Budget fédéral: Ça va passer. Pour l’instant

Le site web LCN a annoncé, en fin d’avant-midi, que le parti libéral allait voter en faveur du budget, mais avec des réserves.

Malgré le suspense qu’entretenait Michael Ignatieff, il était évident que les libéraux ne pouvaient pas vraiment voter contre ce budget, puisque de l’avis même de certains critiques en matière politique, comme Manon Cornellier, du Devoir, le budget du gouvernement conservateur avait une forte odeur libérale.  On dit même que les bleus auraient présenté ce budget à contrecoeur, ce plan n’étant pas du tout la voie privilégiée pour passer à travers l’actuelle crise économique, aux yeux des troupes de Stephen Harper.  D’ailleurs, dans son article, madame Cornellier rapporte même des paroles, dites par Stephen Harper lui-même, une semaine avait l’élection fédérale d’octobre dernier, qui allaient clairement dans ce sens.

Évidemment, si les bleus ont préféré prendre la direction du déficit, c’est d’abord pour sauver la peau du gouvernement.  Et dans le même ordre d’idées, si les libéraux l’appuient, c’est d’abord pour gagner du temps.  Le temps de se reconstruire, surtout financièrement.  Le temps de confirmer, par les instances larges du parti, Michael Ignatieff à titre de chef.  Le temps, surtout, de faire oublier cette idée de coalition PLC-NPD qui, si elle était quand même forte au Québec, et chère aux yeux de Gilles Duceppe et de Jack Layton, pour des raisons différentes, soulevait l’indignation, ailleurs au pays, et ne valait pas grand chose aux yeux d’Ignatieff lui-même.

Par contre, je n’ose croire que le chef Ignatieff jouera le même jeu que l’ancien chef libéral, Stéphane Dion.  Je serais très surpris de voir les rouges s’asseoir sur leurs mains pendant deux ans et demi, tout en déchirant leurs chemises sur la place publique.  Aussi, je m’attends à des élections fédérales quelque part à l’automne, ou au plus tard, au printemps de 2010.

Prière au conseil municipal: Ça dérange tant que cela?

Je viens de lire un entrefilet, sur le site web du journal Le Devoir, selon lequel la Commission des droits de la personne trouve inacceptable qu’une citoyenne ait été huée, lundi soir, lors d’une assemblée du conseil municipal de Trois-Rivières.  On retrouve d’ailleurs un compte-rendu beaucoup plus complet des événements de la soirée dans cet article du quotidien local Le Nouvelliste.

Encore faut-il savoir que la citoyenne en question, Louise Hubert, est celle qui a porté plainte contre la ville, dans le but de faire interdire la prière que récitait le maire, Yves Lévesque, au début de chaque séance du conseil, ainsi que tous ses prédécesseurs avant lui, et ce depuis 1926.  Or, comme la Commission avait recommandé au conseil de ne plus réciter la prière, le maire Lévesque a tout bonnement demandé à un citoyen d’en faire la lecture.  La dame ne l’ayant pas pris, elle a voulu prendre la parole, pour critiquer l’attitude du maire, dans cette affaire.  À ce moment, ce sont des citoyens, dans l’assistance, qui ont hué la dame.

Je me demande bien ce qu’entend faire la Commission des droits de la personne, devant la situation actuelle.  Va-t-elle demander que l’on interdise la présence de citoyens favorables à la prière, lors des séances du conseil municipal?  D’ailleurs, le fait que le maire d’une municipalité récite une petite prière de moins d’une minute, avant de commencer les travaux, est-ce que ça dérange tant que cela?  Madame Hubert a résumé, au journaliste Martin Francoeur, du Nouvelliste, la situation en ces mots:

«Quand on prête serment comme maire, on devient responsable du décorum. Et on ne peut pas faire faire par quelqu’un d’autre ce qu’on ne peut pas faire. Il a donné son chapeau à ce M. Beaudoin. On vient d’identifier qui sont les catholiques, qui sont les pratiquants. Je viens ici dans un espace public, un espace laïque. Je ne viens pas ici pour prier ou pour entendre des prières»

Louise Hubert affirme ne pas vouloir entendre de prière; elle n’a qu’à sortir dehors, à aller aux toilettes, ou à écouter son iPod, pendant ladite prière, et personne ne va s’en offusquer.  Quand elle dit qu’on vient d’identifier qui sont les catholiques, elle semble en parler comme s’ils étaient des ennemis à abattre.  De toute façon, si je vais à la séance du conseil municipal parce que je suis intéressé par le 5e point à l’ordre du jour, par exemple, vais-je faire interdire les autres points, parce que je ne veux pas en entendre parler?

