve à la hauteur de Contrecoeur. De là, la nouvelle A-35 croisera l’A-30, contournera Saint-Marc-sur-Richelieu, traversera l’A-20, puis se glissera entre le mont Saint-Hilaire et le secteur résidentiel, avant d’aller croiser l’A-10, et rejoindre l’actuelle A-35 au nord de la route 104. L’A-35 actuelle, depuis ce point, en passant par le pont Félix-Gabriel-Marchand, et jusqu’à la rue Pierre-Caisse, deviendra l’A-6, qui se prolongera vers l’ouest, traversera sous le lac Saint-Louis, et s’arrimera à l’A-20 à la hauteur du boulevard Cavendish. L’autre section actuelle de l’A-35, entre la rue Pierre-Caisse et l’A-10, deviendra l’A-506.

Pour revenir à la nouvelle périphérique, celle-ci continuera vers le sud sur l’A-35 actuelle, puis sur la section actuellement en construction. Dans la courbe au sud de la route 133, près de Saint-Sébastien, un échangeur devra être construit, conduisant vers une nouvelle autoroute, l’A-2, à construire plus ou moins en parallèle avec la route 202. Celle-ci longera la frontière américaine, à quelques kilomètres près, en passant entre autres par Lacolle, Hemmingford, et Saint-Antoine-Abbé (où une éventuelle A-13 pourrait s’y rattacher, en provenance de Châteauguay), avant de contourner Huntingdon par le sud, puis tourner vers le nord-ouest pour être rejointe par une nouvelle section de l’A-530, puis traverser le fleuve à la hauteur du club de golf Saint-Anicet.

De là, l’A-2 longera la frontière ontarienne, suivant plus ou moins la route 325, en passant par Rivière-Beaudette, Saint-Télesphore, Sainte-Justine-de-Newton et Très-Saint-Rédempteur, avant de se terminer à l’A-40 près de la montée de la baie Saint-Thomas, à l’ouest de Rigaud. De là, la nouvelle périphérique suivra l’A-40 jusqu’aux courbes, près de la sortie 1, pour prendre une autre nouvelle autoroute, l’A-48, qui traversera la rivière des Outaouais, et qui rejoindra l’A-50, passant au sud de Saint-André-Est, puis rejoignant Mirabel en longeant, plus ou moins, le chemin de la Rivière-Rouge Sud, le chemin Lalande, au sud du village de Saint-Hermas, et le chemin Saint-Simon, où elle pourrait être rejointe par un prolongement de l’A-13. De là, retour au point de départ, soit l’échangeur 15/50.

Évidemment, les tronçons manquants de cette nouvelle route périphérique pourront être construits par étapes, en fonction de l’évolution des besoins.

Comme on peut le voir, le MTQ aura beaucoup de pain sur la planche pour rattraper le retard accumulé depuis des décennies. Et il aura besoin de budgets énormes, parce qu’en plus de développer son réseau, il devra entretenir le réseau existant, et réparer des décennies de négligence. C’est pour cela que je parle de point de non-retour.

