Affaire Villanueva: Sur quoi enquête-t-on, au juste?

C’est aujourd’hui que débutait l’enquête publique du coroner sur les événements entourant la mort de Fredy Villanueva, survenue le 9 août dernier, à Montréal-Nord.  Une dépêche du réseau LCN, reprise par le site Canoë, raconte que d’autres témoins se désistent de l’enquête, et refusent de témoigner devant le coroner ad hoc, le juge Robert Sansfaçon.  C’est notamment le cas des deux jeunes qui furent blessés, lors des événements.

La dépêche raconte ensuite que l’avocat de la famille Villanueva, Me Gunar Dubé, s’étend sur le sujet de la même façon que l’ont fait les groupes intéressés, qui se sont tous désistés par la suite, à savoir que le fin mot de l’affaire ne pourra être connu que si l’on prend le temps d’analyser les rapports entre les forces policières et les minorités visibles.  Il dit également que compte tenu du désistement de tous les groupes intéressés, l’enquête manque maintenant de crédibilité.

Je ne suis pas d’accord avec le constat de maître Dubé.  D’abord, l’enquête doit faire la lumière sur les circonstances de la mort de Fredy Villanueva, et non pas sur les circonstances de la vie à Montréal-Nord depuis plus de vingt ans.  Les rapports de force entre les policiers et les minorités visibles peuvent très bien être analysés lors d’une commission d’enquête, qui ratissera beaucoup plus large.  Que quiconque travaillant à l’enquête actuelle me corrige si je suis dans le champ, mais cette enquête, du juge Sansfaçon, doit déterminer, en gros, si la décision, de ne pas accuser les deux policiers impliqués dans l’affaire Villanueva, puisse être revue, à la lumière de nouveaux éléments de preuve, qui auraient pu échapper aux enquêteurs, lors de la première enquête du coroner.  Cela peut comprendre les rapports entre les policiers impliqués lors des événements et les personnes présentes, mais n’a rien à voir avec les rapports entre les policiers et les gens appartenant à des minorités visibles, dans la vie de tous les jours.  Il s’agit de deux choses tout à fait différentes, qui peuvent être évaluées lors de deux enquêtes tout aussi différentes.

De plus, que l’on me corrige si je me trompe, mais je crois que d’autres enquêtes – ou commissions d’enquête – ont déjà étudiées ces relations, dans le passé.  Si c’est le cas, il faudra vérifier si les recommandations, faites à l’époque, ont été appliquées, et le cas échéant, dans quelle mesure elles ont été efficaces.  Et cela non plus n’a rien à voir avec l’affaire Villanueva; il s’agit d’un domaine beaucoup plus large, qui demandera des moyens tout à fait différents.

Je terminerai en mentionnant que s’il y a des organismes qui ont perdu de la crédibilité, dans toute cette affaire, ce sont surtout ceux qui se sont montrés intéressés, et qui se sont désistés ensuite.  Je pense entre autres à la Ligue des Noirs du Québec, dont diverses prises de position, dans le passé, ont été vivement contestées, et ce même par des noirs.

Montréal: Les pompiers se foutent de la sécurité des citoyens!

En furetant dans le site Cyberpresse, je suis tombé sur un papier de Catherine Handfield, intitulé « Demande d’injonction contre les pompiers« .  Voyant d’abord seulement le lien vers l’article, je me suis demandé qui est l’énergumène qui peut bien en vouloir aux pompiers au point de demander une injonction contre eux.  C’est en lisant l’article que le naturel est revenu au galop; c’est la ville de Montréal qui a demandé une injonction contre les pompiers, à cause de l’un de leurs moyens de pression.

C’est que, voyez-vous, les pompiers sont sans contrat de travail depuis quelque chose comme deux ans et demi, toujours selon le texte de madame Handfield.  Mais depuis septembre 2007, des membres du syndicat des pompiers utiliseraient un nouveau moyen de pression.  Reprenons le texte de l’article.

