Laïcité: Certains constatent – enfin – que ça dérape!

En ce dimanche soir suffisamment froid pour nous rappeler que l’hiver s’en vient, je furetais sur Twitter (@levraiRichard3), quand je suis tombé sur ce billet d’Évelyne Abitbol, communicatrice et idéatrice éclectique – c’est comme ça qu’elle est identifiée, publié sur Huffington Post Québec, et intitulé “Laïcité: le débat a-t-il été mal engagé, est-il en train de déraper pour de bon?” Elle y traite d’une déclaration, rédigée la semaine dernière, et signée par une quarantaine de femmes laïques originaires du Maghreb et du Moyen-Orient, dont voici le texte.

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Déclaration commune des Femmes originaires du Maghreb et du Moyen-Orient pour la laïcité de l’État

ENSEMBLE

NOUS, citoyennes québécoises originaires du Maghreb et du Moyen-Orient. Arabes ou berbères de condition Juives, chrétiennes ou musulmanes de tradition Démocrates, laïques et féministes de conviction

NOUS joignons notre voix à toutes celles et à tous ceux qui croient en un Québec inclusif, égalitaire et pluraliste.

Un Québec où la citoyenneté ne se limite pas à la somme des libertés individuelles

Où la vraie neutralité des employés de l’état consiste à n’afficher ni sa conviction religieuse ni sa conviction antireligieuse, au même titre qu’elle suppose une réserve absolue en matière d’opinions politiques

Où la cohabitation pacifique entre croyants de toutes origines, mais aussi celle entre croyants et non-croyants dans les institutions publiques n’a de sens que si tous les représentants de l’État sont soumis au même devoir de réserve, dans leur apparence comme dans leurs agissements

Nous qui avons connu les affres de la division ethno religieuse, de la marginalisation de nos minorités et de l’homogénéisation après des siècles de cohabitation pacifique

Nous tenons à réaffirmer notre attachement à la neutralité religieuse de l’État, seule garante de la liberté de conscience des individus.

La laïcité que nous défendons exclut autant la xénophobie larvée que le fondamentalisme ostentatoire.

La citoyenneté que nous prônons est responsable, parce que notre droit à la liberté individuelle est indissociable de notre devoir de solidarité avec celles qui en sont privées ici au Québec comme ailleurs, dans nos pays d’origine.

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J’ai voulu mettre un commentaire, à la suite de l’article, mais il y avait une limite de 250 mots, que j’étais convaincu de défoncer allègrement.  Aussi, je mettrai mes réactions ici.

Je dirai qu’à mes yeux, et en fonction de ce que je peux en connaître, le principal problème, dans ce débat, c’est que d’aucuns croient que le Québec est devenu moderne du jour au lendemain, au tournant de la Révolution tranquille. L’émancipation des “québécois catholiques de souche”, principalement face à la religion catholique romaine, mais aussi face à l’ancien schème de domination de la femme par l’homme, s’est plutôt faite personne par personne, famille par famille, et ce sur des générations, suivant la même courbe en S que tous les développements, technologiques ou autres, proposés à la population. Il existe même, à l’aube de 2014, des familles au sein desquelles cette évolution tarde encore! Et on s’imagine qu’une charte va tout régler, pour l’ensemble des religions, du jour au lendemain.

Je vous dirai qu’une charte ne règlera rien du tout!  Au contraire!

D’abord parce que le problème, tel qu’on l’illustre, dans la fonction publique, est à peu près inexistant.  Depuis que des immigrants musulmans arrivent au Québec, combien de femmes musulmanes portant un voile qui cache, en partie ou en totalité, le visage, travaillent au sein de la fonction publique?  Devrait-on plutôt demander y en a-t-il?  Si tant est, il s’agit d’une infime minorité, et le fait qu’elles soient stigmatisées au travail, que ce soit par leurs collègues, ou par la clientèle, ne passe pas aux nouvelles du soir.  Donc, il faut se demander si le problème existe vraiment, et le cas échéant, est-ce que la gravité dudit problème exige une réponse aussi puissante que la charte déposée par le gouvernement actuel.