La route 4 – (1) De la frontière de l’état de New York à Châteauguay

La route 4 (route 138) commence dans la municipalité frontalière de Godmanchester, qui longe la rivière à la Truite.  Cette rivière a donné son nom à l’autre municipalité frontalière, Trout River.  Chez nos voisins du Sud, la route 4 (route 138) devient la route 30 de l’état de New York (NY-30), et rejoint le petit village de Constable, puis la ville de Malone.  Après le poste-frontière canadien, on roulera environ un kilomètre, avec une courbe en mi-parcours, avant de croiser le chemin Donnely.  On continuera de suivre le cours de la rivière à la Truite, sur 4,1 kilomètres, parsemé de courbes, parfois prononcées, jusqu’à la montée Leblanc, qui conduit vers Cazaville.  Au bout de 6,7 kilomètres de plus, nous croiserons la montée Smellie, qui mène vers Saint-Anicet, puis, à 4 kilomètres de là, la rivière à la Truite se jette dans la rivière Châteauguay, et 600 mètres plus loin, le boulevard Baird nous annonce les premières rues de la petite ville de Huntingdon, où la route 4 (route 138) devient la rue Châteauguay.  Nous ferons un peu moins de 800 mètres avant de croiser la rue Lorne, dont le pont conduit de l’autre côté de la rivière.  Nous ferons un autre 500 mètres sur la rue Châteauguay avant d’arriver à l’intersection de la route 52 (route 202 est), aussi appelée rue Henderson, vers Hinchinbrooke, et Napierville, ainsi que des rues Prince et Dalhousie.  Après quelque 300 mètres, nous croiserons la rue F.-Cleyn (route 202 ouest), qui conduit à Port-Lewis, et à Sainte-Barbe.  Nous croiserons encore des rues sur environ 550 mètres avant de retourner à la campagne, toujours le long de la rivière Châteauguay.

De retour dans les limites de Godmanchester, nous allons parcourir 5 kilomètres et demi, puis prendre un ancien alignement de la route 4, que la municipalité de Godmanchester appelle maintenant la route 138A.  Nous y parcourrons quelque 800 mètres avant d’arriver à la montée Rockburn, qui conduit au pont Dewittville, qui traverse la rivière Châteauguay.  Ensuite, sur plus ou moins 500 mètres, soit jusqu’au chemin Seigneurial, les maisons sont plus rapprochées les unes des autres, ce qui évoque l’ancien village de Dewittville.  À partir du chemin Seigneurial, on entre dans la municipalité d’Ormstown, et les maisons sont plus clairsemées.  Après environ 6,7 kilomètres, on passe le chemin Island, autre traversée de la rivière Châteauguay, et 500 mètres plus loin, on arrive à la route 138 actuelle.  Le parcours de la route 4 est coupé, suite à la démolition du pont de la rue Bridge; pour suivre ce parcours, on entrait dans le village par la rue Gale (route 201 nord).  On faisait environ 650 mètres avant de tourner à droite, sur la rue Church, puis à 350 mètres de là, on tournait encore à droite, cette fois sur la rue Lambton.  Après 160 mètres, on prenait à gauche sur la rue Bridge, et l’on traversait la rivière Châteauguay.  Enfin, lorsqu’il y avait un pont.  Ensuite, on parcourait 250 mètres pour atteindre la rue Roy, puis on tournait à gauche sur celle-ci pour rejoindre l’alignement de la route 138 actuelle.  Mais la rue Roy a aussi été coupée, à son extrémité est, de façon à ne pas y accéder directement en provenance de l’est.  Pour contourner le tout, on doit tourner à droite à l’intersection de la route 138 et de la route 138A, afin de suivre le tracé actuel sur 1,2 kilomètres, soit jusqu’au chemin de Jamestown (route 201 sud).

