Nouvelle A-50: Une super-2, mais pas tout à fait partout!

Il m’arrive, à l’occasion, d’aller faire un tour sur le site web du système électronique d’appels d’offres (SÉAO), là où le ministère des transports du Québec affiche tous ses appels d’offres de construction de plus de 25,000$.  On peut y voir la presque totalité des appels d’offres de la majorité des ministères du gouvernement du Québec, dont en éducation et en santé.  De nombreuses municipalités passent aussi par le SÉAO pour annoncer leurs appels d’offres.  Je vais y faire un tour afin de voir les contrats à accorder par le MTQ, signe qu’un projet ira réellement de l’avant.  Évidemment, il arrive parfois que le MTQ change d’idée même une fois cette étape passée, mais c’est plutôt rare.  Le site permet même un certain nombre de consultations de documents, et ce gratuitement.

Lors de ma visite d’aujourd’hui, je vois un appel d’offres pour l’autoroute 50, plus précisément entre la route 323 et la côte Ézilda, dans la municipalité de Notre-Dame-de-Bonsecours, au nord de Montebello.  Et en consultant les plans, je constate que l’autoroute 50 sera construite sur deux chaussées distinctes, mais très rapprochées, et séparées par un muret de béton.  On y voit même le raccord qui permettra de passer d’une à deux chaussées, tout juste à l’est de l’échangeur de la route 323.  On y voit également que l’A-50 passera, comme à Thurso, à flanc de falaise, ce qui donnera d’autres vues impressionnantes pendant, et après les travaux.  Je me demande si ce n’est que la section où se trouve l’échangeur qui sera à quatre voies sur deux chaussées, ou bien si cette configuration se prolongera plus loin vers l’ouest.  L’avenir nous le dira bien assez tôt.

Si seulement les travaux de l’A-30 pouvaient avancer un peu plus rapidement…

Saint-Lin: Le nouveau pont en cadeau de Noël

Selon un article paru dans l’hebdomadaire local l’Action Montcalm, le pont de la route 335/337, dans le village de Saint-Lin, aurait été réouvert à la circulation le samedi 15 décembre dernier, en fin d’après-midi. Donc, après une attente de plusieurs mois, une fermeture totale surprise et la construction d’un pont temporaire, voilà donc que les gens de Saint-Lin pourront respirer plus d’aise, et reprendre enfin une vie normale.

Reste à savoir maintenant combien de ponts municipaux sont toujours fermés, en attente de travaux majeurs. On disait, à un moment donné, qu’à Hinchinbrooke, près de Huntingdon, les deux ponts de la municipalité étaient fermés tous les deux! Dans combien de municipalités faut-il encore faire des dizaines de kilomètres de détours pour traverser de petits cours d’eau parce que les ponts municipaux sont incapables de supporter le passage d’une sous-compacte?

J’aimerais bien qu’on me mette au courant de telles situations. Comme ce fut le cas à Saint-Lin, je pourrais aller prendre des photos, et les mettre ici, sur le blogue, afin de sensibiliser les gens sur l’état de la situation. Et peut-être réveiller la ministre des transports, Julie Boulet, ainsi que les fonctionnaires du MTQ. Parlant de la ministre Boulet, je publiais un billet dans lequel je disais qu’elle prenait quelques jours de vacances dans le Sud. J’espère pour elle qu’elle ne s’endormira pas sur la plage…

Brownsburg-Chatham: La route 148 nommée « route de la mort »

De tous temps, dans notre société distincte, et c’est le cas dans chaque région, il arrive qu’une section de route, une courbe particulière, ou encore une intersection, reçoive le surnom de « route de la mort », en raison du nombre d’accidents mortels qui y surviennent.  La dernière manchette à ce sujet, parue dans le Journal de Montréal, attribue ce qualificatif à la route 148, à la hauteur de Brownsburg-Chatham, et ce à cause de deux accidents mortels, causant autant de victimes, survenus à trois jours d’intervalle dans la seule période des fêtes de cette année.