Prenons justement l’aspect de l’emploi, qui serait menacé par le port du voile, ou d’autre signe religieux ostentatoire, advenant l’adoption telle quelle de la charte.  Cet aspect touche surtout les grands centres, comme Montréal, Québec, et les villes de 100,000 habitants et plus.  Là-dessus, le gouvernement – et accessoirement le Parti québécois – nous servent régulièrement l’exemple de la France, qui a aussi légiféré pour interdire le voile islamique; là-bas, après des menaces de quitter le pays, les musulmanes, pour la plupart, sont rentrées dans le rang. Ici, la situation est différente; si on interdit le voile, la famille musulmane, dont les membres sont déjà citoyens canadiens, ou en voie de le devenir, mettra ses trucs dans un camion, et roulera deux heures vers l’ouest, pour refaire sa vie en Ontario! Pas besoin de recommencer tout le processus d’immigration, comme les musulmans devenus français d’adoption auraient été obligés de faire, pour échapper à la loi. Bref, ce que ces nouveaux français auraient souhaité, les musulmans d’ici se le voient offrir sur un plateau d’argent!  Du coup, ces immigrants, que nous sommes allés chercher, principalement au Maghreb, et au Moyen-Orient, pour qu’ils mettent leur talents, et leurs compétences, à notre service, iront servir sous d’autres cieux, et nous aurons à tout recommencer!  Postes à combler par dizaines dans les domaines de la santé, de l’éducation, et des services de garde, entre autres, seront au rendez-vous.

Cet aspect est rarement évoqué, lors de débats, ou d’interventions publics.  On s’attarde surtout au port du voile comme tel, et au symbole que cette pratique véhicule, aux yeux de plusieurs.  Or, pour celles qui portent le voile, ou ceux qui portent d’autres signes religieux, la signification du signe qu’elles ou ils portent est-il la même que pour les personnes qui le voient?  Cette question ne peut pas être répondue collectivement, puisque les vêtements, et les accessoires qui l’accompagnent, relèvent du choix personnel.  Par exemple, la femme qui se couvre intégralement ne le fait peut-être pas par signe de soumission, mais plutôt pour “acheter la paix”, pendant que son mari, ou sa famille, a encore du chemin à faire, dans son cheminement vers l’égalité homme-femme.  Bref, il faudra une ou deux, peut-être trois générations aux musulmanes, pour s’affranchir du voile, comme il a aussi fallu une, deux ou trois générations aux femmes catholiques d’ici, pour s’affranchir face à la religion.  Et cela va se faire personne par personne, famille par famille.  Cela ne se fera pas par une loi.  Et cela ne se fera définitivement pas du jour au lendemain.

Je crois que si des débats publics dérapent, comme ce fut le cas lors de celui du samedi 23 novembre, à l’UQÀM, ce n’est pas tant en raison du port, ou non, du signe religieux ostentatoire comme tel, mais plutôt parce que le gouvernement s’en mêle.  Avant qu’il soit question de la charte du gouvernement actuel, de tels débats dérapaient-ils autant?  D’abord, avaient-ils lieu?  Parlait-on des signes religieux en général, et du voile en particulier, dans les bulletins de nouvelles, au même rythme qu’on le fait depuis le début de l’automne?  Force est d’admettre que la réponse est non.  À part pendant la période communément dite des “accommodements déraisonnables”, qui a donnée naissance à la commission Bouchard-Taylor, le Québec vivait, somme toute, dans un climat qu’on pourrait facilement qualifier d’harmonieux.  Bien sûr, il y avait bien quelques demandes d’accommodements, ici et là, que des médias montaient en épingle, à l’occasion, mais ces cas isolés s’estompaient aussi vite qu’ils étaient lancés, sauf peut-être aux yeux d’une certaine frange xénophobe, qui ne représente pas la majorité de la population.  Et aux yeux du gouvernement actuel, il va sans dire.

Quant à l’affirmation que “La charte proposée par le gouvernement est tout sauf ambigüe”, je m’excuse à l’avance, mais permettez-moi d’en rire! Il y a des exceptions, et des exemptions, par dizaines, dans cette proposition de charte.  De la mesure des crucifix, jusqu’aux “droit acquis” pour le personnel déjà en place, j’en passe, et des meilleures.  Cette proposition de charte fut principalement avancée par le gouvernement minoritaire du Parti québécois dans le but de soulever le côté émotif des québécois dits “de souche”, afin de les amener à voter pour le parti, de façon à former un gouvernement majoritaire, lors d’une éventuelle élection générale référendaire.  Et le côté émotif des québécois a bien répondu, surtout en région, là où le “problème de l’immigration” n’est vu à peu près nulle part, sauf aux nouvelles du soir, ou quand un groupe de touristes étrangers traverse leur patelin.  Sur les médias sociaux, j’ai lu des dizaines et des dizaines de commentaires du genre “s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à retourner dans leur pays!”  Or, les gens des régions n’ont pas à vivre l’afflux d’immigrants au quotidien; les municipalités sont, pour la plupart, en déclin de population, et ce depuis des années.

