Saint-Jérôme: La Régie de l’énergie dort… aux gaz!

Avez-vous lu le Journal de Montréal d’aujourd’hui?  En page 22, un article de la Presse canadienne explique que l’ADQ condamne la décision de la Régie de l’énergie d’imposer l’ajout de 3 cents le litre aux détaillants de Saint-Jérôme.  Une telle décision va dans le même sens que celles qui permettent l’augmentation du prix du lait, et d’autres produits agricoles.  En bout de ligne, c’est le consommateur qui paie davantage, dans le but de permettre aux producteurs agricoles de s’acheter des Cadillac Escalade, et des Ford Excursion.  Ceux-ci se foutent que les citoyens – dont les mères célibataires – paient le lait beaucoup plus cher qu’ailleurs; ce qui compte, c’est leur so-so-so-solidarité.

Dans le cas des détaillants d’essence de Saint-Jérôme, la Régie de l’énergie affirme, dans sa décision rendue le 11 juillet dernier, qu’il y a « un réel danger d’une diminution importante du nombre de détaillants indépendants à Saint-Jérôme et que cela peut, à long terme, aller à l’encontre des intérêts des consommateurs ».  La requête, déposée devant la Régie, l’a été par l’Association québécoise des indépendants de pétrole (AQUIP), et l’un de ses membres, Intergaz.

Le gros de problème, c’est qu’à Saint-Jérôme, la multinationale Costco a ouvert, il y a quelques années, un poste d’essence, et les indépendants se plaignent, à toute fin pratique, de concurrence déloyale.  C’est que Costco a pris les moyens nécessaires pour réduire ses coûts d’exploitation, et que les plaignants – j’allais dire les plaignards – n’osent pas prendre des moyens semblables.  Les pétrolières, qui opèrent des stations d’essence, à Saint-Jérôme, ne se plaignent pourtant pas de la situation.

Mais ce que j’ai trouvé le plus drôle, dans cet article, c’est la toute dernière phrase, du moins dans la version publiée ce matin dans le JdeM.  Ça dit que « M. Pagé (Claude Pagé, de la pétrolière Intergaz) a fait valoir que les prix de l’essence au Québec demeuraient les moins chers en Amérique du Nord et au Canada, et que cela était dû à l’apport des détaillants indépendants. »  Vous croyez à cela, vous?  À constater par sa décision, la Régie de l’énergie y a manifestement cru.  Pour ma part, je crois que ce type, Claude Pagé, devrait faire renouveler son passeport, et aller faire un tour dans les états américains limitrophes, en plus d’aller se balader dans les autres provinces canadiennes.  Il se rendrait rapidement compte que, mis à part dans les provinces maritimes, c’est au Québec que l’essence est la plus chère, à la pompe.  Aux USA, les gens doivent composer, depuis quelques temps, avec un prix de l’essence qui dépasse les 4$ du gallon américain, alors que si l’on fait la conversion, nous payons ici, malgré la baisse des derniers jours (l’essence ordinaire se détaille autour de 132,4 cents le litre, à Anjou, au moment où j’écris ce billet), autour de 5$ pour le même gallon.  C’est comme 25% de plus, ça, mon cher Claude!  Et ce sont ces mêmes indépendants du pétrole qui gueulent contre les guerres de prix qu’imposent les pétrolières, parce que ça diminue leur marge de profit.  Il est où, l’apport des détaillants indépendants?  À chaque fois qu’ils font une demande, c’est pour augmenter les prix!

La Régie de l’énergie a définitivement avalé la couleuvre de Claude Pagé, et de l’AQUIP, en acquiesçant à leur demande de hausse de prix de 3 cents le litre, à Saint-Jérôme.  C’est à croire que la Régie dort… aux gaz!

Québec: 5,8 milliards $ dans le trou!

Selon une nouvelle de la Presse canadienne, sortie hier soir sur le site LCN, le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, revient régulièrement à la charge, depuis 2004, pour presser le gouvernement à se conformer aux principes comptables généralement reconnus (PCGR) du Canada, et ce afin d’établir la situation financière réelle du Québec, ce que font plusieurs autres provinces canadiennes. Après avoir reçu le mandat de déterminer le solde de l’état, monsieur Lachance a établi que les finances actuelles affichaient « un déficit accumulé de 5,8 milliards $ ».

