Route 158: À la recherche de l’autoroute perdue

Depuis le temps que je dis que la route 158, entre Saint-Esprit et Joliette, devait un jour devenir un tronçon de l’autoroute 50, voila donc que je suis parti à la recherche de preuves pour appuyer mes dires. Et vous savez quoi? …j’en ai trouvé!

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Nous sommes ici à Saint-Jacques-de-Montcalm, le long de la route 158, et l’on regarde en direction est. Voyez la clôture, qui est à une distance normale pour une route à deux voies sur une seule chaussée.

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Ici, à l’intersection du rang des Continuations, toujours à Saint-Jacques-de-Montcalm, en regardant vers l’ouest, cette fois, on voit très bien la ligne des arbres abattus, à gauche de la route, en fonction de la construction d’une deuxième chaussée, en comparaison avec la ligne des arbres de l’autre côté de la route, qui est normale.

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Voici la dernière innovation de la route 158, des feux de circulation à l’intersection menant à Crabtree.

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Quand on regarde de cet angle, voyez la différence entre les arbres matures et les nouvelles repousses, qui se situe tout juste au-dessus du panneau avec la flèche blanche sur fond rouge. Les arbres ont été abattus en fonction d’y construire des bretelles d’entrée et de sortie. La même chose devait se faire de l’autre côté, mais le déboisement n’a pas été effectué.

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Ici, on voit le pont qui enjambe la rivière Ouareau, à la hauteur de Crabtree. Point particulier; l’accotement, en direction est (à gauche, sur la photo), est d’environ la moitié de la largeur de celui en direction ouest, ce qui correspond à un pont autoroutier, sur lequel l’accotement de gauche est plus étroit que celui de droite. Ce pont serait en principe celui de la chaussée en direction ouest, ce qui explique l’accotement plus large de ce côté.

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Cette photo fut prise entre Crabtree et Saint-Paul. Vous voyez la distance considérable entre la route et la clôture? En fait, vous la voyez, la clôture? On la voit bien quand on regarde à droite, sur la photo. Il y a tout l’espace requis pour construire la deuxième chaussée.

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Le promontoire que l’on voit à gauche du panneau n’est pas une butte naturelle. Elle a été élaborée de main d’homme pour la construction de la deuxième paire de viaducs surplombant le chemin Saint-Jean, et le chemin de fer du CN.

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Ici, vue de la route 158, en direction ouest, avec le pont de la rivière l’Assomption, et le feu de circulation de la rue Saint-Pierre, à Joliette. La photo fut prise du haut du viaduc du boulevard Base-de-Roc. Voyez le rapprochement des deux chaussées.

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Vue en direction est, cette fois, depuis le même viaduc. Les deux chaussées sont plus éloignées l’une de l’autre, si on regarde le déneigement effectué. Dans les faits, les deux chaussées sont tout aussi rapprochées, mais ce qu’on voit ici, ce sont les « voies de service » du grand échangeur qui connecte la route 158 à l’autoroute 31. Si vous regardez au-dessus de l’espèce d’amoncellement, entre les deux voies, un peu vers la droite, vous voyez deux petits points foncés; il s’agit de deux balises, qui marquent a fin des chaussées rapprochées, qui n’avaient pas été construites à l’époque.

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Ici, je suis à l’endroit où les chaussées rapprochées reprennent, après l’échangeur de l’A-31. À quelques 100 mètres derrière moi se trouve l’intersection de la route 158 est, vers Berthierville, du chemin des Prairies, qui mène vers le centre-ville de Joliette, et de la route 131 nord, vers Saint-Félix-de-Valois. Au loin, c’est le viaduc de l’A-31, sous lequel on voit que l’espace est là pour accueillir les chaussées rapprochées.

Eh oui, les dernières photos sont sombres. Fidèle à mes habitudes, je me suis fait prendre par le soleil baissant. Il faudrait idéalement que je retourne dans ce coin à la fonte des neiges, avant que les herbes hautes envahissent les clôtures, afin que l’on puisse voir encore mieux les terrains délimités par ces clôtures qui, avouons-le, portent mal le poids des années.