En tout et pour tout, le seul point que le gouvernement avait à préciser, concernant toute cette question, était que la prestation de services, entre le gouvernement et le citoyen, doit se dérouler à visage découvert.  Comme le sont les transactions dans une banque, par exemple.  Le type qui porte une cagoule de laine, par moins 25 degrés, parce qu’il travaille à l’extérieur, en hiver, va la retirer lorsqu’il entre à la banque, et ce pour des raisons évidentes de sécurité, et d’identification.  C’est la même chose en ce qui concerne les tenues cachant partiellement, ou complètement, le visage.  Il ne s’agit pas de jouer les “idiots utiles”, ni d’encourager la vision de “la femme plus esclave et soumise que jamais”, mais plutôt de faire preuve de tolérance face à cette femme, que nous pouvons bien sûr cataloguer, en vertu de symboles que l’on croit universels, mais dont nous ne savons rien de la situation particulière.

Autre point; il y a, dans la déclaration, un truc qui me chicote, et c’est ce passage: “Où la vraie neutralité des employés de l’état consiste à n’afficher ni sa conviction religieuse ni sa conviction antireligieuse, au même titre qu’elle suppose une réserve absolue en matière d’opinions politiques”.  Il faut comprendre ici que l’État du Québec est, et doit être neutre, pas nécessairement ses employés.  Or, l’interdiction des signes politiques fut adoptée il y a de cela très longtemps, à une époque où le fonctionnaire faisait de la politique dans son travail, et qu’il risquait rien de moins qu’un congédiement si le gouvernement changeait de parti.  À cette époque, le “service rendu” par le fonctionnaire l’était en fonction de la conviction du citoyen en faveur du parti au pouvoir, ce qui n’est plus le cas maintenant, le fonctionnaire jouissant de la sécurité d’emploi.  Or, une telle situation face à la religion – ou la non-religion – pratiquée par le citoyen s’adressant au fonctionnaire, ou par le fonctionnaire lui-même, est tout simplement inexistante.  De là la non-nécessité de légiférer en ce sens.  Aucune plainte ne fut formulée aux autorités compétentes, concernant un citoyen lésé par un fonctionnaire sur une question religieuse.  De là mon affirmation du début, à savoir que le problème de religion dans la fonction publique est inexistant.  Au final, pourquoi faire adopter une charte pour régler un problème qui n’existe pas?  Le gouvernement crée le problème de toute pièce pour s’investir en héros du peuple, et recueillir le vote des citoyens.  Ça revient à la même chose qu’un pompier qui allumerait des incendies pour faire l’étalage de ses compétences de sapeur.

Je terminerai en mentionnant qu’il y a une différence nette entre la laïcité et la neutralité, et c’est la suivante; le laïc s’oppose à toutes les religions, alors que le neutre ne s’occupe pas des religions, et les laisse vivre à leur guise.  Il y a des extrémistes laïcs, comme il y a des extrémistes catholiques, juifs ou musulmans, mais pas d’extrémistes neutres.  Bref, le laïc combat, et le neutre applique le “vivre et laisser vivre”.  Ce sont deux choses très différentes.  Et l’article d’Évelyne Abitbol le démontre bien; elle, et les cosignataires de sa déclaration, indiquent qu’elles sont laïques, alors que moi, j’affirme ma neutralité.

(Finalement, j’ai bien fait de répondre ici; ce billet approche les 2000 mots!)

Les « Janettes »: Comment exprimer son racisme sous le couvert de sa notoriété

(Voir la mise à jour, à la fin du texte.)

Depuis quelques jours, on entend parler des “Janettes”, dans les médias.  C’est que Janette Bertrand (oui oui, “la” Janette Bertrand), auteure et activiste bien connue, a écrit une lettre ouverte, signée par une vingtaine de femmes, et publiée dans plusieurs quotidiens, ce mardi 15 octobre.  La lettre, qui tient en quatre petits paragraphes, tente de faire un lien entre la lutte des femmes pour l’égalité avec les hommes, au Québec, lutte qui a abouti, entre autres, au droit de vote pour les femmes, et une autre lutte, celle pour le “dévoilement” des femmes voilées, qu’elle essaie tant bien que mal d’associer à la Charte des valeurs québécoises, déposée par le gouvernement de Pauline Marois, il y a de cela quelques semaines.