Depuis le chemin de Jamestown (route 201 sud), on doit rouler sur un peu moins de 600 mètres pour arriver à l’ancienne intersection de la rue Roy, et finalement sortir d’Ormstown.  Nous continuons ensuite notre petit bonhomme de chemin sur la route 4 (route 138), et au bout de 6,3 kilomètres, on atteint le rang du 40, lequel nous raccorde à Saint-Louis-de-Gonzague.  Pendant ce temps, nous sommes entrés sur le territoire de la paroisse de Très-Saint-Sacrement.  Après près de 6,9 kilomètres, la route 4 tourne à droite, sur la rue Mill, et on roule sur environ 800 mètres pour atteindre l’ancienne voie ferrée, et le village de Howick.  Près de 700 mètres plus loin, près de l’intersection de la rue Pine, la rue Mill devient la rue Lambton, et à 450 mètres de là, on tourne à gauche à l’intersection de la rue Bridge, afin de rester sur la rue Lambton.  À 120 mètres de l’intersection, on traverse la rivière des Anglais puis, 100 mètres après le pont, on tourne à nouveau à gauche sur le rang du Moulin (route 203 nord), de retour sur le territoire de Très-Saint-Sacrement.  Après 3,4 kilomètres, on entre dans la municipalité de Sainte-Martine, et à un peu plus de 500 mètres de là, on arrive à l’intersection du boulevard Saint-Jean-Baptiste-Ouest (route 138), que nous atteindrons en prenant la bretelle vers la droite.  Au bout d’un peu moins de 1,5 kilomètres, on peut voir un alignement de la route 4, vers la gauche, qui sert de patio, devant une remise de jardin.  Une partie de la rue Reid, 40 mètres plus loin, fait partie de cet alignement, qui prend vers la droite, ensuite, mais qui est coupé par une clôture, après quelques dizaines de mètres, près d’une propriété au-delà de laquelle les terres ont été retournées à la culture.  Presque 900 mètres plus loin, l’autre partie de cet alignement est accessible depuis le croissant Saint-Aimé, mais là aussi, il fait partie d’une propriété privée.  Continuons sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste.

Le croissant Saint-Aimé fait face au chemin de la Rivière-des-Fèves-Nord.  Depuis ce point, la route 4 (route 138) se poursuit sur environ 700 mètres avant d’entrer dans le village de Sainte-Martine; le boulevard Saint-Jean-Baptiste-Ouest devient la rue Saint-Joseph.  Sur un autre 700 mètres, les rues sont encore clairsemées, et les fermes sont présentes, mais une fois la rue Saint-Louis atteinte, nous sommes vraiment en milieu urbain.  Un premier secteur, plus ancien, s’étend sur un peu moins de 550 mètres, soit jusqu’à la rue Picard, puis sur une distance de 350 mètres, on ne croise aucune rue.  Bon, il y a bien le bureau de poste, celui du Ministère de l’agriculture du Québec, un bureau de notaires, et quelques autres commerces, en plus de jolies maisons, ce qui fait que le tissu urbain n’est pas rompu.  En fait, ce secteur de la municipalité s’appelle “Le Méandre”, et est composé d’une bande de terrain étroite qui se trouve coincée entre la rivière Châteauguay et la voie ferrée du CSX.  La municipalité y a installé son va-tout (hôtel-de-ville, loisirs, travaux publics, salle communautaire, etc.), accessible par la rue des Copains. Re-tissu urbain de village traditionnel sur environ 330 mètres, où l’on trouve, à gauche, la rue du Pont, qui traverse la rivière Châteauguay par l’entremise d’un pont à une seule voie, alors qu’un ancien pont ferroviaire fait de même pour la piste cyclable.  130 mètres plus loin, on voit la route 36 sud (route 205 sud), qui mène vers Saint-Urbain-Premier, après quoi on rencontre un secteur ponctué de grands commerces, derrière lesquels le quartier résidentiel est tout neuf, et de l’autre côté, l’usine du groupe Bonduelle, suivi d’un secteur typiquement banlieusard, le tout sur un kilomètre, soit jusqu’au pont de la rivière de l’Esturgeon.  Juste après le pont, la route 36 nord (route 205 nord) conduit à Beauharnois.

Après un peu plus de 650 mètres où maisons et commerces se côtoient, la route 4 (route 138) reprend le chemin de la nature, et traverse des terres agricoles, sur une distance de 2,1 kilomètres, après quoi on entre dans la ville de Mercier.  Ici, le terme “ville” est un bien grand mot puisque l’on fera encore 2,8 kilomètres avant d’entrer dans la ville proprement dite.  La rue Lalonde, à droite, est annonciatrice, mais la rue Sauvé, 300 mètres plus loin, à gauche, ne laisse pas de place à l’interprétation; nous sommes en ville.  Depuis la rue Sauvé, nous ferons un peu plus de 600 mètres pour atteindre la rue Marleau, et 100 mètres de plus pour arriver à la rue de l’Église, ce qui nous situe à peu près au coeur de l’ancien village.  Car il faut mentionner ici qu’en 1950, nous n’étions pas dans la ville de Mercier, mais dans le village de Sainte-Philomène.  En partant de la rue de l’Église, nous allons parcourir plus ou moins 800 mètres d’un boulevard Saint-Jean-Baptiste qui ressemble à la grande rue d’un village, après quoi les 2,9 kilomètres suivants seront parsemés de commerces, de fermes, et de petites usines.  On atteindra ensuite l’autre secteur urbain de Mercier, qui s’étend de la rue Côté jusqu’à l’autoroute 30, soit sur 600 mètres, incluant l’autoroute elle-même, au-delà de quoi nous entrons dans la ville de Châteauguay.