« Les membres du syndicat débrancheraient «systématiquement» les bornes informatiques dans les 66 casernes de Montréal, selon la Ville. Ils feraient également «disparaître l’équipement informatique accessoire nécessaire à leur utilisation» dans le but de «paralyser» le réseau.

Dans les postes de pompiers, le réseau informatique permet au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) de communiquer rapidement avec ses pompiers et ses officiers. Le système sert aussi à produire les rapports d’intervention destinés aux premiers répondants. »

J’aimerais que les pompiers m’expliquent quelque chose.  S’ils ont à coeur, autant qu’ils le prétendent, la sécurité des citoyens, du moins suffisamment pour constamment demander des hausses d’effectifs, pourraient-ils m’expliquer pourquoi ils débranchent les équipements de communication, qui sont un élément on ne peut plus essentiel pour l’intervention des pompiers?  Ça me fait penser à ce qui s’est produit il y a plusieurs mois, quand la ville de Montréal avait acheté de nouveaux camions de pompiers, et que le syndicat refusait de fournir de leurs membres, afin qu’ils puissent suivre la formation nécessaire pour, à leur tour, former l’ensemble des pompiers sur les nouveaux équipements.  On se retrouvait donc avec, d’un côté, le syndicat des pompiers qui braillait que la ville n’était pas sécuritaire, et de l’autre, des camions tout neufs qui dormaient dans des garages.

À mes yeux, la seule chose qui me semble très claire, c’est que les pompiers de Montréal se foutent carrément de la sécurité des citoyens, quoi qu’en dise le syndicat qui les représente.  Parce que si les pompiers avaient vraiment la sécurité des gens à coeur, ils botteraient le cul de leur exécutif syndical, et placeraient leurs priorités de la bonne façon, en utilisant tout l’équipement à leur disposition – équipement financé à même le compte de taxes de ceux qu’ils ont le devoir de protéger – de la meilleure façon possible, et ce dans le but d’accomplir leurs tâches du mieux qu’il est humainement possible de le faire.  Mais non; on s’amuse à débrancher les bornes informatiques, quand ce n’est pas de laisser dormir des camions neufs dans des entrepôts, faute de dispenser la formation nécessaire pour les utiliser, tout en se plaignant de l’usure excessive de ceux qu’ils ont dans leurs casernes.

Évidemment, on viendra me dire que les syndicats sont très utiles à la société.  Ouais, bien sûr…

Aide sociale: Pour une fois, Stéphane Gendron a une bonne idée

Comme plusieurs d’entre-nous le savons, le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, signe une chronique hebdomadaire dans le Journal de Montréal.  S’il y a des fois où j’aurais envie de le traiter de malade, à la lecture de certaines de ses chroniques, j’avoue que celle qu’il propose aujourd’hui, intitulée « Réformer l’aide sociale, c’est possible« , comporte un fond très intéressant, au sujet d’une éventuelle réforme de l’aide sociale, qui serait plus serviable à la société que le régime actuel.

Il constate d’abord que le nombre d’assistés sociaux a diminué, depuis les derniers mandats péquistes, passant du demi-million de prestataires à un peu plus de 230,000, dont 62% (environ 142,500) seraient déclarés « aptes au travail ».  De plus, seulement 11% de ce groupe (plus ou moins 16,000) ont moins de 25 ans.  Il s’agit donc de personnes qui devraient, en principe, avoir déjà travaillé, dans leur vie, ou à tout le moins la plupart d’entre-eux.  Il ajoute ensuite que l’idée de l’ADQ, soit d’abolir les prestations après deux ans, n’est pas une bonne idée, puisque l’on « jette à la rue bêtement une clientèle qui a besoin d’encadrement de la part de l’État dans un processus de véritable réhabilitation et d’accompagnement« , pour reprendre ses propres termes.  Il complète son point de vue en demandant au gouvernement de créer un programme de corvées régionales, grâce auquel les municipalités pourraient réquisitionner ces personnes aptes au travail, afin de profiter des talents, et de l’expérience, de ces gens.

Pour ma part, je crois que même si l’idée de Gendron n’est pas tout à fait au point, elle repose sur une très bonne base, soit celle d’amener les assistés sociaux à reprendre le collier, et à se rendre utiles envers la société qui les aide à traverser une période difficile.  Mais j’irais plus loin.