D’abord, elle a le droit de dire qu’elle “se souvient” de la lutte pour le droit de vote aux femmes, mais il faut s’en tenir à la textuelle, et ne pas conclure qu’elle a elle-même lutté pour ce droit.  Lorsque le gouvernement d’Adélard Godbout a adopté la loi accordant le droit de vote aux femmes, le 25 avril 1940, Janette avait 15 ans et un mois, tout juste!  Elle peut donc très bien s’en souvenir, mais je serais très surpris qu’elle soit elle-même sortie sur la place publique, à l’époque.

Mais le pire ne vient pas de la lettre elle-même, mais des entrevues accordées aux médias, suite à la publication de la lettre.  Jeannette Bertrand elle-même a déclaré, dans une entrevue à La Presse, “Je n’aimerais pas être soignée par une femme voilée.  J’aurais peur.  Je me dirais: Tout d’un coup, dans sa religion, qu’on ne soigne pas les femmes autant que les hommes, qu’on laisse partir les vieux plus vite.”  Sur quoi se base-t-elle pour dire de tels propos?  Cela devient du racisme à peine voilé, c’est le cas de le dire!  De toute façon, si madame Bertrand n’a pas confiance au système de santé québécois, de peur de tomber sur une femme voilée, elle peut toujours se faire suivre aux USA, elle en a sûrement les moyens!

Et que dire de Denise Filiatrault, autre signataire de la lettre ouverte.  À Paul Arcand, dans une entrevue au 98,5 fm, lorsque celui-ci lui a demandé “Qu’est-ce que vous dites aux femmes qui disent avoir choisi de porter le voile?”, elle lui a répondu “Fuck off, c’est pas vrai, ça. C’est des histoires de bonshommes. Quand elles ne le portent pas, elles se font réprimander quand c’est pas pire et au bout, quand ça marche plus, on les sacre dans le lac. C’est notre choix? Voyons donc, ce sont des folles.”  L’extrait audio nous montre bien le ton utilisé par madame Filiatrault; c’est un ton de mépris, le ton de celle qui regarde la chose du haut de sa hauteur, le ton de celle qui dit “C’est moi, qui a raison, et les autres, vos gueules!”

Il faut également tenir compte de certains faits.  D’abord, ce n’est pas la loi ayant accordé le droit de vote aux femmes qui a affranchi celles-ci de la domination, par la religion catholique romaine, dans les années 1960 et 1970, mais bien un ensemble de prises de conscience qui a mis des décennies à se mettre en place, famille par famille.  Ainsi, le parallèle que tente de faire Janette Bertrand, dans sa lettre, ne tient pas la route.  Ce n’est pas une loi qui a permis l’émancipation des femmes face à l’église (et accessoirement face aux hommes), et encore une fois, ce n’est pas avec une loi que l’on finira par réconforter les Janettes.  Ensuite, comme Janette Bertrand ose le prétendre, si une femme voilée pourrait risquer de moins soigner les femmes, ou les vieux, ce n’est pas le port, ou non, du voile qui va y changer quoi que ce soit.  Un homme médecin musulman pourrait avoir les mêmes objectifs, et les mettrait à exécution à visage découvert.  Comprenez-moi bien, toutefois; mon but n’est pas de soupçonner les médecins musulmans de ne pas soigner tous les patients, loin s’en faut, mais bien de dire que, de deux choses l’une; soit que Janette Bertrand se fait des peurs pour rien, ou encore qu’elle se sert du côté émotif des québécois de souche pour leur mettre des idées préconçues dans la tête.  Et si c’est la seconde option qui prime, Janette Bertrand fait alors dans le racisme le plus primaire!

À l’image de la religion catholique romaine, la religion musulmane finira par se “décloîtrer”, et c’est déjà commencé; de plus en plus de gens vont et viennent librement, sans se soucier de l’heure de la prière, ou dans quelle direction se trouve La Mecque.  Mais comme pour les cathos, il faudra lui laisser le temps.  Il a fallu des décennies pour retirer l’influence catholique de la politique, et cela n’empêche pas des milliers de femmes de porter le crucifix!  Ce n’est pas en obligeant les musulmanes à se dévoiler complètement, serait-ce par une loi, que l’on fera avancer les choses plus rapidement. Tout ce que l’on risque de faire, c’est de braquer les gens les uns contre les autres, et Janette Bertrand, de par sa lettre, y a mis du sien.