Pour mieux voir la configuration de l’échangeur de la route 158 et de l’A-31, vous pouvez aussi aller voir des photos aériennes sur un logiciel comme Google Earth. La majeure partie de l’échangeur est visible en gros plan, et on y voit bien le détail des voies rapprochées, près de l’intersection des routes 131 et 158, à droite de l’échangeur. Des photos semblables à cells que j’ai prises, croquées en été, cette fois, sont disponibles sur cette page du site web « Les autoroutes du Québec« .

Saint-Lin: La patience enfin récompensée

Le 5 janvier dernier, je publiais un billet sur la patience des gens de Saint-Lin, qui fut enfin récompensée puisqu’ils ont eu droit à leur pont tout neuf à temps pour les fêtes. Voici donc quelques images du nouveau pont tant attendu.

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Les bases du nouveau pont, qui se conjuguent avec le barrage de la rivière de l’Achigan. On voit qu’il reste quelques trucs à compléter, mais c’est un bel ouvrage.

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Vu de dessus, il est encore plus beau! Bon, je veux bien croire que la beauté d’un tel ouvrage est quand même relative, et que le fonctionnel a eu priorité sur l’esthétique, mais c’est tout de même du beau travail.

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Comme je le disais, il reste bien certaines choses à récupérer, et je suis convaincu qu’il y en aura encore d’autres à la fonte des neiges.

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Autre coup d’oeil, du sud vers le nord, qui nous montre un bel ouvrage.

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Il reste quelques trucs de finition à réaliser, comme l’approche nord, que l’on voit ici, et qui brasse un peu, au passage.

Bref, un autre dossier terminé. Je sais que je tape assez fort sur le clou du MTQ, mais il faut aussi souligner les bons coups du ministère des transports. Et après des mois – pour ne pas dire des années – de tergiversations de toutes sortes, la population de Saint-Lin peut maintenant dire « Mission accomplie » en ce qui a trait à ce dossier, et souhaiter avoir la paix pour de nombreuses années.

Cols bleus de Montréal: La tutelle, pourquoi pas?

Suite à l’annulation de l’édition 2008 de la Fête des neiges par la Société du parc Jean-Drapeau, la chaîne télévisée ARGENT a parlé à deux personnes aux vues diamétralement opposées; l’ancien ministre du travail libéral Jean Cournoyer, et le président du syndicat des cols bleus de Montréal, Michel Parent.  Alors que Parent se faisait aller la gueule, comme à chaque fois qu’il se montre dans les médias, Cournoyer y est allé d’une idée qu’il a lui-même appliquée à d’autres syndicats, à l’époque où il était ministre, soit de mettre le syndicat des cols bleus en tutelle.  Évidemment, les deux extraits d’entrevue m’ont laissé sur mon appétit.  Mais il n’en demeure pas moins que le syndicat des cols bleus de Montréal pèse pas mal trop lourd au sein de la ville, et ce poids se fait drôlement ressentir sur le compte de taxes des propriétaires montréalais.

Il reste une solution pour remettre le syndicat des cols bleus à sa place, et cette solution est législative.  On pourrait la surnommer « la loi anti-trust du travail ».  Il s’agirait de modifier le code du travail afin qu’à la fin d’une convention collective, un employeur du domaine public puisse faire un appel d’offres, comme il le fait pour n’importe quel contrat, appel d’offres sur lequel le syndicat pourrait appliquer, comme pourrait aussi le faire toute autre entreprise, autant publique que privée.  Le contrat de travail serait accordé au plus bas soumissionnaire.  Les syndicats surpuissants, ou omniprésents, comme celui des cols bleus de Montréal, n’auraient d’autre choix que de concurrencer les autres entreprises soumissionnaires s’ils veulent conserver les emplois de leurs membres.  Avec une telle loi, la concurrence pourrait enfin prendre sa place dans les services municipaux.

Bien sûr, le syndicat des cols bleus, ainsi que plusieurs de ses membres, seront tout à fait contre une telle façon de faire.  Ils sont actuellement protégés par la situation de monopole qu’ils exercent sur la ville de Montréal, et cette situation leur permet de jouer les trouble-fête, même en n’étant pas officiellement en grève, comme c’est le cas pour l’annulation de la Fête des neiges.  C’est ce même monopole syndicalo-étatique qui a permis à la FTQ de faire construire le complexe Louis-Laberge, sur le boulevard Crémazie.  De l’extorsion de fonds pure et simple, au nom de la so-so-so-solidarité.