La route 3 – (1) De la frontière de New York à Beauharnois

La route 3 (route 132) prend ses origines à la frontière de l’état de New York, où elle se raccorde à la rue Water, qui mène à Fort Covington.  Cette frontière est particulière par la présence d’un bâtiment qui fut jadis l’hôtel Taillon; celui-ci a de particulier qu’il est construit à cheval sur la frontière canado-américaine.  Le site est malheureusement à l’abandon.

À peine après avoir franchi les douanes canadiennes, la route 3 nous montre déjà un ancien alignement; celui-ci passe à gauche, sur le chemin de Dundee Centre (il est à noter que le hameau de Dundee Centre est situé à 7,6 kilomètres de là, en prenant à droite), sur 170 mètres, puis à droite sur le chemin de la Vieille-Douane, sur 300 mètres, chemin dont le nom indique que les postes-frontières ont probablement déjà été réaménagés.  De plus, le chemin de la Vieille-Douane se termine en pointe à la route 132 actuelle, les deux ensemble formant un axe bien droit.  À 2,6 kilomètres du chemin de la Vieille-Douane, on croise le chemin Watson, et 3,1 kilomètres plus loin, c’est le chemin de la Pointe-Fraser, alors qu’à 1,6 kilomètres de là, une courbe a été reconstruite, sur à peu près 400 mètres, juste avant l’intersection de la montée Murchisson.  Après avoir croisé plein de chemins qui tantôt se rendent au fleuve, tantôt dans les terres, sur une distance de deux kilomètres et demi, l’intersection du chemin Stuart nous amène à croire que la route 3 n’a pas toujours passé sur l’emprise actuelle de la route 132.  Le fait de voir, via Google Earth, que certaines maisons sont éloignées de la route nous en amène une preuve supplémentaire.  Quoi qu’il en soit, nous allons rouler sur encore 3,8 kilomètres avant de constater que la route a changé d’axe, à l’approche de Cazaville, et 150 mètres de plus pour atteindre l’intersection du chemin de la Rivière-la-Guerre.  Une fois les 50 mètres nous séparant de l’ancien alignement parcourus, on fait 450 mètres de plus pour arriver aux “quatre-coins” du village, à l’intersection de la montée de Cazaville, là où se font face, sur les pâtés de maisons opposés, la Patate d’Autrefois, dont le coq trône fièrement devant le faîte de la toiture, et le bar salon Les Dunes, dont l’état de délabrement du bâtiment semble beaucoup plus avancé, du moins si je me fie aux images de Google Street View.

