Santé: Il faut cesser de s’illusionner

Sur le site web Canoë, ce matin, un court entrefilet de la Presse canadienne, qui dit que la Coalition solidarité santé déplore que le privé prenne de plus en plus de place, dans le domaine de la santé, et exige des engagements fermes, de la part des partis politiques, en campagne électorale, face à ce qu’elle appelle la « dérive inquiétante du système de santé », au Québec.

Je ne voudrais pas détruire les espoirs de Claudelle Cyr, la porte-parole de la coalition, mais il faut se rendre à l’évidence; le gouvernement n’a plus les moyens de ses ambitions, dans le domaine de la santé.  Si l’on veut que les gens puissent profiter de soins de qualité, en quantité satisfaisante, il faudra cesser de s’illusionner, et se tourner davantage vers les fonds privés.  La machine gouvernementale est devenue beaucoup trop lourde pour gérer efficacement le système actuel, et de nombreuses ressources se perdent à toutes les étapes de la gestion.  Il faut avoir le courage de tout raser, et de recommencer sur de nouvelles bases, où les secteurs privé et public sauront se côtoyer, tout en connaissant bien les champs de compétence de chacun.

Il est d’ores et déjà connu, et ce dans tous les domaines, qu’une situation de concurrence permet une meilleure qualité, et des coûts réduits, face à une situation de monopole, que celui-ci soit public ou privé.  La principale raison de cet état de fait est que dans un monopole, personne n’a à se mesurer à ce qui se fait ailleurs, et peut donc faire ce qui lui plaît, que ce soit au niveau de la qualité des soins, de leur quantité, ou encore des coûts associés à ceux-ci.  Au lieu d’exiger des engagements, des partis politiques, pour continuer de faire ce qui ne fonctionne définitivement pas, la coalition devrait plutôt demander aux politiciens d’élaborer un plan qui permettrait aux citoyens d’obtenir de meilleurs soins, à de moindres coûts.

Au fond, que le système soit public ou privé, cela n’a que très peu d’importance.  L’essentiel, c’est que les citoyens puissent se faire soigner sans frais.  Que les soins soient prodigués dans un hôpital de propriété gouvernementale, ou dans une clinique privée, du moment que la carte-soleil soit acceptée, c’est ce qui compte, pour le citoyen.  Tout le reste n’est qu’une histoire de détails.

Le système actuel ne fonctionne pas; les médecins fuient le Québec, les infirmières se tournent vers le privé, et les patients meurent sur des listes d’attente.  Tôt ou tard, il faudra faire des choix, et prendre des décisions, dans le cas de l’actuel système de santé universel.  Et ce jour viendra beaucoup plus rapidement que l’on veut bien croire.  Il faut cesser de s’illusionner, et prendre le taureau par les cornes.

A-20, à Rimouski: Vive les super-2!

Vers 13h00, hier, un carambolage est survenu sur la section en super-2 de l’A-20, à Rimouski, faisant un décès, en plus de blesser neuf autres personnes.  C’est ce que rapporte le Journal de Montréal de ce samedi matin, en page 17.  La nouvelle était déjà sur le site Canoë, hier soir, en provenance de LCN, puis ce matin, gracieuseté du Journal de Québec.  Chacune des versions y va de ses propres détails, mais pour faire court, disons que des travaux d’asphaltage sont en cours, entre le viaduc de la rue de Lausanne, et celui de la route 232.  La circulation ne se fait alors que sur une seule voie, en alternance, construction en super-2 oblige.  C’est alors qu’un camion-remorque serait venu emboutir la file de véhicules, qui attendait son tour pour passer, file composée d’un camion lourd et de plusieurs voitures.