On me dirait qu’il s’agit d’un complot, de la part d’une quelconque organisation qui fait la promotion de la laïcité, ou qui tente de l’imposer à tout craints, que j’aurais tendance à le croire.  Je me demande quelle est la « bibitte », que l’on cherche, avec toute cette affaire; est-ce qu’un maire, qui récite une prière, devient automatiquement inapte à diriger les destinées d’une ville?  En quoi le fait d’entendre, de la bouche du maire, ou de celle d’un citoyen, un verbatim du genre « Seigneur, faites de nos élus de bons gestionnaires. Guidez-les dans leurs décisions. Gardez-leur la sagesse et la compréhension pour toujours bien servir les citoyens. Que cette assemblée soit menée dans la sérénité, au bien-être de la collectivité. Amen.« , est-il à ce point traumatisant?  Des plaintes sont déposées dans toutes les villes d’une certaine importance, depuis quelques années.  Je me demande, d’ailleurs, si cette Louise Hubert est bel et bien citoyenne de Trois-Rivières.  Je veux dire, habite-t-elle là-bas depuis longtemps, ou alors est-elle une résidente de « la république du Plateau Mont-Royal », qui a seulement signé un bail, le temps de « débarrasser la séance du conseil de la ville de ses ignobles catholiques pratiquants »?  Avant le dépôt de sa plainte, à combien d’occasions madame Hubert a-t-elle assisté à la séance du conseil municipal de la ville de Trois-Rivières?

Au fond, à quoi devrait-on s’attendre de son conseil municipal, sinon de bien gérer les deniers que les contribuables lui confie?  Que le maire récite une prière, salue la venue de Raël dans les limites de la ville, ou s’agenouille avec le front en direction de La Mecque, je n’en ai rien à cirer; du moment où celui-ci, dans l’exercice de ses fonctions, gère la ville d’une façon honnête, sans magouillage, et que Dieu ne soit pas inscrit sur la liste électorale, j’en fais mon affaire.  D’ailleurs, je serais bien curieux de savoir si une telle plainte a été déposée… à Hérouxville.

Bye Bye 2008: Pas de quoi téléphoner à sa mère!

Après les nombreuses visites, les commentaires (encore merci!), et tout ce qui s’est dit, à propos du Bye Bye 2008, je me suis donné la peine de le visionner en entier.  Vous pouvez le faire, vous aussi, question de revoir des bouts que vous auriez manqué, ou comme moi, pour savoir si les gens avaient raison de critiquer, en vous rendant sur le site de Radio-Canada, plus particulièrement sur la page web du Bye Bye.  On dit que l’on pourra visionner l’émission pendant tout le mois de janvier, mais cela reste à confirmer.

N’étant pas un amateur de ces spectacles où l’on entremêle variétés et rétrospective de l’année, j’ai donc trouvé cette émission plutôt ordinaire.  Pas qu’il n’y ait pas de talents, mais plutôt parce que l’on passe de l’un à l’autre, sans ligne conductrice.  Évidemment, tout est une question de goût; j’ai bien aimé celui de Daniel Lemire, il y a 10 ans, où tout fut mis sur la rétrospective de l’année, et je fus probablement l’un des seuls à l’aimer, tant la critique fut unanime à le trouver très mauvais.  En fait, je ne m’attarderai pas à chacun des numéros de l’émission, parce que suffisamment de gens l’ont déjà fait.

Par contre, en ce qui concerne les blagues sur Nathalie Simard, je vais m’inscrire en faux, face à ceux et celles qui n’acceptent pas que l’on s’en prenne à elle, à cause qu’elle fut victime de ce que l’on sait.  Il faut bien comprendre que madame Simard a fait beaucoup parler d’elle, en 2008.  D’abord, elle a lancé une tournée de spectacles, qui fut interrompue soudainement, pour des raisons encore nébuleuses.  Puis, se disant fatiguée de toute la pression médiatique, elle prit l’exil, vers la République Dominicaine, et ce, en compagnie du mari de celle qui finançait ladite tournée interrompue, celui-ci plaquant sa femme pour fuir vers le sud, en compagnie de Nathalie.  Pour couronner le tout, une fois là-bas, probablement pour se reposer de la pression des médias, elle a donné des entrevues à divers magazines de potins artistiques québécois.  À mes yeux, c’est bien suffisant pour se mériter une place de choix dans un Bye Bye.