De là, on tourne à gauche, sur la montée de Cazaville, que l’on parcourt sur environ 300 mètres avant de désaxer à nouveau sur 50 mètres pour tourner à droite sur la route 132 actuelle.  Puis on roule 1,7 kilomètres avant de croiser les chemins Saint-Charles; à gauche, d’abord, puis à droite, 50 mètres plus loin.  À 1,6 kilomètres de là, la route 3 quitte à nouveau la route 132 pour prendre la 120e Avenue, à gauche, sur un peu plus de 800 mètres, avant de tourner à droite sur le chemin Sainte-Croix, sur 1 kilomètres et quart, puis tourner à gauche, sur la route 132, alors que l’on voit encore l’ancien axe de la route 3, qui suit en parallèle jusqu’à la 97e Avenue, environ 200 mètres plus loin.  De là, on voit que ces avenues, qui se dirigent vers le fleuve, devenu réservoir, et désormais appelé “lac Saint-François” depuis la construction des barrages à la hauteur de Beauharnois, se rapprochent de plus en plus; après 3 kilomètres, nous sommes au coeur de Saint-Anicet.  Deux kilomètres et demi plus loin, on croise la montée Quesnel, puis à 1,8 kilomètres de là, la route 3 se poursuit par le chemin Génier, à gauche, sur près de 2,7 kilomètres, avant de revenir sur la route 132.  Après 2,6 kilomètres supplémentaires, on croise le chemin de Planches; nous entrons à Port-Lewis.

Depuis le chemin de Planches, nous ferons 5,5 kilomètres avant d’arriver à une courbe, au lieu-dit Plage-Saint-François, courbe qui nous éloignera du lac, et nous fera entrer plus profondément dans les terres.  Si comme moi, vous croyiez que la route 3 continuait à longer le bord de l’eau, à partir de ce point, détrompez-vous!  Le canal de Beauharnois actuel – il semble que celui-ci est le deuxième, et que le premier aurait été creusé en 1845 – date de 1932; il est donc possible que la route 3 ait longé le littoral jusqu’à Salaberry-de-Valleyfield, mais ce n’était déjà plus le cas en 1950.  Après 1,8 kilomètres, la route 3 prend à droite sur la montée du Lac (route 202), et s’étire sur 350 mètres, soit jusqu’à l’angle du chemin de l’Église.  On tourne à gauche sur celui-ci, et on roule sur un autre 350 mètres avant de tourner à droite sur la route 132 actuelle.  Le chemin Seigneurial apparaît après 2,8 kilomètres, et à l’intersection suivante, à 1,8 kilomètres de là, nous avons le chemin Saint-Louis (route 236), à droite, qui mène à Saint-Stanislas-de-Kostka, et à gauche, la rue Brosseau, qui conduit au hameau de Baie-des-Brises.  3,2 kilomètres plus loin, on croise le chemin Larocque (route 201 sud), qui mène à Ormstown, et à plus ou moins 600 mètres de l’intersection, la route 3 (routes 132 et 201) traverse le pont Larocque, de presque un kilomètre de long, dont un pont-levis d’environ 80 mètres, qui traverse le canal de Beauharnois, et nous fait entrer dans la ville de Salaberry-de-Valleyfield.

À 300 mètres de la fin du pont, on croise l’autoroute 530 (routes 132 et 201) qui, à l’origine, devait s’appeler autoroute 30, et passer par Huntingdon.  Par le mot “origine”, on parle de bien après 1950, bien sûr.  3,4 kilomètres plus loin, on tourne à droite, sur la rue Victoria, qui longe l’ancien canal de Beauharnois sur 1,9 kilomètres, avant que celui-ci soit complètement remblayé.  Une centaine de mètres plus loin, un carrefour giratoire nous conduira sur la rue Hébert, rue sur laquelle on roulera sur 1,7 kilomètres avant d’atteindre un ancien alignement de la route 3, maintenant sans issue, parce que coupé par les routes 132 et 201.  L’actuelle rue Armand fait 560 mètres de long au sud du boulevard Monseigneur-Langlois (routes 132 et 201), alors qu’au nord de celui-ci, elle fait 650 mètres, dont les derniers 250 en parallèle avec ce qui est maintenant le boulevard Hébert.  Pour contourner le tout, nous devrons parcourir près d’un kilomètre et demi.  Tout de suite après (120 mètres), la route 3 prend la rue Masson qui, après 200 mètres, conduit à une intersection; à gauche, la route est devenue un accès – contrôlé – à l’usine Expro, maintenant propriété de General Dynamics.  On prend alors à droite; après une centaine de mètres, on traverse le boulevard Hébert, et 100 mètres plus loin, on traverse le pont Masson.  On fera encore 150 mètres avant de tourner à gauche, sur la rue Léger, puis nous ferons 650 mètres avant de tourner à droite, pour revenir sur le boulevard Hébert.  Après 2,8 kilomètres, nous sommes à l’intersection du Boulevard Pie-XII, au coeur de l’ancienne ville de Saint-Timothée, maintenant un quartier de Salaberry-de-Valleyfield.  Ce boulevard donne accès à l’autoroute 530, qui elle, conduit à l’autoroute 30.