Voilà donc un autre fait marquant en faveur des autoroutes en super-2.  Avec seulement deux voies, sur une seule chaussée, veux, veux pas, on ne peut pas faire des miracles.  Mais au lieu de dévier la circulation, dans la direction la moins fréquentée, par les routes 232, et 132, afin de contourner le chantier, et laisser l’unique voie disponible en mouvement, on a préféré fonctionner comme sur un vulgaire chemin de campagne, où il passe trois véhicules à l’heure.  L’enquête dira ce que faisait le conducteur du camion-remorque qui est venu faucher les véhicules en attente, mais il est d’ores et déjà clair, dans la tête de beaucoup de gens, que c’est encore « un de ces maudits camions dangereux, qui prennent la route pour eux tout seuls ».  Évidemment.  Ça saute aux yeux.  Pourtant, aucun ingénieur intelligent ne mettrait en place de la circulation en alternance sur une autoroute.  Qu’est-ce que ça fait là, de la circulation en alternance, sur une autoroute?

À moins qu’il ne passe que trois véhicules à l’heure, sur l’A-20, à Rimouski…

J’aimerais bien voir la ministre, Julie Boulet, aller dire aux membres de la famille de la victime de ce carambolage que les autoroutes en super-2 sont effectivement des routes sécuritaires, juste pour voir la réaction, dans leur visage.  Bien sûr, madame la ministre ne se prêtera pas à ce genre d’exercice.

Alors ceux qui croient que la future A-50, entre Gatineau et Lachute, sera une belle route sécuritaire, je vous propose de bien lire ces articles, ci-haut mentionnés, parce que vous risquez de voir, à la télé, ou d’entendre, à la radio, en attendant de lire, dans les journaux du lendemain, des nouvelles du même genre.  Et cela parce que des in-gné-gneurs se disent que l’on peut faire de la circulation en alternance sur une autoroute sécuritaire, construite en super-2.

MTQ: Les appels d’offres commencent à pleuvoir

Que faire de mieux, quand on se sent paresseux, un dimanche matin, que d’aller faire un tour sur le site du Système électronique d’appel d’offres (SÉAO), point de référence où se retrouvent la très grande majorité des appels d’offres gouvernementaux, dont tous ceux du ministère des transports du Québec (MTQ).  Parmi les projets pour lesquels des appels d’offres sont publiés, en voici trois qui ont retenu mon attention.

Premièrement, l’ouverture des soumissions pour la reconstruction du pont Arthur-Sauvé (route 148), soit le plus à l’ouest des ponts qui relient l’île Jésus à la rive-nord, à la hauteur de Saint-Eustache, et dont j’avais parlé dans un autre billet, se fera le 27 février prochain, à 15h00.  Il s’agit d’un projet évalué entre 30 et 35 millions de dollars, qui consiste en la reconstruction totale du pont, cette fois sur 4 voies, non-divisées, auxquelles s’ajoutera une piste multifonctionnelle, qui sera principalement utilisés par les piétons et les cyclistes.  On sait d’ores et déjà que les travaux nécessiteront la fermeture complète du pont, et provoqueront des cauchemars pour tous les utilisateurs de ce lien.  Les automobilistes pourront toujours aller passer par l’A-13, mais que fera le MTQ pour les cyclistes et les piétons?  Tout reste à voir.

Le projet suivant est une autre réfection, cette fois celle de l’A-13 sud, entre Laval et l’A-40, en passant par le pont Bisson, projet aussi évalué entre 30 et 35 millions$, et pour lequel les soumissions seront également ouvertes le 27 février prochain.  On procédera à la reconstruction complète de la dalle de béton, comme ce fut le cas pour l’A-13 nord quelques années plus tôt.  Autrement dit, le type de Saint-Eustache qui avait l’habitude de prendre le pont Arthur-Sauvé pour aller rejoindre l’A-13 via l’A-440, afin de se rendre à Dorval, devra souffrir deux chantiers majeurs.  Brillant, le MTQ!  Plus ça change, plus c’est pareil!