Encore faut-il rappeler que Guy Cloutier n’a rien eu à voir avec tout ce que l’on a rapporté au sujet de Nathalie Simard, au cours de l’année 2008.  Elle fut sa victime pendant des années, je veux bien le croire.  Celui qui en a abusé est le père de Véronique Cloutier, c’est vrai aussi.  Par contre, ni Véronique Cloutier, ni Louis Morissette, ni aucun des auteurs du Bye Bye n’a été relié, de près ou de loin, à ce qu’a commis Guy Cloutier envers Nathalie Simard.  Aussi, il faut bien dissocier les deux époques; elle fut victime de Cloutier, pendant des années, et je n’efface pas les conséquences des gestes du bonhomme du revers de la main.  Par contre, Nathalie Simard, de par ses propres faits et gestes de l’année 2008, a bel et bien méritée sa place parmi les victimes du Bye Bye.  Bon, peut-être que l’histoire des hyper-flatulences fut-elle de trop.  Mais venant de celui qui se baptise lui-même « le gros cave », il fallait s’y attendre un peu.

Donc, en gros, le Bye Bye 2008 du couple Cloutier-Morissette était un Bye Bye parmi tant d’autres.  Il n’y avait là pas de quoi téléphoner à sa mère.

Le Bye Bye 2008: L’avez-vous regardé, vous?

Pour ouvrir l’année, bof…  Aucune inspiration!  Ça va mal…

Sur le web, c’est la critique du Bye Bye 2008, signé Véronique Cloutier et Louis Morrissette, qui fait parler les bloguistes, et les autres.  Pour ma part, je ne l’ai même pas regardé.  Certains me diront que j’ai manqué quelque chose, alors que d’autres m’accuseront de ne pas soutenir les « artisses », ne serait-ce qu’en regardant leurs oeuvres.  La vérité, c’est que je n’ai pas de télé, à la maison, et que même malgré les meilleurs spéciaux imaginables, ce n’est pas l’étendue du talent artistique et télévisuel québécois qui m’encouragera à m’en procurer une.

Alors, le fameux Bye Bye 2008, vous l’avez regardé, vous?  Et vous en pensez quoi?  Les moments forts, les numéros qui ont tombés à plat, les prestations émouvantes,…  Il paraît qu’il y avait même la « vraie » Julie Couillard, dedans?  Bref, qu’en avez-vous pensé?  Pas que je veuille que vous me le racontiez; je veux seulement savoir si mes impôts ont été bien utilisés.

Ottawa: L’opposition veut flatter les canadiens dans le sens du poil!

J’aime bien prendre un texte, principalement lorsqu’il s’agit de paroles citées, ou encore d’une lettre ouverte, et la décortiquer, afin d’en saisir tous les aspects.  Aussi, comme les ténors de l’opposition, à Ottawa, ont décidé de publier une lettre ouverte, adressée aux canadiens, pour expliquer leur coup d’état, et ainsi tenter de flatter la population « dans le sens du poil », je prendrai le texte de la lettre, dans sa version publiée dans un article de la Presse Canadienne, et diffusée sur le site web Canoë, texte que je mettrai ici en bleu, et je l’analyserai, passage par passage.

Allons-y.

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Chers concitoyennes et concitoyens,

Le Canada fait face à une crise économique mondiale. Depuis les récentes élections fédérales, il est devenu clair que le gouvernement dirigé par Stephen Harper n’a aucun plan, aucune compétence ni aucune volonté pour répondre de manière efficace à cette crise.

Il faudrait dire la vérité, à savoir que le gouvernement conservateur n’a aucun plan qui corresponde à la pensée keynésienne, qui anime les chefs des trois autres partis présents à la Chambre des communes.  Cela n’a rien à voir avec les compétences, ou la volonté, du gouvernement élu.  Ainsi, cette déclaration laisse entendre que la seule façon de se sortir de la crise est celle préconisée par l’opposition, ce qui est loin d’être vrai.

C’est pourquoi la majorité du Parlement a perdu confiance envers le gouvernement Harper et estime que la formation d’un nouveau gouvernement qui réagira efficacement, prudemment, rapidement et adéquatement à cette crise économique est nécessaire.

Encore une fois, cette phrase est vue selon les paramètres de l’opposition, qui considère qu’ils sont les seuls à savoir quoi faire, face à cette crise, alors que les méthodes qu’ils entendent utiliser se sont avérées exactement celles qui ont coulé l’économie des USA.  Quant à la formation d’un nouveau gouvernement, l’opposition devrait avoir suffisamment de respect de la démocratie pour laisser le peuple choisir.

Le contraste entre l’inaction du gouvernement Harper et les mesures communes prises par toutes les autres démocraties occidentales est frappant. Nous ne pouvons accepter cela.