MISE À JOUR (18 octobre 2013, 10h42)

Sur le site web de La Presse, ce matin, voici que Denise Filiatrault s’excuse, pour certains propos exprimés lors de l’entrevue avec Paul Arcand.  Trop peu, trop tard, madame!  Souvenez-vous de l’histoire du gamin et de la clôture!

Transport en commun: À Montréal-Est, c’est la STM! Sinon,…

Dans le passé, j’avais osé faire des liens entre les syndicats et la mafia, en ce qui concerne certaines de leurs façons de faire, entre autres dans ce billet, où il est question des chauffeurs de la Société de transport de Montréal (STM).  Eh bien, force est de constater que nous n’avions pas encore tout vu; je viens de constater, une fois de plus, que la « méthode forte » est toujours en force (c’est le cas de le dire!), et les passagers d’une navette, à Montréal-Est, l’ont appris à leurs dépens.

C’est que la ville de Montréal-Est, face au service déficient de la STM, contre lequel plusieurs citoyens se sont plaints, et ce depuis un bon bout de temps, a décidé de mettre en place un service de navette, gratuit, entre la ville et la station de métro Honoré-Beaugrand.  Pour ce faire, Montréal-Est a donc fourni gratuitement son autobus, qui sert principalement lors de sorties organisées, et un chauffeur, aux citoyens qui demandaient l’aide de la ville.  Une première tentative avait été mise en place l’automne dernier, mais la STM s’y était opposée, et la ville de Montréal-Est avait fait marche arrière.  Devant les plaintes constantes des citoyens, qui doivent se contenter de regarder passer des autobus déjà remplis à capacité, la ville a donc effectué une nouvelle tentative cette année.  Or, le 7 octobre dernier, alors que l’autobus de la ville (plusieurs villes, ou arrondissements, possèdent aussi un ou des autobus, dont Anjou) circulait en direction de la station de métro, il a subi un « assaut », pour reprendre les termes du directeur général de Montréal-Est, Louis Lemay.  On a forcé le véhicule à s’arrêter, et tous les passagers en ont été expulsés.  Le chauffeur a été bousculé, et menacé de représailles, puis l’autobus a finalement été vandalisé, de façon à ce qu’il ne puisse plus reprendre la route.  Les vandales, une trentaine d’hommes et de femmes, ont dégonflé les pneus du véhicule, ont apposé des autocollants du SCFP (Syndicat canadien de la fonction publique, centrale qui représente les chauffeurs de la STM) dans le pare-brise, et interdit que l’autobus reprenne la route.  Je me demande de quel droit des vandales peuvent émettre une interdiction, mais c’est ce que rapporte l’article de Serge Labrosse, du Journal de Montréal, article repris par le site Canoë.  Évidemment, le directeur général de Montréal-Est ne mâche pas ses mots, et déclare que « Ces gens-là ont mis la sécurité de nos citoyens en danger« .  De son côté, le président du syndicat des chauffeurs d’autobus de la STM, local 1983 du SCFP, Claude Benoît, a commencé par tout nier, puis a finalement lâché le morceau, lorsque Labrosse lui a parlé d’une journaliste de l’hebdomadaire L’Avenir de l’Est, avec qui il aurait jasé.

Ces événements prouvent, aussi clairement que le nez au milieu du visage, que plus un syndicat est fort (lire: riche en argent et en pouvoir), plus il s’impose, que ce soit face à la partie patronale, comme dans une négociation de convention collective, entre autres, ou même, tel qu’on le constate dans le présent cas, face à des citoyens payeurs de taxes, et à une administration municipale avec laquelle il n’a rien à faire.  Remarquez bien que cette fois, la STM allait dans le même sens que le syndicat de ses chauffeurs, mais en prenant des moyens différents; elle a mis en demeure la ville de Montréal-Est de mettre fin à son service de navette, alléguant que « tout transport en commun dans l’agglomération de Montréal lui est exclusif et que Montréal-Est n’a pas le permis requis« , tout en demandant, parallèlement, à la Commission des Transports du Québec (CTQ), de forcer l’interruption de ce service.  Or, un porte-parole de la CTQ, Guy Mailhot, a informé le Journal de Montréal que la commission n’interviendra pas dans cette affaire.  Il a mentionné que « Ce genre de transport ne requiert pas de permis et l’opération (de la navette) ne relève pas de la Commission« .