D’abord, une limitation des prestations demeure une bonne idée, puisqu’une telle mesure envoie le signal que l’aide sociale, ce n’est pas pour toujours.  Par contre, deux ans, ce n’est pas suffisant.  Je limiterais les prestations à cinq ans, ce qui donnerait le temps à la personne d’apprendre un métier dans lequel il existe une réelle demande.  Et Dieu sait qu’il y en a.  Après avoir réussi un véritable programme de formation, l’individu pourrait profiter de stages rémunérés au sein d’un programme de corvée régionale, au bénéfice de petites municipalités, ou encore d’organismes sans but lucratif, comme le programme préconisé par Stéphane Gendron, ce qui donnerait à la personne une bonne expérience de travail, et l’aiderait à dénicher, par la suite, un emploi intéressant, profitant du fait qu’elle possède désormais la formation récente et l’expérience pertinente.  En fait, elle possèderait tous les outils pour retourner sur le marché du travail la tête haute, et ainsi demander un traitement plus intéressant que le salaire minimum.

Encore là, il faudrait que le gouvernement puisse légiférer, afin d’empêcher les syndicats de venir mettre « les bâtons dans les roues » d’un tel programme.  On connaît leur façon de faire; ils commenceraient par déchirer leur chemise, devant les caméras de télé, et prétendant que le gouvernement veut prendre « les pauvres assistés sociaux », et les transformer en « cheap labour » pour les municipalités, et que ce programme « enlèvera le pain de la bouche de leurs membres », torpillant ainsi les efforts de tout le monde, et retournant les prestataires de l’aide sociale à leur chèque mensuel, et à leur manque d’estime de soi.

Donc, oui, il faut réaménager le régime d’aide sociale, mais il faut le faire de la bonne façon.  D’une façon qui soit à la fois utile à la société, et profitable à l’individu.

Affaire Villanueva: Pourquoi ne pas annuler l’enquête publique du coroner?

Le site web Canoë, reprenant une nouvelle de LCN, mentionnait que l’un des principaux témoins de l’enquête publique du coroner sur l’affaire Villanueva, Jonathan Senatus, a plaidé coupable, récemment, à des accusations de possession d’armes prohibées, et de mauvais entreposage d’une arme à feu.  L’entrefilet ouvrait en disant que l’enquête publique du coroner, qui débutera le 25 mai, au Palais de justice de Montréal, s’annonce définitivement plus difficile.  Je ne comprends pas en quel sens; en effet, si Senatus est condamné à une peine de prison, en fonction des crimes pour lesquels il s’est déclaré coupable, les autorités n’auront pas de difficulté à le trouver, lorsque viendra son tour à témoigner.  Peut-être serait-ce dans le sens de sa volubilité, par contre; étant déjà coupable de crimes à caractère violent, peut-être deviendra-t-il « muet comme une carpe », devant le coroner ad hoc, le juge Robert Sansfaçon.

De toute façon, je me dis que plus le temps passe, plus toutes les conditions qui rendaient souhaitable une enquête publique du coroner s’amenuisent, une à une.  De plus en plus de personnes, et de groupes, qui désiraient participer à cette enquête publique, disent maintenant vouloir la boycotter.  Au moment de publier l’article, la Ligue des droits et libertés, et la Ligue des Noirs du Québec, avaient déjà annoncé leur intention de boycotter l’enquête, réclamant plutôt une commission d’enquête qui aborderait des questions comme le profilage racial, et la lutte aux gangs de rue.  À mes yeux, l’une n’empêche pas l’autre; ces deux organismes pourraient participer à l’enquête du coroner, qui tentera de faire la lumière sur l’affaire Villanueva en particulier, et ce tout en demandant leur commission d’enquête, qui fouillera sur le profilage racial et la lutte aux gangs de rue de façon plus globale.  Ce serait là une preuve d’ouverture et de collaboration.  Mais nous assistons plutôt à ce que je pourrais appeler du « profilage judiciaire », en ce sens que si ces deux organismes n’obtiennent pas tout ce qu’ils veulent, ils ne participeront pas.  Autrement dit, ils mettent à profit ce qu’ils disent vouloir combattre, ce qui réduit considérablement leur crédibilité.