Qui dit que les autres démocraties faisaient face aux mêmes défis que le Canada, dans cette crise?  Les pays les plus interventionnistes furent justement ceux qui furent le plus secoués, économiquement, par la crise, à savoir les USA, qui est à l’origine de la crise, ainsi que certains pays d’Europe, et le Japon, qui furent les principaux bailleurs de fonds du gouvernement américain.  D’ailleurs, rien ne dit que leurs décisions furent les meilleures, dans les circonstances.  Le Canada n’a pas à affronter la crise du même angle que ces pays, et de ce fait, la solution n’a pas à être la même.  Loin de là.  Par contre, ce que l’opposition ne pouvait accepter, c’est la fin des subventions aux partis politiques, qui, il faut bien l’avouer, fut une erreur stratégique des conservateurs.

Une majorité de Canadiens et de Québécois ont voté pour nos partis le 14 octobre 2008. Nos députés fédéraux composent 55 pourcent de la Chambre des communes.

Si l’opposition croit avoir la légitimité de former un gouvernement, à la lumière de cette lecture des résultats des dernières élections générales, pourquoi n’a-t-elle pas demandé à la gouverneure générale de former le gouvernement dès que les résultats de l’élection furent connus?  Ceci n’est qu’un argument fallacieux pour tenter de faire avaler la pilule aux peuple canadien, pilule qui risque d’être perçue, et ce particulièrement par les habitants de l’ouest du pays, comme une déclaration de dictature.

À la lumière de la situation critique à laquelle sont confrontés nos concitoyens, et du manque de volonté du gouvernement Harper à réagir à cette crise, et à son incapacité à le faire, nous sommes déterminés à soutenir un nouveau gouvernement qui veillera aux intérêts de la population.

Avec le plan de 30 milliards$ que la coalition entend mettre en marche, les citoyens canadiens risquent de voir leur situation devenir plus critique que jamais, leur situation pouvant rivaliser avec celle de nos voisins du Sud, et ce sans avoir été confrontés aux mêmes turbulences qui ont provoqué cette crise.  Quant à l’incapacité du gouvernement Harper, c’est l’opposition elle-même qui l’a créé de toute pièce, en faisant la promotion du renversement de ce gouvernement, qui préconisait une approche différente, approche qui a reçu l’appui des pays membres de l’APEC, lors de leur dernier sommet, tenu à Lima, au Pérou, les 22 et 23 novembre derniers.  De plus, je constate à nouveau que les partis de l’opposition croient être les seuls dépositaires des intérêts de la population

Aujourd’hui, nous informons respectueusement la gouverneure générale qu’elle devrait, à la première occasion, demander au chef de l’opposition officielle de former un nouveau gouvernement qui sera appuyé par nos trois partis, comme le confirment les accords ci-joints.

Alors voilà, reste à savoir si la gouverneure générale voudra bien le faire.  À la lumière de ses compétences en la matière, j’ai malheureusement l’impression qu’elle acquiescera à la demande de l’opposition, sans même poser la moindre question sur les intentions précises de celle-ci.

Veuillez agréer l’expression de nos sincères salutations.

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Peut-être que Stephen Harper, et son gouvernement, en incluant des coupures aux subventions aux partis politiques, ainsi que la suspension de droit de grève aux membres de la fonction publique, ont utilisé une très mauvaise stratégie.  Peut-être qu’à la lumière de ces faits, le gouvernement Harper mérite d’être renversé.  Mais prendre une interprétation différente des résultats des dernières élections pour se hisser au pouvoir, sans passer à nouveau par la population, représente, à mes yeux, un coup d’état.

À ceux qui disent que des sondages révèlent qu’une majorité de canadiens préfèrent une coalition, au lieu de retourner en élections, je répondrai par une question, à savoir: Depuis quand les décisions politiques d’un pays doivent-elles être dictées par des sondages d’opinion?  Devant l’opposition, qui reproche au gouvernement Harper de ne pas prendre ses responsabilités, les canadiens doivent démontrer qu’ils sont conséquents de leurs décisions, et ainsi, prendre leurs responsabilités, face à la crise politique actuelle, qu’ils le veuillent ou non.  C’est à eux (à nous!) de décider qui les représente, et qui forme le gouvernement, à Ottawa, et leur refus de le faire risque de créer un dangereux précédent.  Et s’il faut pour cela retourner aux urnes, alors retournons aux urnes!  Faire autrement devient une usurpation du droit de vote des canadiens, et un déni de leur décision du 14 octobre dernier.