Histoire de neige

Cette fois, nous y sommes bien. L’année 2008 est commencée depuis plus de 24 heures, et en ce 2 janvier de ramassage de neige, je me suis permis quelques poses, compte tenu que cela faisait longtemps que je n’avais pas mis de photos ici. Alors voilà ce que j’ai glané autour de chez moi, à Anjou.

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Le boulevard Châteauneuf, à Anjou, avec un côté où la neige n’est pas encore ramassée.

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Voici ce que l’on met pour annoncer le ramassage de la neige, à Anjou. Ici, le ramassage se fait selon un horaire de 16 heures de travail par jour, contrairement à l’ancienne ville de Montréal, où cela se fait 24 heures sur 24. L’avantage d’une simple affichette de carton, montée sur un bâton de bois, c’est que si l’affichette se retrouve dans la souffleuse, elle se cassera facilement, et ainsi ne brisera pas l’équipement.

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On peut voir ici qu’au moment de la photo, l’avenue Guy n’avait pas encore reçue la visite des ramasseurs de neige.

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Le propriétaire de cette voiture, stationnée sur l’avenue Guy, devra se dépêcher à la dégager, sinon, elle subira le supplice de la dépanneuse.

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La propriétaire de cet édifice à logements, aussi situé sur l’avenue Guy, m’a laissé prendre cette pose de son balcon, qu’elle avait pourtant déneigé à trois reprises.

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Quant au balcon du deuxième étage, n’en parlons même pas!

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Voici la pièce de résistance de l’opération ramassage de la neige, du moins pour l’action qui se passe dans les rues de la ville, dont ici, sur l’avenue Georges.

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Et maintenant, toujours sur l’avenue Georges, nous voyons la bouffeuse de congères à l’oeuvre.

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L’effet combiné de la neige et du vent fait que les propriétaires de ce semi-détaché, situé sur l’avenue Rhéaume, auraient avantage à bien déneiger la toiture de leur immeuble, et ce avant que cette neige ne tombe sur la tête de quelqu’un.

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Ici, nous pouvons constater que la neige ne s’est accumulée que sur l’avant-toît situé à l’avant de l’édifice, au-dessus du balcon du deuxième étage. Celui-ci devrait être déneigé pour des raisons de sécurité. Par contre, cette neige accumulée donne une toute autre allure à l’arbuste, situé devant la propriété de l’avenue Rhéaume.

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Toujours sur l’avenue Rhéaume, la toiture de cette maison nous montre bien que la neige, soufflée par le vent, s’est accumulée surtout sur la partie avant du toît. Si cette situation a donné à la propriété des allures de carte postale, la neige accumulée n’en demeure pas moins dangereuse.

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Cette fois, on peut voir l’avenue Rhéaume complètement nettoyée.

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Voici donc ce qui arrive à ceux qui ne déplacent pas leur voiture à temps pour l’opération ramassage de la neige; le supplice de la dépanneuse. Ici, on voit une voiture qui a été déplacée de son stationnement original, et transportée dans un endroit dégagé, dans ce cas-ci au coin du boulevard Châteauneuf et de l’avenue Rondeau. Derrière la voiture remorquée, le véhicule du fonctionnaire qui distribue allègrement les billets de contravention. Le type est à compléter le billet, qu’il déposera sous l’essuie-glace de la voiture. Décevante surprise pour son propriétaire.

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Déplaçons-nous maintenant sur le boulevard Ray-Lawson, dans le parc d’affaires Anjou, sur le site du dépôt à neige de la ville. Nous voyons des camions qui font la file avant d’entrer sur le site, qui peut recevoir entre 20 et 30 camions chargés de neige… à la minute!

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Une fois passés à la guérite, les camions se dirigent vers la montagne de neige, que l’on voit en arrière-plan, pour vider leur chargement directement sur le sol. Une fois les camions partis, une énorme souffleuse projette la neige au sommet de la montagne. Celle-ci mettra des mois à fondre complètement, le printemps venu.

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À gauche, sur la photo, au dessus du camion, ce n’est pas un nuage, que l’on voit. C’est la neige projetée par l’énorme souffleuse qui va augmenter le volume de la montagne de neige.