À 1,7 kilomètres du boulevard Pie-XII, on voit un gigantesque bâtiment de béton, au sortir d’une courbe; il s’agit d’une ancienne centrale hydro-électrique, érigée sur ce qui était l’ancien canal de Beauharnois.  Comme il n’y a plus de canal, il n’y a que le bâtiment qui subsiste aujourd’hui.  Puis, après 1,4 kilomètres de plus, nous passons sous le pont Serge-Marcil, qui permet à l’autoroute 30 de traverser le fleuve Saint-Laurent, alors qu’à droite, on peut commencer à voir, au loin, l’autre pont de l’autoroute 30, le pont Madeleine-Parent, beaucoup plus imposant, qui surplombe le canal de Beauharnois.  À 3,4 kilomètres du pont Serge-Marcil, la route 3 (route 132) atteint la 1ère Avenue, et voit son nom passer de “boulevard Hébert” à “boulevard de Melocheville¹”; nous entrons dans l’ancienne ville de Melocheville, maintenant un quartier de la ville de Beauharnois.

¹ Le boulevard de Melocheville s’appelait autrefois le boulevard Edgar-Hébert; à l’automne de 2013, suite à l’harmonisation des rues de Beauharnois, le nom fut remplacé par l’appellation actuelle.

Santé: Combien faudra-t-il de preuves supplémentaires?

Ce matin, je recherchais des articles sur le décès de Jean-Guy Pitre, ce policier à la retraite, qui était en attente d’une chirurgie cardiaque, et qui est décédé sur la liste d’attente, comme tant d’autres québécois qui subissent le même sort à chaque année.  L’affaire a été rapportée, entre autres, par l’agence QMI, et publiée dans les pages du Journal de Québec.  Mon but était d’écrire un billet sur le sujet, évidemment.  Mais je n’aurai pratiquement pas besoin de le faire, puisque Stéphane Gendron l’a fait, par l’entremise de sa chronique hebdomadaire, publiée dans le Journal de Montréal, et reprise par le site web Canoë.

Gendron s’en prend particulièrement à la réaction du péquiste Bernard Drainville, qu’il qualifie de “déclaration grandiloquente d’un député d’arrière-ban qui a encore des croûtes à manger”.  Remarquez que premièrement, à part ceux qui ont un poste précis, comme le chef ou le leader parlementaire, tous les députés d’opposition sont d’arrière-ban.  Deuxièmement, avec ce que l’on connaît du maire de Huntingdon, avouons qu’il doit sûrement lui-même s’y connaître en déclarations grandiloquentes.  Aussi, contrairement à Stéphane Gendron, je ne m’attarderai pas davantage sur les déclarations du député péquiste, mais sur le problème en tant que tel, à savoir que des patients québécois, et ce en plus grand nombre que ce qu’on nous laisse croire, connaissent le même sort que Jean-Guy Pitre, et meurent sur des listes d’attente.