Devant cela, ainsi que devant le fait que d’autres organisations veulent aussi boycotter l’enquête publique du coroner, je me demande pourquoi ne pas tout simplement annuler cette enquête?  Si ça continue, les policiers et le coroner ad hoc seront fin seuls, à vouloir en savoir plus long sur l’affaire Villanueva en tant que telle.  J’ai plutôt l’impression que certaines personnes voudraient tout simplement voir les deux policiers impliqués se faire envoyer en prison, et rien d’autre.  Mais ces personnes devront comprendre que lorsqu’il n’y a pas matière à porter des accusations contre des personnes, celles-ci ne sont pas accusées, et il n’y a pas de procès.  C’est comme ça que ça se passe, ici.  À l’heure actuelle, les enquêtes effectuées ne permettent pas de porter d’accusations contre les deux policiers impliqués dans l’affaire, et l’enquête publique du coroner fut instituée pour être bien certain que rien n’a été oublié.  Mais si tout le monde veut la boycotter, alors pourquoi la tenir?  On a qu’à fermer le dossier, c’est tout.

La grande liquidation GM: Pontiac y passe aussi!

Selon ce que rapporte le site Auto123, sous la plume de Luc Gagné, la multinationale automobile General Motors éliminera la marque Pontiac, d’ici la fin de 2010, en plus des Saab, Saturn et Hummer, qui cesseront leurs activités au plus tard le 31 décembre de cette année.  De plus, GM réduira de façon drastique le nombre de ses concessionnaires, chez nos voisins du Sud.  Selon le plan annoncé le 17 février dernier, ce nombre devait passer de 6246 (en 2008) à environ 4100, d’ici la fin de 2014; il passera plutôt à 3605, et ce à la fin… de 2010!  On s’attend à des coupes à peu près semblables chez les concessionnaires canadiens, selon un autre article de Auto123, celui-la signé Marc Bouchard, et ce malgré que le réseau soit constitué différemment.

Ces nouvelles, publiées ce lundi, viennent confirmer que le plan de restructuration de GM sera encore plus sévère que prévu.

De plus, selon Denis Arcand, de La Presse, aucun des modèles Pontiac actuellement en production ne sera transféré à la gamme Chevrolet.  Cela sous-entend que la nouvelle G8, qui a pris dernièrement le relais à la Grand-Prix, ainsi que le cabriolet Solstice, seront tout simplement rayés de la gamme GM.  L’article parle d’une possibilité, par contre, de voir la Vibe survivre, du moins au cours de l’année 2010, mais qu’il faudra préalablement renégocier une entente avec Toyota, qui vend la même voiture, à peu de choses près, sous le vocable Matrix.  La voiture est produite en Californie, dans une usine conjointe.

Parlant des usines, le plan du 17 février ne change pas, sous cet aspect; 13 usines fermeront leurs portes d’ici la fin de 2010, et 3 autres s’ajouteront d’ici 2012, pour faire passer le nombre d’usines en activité de 47 à 31.  Par contre, les nouveaux modèles qui doivent être mis en marché le seront.  Ainsi, nous verrons bientôt les nouvelles Chevrolet Camaro, Equinox, Cruze et Volt, la nouvelle itération de la Buick LaCrosse (Allure au Canada), le nouveau GMC Terrain et les nouvelles Cadillac SRX, CTS Sport Wagon et CTS Coupe débarquer chez les concessionnaires – restants – d’ici la fin de 2010.

En deux mots, « la grande liquidation GM » n’aura jamais eu autant d’impact; des réductions d’environ 40%, mais dans le nombre des effectifs, plus que 4 bannières (Chevrolet, Buick, Cadillac et GMC), et beaucoup moins de concessionnaires.  Et tout cela, après des milliards$ avancés par nos gouvernements.