Élections partielles: Deux en deux pour les libéraux

J’avais avancé cette éventualité dans mon billet précédent, et c’est ce qui est en train de se produire.  Les libéraux se Jean Charest auront deux nouveaux députés à l’Assemblée nationale, lors de la reprise des travaux parlementaires, l’automne prochain.

Dans Marguerite-Bourgeoys, les dés étaient presque jetés avant même le scrutin.  Nous savions tous que le libéral Clément Gignac allait passer, la seule variable notable étant le taux de participation, et pour l’instant, il se révèle très bas.  Avec la presque totalité des bureaux de scrutin dépouillés, il s’élevait à seulement 23,02%.  C’est donc dire qu’une grande partie des électeurs inscrits, à tout le moins ceux qui ont parlé fort contre le parti libéral, sont restés tranquillement chez eux, au lieu d’aller voter.

La circonscription de Rivière-du-Loup a démontré, comme on s’y attendait, beaucoup plus d’action.  Le taux de participation y est d’ailleurs beaucoup plus élevé, à 48,91%, et ce avec 146 bureaux sur 164.  La lutte y était serrée, mais pas autant que l’on s’y attendait; le libéral Jean D’Amour a toujours eu une dizaine de points de pourcentage, environ, sur son plus proche adversaire, le péquiste Paul Crête.  L’ancienne attachée politique de Mario Dumont, l’adéquiste Gilberte Côté, suivait en troisième place, loin derrière, avec moins de 15% des voies.

Voici donc les résultats préliminaires, tels que rapportés par le site web du Directeur général des élections du Québec (DGEQ)

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MARGUERITE-BOURGEOYS

Mise à jour :  22:13:54
Nombre de bureaux de vote :  195 / 196

Candidats et
appartenance politique
Nombre de
bulletins valides
Pourcentage de
bulletins valides (%)[1]
Majorité
Gignac, Clément (P.L.Q./Q.L.P.) 7 679 72,36 % 5 862
Normandin, Christine (P.Q.) 1 817 17,12 %
Charbonneau, Diane (A.D.Q.) 376 3,54 %
Leclerc, Julien (P.V.Q./G.P.Q.) 298 2,81 %
Black St-Laurent, Valérie (Q.S.) 265 2,50 %
Tremblay, Sylvie R. (IND) 73 0,69 %
Poulin, Érik (P.I.) 64 0,60 %
Millette, Régent (IND) 40 0,38 %
Bulletins valides : 10 612 99,18 %
Bulletins rejetés : 88 0,82 %
Total : 10 700
Électeurs inscrits : 46 478
Taux de participation : 23,02 %
Notes :
[1] Les pourcentages apparaissant dans les résultats préliminaires sont arrondis à deux décimales près, ce qui explique que la somme ne correspond pas forcément à 100 %.

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RIVIÈRE-DU-LOUP

Mise à jour :  21:56:20
Nombre de bureaux de vote :  146 / 164

Candidats et
appartenance politique
Nombre de
bulletins valides
Pourcentage de
bulletins valides (%)[1]
Majorité
D’Amour, Jean (P.L.Q./Q.L.P.) 7 689 46,20 % 1 538
Crête, Paul (P.Q.) 6 151 36,96 %
Côté, Gilberte (A.D.Q.) 2 469 14,83 %
Poirier, Martin (P.V.Q./G.P.Q.) 133 0,80 %
Renaud, Benoît (Q.S.) 73 0,44 %
Beaulieu, Victor-Lévy (IND) 67 0,40 %
Tremblay, Éric (P.I.) 32 0,19 %
Couture, Denis (P.R.F.) 30 0,18 %
Bulletins valides : 16 644 99,44 %
Bulletins rejetés : 94 0,56 %
Total : 16 738
Électeurs inscrits : 34 219
Taux de participation : 48,91 %
Notes :
[1] Les pourcentages apparaissant dans les résultats préliminaires sont arrondis à deux décimales près, ce qui explique que la somme ne correspond pas forcément à 100 %.

Politique: Les québécois ont-ils la mémoire courte?

Les pertes de la Caisse de dépôts et placements vous ont donné une poussée d’urticaire?  Vous avez encore sur le coeur l’impression que Jean Charest et sa gang ont volé l’élection de décembre dernier, en racontant n’importe quoi, juste pour parvenir à avoir seulement ses deux mains à lui, sur le volant?  Eh bien c’est sûrement parce que vous êtes plus rancuniers que la majorité des québécois; un article publié par l’agence QMI, repris par le site web Canoë, raconte que les libéraux de Jean Charest sont remontés au sommet des intentions de vote, avec 42% de la faveur populaire, contre 37% pour le Parti québécois de Pauline Marois.  Viennent ensuite l’Action démocratique, à 9% seulement, alors que Québec solidaire et le Parti vert récoltent 6%.