Jusqu’à un certain point, le ministre en poste – Yves Bolduc – a une certaine part de responsabilité, à mes yeux.  Il devient alors facile de faire comme Bernard Drainville, justement, et se contenter de demander sa démission.  Mais le problème ne se limite pas à la seule tête du ministre; la démission de Bolduc, ni même celle du gouvernement en entier, d’ailleurs, ne ramènera pas Jean-Guy Pitre, et les autres, à la vie.  Parce que l’important, ici, c’est que monsieur Pitre n’est pas le seul à qui c’est arrivé; le gouvernement ne se targuera pas de statistiques à ce sujet, mais des dizaines de patients meurent de complications directes ou indirectes, en attente d’une chirurgie, ou de soins appropriés.  Le problème, c’est qu’il faut faire le ménage, en santé comme ailleurs, dans l’appareil gouvernemental.  Et même si le ministre Bolduc avait une stratégie gagnante, pour y arriver, si le conseil des ministres ne donne pas son aval, il ne se passera rien.

La principale stratégie, à mon avis, et ce autant en santé que dans les autres ministères, passe par le dégraissage de l’appareil gouvernemental.  Mettre moins de budget dans le “poussage de crayons”, et davantage sur le plancher, à savoir dans les salles d’op, dans les urgences, dans le suivi à domicile, bref, partout dans le domaine de la santé.  En fait, le gouvernement devrait se rendre compte qu’il ne possède pas l’expertise, en santé, et qu’il devrait laisser la place à de véritables professionnels, pour se contenter de payer la facture.  J’ai déjà expliqué ce processus sur le Blogue, et je vais le faire à nouveau, encore une fois avec l’exemple de l’assurance-auto.

Imaginez que vous avez une voiture, et qu’elle est assurée.  Un jour, vous avez un accident; que faites-vous?  Vous appelez votre assureur, qui prend le cas en mains; il envoie un estimateur, qui évalue les dommages, puis une fois l’estimation complétée, vous permet de faire effectuer les réparations chez un carrossier de votre choix, du moment que la facture ne dépasse pas celle de l’estimation.  Encore là, il demeure possible d’ajuster la facture totale, si le carrossier découvre des dommages qui n’ont pas été compilés par l’estimateur.  Or, les carrossiers n’appartiennent pas aux compagnies d’assurances; ce sont des entreprises indépendantes, quoique parfois regroupées en bannières, et sont en concurrence, les unes contre les autres.  Est-ce que les réparations d’automobiles accidentées sont toutes merdiques?  Non.  Évidemment, certains carrossiers sont meilleurs que d’autres, c’est vrai.  Mais il est toujours possible d’une part de s’informer auprès de proches, qui ont subi le même sort, afin de comparer le travail des uns et des autres, et d’autre part, de poursuivre un carrossier qui aurait bâclé son travail.

Pourquoi ne ferait-on pas de même avec la santé?  Imaginez que vous n’allez pas; que faites-vous?  Comme vous êtes assuré, vous vous rendez à votre clinique, qui prend votre cas en mains; on procède à un examen complet, et selon ce qu’on découvre, on vous permet de recevoir les soins appropriés, dans un hôpital de votre choix.  Et si l’on découvre autre chose en cours de processus, à la lumière d’autres examens, on pourrait ajuster les traitements en conséquence.  Bref, un traitement et un suivi personnalisé de votre cas.  Alors dites-moi,  pourquoi les cliniques d’urgence et les hôpitaux devraient-ils obligatoirement appartenir au gouvernement?  Toutes ces installations pourraient être indépendantes, en concurrence les unes contre les autres, afin de fournir les meilleurs traitements, au meilleur coût possible.  La médecine étant soumise à un code de déontologie, et à des examens de compétences de ses membres, beaucoup plus sévères que le domaine de la carrosserie, les poursuites seraient réduites à un minimum, et les erreurs beaucoup moins nombreuses que dans le système public actuel, où on les balaie sous le tapis, afin de garder la confiance du public, qui n’a pas les moyens de se payer la concurrence, contrairement à Dany Williams, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, comme le rapporte ici Radio-Canada.  Et imaginez maintenant que tout ce beau monde accepterait la carte-soleil!  Ce serait le meilleur des deux mondes; des soins professionnels, fournis par les meilleurs de la profession, et le gouvernement continue de payer!  On pourrait même mettre l’assurance gouvernementale en concurrence avec les assureurs privés!  Pourquoi pas?