Je crois, pour ma part, qu’il serait plus simple encore d’appliquer les principes budgétaires familiaux (PBF), appelons-les comme ça, c’est à dire ceux que l’on utilise couramment, à la maison, et qui servent à savoir si on a les moyens – ou non – de se payer une sortie au cinéma, par exemple. La situation budgétaire du Québec serait alors facile à établir. Les revenus sont de X, les dépenses sont de Y, alors X – Y = la marge budgétaire. Si elle est dans le rouge, de deux choses l’une; soit que l’on augmente les revenus, ce qui serait plutôt difficile, le Québec étant déjà l’un des états les plus taxés en Amérique du Nord, ou soit que l’on coupe dans les dépenses. De ce côté, il y aurait beaucoup à faire.

Prenons, par exemple, un seul organisme gouvernemental, à savoir le Centre de gestion de l’équipement roulant (CGER), une entité qui achète des véhicules en tous genres, de la voiture de fonction au gros camion nettoyeur d’égouts, en passant par les tracteurs à gazon et les voitures de police, et qui les loue à plein d’organisations, comme des ministères, des municipalités, des organismes sans but lucratif (OSBL), etc. Je me demande pourquoi le gouvernement se mêle de faire de la location de véhicules. Il y a plein d’entreprises privées qui font ce boulot, et à voir les tarifs fixés par le CGER, que l’on pouvait voir sur leur site web, autrefois, mais plus maintenant, je ne suis pas certain qu’il y ait des économies pour les clients, par rapport aux concurrents privés. Une location de véhicule pourrait se régler par un coup de téléphone à un fournisseur, mais au gouvernement, on préfère avoir tout un groupe de fonctionnaires, payés au gros prix, tout au long de l’année, pour faire la même chose. La différence, dans tout ce processus, est payé par… vos impôts!

Bref, d’ici à ce qu’un représentant du CGER m’explique, noir sur blanc et par 2 + 2 = 4, que son organisme est plus rentable que le privé, pour le gouvernement – et pour les contribuables, je continuerai de douter des « économies » de ce centre, d’abord, et ensuite, je continuerai à dire que le gouvernement sort de sa mission, en allant faire concurrence à l’entreprise privée. Et il y a plein d’organismes, aussi inutiles que coûteux, au sein de notre bon gouvernement.

Et dire que l’on traite les pétrolières d’être des magouilleurs. Elles ne sont définitivement pas les seules!

Émeutes de la faim: Merci aux environnementalistes!

Nous savons que depuis quelques semaines, plusieurs pays, parmi les plus pauvres, sont aux prises avec des problèmes d’approvisionnement en denrées de base, plus particulièrement des céréales.  Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Khan, va même jusqu’à prétendre que la situation actuelle pourrait conduire à des risques de guerre.  Pendant que d’aucuns spéculent sur la suite des choses, dans ces pays, nous pouvons prendre le temps, de notre côté, de tenter de voir d’où origine cette crise alimentaire mondiale.

Vous souvenez-vous, il y a de cela quelques années, que des environnementalistes sommaient les gouvernements de prendre le virage vert, dans le domaine de l’énergie, et de privilégier la production massive d’éthanol?  On disait que ce carburant était moins polluant que l’essence conventionnelle, qu’il était tout aussi performant, et que l’utilisation du maïs allait donner des débouchés supplémentaires aux agriculteurs.  Bref, plein de beaux discours « verts », dans le but d’embarquer tout le monde dans cette galère.

Au Québec, une usine de production d’éthanol fut construite à Varennes, dans le comté de l’ancien premier ministre Bernard Landry.  Ce dossier avait causé toute une polémique, à l’époque, parce qu’à l’origine, ladite usine devait être construite dans le comté de Gilles Baril, soit dans la région de Berthierville!  À l’époque, tout ce qui prêchait par le vert disait que peu importe où l’usine serait construite, il fallait aller de l’avant, car on allait se faire damer le pion par l’Ontario.  L’usine fut fortement subventionnée par le gouvernement du parti québécois, qui annoncait qu’il faisait un pas dans la bonne direction.  Aux USA, les choses furent prises en main par les multiples coopératives agricoles, qui construisirent de nombreuses usines de production.  Là-bas aussi, le gouvernement subventionne la production; les subsides devraient atteindre quelque chose comme 8 milliards$ cette année.