Ce sondage démontre que les québécois peuvent avoir la mémoire courte, en ce qui concerne la politique provinciale.

Le papier raconte également que les résultats du sondage CROP – La Presse, réalisé du 11 au 18 juin dernier, auprès de 1003 répondants, démontrent que Pauline 1ère est « dans le champ » avec son nouveau plan de référendums « à la pièce », puisque environ un répondant sur trois disait que cette stratégie fera progresser la cause de la souveraineté du Québec, contre près de 60% qui affirment le contraire.  C’est donc dire que les chances que le PQ remporte Rivière-du-Loup, lors de l’élection partielle de lundi prochain, sont loin d’être solides, et que Jean D’Amour pourrait très bien se faufiler, à moins que des dossiers locaux n’influencent autrement le vote.  Un tel résultat donnerait deux en deux pour les libéraux, la circonscription de Marguerite-Bourgeoys, ancien château-fort de Monique Jérôme-Forget, n’étant qu’une formalité pour le candidat libéral Clément Gignac.

Fait anodin, concernant ces élections partielles, on retrouve huit candidats dans chacune des deux circonscriptions.  Je vous donne donc les candidats en lice, pour ces deux scrutins partiels, par ordre de résultats lors de la dernière élection, dans chaque circonscription, puis les autres candidats représentant des partis, et finalement les candidats indépendants, question de vous mêler « ben comme il faut ».  Dans Marguerite-Bourgeoys, d’abord, outre Clément Gignac, pour les libéraux, le PQ propose Christine Normandin, alors que l’ADQ a confié ce comté à Diane Charbonneau.  Québec solidaire est représenté par Valérie Black – Saint-Laurent, et les autres candidats représentant des partis sont Julien Leclerc, pour le Parti vert, et Érik Poulin, pour le Parti indépendantiste.  Deux candidats indépendants tentent également leur chance, soit Régent Millette, et Sylvie R. Tremblay, cette ancienne vice-présidente de l’ADQ, qui s’est fait virer du parti, et qui a plus ou moins les mêmes chances d’être élue dans cette circonscription que j’en aurais moi-même de devenir président des Filles d’Isabelle.

Du côté de Rivière-du-Loup, l’Action démocratique confie la conservation du siège de Mario Dumont à Gilberte Côté, une ancienne attachée politique de Dumont, qui malheureusement, passe presque inaperçue, comparée au combat de coqs qui oppose les deux principaux partis; les libéraux sont représentés, comme on le sait, par Jean D’Amour, ancien maire de la ville de Rivière-du-Loup, et président du parti libéral, alors que l’ancien député bloquiste Paul Crête, fort d’une pension fédérale, à vie, de 82,000$ par année, brigue les suffrages pour le PQ.  Victor-Lévy Beaulieu, qui s’était présenté contre Mario Dumont, l’an dernier, est de retour cette fois-ci, toujours comme candidat indépendant.  Il avait tout de même remporté près de 50% plus de votes que Québec solidaire, cette fois-là, avec 597 contre 400. Le Parti vert sera représenté par Martin Poirier, alors que Québec solidaire propose Benoît Renaud, enregistré auprès du Directeur général des élections du Québec comme étant le chef du parti.  Deux autres chefs de partis complètent la liste des candidats, à savoir Éric Tremblay, chef du Parti indépendantiste, et Denis Couture, chef du Parti de la réforme financière.

Ne reste plus qu’à savoir si les électeurs de Marguerite-Bourgeoys, et de Rivière-du-Loup, seront influencés par les sondages, ou par les candidats locaux.  Reste à savoir aussi si les gens sortiront de chez-eux pour aller voter.  Nous savons que les taux de participation à des élections partielles sont plutôt bas; à part quelques exceptions, ces dernières années, il se tenait entre 30 et 40 pour cent.

Circulation: Les bouchons coûtent cher. Très cher!