En somme, qu’est-ce que le gouvernement attend pour permettre la concurrence, dans le domaine de la santé?

Aide sociale: Pour une fois, Stéphane Gendron a une bonne idée

Comme plusieurs d’entre-nous le savons, le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, signe une chronique hebdomadaire dans le Journal de Montréal.  S’il y a des fois où j’aurais envie de le traiter de malade, à la lecture de certaines de ses chroniques, j’avoue que celle qu’il propose aujourd’hui, intitulée « Réformer l’aide sociale, c’est possible« , comporte un fond très intéressant, au sujet d’une éventuelle réforme de l’aide sociale, qui serait plus serviable à la société que le régime actuel.

Il constate d’abord que le nombre d’assistés sociaux a diminué, depuis les derniers mandats péquistes, passant du demi-million de prestataires à un peu plus de 230,000, dont 62% (environ 142,500) seraient déclarés « aptes au travail ».  De plus, seulement 11% de ce groupe (plus ou moins 16,000) ont moins de 25 ans.  Il s’agit donc de personnes qui devraient, en principe, avoir déjà travaillé, dans leur vie, ou à tout le moins la plupart d’entre-eux.  Il ajoute ensuite que l’idée de l’ADQ, soit d’abolir les prestations après deux ans, n’est pas une bonne idée, puisque l’on « jette à la rue bêtement une clientèle qui a besoin d’encadrement de la part de l’État dans un processus de véritable réhabilitation et d’accompagnement« , pour reprendre ses propres termes.  Il complète son point de vue en demandant au gouvernement de créer un programme de corvées régionales, grâce auquel les municipalités pourraient réquisitionner ces personnes aptes au travail, afin de profiter des talents, et de l’expérience, de ces gens.

Pour ma part, je crois que même si l’idée de Gendron n’est pas tout à fait au point, elle repose sur une très bonne base, soit celle d’amener les assistés sociaux à reprendre le collier, et à se rendre utiles envers la société qui les aide à traverser une période difficile.  Mais j’irais plus loin.

D’abord, une limitation des prestations demeure une bonne idée, puisqu’une telle mesure envoie le signal que l’aide sociale, ce n’est pas pour toujours.  Par contre, deux ans, ce n’est pas suffisant.  Je limiterais les prestations à cinq ans, ce qui donnerait le temps à la personne d’apprendre un métier dans lequel il existe une réelle demande.  Et Dieu sait qu’il y en a.  Après avoir réussi un véritable programme de formation, l’individu pourrait profiter de stages rémunérés au sein d’un programme de corvée régionale, au bénéfice de petites municipalités, ou encore d’organismes sans but lucratif, comme le programme préconisé par Stéphane Gendron, ce qui donnerait à la personne une bonne expérience de travail, et l’aiderait à dénicher, par la suite, un emploi intéressant, profitant du fait qu’elle possède désormais la formation récente et l’expérience pertinente.  En fait, elle possèderait tous les outils pour retourner sur le marché du travail la tête haute, et ainsi demander un traitement plus intéressant que le salaire minimum.

Encore là, il faudrait que le gouvernement puisse légiférer, afin d’empêcher les syndicats de venir mettre « les bâtons dans les roues » d’un tel programme.  On connaît leur façon de faire; ils commenceraient par déchirer leur chemise, devant les caméras de télé, et prétendant que le gouvernement veut prendre « les pauvres assistés sociaux », et les transformer en « cheap labour » pour les municipalités, et que ce programme « enlèvera le pain de la bouche de leurs membres », torpillant ainsi les efforts de tout le monde, et retournant les prestataires de l’aide sociale à leur chèque mensuel, et à leur manque d’estime de soi.

Donc, oui, il faut réaménager le régime d’aide sociale, mais il faut le faire de la bonne façon.  D’une façon qui soit à la fois utile à la société, et profitable à l’individu.