En effet, deux autres accidents mortels sont survenus pratiquement au même endroit, remettant en question la sécurité de cette route surutilisée.  On sait d’ores et déjà que d’ici un an, soit vers la fin de 2008, l’autoroute 50 sera mise en service entre Lachute et Grenville-sur-la-Rouge, ce qui permettra à la circulation en transit d’éviter cette portion de la route 148.  Par contre, le fait de construire l’A-50 en « super-2 » n’améliorera probablement pas le bilan routier de cette région.  Sachant à la base que cette autoroute, au fur et à mesure de l’ouverture successive de ses divers tronçons à la circulation, se remplira de camions lourds en transit entre Gatineau et Montréal, que la ville d’Ottawa chassera de ses rues suite aux travaux sur la rue King Edward, les collisions risquent d’être plus violentes, et par extension, encore plus mortelles.

Depuis le nombre d’années que les régions de l’Outaouais et des Laurentides réclament à grands cris l’autoroute 50, il me semble que le gouvernement du Québec aurait dû voter les budgets afin de construire l’autoroute à chaussées séparées, et non pas en super-2.  Il est désormais connu que le coût de construction d’une route double aux cinq ans, alors il devient évident que la construction d’une autoroute en super-2, pour épargner les coûts de la construction de la deuxième chaussée, ne représente pas une économie, loin de là.  Le nombre de vies humaines perdues sur la super-2 justifient à elles seules la dépense supplémentaire pour achever la deuxième chaussée.  Si le MTQ ne croit pas nécessaire de construire une autoroute à deux chaussées dès le départ, alors pourquoi se targue-t-il de construire une autoroute?  On sait ce qui s’est produit entre Drummondville et Sherbrooke, sur l’A-55, au cours des années 1990.  Cette super-2 était, elle aussi, une véritable « route de la mort », et l’on a mis des années à construire une seconde chaussée à cette autoroute, multipliant ainsi les coupes de rubans d’inauguration et les photos de ministres dans les journaux locaux.  Auparavant, c’était l’A-55 entre Shawinigan et Trois-Rivières, dans les années 1980, puis l’A-40 entre Trois-Rivières et Berthierville, au cours des années 1970.  À l’image des routes provinciales qui servent de lien unique pour traverser une région, les super-2 coûtent trop de vies humaines, et toutes ces pseudo-autoroutes que l’on a au Québec devraient être complétées en autoroutes à deux chaussées dans les plus brefs délais.

Si le gouvernement du Québec, qui détient le monopole de construction routière, dans notre société distincte, n’a pas la capacité de construire et d’entretenir un réseau routier supérieur digne de ce nom, qu’il se retire et laisse la place à l’entreprise privée.  Un système de concession permettrait à des entrepreneurs de s’occuper de diverses autoroutes, en retour de frais de péage, et pourrait être applicable à la très grande majorité des voies rapides québécoises.  Un tel système de concessions permettrait d’ouvrir de nouvelles liaisons routières, parce que pendant que les bouchons de circulation s’accumulent – et se multiplient – un peu partout, de nombreux corridors routiers attendent présentement d’être exploités par le MTQ, qui préfère dormir aux gaz sur cette question que d’affronter les environnementalistes devant le BAPE.

Selon moi, la filière environnementale fait fausse route en s’opposant à toute nouvelle construction routière.  Évidemment, leur cheval de bataille actuel est la lutte aux gaz à effet de serre (GeS), entre autres au CO2, émis par les voitures et autres véhicules.  Ce qu’ils oublient, c’est que le jour où se pointeront les nouvelles technologies, comme celle des véhicules à cellule à hydrogène, qui n’émettront aucun monoxyde de carbone, pour ne nommer que celle-là, ces nouveaux véhicules auront, eux aussi, besoin de routes pour circuler.  Le fait de restreindre le nombre de véhicules en ville, en choisissant de ne pas construire de nouvelles routes, n’améliorera pas le bilan environnemental des villes, loin de là.  D’ailleurs, nous savons que la solution à la concentration de la pollution urbaine ne passe pas par la cessation de l’étalement urbain.  Mais ça, c’est une autre histoire.

Route Saint-Donat — Mont-Tremblant: Le journaliste a « oublié » un détail

Le 11 novembre dernier, j’écrivais un billet pour faire suite à un reportage de Charles Faribault, de TVA, au sujet de la route qui relie Saint-Donat à la municipalité de Lac-Supérieur, décrite par le reporter comme une route « non-terminée », et qui devait se rendre à Mont-Tremblant. J’avais mentionné, dans mon billet, que pour l’avoir empruntée plusieurs fois, cette route se rendait bel et bien à la station de ski, et au nouveau village commercial de Tremblant. J’avais même mis des photos pour appuyer mes dires.