Bref, d’un côté comme de l’autre de notre frontière, les agriculteurs ont intensifié la culture de maïs, mais pour le vendre aux différents producteurs d’éthanol.  Pour ce faire, ils ont réduit leur production d’autres céréales, afin de semer plus de terres en maïs.  Paradoxalement, malgré l’augmentation marquée de la production de maïs, celui-ci se trouva en quantité moindre sur les marchés alimentaires.  C’est évident que si le prix proposé par les producteurs d’éthanol était plus élevé que celui proposé par les producteurs alimentaires (merci aux subventions!), les agriculteurs ont vendu plus de maïs à l’industrie du carburant qu’à celle de la bouffe.  Ce qui devait arriver arriva; les céréales étant plus rares sur les marchés alimentaires, le prix de celles-ci a grimpé, atteignant des sommets inégalés.  Et devant de telles augmentations, les pays pauvres ne pouvaient plus acheter autant que par le passé, ce qui déboucha sur la crise actuelle.

Certains diront que ma théorie est simpliste, et que dans les faits, d’autres facteurs sont intervenus.  Je veux bien le croire.  Sauf que d’aucuns s’entendent pour dire que l’augmentation marquée de la production d’éthanol demeure l’un des principaux éléments de la crise alimentaire mondiale que nous connaissons maintenant.  Et selon vous, pour que les gouvernements, dont celui des USA, subventionnent généreusement la production d’éthanol, qui est allé frapper à leur porte?  Les pétrolières?

C’est là que je dis un gros merci aux environnementalistes.

Ce sont eux qui ont fait des pressions sur les gouvernements pour que l’éthanol remplace de plus en plus le pétrole dans les véhicules automoblies.  Ils ont fait des pressions pour aller de l’avant avec leurs théories (carburant plus propre, utilisation réduite du pétrole), mais ont fait fi des conséquences de leurs gestes.  Aujourd’hui, alors que l’on constate les ravages d’une telle politique, autant du côté du bilan environnemental, où l’on prend conscience que si l’éthanol polluait moins « sur papier », les résultats étaient beaucoup plus décevants « sur le terrain », que de celui de l’accroissement de la faim dans le monde, ces mêmes environnementalistes viennent brailler que les pauvres crèvent de faim parce que « les riches prennent tout le maïs pour faire rouler leur gros 4×4 énergivores« .  Ils se gardent bien de mentionner quelque implication de leur part, ces dernières années, dans le but de pousser les gouvernements à subventionner la production d’éthanol.

Maintenant, ces mêmes activistes se plaignent aussi que les gouvernements ne font pas assez pour soutenir une autre de leurs théories foireuses; le protocole de Kyoto.

Compte tenu de ce que je vois, dans les pays pauvres, suite à l’application de l’une de leurs théories foireuses, vous savez ce que je leur dis, moi, aux environnementalistes?

Jacques Lanctôt: Tout un reporter!

L’idée du site Canoë d’utiliser l’ex-felquiste Jacques Lanctôt pour nous rapporter les détails – et une certaine analyse – du changement de garde à Cuba peut sembler originale, le type ayant beaucoup de contacts là-bas.  Mais du point de vue de l’objectivité journalistique, et par extension de l’honnêteté, on repassera.

C’est que, voyez-vous, demander à Jacques Lanctôt d’analyser objectivement ce qui se passe à Cuba revient à la même chose que de demander à Carol Montreuil d’analyser les pétrolières, ou à Steven Guilbault de fournir une analyse objective de ce qui se fait en environnement.  Ces types ont en commun d’être vendus à une cause bien précise; Montreuil est le porte-parole des entreprises pétrolières canadiennes, Guilbault est co-fondateur et porte-parole d’Équiterre, alors que Lanctôt a vécu à Cuba en vertu d’un sauf-conduit suite aux événements d’octobre 1970, gracieuseté de son ami, le regretté Pierre Elliott-Trudeau.

Quand Jacques Lanctôt mentionne qu’il n’y a plus d’analphabètes à Cuba, je veux bien le croire.  Par contre, il oublie d’ajouter que la libre information n’existe pas dans l’île.  Quand il parle d’élections, il omet de préciser qu’il n’y a qu’un seul parti politique reconnu – et légal – à Cuba, soit le parti communiste.  Quand il dit que son voisin Ricardo gueule librement contre le gouvernement actuel, il ne nous dit pas que le seul verbiage toléré se passe entre voisins, et qu’en 2003, une vague de répression contre les journalistes dissidents du régime avait encore des relents en 2006, comme le rapporte cet article de Reporters sans frontières.  Donc, comme Montreuil pourrait le faire, et comme Guilbault ne se gêne pas pour le faire, Jacques Lanctôt ne nous montre qu’un côté de la médaille cubaine.

Aussi, je lis ses écrits avec un grain de sel, pour ne pas dire avec une pleine salière.