Le site web LCN, qui cite La Presse (faut le faire!) de lundi, rapporte que la congestion routière coûte très cher aux usagers de la route, dans le grand Montréal.  C’est que le MTQ a dévoilé une étude, jeudi dernier, qui révèle que la congestion récurrente des autoroutes, des ponts et des grandes artères, de la région montréalaise, coûte plus de 1,4 milliards$ par année aux usagers de la route, et aux entreprises.  Cela représente rien de moins qu’une hausse de 50 % en seulement cinq ans.  Les données qui ont mené aux résultats de cette étude ont été recueillies en 2003, auprès de 70,000 ménages de la grande région métropolitaine, dans le cadre d’une « Enquête origine-destination », que le MTQ réalise à tous les cinq ans.

Est-ce que cela vous étonne?  Moi, pas du tout!

Nous vivons dans une société qui a retardé le développement (l’entretien aussi, mais ça, c’est une autre histoire) de son réseau routier supérieur, et qui se retrouve maintenant avec un retard de vingt-cinq à trente ans à combler.  Le fait de rouler sur des voies rapides, qui n’ont plus de rapides que le nom, dont le bouclage n’a jamais été complété, et qui sont désormais surchargées, font évidemment que tout ce qui doit être fait est finalement fait en retard.  Le résultat est que l’on passe de plus en plus de temps sur les routes, et de moins en moins dans nos autres activités quotidiennes.  À la longue, les entreprises en viendront à déserter le grand Montréal, parce qu’il est impossible d’y circuler normalement.  Déjà, la section de la Métropolitaine que l’on décrit communément comme celle « entre les deux 15 » est congestionnée de 6h00 le matin à 20h30, et ce presque sans arrêt.  C’est un tel constat qui a conduit la ville de Boston, dans les années 1980, à aller de l’avant avec le « Big Dig », un projet qui a permis de faire passer la Central Artery (I-93), l’équivalent de notre Métropolitaine, dans un énorme tunnel, le tout conjugué avec le développement de nouvelles artères.  Je me souviens que le maire de Montréal, à l’époque, Jean Doré, se voyait déjà faire disparaître la Métropolitaine dans un tunnel, mais le MTQ n’a pas pris le bateau, et le maire Doré est resté sur son appétit.  Et nous tous, avec notre problème.

D’un autre côté, on a tout ce qui se croit « ami de l’environnement », les urbanistes, réels et improvisés, et tous les empêcheurs de tourner en rond qui viennent prétendre que les voies rapides, telles que nous les connaissons, sont désormais pratiquement inutiles, qu’il faut tout refaire aux « dimensions humaines », bref, qu’il faudrait tout raser, et envoyer la circulation ailleurs, pour ne conserver que le transport en commun.  Autrement dit, ils voudraient l’air pur de la campagne, mais la proximité de la grande ville.  Ils ont le droit de rêver en couleurs, remarquez bien.  Mais le jour où ils paieront leurs légumes plus cher, ou encore qu’ils devront faire une heure de bus, pour s’approvisionner, parce que les camions n’auront plus le droit de passer, pour aller desservir leurs petites épiceries fines, ils seront les premiers à se plaindre.

La principale question demeure; à partir de maintenant, que faire?  Si l’on ne bouge pas, tout risque de nous tomber sur la tête, et si l’on bouge, les protestations seront incontrôlables.  En attendant, tout le monde paie déjà le gros prix; 1,4 milliards$, ce n’est pas rien!

SÉAO: Quelques nouveautés

Comme je le fais à l’occasion, je me rends sur le site web du Système électronique d’appels d’offres (SÉAO), site qui présente tout plein d’appels d’offres, dont ceux du Ministère des transports du Québec (MTQ).  Parmi la multitude d’appels d’offres pour des travaux à caractère local, comme des ponts municipaux, deux demandes de soumissions plus importantes ont retenu mon attention.

thmb-auto-030 D’abord, sur l’autoroute 30, à la hauteur de Contrecoeur et de Saint-Roch-de-Richelieu, on va procéder à une réfection complète de la surface de roulement, qui est composée de dalles de béton.  On sait que dans les années 1970 et 1980, plusieurs routes, mais surtout des autoroutes, en région, furent construites de dalles de béton, et les résultats, a savoir le confort de roulement, fut souvent désastreux, à long, mais aussi à moyen et à court terme, contrairement aux chaussées de béton actuellement construites, dans les grands centres urbains, qui sont beaucoup plus résistantes.  Dans le cas qui nous concerne, l’entrepreneur devra réparer les dalles de béton, et recouvrir le tout d’une couche d’enrobé bitumineux.  Oui, oui, de l’asphalte.  Un truc qui m’a étonné, c’est que dans l’appel d’offres, on parle de « pose d’enrobés (au pluriel) bitumineux avec un véhicule de transfert ».  Je présume qu’il s’agit d’un genre de camion comme celui que l’on voit sur cette photo.  S’il est vrai que cette méthode permet de gagner du temps, je ne suis pas convaincu que le pavage soit de meilleure qualité pour autant.  Mais bon, laissons la chance à l’entrepreneur qui décrochera ce contrat.