Le troisième projet ne devrait pas nuire à la circulation, sauf peut-être en raison de la curiosité des automobilistes.  Il s’agit de l’autre échangeur de l’A-30 « dans le champ », soit celui aux limites de Saint-Constant et de la réserve Mohawk de Kahnawake, à environ 800 mètres à l’ouest de l’actuel viaduc de la montée Saint-Régis, à la sortie 90.  Évalués entre 15 et 20 millions$, tous les travaux devraient s’effectuer hors des chaussées actuelles, le raccordement étant prévu plus tard.  En souhaitant évidemment que les travaux seront plus rapides que pour le premier échangeur, celui situé sur l’A-15, au sud du viaduc du CP, qui est en construction depuis trois ans, et qui n’est pas encore complété.  L’ouverture des soumissions aura lieu cette fois le 26 mars prochain.

J’ai remarqué un truc bizarre, sur le site du SÉAO.  Les appels d’offres du MTQ paraîssent deux, voire même trois fois pour le même projet!  Serait-ce parce que plusieurs fonctionnaires sont chargés de procéder à la publication des appels d’offres sur le site, mais ne se consultent pas entre eux?  Si des frais sont chargés au MTQ pour chaque appel d’offres publié, serait-ce que l’on paie deux ou trois fois pour le même travail?  Le cas échéant, il semble que la gestion des tâches fasse encore défaut, dans le ministère de Julie Boulet.

Automobile: La norme californienne entraînera un choix réduit pour les consommateurs

Un article de la Presse Canadienne stipule que suite à l’adoption de la norme environnementale californienne par le Québec, dès 2011, celui-ci serait défavorisé, en ce sens que cela entraînerait une réduction du nombre de modèles disponibles pour les consommateurs.  Le président de Chrysler Canada, Reid Bigland, prédit également que les véhicules disponibles seront plus chers, ce que corroborent déjà les dirigeants de General Motors du Canada, de Toyota Canada, et de Honda Canada.

C’est effectivement facile pour un gouvernement de fixer une norme, qu’elle soit environnementale ou autre.  La faire respecter est une autre paire de manches.  La norme californienne fixe la consommation moyenne de la flotte de véhicules disponibles chez un concessionnaire à 43 milles au gallon, milles et gallons américains, évidemment.  Cet objectif semble d’ores et déjà inatteignable, selon les personnes interrogées par la Presse canadienne.  La norme fédérale, autant canadienne qu’américaine, est d’arriver à une consommation moyenne de 35 milles au gallon pour l’année 2020.  Évidemment, les environnementalistes sautent déjà de joie quant à l’adoption de la norme californienne par plusieurs autres provinces et états dans les mois à venir.  Mais leur joie sera de courte durée.

Vous me voyez venir; je vous donne en mille un autre exemple de « ce qu’on voit, et ce qu’on ne voit pas ».  Si le Québec, de par le fait qu’il a adopté la norme de la Californie, voit la gamme des modèles disponibles réduite chez les concessionnaires locaux, que feront les consommateurs qui voudront obtenir le modèle convoité, mais non-disponible chez-eux?  Ils iront l’acheter ailleurs!  Tout comme de nombreux consommateurs l’ont fait lorsque le dollar canadien a atteint la parité avec le dollar US, et que les concessionnaires n’avaient pas encore ajusté leurs prix en fonction de la force de notre devise.  Ils ont traversé la frontière, et ont acheté leur nouvelle bagnole aux USA!  Bref, il y a toujours une façon de contourner une norme, et celle-là sera contournée elle aussi, quoi qu’en disent les environnementalistes.

D’un autre côté, vous croyez que les manufacturiers automobiles vont vraiment se forcer pour faire plaisir aux québécois?  Le Canada au complet ne représente qu’environ 2% du marché mondial, et le Québec à peu près le quart de cette proportion.  Vous y croyez toujours, maintenant?  Les fabricants ne vont pas chambouler leurs gammes de modèles pour seulement un demi de un pour cent du marché.  Ils se contenteront de réduire le nombre de modèles disponibles.  Devant cela, les moins nantis vont se résigner à acheter des modèles de bas de gamme, alors que les plus riches achèteront les modèles qu’ils désirent sur d’autres marchés.

En définitive, les gouvernements veulent une économie forte, mais font tout pour la détruire.  Mais n’est-ce pas là le principal talent des gouvernements; anéantir les efforts des citoyens?