Le ramassage de la neige donne de l’emploi à de nombreux propriétaires-opérateurs de camions de transport en vrac qui autrement, trouveraient les mois d’hiver plutôt longs. Selon les adresses que l’on pouvait voir sur les divers véhicules de transport (camions-bennes à 10 ou 12 roues, camions-remorques), certains viennent d’aussi loin que Vaudreuil-Dorion, de Saint-Jean-de-Matha, ou même de la Mauricie. Évidemment, cette opération de ramassage de la neige coûte passablement cher; on parle d’environ un demi-million de dollars pour le seul arrondissement d’Anjou, alors imaginez pour toute la ville de Montréal. C’est entre 15 et 20 millions$ pour chaque précipitation de neige le moindrement abondante. Et c’est payé avec vos taxes, gens de Montréal!

Où vont les transports en commun? Chez l’diable, monsieur!

Lu sur Le Devoir.com, ce jeudi 27 décembre, une lettre d’opinion écrite par monsieur Luc Cloutier, dont je reproduis le texte ici (en espérant que Le Devoir ne me fasse pas d’emmerdes), ce qui vous permettra, comme à moi, d’y réagir, ce qu’il est impossible de faire sur le site du journal, à tout le moins pour ce genre d’article. Voici donc le texte de la lettre.

« Il y a près de 11 ans que je demeure à Montréal et mes seuls et uniques moyens de transport sont l’autobus et le métro.

Je n’ai jamais vu de ma vie une telle détérioration du service de la STM. Ces deux dernières semaines ont été extrêmement éprouvantes tant pour moi que pour un nombre considérable d’usagers. Le ras-le-bol est atteint, et j’ai bien peur que la STM ne soit plus capable de renverser le cours des choses. Les usagers n’en peuvent plus… J’ai vu cette semaine de l’agressivité des usagers, des gestes inquiétants de chauffeurs exténués par l’état de la situation. Un chauffeur a même arrêté complètement son autobus (pas d’éclairage ni chauffage) au coin de Saint-Michel et Rosemont parce qu’un usager manifestait verbalement haut et fort son écoeurement profond à cause de la piètre qualité du service de la STM. Je crois que le problème est rendu tel — et ce n’est pas une question de tempêtes de neige — qu’une intervention des politiciens et des médias s’avère nécessaire afin d’apporter des solutions véritables et non accessoires. Il y a présentement à Montréal une population silencieuse prise en otage devant la détérioration inquiétante des transports en commun. »

Cher monsieur Cloutier.

Il est facile de constater que le transport en commun, sur le territoire de la STM, s’en va chez l’diable, pour prendre une expression populaire. À cause, entre autres mais sans s’y limiter, des conventions collectives de plus en plus coûteuses à appliquer, les coûts d’exploitation de la STM deviennent exhorbitants. Or, comme on ne peut pas demander une augmentation, si minime soit-elle, sans provoquer une levée de boucliers de la part de tous les groupuscules le moindrement organisés (c’est à dire dont les membres n’ont supposément pas les moyens d’absorber une hausse de 1,25$ de la passe mensuelle, mais qui ont tout l’argent qu’il faut pour noliser des autobus afin d’aller manifester), la STM, qui peut ainsi difficilement hausser ses revenus, se tourne donc de l’autre côté et coupe où elle le peut. Évidemment, à la longue, elle en est rendue à couper là où ça fait mal, c’est à dire dans la base même des services aux usagers.

Excusez-moi, monsieur Cloutier, si cette affirmation remet en question vos croyances les plus profondes, mais je peux vous affirmer qu’une intervention, qu’elle provienne des médias, ou de quelque politicien que ce soit, ne changera malheureusement rien à la situation qui prévaut à la STM. Le problème de cette société de transport est beaucoup plus profond. Il est dans les racines mêmes du système. Voyez-vous, monsieur Cloutier, la STM, comme la plupart des services gouvernementaux, profite d’une situation de monopole, c’est à dire que la STM n’a pas de concurrence. Ce que vous vivez présentement représente les effets nocifs de ce même monopole; quand il n’y a aucune concurrence, on se fout royalement que les clients soient satisfaits, puisque ceux-ci n’ont aucune solution de rechange possible. La STM peut donc se permettre d’offrir un service pourri, tout en faisant fi des critiques le temps que les clients s’y habituent. Si la loi permettait à une autre compagnie – ou à plusieurs autres – d’offrir un service de transport en commun indépendant de celui de la STM sur le territoire de l’île de Montréal, autrement dit si la concurrence était légale dans ce domaine, la STM n’aurait pas d’autre choix que de trouver des solutions qui plaisent à la clientèle, sinon elle roulerait constamment des autobus vides. Autre point, de par le fait que la STM soit une société que l’on pourrait qualifier de « gouvernementale », elle peut accumuler des déficits annuels sans trop de problèmes, puisqu’elle pourra toujours se tourner vers les villes, ou encore vers le gouvernement québécois, pour les éponger, ce que ne pourrait faire une entreprise privée.