Nous sommes donc à même de constater les conséquences d’un monopole syndicalo-étatique sur la société dans laquelle il opère; des citoyens qui se regroupent, appuyés par leur ville, pour s’offrir une alternative au service pourri de la STM se font menacer de poursuites, et se font attaquer en plein jour.  Quelle sera la prochaine étape; interdire le covoiturage?  Voilà une preuve de plus que les organismes publics, et les syndicats, qui opèrent en monopole, ne veulent rien savoir de la concurrence, ni même, à la limite, de la complémentarité; les gens qui transitaient par la navette allaient prendre le métro, et payaient leur droit de passage, ce qui n’enlevait donc absolument rien à la STM!  Ceux qui croient que les terroristes parlent l’arabe, et plantent des avions dans des gratte-ciel peuvent maintenant voir la vérité en face; il en existe aussi des québécois de souche, qui vident et vandalisent des autobus en plein jour!

Québec solidaire: Pauline 1ère serait alarmiste dans son discours

La Presse canadienne nous informe que la formation de gauche Québec solidaire s’inquiète du discours de Pauline 1ère, selon ce qu’aurait soutenu Amir Khadir, lors d’une conférence de presse à Québec.

Que le discours de Pauline 1ère soit inapproprié, compte tenu que les « problèmes de langue » vécus à Montréal n’ont rien à voir avec l’immigration, je suis acheteur.  C’est la suite des propos de Khadir qui me laissent croire que ce parti ne sera jamais crédible.  QS songe à offrir des cours de français « sans durée limitée », et ce autant aux immigrants qu’aux québécois dits « de souche », le tout évidemment financé par l’état.  Je vois d’ici le résultat d’une telle approche; les « flancs mous » qui usent leurs fonds de culottes dans des départements de sciences molles de nos université pourraient continuer à « étudier » la langue, et nous trouveraient de beaux mots à 200$, comme « prolétaire », ou « oligarchie », alors que dans les faits, ils ne demeureraient que des gosses de riches financés par vous et moi.  Ben mieux que ça; les cours seraient offerts sur les heures de travail, et les frais seraient à la charge de l’état et de l’employeur.  Je présume qu’une fois la langue française suffisamment acquise, le « travailleur-étudiant » pourra aussi se « mettre sur la CSST », et en profiter pour poursuivre ses études à l’université, le tout sur le bras de son boss.

Quant au programme économique de cette formation de la go-gauche, Amir Khadir a déclaré qu’un état sous QS n’investirait que dans des projets à « valeur sociale et environnementale », et ce quitte à ce que l’économie batte de l’aile.  Quand on constate ce que le PQ a fait à l’économie québécoise, et que l’on sait que QS est encore pire, on peut déjà passer un coup de fil à son syndic.

Vous comprenez maintenant pourquoi je les surnomme « Québec suicidaire ».

Histoire de langues: L’autre côté de la médaille

Sur le site Cyberpresse.ca, un article d’Yves Boisvert nous fait part d’une analyse des données de Statistiques Canada sur la langue, à un moment où la classe politique est en mode panique sur ce sujet, suite à l’enquête du Journal de Montréal, au cours de laquelle une journaliste a déniché une quinzaine d’emplois directement en contact avec le public tout en se faisant passer pour une unilingue anglophone.

Oui, c’est vrai, les gens dont la langue maternelle est le français voient leur proportion passer sous la barre des 50% sur l’île de Montréal, et comme le mentionne le journaliste, « Ce ne sont pas les chiffres qui sont secrets, puisque Statistique Canada nous a dressé le portrait linguistique du Québec l’automne dernier, à partir du recensement de 2006. »  À partir de là, qu’est-ce qu’on doit faire?  Arrêter tous les anglophones, et les enfermer à Bordeaux, avec les Hells?  Les déporter au Nunavut, pour leur rappeler ce qu’ils ont fait subir aux acadiens il y a plus de 250 ans?  C’est quoi, cette manie de grimper dans les rideaux aussitôt qu’il est question de la langue française?