Cabines de protection dans les bus de la STM: Si ça peut vous faire plaisir,…

LCN rapportait hier que les chauffeurs de la STM souhaiteraient vivement – pour ne pas dire qu’ils exigeraient – une cabine de protection dans chacun des quelques 1300 autobus de la flotte, question de les protéger contre les agressions qui vont en augmentant depuis plusieurs mois.

Évidemment, la dégradation des services de la STM d’une part, et les récurrents conflits de travail de l’autre (notons ici que les chauffeurs ne sont pas sortis en grève depuis une vingtaine d’années, et ne le feront pas cette année non plus), font que la clientèle qui, comme nous tous, est davantage stressée qu’avant, est souvent exacerbée quand vient le temps de prendre l’autobus.  Et comme le chauffeur est évidemment le « premier répondant » à se retrouver sous les yeux d’un client frustré, c’est lui qui écope.  Résultat: Il arrive que ça dégénère.  130 agressions furent répertoriées en 2006, et 143 en 2007.  Plus souvent qu’autrement, elles se limitent à des mots, ou encore à des crachats, mais une bonne quarantaine d’agressions furent physiques, l’an dernier, dont 7 à main armée.  Le reportage, que l’on peut voir via l’article, dit même quels sont les endroits les plus dangereux sur l’île de Montréal.

À mes yeux, il s’agit d’un couteau à double tranchant; d’un côté, une telle cabine protégera le chauffeur dans la plupart des cas d’agression physiques.  Mais de l’autre côté, elle coupera le « contact » avec les clients plus conviviaux, ceux qui sont contents de saluer « leur » chauffeur, le matin.  Il faut par contre spécifier que le nombre de clients de ce genre diminue au fur et à mesure que le temps avance, et laisse place aux clients « indifférents », qui sont désormais la majorité.  Aussi, si les chauffeurs croient que cela vaut le coup de s’isoler des clients respectueux afin de se protéger de quelques stupides qui sont concentrés dans une région bien précise, alors pourquoi pas, si ça peut leur faire plaisir?  Comme je ne suis pas un client de la STM, ce n’est pas moi qui va s’en plaindre… du moment où cela ne touche pas mon portefeuille!

Car le gros du problème, il se situe là.  La STM n’est pas financée que par ses usagers; elle est aussi financée par les villes de l’île de Montréal, et par… les automobilistes.  On parle de plus de 10,000$ la cabine, multiplié par 1300 autobus, ce qui donne, au bas mot, un coût supplémentaire de 13 millions$.  Si la STM va de l’avant avec une telle dépense, elle devra en faire assumer le coût aux usagers, car ce sont eux qui agressent les chauffeurs, pas les automobilistes.  Cela fait des années que les automobilistes paient pour le transport en commun, aussi je crois qu’il serait temps que les usagers assument une part plus juste des coûts globaux du service.  Je n’irai pas jusqu’à demander d’appliquer intégralement le principe de l’utilisateur payeur, mais…

Et pourquoi pas, tiens?  On devrait faire une contrepartie à la journée « en ville sans ma voiture », et faire payer le plein prix du service aux usagers, ce jour-là, question qu’ils comprennent bien le prix réel du transport en commun.  On pourrait appeler cette journée le « jour de l’utilisateur-payeur », et la faire tomber… un mercredi.  Ce jour-là, aucun autre titre ne serait accepté que le ticket simple spécial « plein tarif », qui se détaillerait pour la bagatelle de… 9,17$ chacun!  Car c’est ce qu’il en coûte à la STM à chaque fois que quelqu’un prend les transports en commun.  L’usager paie normalement 2,75$, et le reste est financé par les villes et les automobilistes.  On pourrait afficher d’où proviennent les fonds de la STM, un peu comme font les pétrolières au sujet du prix de l’essence, avec un graphique en forme de tarte.  Les usagers seraient à même de constater que leur pointe n’est pas si grosse, finalement.  Lors de cette journée, on modifierait les affiches de tarifs pour montrer ce qu’il en coûterait si les usagers payaient le plein prix.  Ils sursauteraient certainement de voir la carte mensuelle affichée à… 220,83$

Soyez sans crainte, le « jour de l’utilisateur-payeur » ne sera jamais au programme de la STM.  Au contraire; celle-ci continuera de siphonner les poches des automobilistes qui, comme le prouvent les très nombreux – et très profonds – nids-de-poule, ces jours-ci, n’en ont plus pour leur argent, et ce depuis des années!