Voilà de quoi prouver une fois pour toutes que le reportage de Charles Faribault n’a servi qu’à attirer l’attention ailleurs que sur une histoire de primes de séparation abusives implicant entre autres un ancien directeur général de Saint-Donat, et à casser du sucre sur le dos des acteurs passés de cette région, entre autres le ministre des transports de l’époque, Guy Chevrette. En effet, le site web du MTQ, dans la section « Régions », montre une page sur le Plan de transports de Lanaudière. La fameuse route, qui fait même l’objet d’une fiche de présentation, y est bien présentée, non pas comme une route devant se rendre à Mont-Tremblant, mais bien à Lac-Supérieur, en passant par Val-des-Lacs. Bien mieux que ça, on y dit que le MTQ en a payé la facture totale, mais que la maîtrise d’oeuvre a été assurée par… la municipalité de Saint-Donat! Tiens donc, mon cher Faribault, aurais-tu oublié ce petit détail, dans ton reportage?

Gatineau: L’asphalte s’envole. Un mort!

Le site LCN rapporte qu’un automobiliste, dans la quarantaine, habitant la municipalité de La Pêche, a été tué au volant de son véhicule par un morceau d’asphalte, d’une vingtaine de centimètres de diamètre, qui a fracassé le pare-brise de son Ford Escape et l’a atteint en plein visage. Le morceau d’asphalte s’est détaché de l’autoroute 5 au passage d’un autre véhicule, qui précédait celui conduit par la victime.

Encore une fois, n’attendez pas de déclaration de la ministre des transports, Julie Boulet. Cette fois, elle ne pourra pas dire que c’est son chauffeur. Par contre, peut-être que dans ce cas-là aussi, elle dormait. Ce cas-là, c’est celui de l’autoroute 5, qui traverse le secteur Hull de la ville de Gatineau du sud au nord. Construite en béton dans les années 1960, son état est lamentable, et la conduite automobile y est parfois qualifiée de périlleuse. Axe routier essentiel comprenant le principal pont entre Gatineau et Ottawa, il y a longtemps que cette route aurait dû être refaite à neuf. Mais comme pour le reste du réseau routier, le MTQ a dormi aux gaz. Résultat: Un homme est mort d’un morceau d’asphalte dans la gueule!

Un porte-parole du MTQ révèle que le rapiéçage manuel de surface de route en béton avec de l’asphalte est chose courante. Évidemment, on ne peut demander à un simple porte-parole de faire des déclarations sur la reconstruction possible – et vivement souhaitée – de l’A-5, et dans son intervention, quoique très sommaire, il explique la procédure suivie par les cols bleus du MTQ pour remplir les nids-de-poule. J’aimerais maintenant porter votre attention sur une autre technique de rapiéçage du MTQ, utilisée surtout sur les ponts et viaducs. Au lieu de l’asphalte sur du béton, il s’agit de béton à la place de l’asphalte.

Quand on roule sur la chaussée, et que l’on voit des rapiéçages plus « blancs » que les autres, ce n’est pas parce que les gars du MTQ ont manqué d’asphalte, ce soir-là. Dans ces cas, le problème n’est pas vraiment le pavage, mais bien le tablier, en-dessous du pavage, qui démontre des signes évidents de faiblesse. Il est possible, à ce moment-là, que des fragments de béton se soient même détachés de la structure pour tomber au sol, rendant impossible toute réparation au pavage, puisqu’il n’y a rien en-dessous pour supporter celui-ci. C’est d’ailleurs pour éviter que ces fragments de béton se retrouvent à travers le pare-brise d’un automobiliste que l’on installe des grillages sous les ponts et viaducs, au-dessus des voies carrossables. On doit alors faire un rapiéçage en béton, à même le tablier, pour réparer celui-ci, et on décide alors de le remplir au niveau de l’asphalte, ce qui permet de sauver du temps, puisque l’on répare tout – le tablier et le nid-de-poule – en une seule opération. Ce genre de réparation est très évident entre autres sur la première partie du tablier du pont Honoré-Mercier, en direction de la rive-sud.

Un jour ou l’autre, une véritable catastrophe surviendra, entraînant des dizaines de personnes dans la mort. Évidemment, ce jour-là, le premier ministre Jean Charest, probablement flanqué de la ministre Boulet, annoncera une autre commission d’enquête, afin de trouver les causes de la tragédie. Est-ce à dire que la commission Johnson sur le viaduc de la Concorde n’était qu’une répétition générale?