thmb-auto-040Quant à l’autre appel d’offres qui a attiré mon attention, il s’agit de la réfection de l’autoroute 40, en direction ouest, entre le pont Charles-de Gaulle, et le boulevard Henri-Bourassa, à la pointe nord-est de l’île de Montréal.  Cette section de l’A-40 fut la première à être refaite, à la fin des années 1990, et fut refaite en asphalte, alors que la même section, en direction est, fut refaite l’année suivante, mais en béton.  La section visée par cet appel d’offres est franchement due pour une réfection, des ornières s’étant creusées sur les voies de circulation, et en particulier dans la voie du centre.  Par contre, il n’y avait que le devis, sur la liste de consultation, et une erreur de lien amenait vers la page de commande des abonnements, ce qui fait que je ne peux pas vous dire, ici et maintenant, s’il s’agira d’une réfection en asphalte, ou en béton.  Pour ma part, je préfère grandement les chaussées de béton, qui résistent beaucoup plus à l’orniérage que les chaussées d’asphalte, et ce même si la surface de roulement est plus bruyante, compte tenu du type de pneus qui équipent le véhicule que l’on conduit.

Alors voilà, c’est tout pour l’instant.  Je vous tiendrai au courant d’éventuels nouveaux développements, au fur et à mesure de mes visites sur le site web du SÉAO.

Le Québec est en faillite, selon Jean-Marc Léger

Le sondeur Jean-Marc Léger, big boss de la firme Léger Marketing, effectue un petit sondage, hebdomadairement, et en glisse les résultats dans une chronique publiée dans le Journal de Montréal.  Le titre de sa chronique, cette semaine, est plutôt évocateur; Le Québec en faillite.

Disons que monsieur Léger profite de sa chronique pour dire plus ou moins la même chose que les autres, au sujet du gouvernement de Jean Charest; il ne communique pas beaucoup, gère plutôt mal la situation actuelle, laisse ses meilleurs ministres se casser les dents, etc.  S’il y a une chose que l’on peut dire, c’est que si le Québec est effectivement en faillite, ce n’est pas la faute exclusive du gouvernement libéral actuel.  Il s’agit d’un travail – ou plutôt d’un acte de négligence – de longue haleine.  Il y a quelques jours à peine, ce lundi, pour être plus précis, c’est Joseph Facal, qui déclarait aux lecteurs de sa propre chronique, intitulée Le temps de la lucidité, et publiée dans le même journal, que si la go-gauche avait vilipendé le Manifeste pour un Québec lucide, dont il était l’un des signataires, en octobre 2005, il n’en demeurait pas moins que l’on arrivait, ces temps-ci, au point de non-retour de nos finances publiques.  Depuis le dévoilement de ce manifeste, tous les rapports de commissions demandées par le gouvernement (Castonguay, Fortin, Montmarquette, name it!) disaient que les finances publiques ne parviendraient pas à payer le train de vie que le Québec s’est donné.  Et tous ces rapports furent rapidement tablettés, n’étant pas électoralement rentables.

La ministre Monique Jérôme-Forget a beau repousser les augmentations (tarifs, TVQ) aussi loin qu’en 2011, il reste qu’il faut se rendre à l’évidence; le Québec n’a pas les moyens de ses ambitions.  Si l’on veut avoir l’honnêteté de se mettre les yeux en-face des trous, pour une fois, on devra bien admettre que pour équilibrer un budget, qu’il soit celui d’un individu, ou celui d’un état, il n’y a pas 12,012 solutions!  C’est de deux choses l’une; soit que l’on augmente les revenus, soit que l’on coupe dans les dépenses.  On a beau reporter le problème aux calendes grecques, il faudra bien, un jour ou l’autre, faire des coupes « là où ça fait mal », comme disait une certaine pub.  Évidemment, certains « précieux » devront descendre de leurs trônes dorés, et ne seront pas d’accord.  Mais si l’on veut cesser de « pelleter par en-avant », et de laisser une dette faramineuse aux générations futures, il faudra bien agir, à un moment donné.

Alors, par où on commence?

J’attends vos suggestions.