Savez-vous, monsieur Cloutier, que le titre qui vous permet de prendre le métro et l’autobus ne paie qu’environ 30% des coûts du transport en commun? Je ne dis pas cela pour vous culpabiliser, mais les usagers du transport en commun montréalais sont parmi ceux qui paient la plus petite part de ce que coûte réellement le transport en commun. Une part équivalente, soit un autre 30%, est payée par les automobilistes, à raison de 30$, prélevés annuellement par la SAAQ, pour chaque immatriculation d’un véhicule de promenade, plus 1,5 cents prélevés sur chaque litre d’essence vendu dans le grand Montréal. La plupart de ces automobilistes paient autant que vous, globalement, mais ne mettent jamais les pieds dans les autobus ou dans le métro. Il s’agit là d’une injustice, parce que contrairement à vous, les automobilistes n’ont pas choisi de payer ces sommes; on les prend directement dans leurs poches. Si vous et moi tentions de faire pareil, on nous accuserait de vol, mais comme c’est gouvernemental, cela devient une contribution volontaire, et personne n’a plus rien à dire. Les 40% restants des coûts du transport en commun sont versés par les villes, à même leur budget, c’est à dire par vous et moi, que l’on soit propriétaire (via le compte de taxes municipales) ou locataire (via le loyer, parce qu’une partie de celui-ci sert évidemment à payer les taxes). Ainsi, si les usagers devaient financer eux-mêmes le coût entier du service qu’ils utilisent, ou autrement dit, si l’on appliquait ce que l’on appelle le principe de l’utilisateur-payeur au transport en commun, la passe mensuelle régulière coûterait environ 220$, au lieu des 66,25$ qui seront exigés à compter du 1er janvier 2008.

Comme vous pouvez le voir, monsieur Cloutier, la frustration que vous vivez, comme de nombreux autres usagers, commence à rejoindre celle des automobilistes qui voient les impôts et taxes qu’ils paient régulièrement aller vers les transports en commun au lieu d’être affectés à la réfection de routes existantes, ou à la construction de nouvelles. Le réseau routier supérieur (les voies rapides) connaît un retard de plus ou moins 25 ans dans son développement, et ce sont les automobilistes qui en paient chaque jour le prix. Mais sur ce point, les automobilistes ne sont pas les seuls à souffrir. L’industrie et le commerce – qui emploie la plupart des gens – essuie des pertes annuelles de revenus d’environ un milliard de dollars à cause des bouchons de circulation, et ces pertes augmentent de 10 à 20% à chaque année. À long terme, cette situation risque de provoquer un exode des entreprises, non pas vers les banlieues de Montréal, mais vers d’autres grands centres, comme Calgary, Toronto ou Vancouver, ou encore vers les USA ou d’autres pays à travers le monde. Il s’agira là de pertes nettes d’emplois, donc de revenus pour les gouvernements, qu’ils soient municipal, provincial ou fédéral. Et qui dit pertes de revenus gouvernementales dit forcément coupures dans les services, y compris celui du transport en commun. Ainsi, l’attitude des environnementalistes, qui vise à s’opposer à tout développement du réseau routier, devient une nouvelle épée de Damoclès pour l’économie du grand Montréal en général, et pour les utilisateurs du transport en commun en particulier.

Donc, monsieur Cloutier, si vous voulez que la STM offre de meilleurs services, il vous faudra communiquer avec tous vos représentants politiques, que ce soit votre conseiller municipal, votre maire, ainsi que vos députés, provincial et fédéral, et leur demander de libéraliser l’économie, afin de permettre à plus de gens de se lancer en affaires, d’éliminer toutes les situations de monopole, et de faire en sorte que la saine concurrence permette à de nombreuses entreprises d’offrir des services de qualité au meilleur prix possible.