Je veux bien croire que si l’on veut conserver la langue française, il faut lui offrir une certaine protection, ce que fait très bien la loi 101 actuellement.  Car comme l’écrit également Yves Boisvert, « Un enfant arrivé du Brésil à 6 ans, qui fera ses études en français, qui deviendra ingénieur chez SNC-Lavalin ou commis chez Omer De Serres, sera encore un «allophone» dans 50 ans, selon les statistiques. Il sera pourtant, dans la vraie vie, une sorte d’hommage vivant à l’efficacité de la loi 101. »  Et ça, les études sur la langue maternelle n’en parlent manifestement pas.  À moins que cette portion des statistiques soit gardée secrète, dans l’unique but de préserver le « punch » du français qui perd du terrain, ce dont serait tout à fait capables les politiciens qui cherchent à se faire du capital sur le dos de l’immigration ou du fait anglophone au Québec.

La sortie de cette nouvelle percutante fut suffisante pour que Mario Dumont, à qui on a reproché d’avoir un peu « dormi sur la switch » en tant que chef de l’opposition officielle, déchire sa chemise en réclamant la réduction du quota d’immigrants, qui passait dernièrement de 45,000 à 55,000 personnes à accueillir.  Quant à Pauline 1ère, elle s’est enflammée, elle aussi, en faveur d’un renforcement de la loi 101, ce qui a ramené à la mémoire de certaines gens la célèbre affaire des « grosses anglaises de chez Eaton ».  Pour ma part, cela me fait penser à un passage d’une série d’aventures, écrite et diffusée sur internet par un de mes amis, sous forme de fichiers mp3, histoire inspirée du monde médiéval-fantastique.  Dans un épisode, on capture un gobelin, dans un donjon, et on tente de la faire parler, afin d’en apprendre sur le maître du donjon.  Quand l’un des aventuriers demanda au nain s’il connaissait la langue des gobelins, il répondit « Évidemment, ce sont mes pires ennemis! »

Si les anglos sont nos « ennemis », comme le prétendent certains séparatistes convaincus, ceux-ci devraient faire en sorte que tous les québécois connaissent suffisamment la langue de Shakespeare pour pouvoir écouter les bulletins de nouvelles diffusés sur les ondes de la télé et de la radio anglophones, ainsi que pour lire la Gazette, le National Post et le Globe and Mail, afin de débusquer tous les « complots » que les méchants anglais fomentent contre « nous ».  À la place, ils préfèrent garder le « petit peuple » dans l’ignorance de l’anglais, adoptant la même stratégie que les curés de campagne d’une époque révolue, dans le but – bien entendu inavoué publiquement – de contrôler l’information que les gens regarderont « à TQS ou à TVA », comme le disait un universitaire de grande réputation, dernièrement.

En définitive, si les francophones tenaient tant à conserver leur langue, ils auraient dû faire certains efforts, comme celui de faire enseigner le français à leurs enfants par des enseignants reconnus sur la base de leur compétence, et non pas sur celle de leur ancienneté.  On constate aujourd’hui que les nouveaux enseignants, qui pourtant montrent le français aux enfants du primaire et du secondaire, ne savent même pas l’écrire comme il le faut!  Avouez que ça décoiffe!  Et avant tout, les francophones auraient dû en faire davantage, des enfants.  La population québécoise « de souche » connaît l’un des pires taux de natalité des pays industralisés, et on vient à bout de se plaindre qu’on se fait assimiler!  Il faut le faire!  C’est comme ceux qui se plaignent des problèmes dans le réseau de la santé, mais qui du même jet, refusent que le gouvernement effectue des changements dans le fonctionnement de celui-ci.  Cela me rappelle la recette de la poutine; tout le monde sait comment faire une poutine.  Mais si un jour, on veut quelque chose de différent, et que l’on continue à prendre des frites, du fromage en grains et de la sauce brune comme uniques ingrédients, il ne faudra pas s’attendre à manger de la pizza!

Tout cela pour dire qu’aucune loi ne viendra à bout de renforcer l’usage du français dans le grand Montréal, sauf si celle-ci vient charcuter des libertés fondamentales.  La loi 101 l’a fait, lors de son adoption, et depuis, de grands pans de celle-ci furent déclarés inconstitutionnels par les tribunaux.  Il adviendra exactement la même chose de toute loi qui aura pour but de renforcer coûte que coûte l’usage de la langue de Molière.