Pont de l’île d’Orléans: Il faudra vous y habituer

Un article de Matthieu Boivin, du quotidien Le Soleil, parle des derniers rebondissements dans l’affaire du pont de l’île d’Orléans, dont le tablier, contrairement au reste de la structure, affiche sérieusement ses 73 ans, et nécessite une réfection complète.  Réfection dont les principaux travaux ne débuteront pas avant 2009.

Certains auraient souhaité profiter de ce chantier majeur pour installer une ou des passerelles latérales au pont, afin d’y diriger les piétons et les cyclistes, et ainsi amoindrir les risques d’accident, les deux voies du pont étant plutôt étroites.  D’autres, devant la facture salée de tels travaux, ont pensé à y instaurer un péage.  Il faut d’abord comprendre que l’île d’Orléans est habitée par moins de 7000 personnes, réparties dans six municipalités.  Sur l’unique pont menant à l’île, il circule autour de 9000 véhicules par jour – et non pas par heure – en hiver, et 14,000 en été, pour une moyenne annuelle de 11,700 véhicules par jour.  Quant au volume de cyclistes qui s’y rendent, les plus grosses pointes font état de 300 vélos par jour, ce qui est loin d’être énorme, dans un cas comme dans l’autre.  Aussi, le fait d’investir une petite fortune – 80 millions$ sans compter les passerelles – semble injustifié, surtout devant certains besoins urgents à combler, et l’état de décrépitude du reste du réseau routier.  De là l’idée d’imposer un péage, aux yeux de plusieurs.  Par contre, on sait que lorsqu’il existe un seul lien, le MTQ y maintient la gratuité.  Il y a aussi le fait que l’installation d’un système de péage risque de ne pas être rentable, le système lui-même ne couvrant possiblement pas ses propres frais.

En ce qui a trait aux passerelles, le fait qu’il s’agisse d’un pont suspendu requiert que tout ajout au pont soit étudié en soufflerie, afin de ne pas mettre en péril l’équilibre même du pont.  Aussi, en ne construisant qu’une seule passerelle, le pont se retrouverait plus instable, donc moins sécuritaire en cas de grands vents.  Il faudrait donc en construire deux, soit une de chaque côté du pont, afin que celui-ci demeure stable.  Or, le coût des deux passerelles, à lui seul, pourrait varier de 20 à 35 millions$.  Selon les propos de Jean-Louis Loranger, sous-ministre adjoint au MTQ pour la région de Québec, interrogé par Boivin, il semble que l’idée ne sera pas retenue, même si elle est encore à l’examen.

Constatant cela, je me demande pourquoi ne pas donner un grand coup dès maintenant.  Je veux dire, la région de la Capitale-Nationale aura besoin d’une traversée supplémentaire avant longtemps, et d’aucuns la voient à l’est de la vieille ville de Québec.  De plus, le viaduc de l’échangeur A-40/A-440, situé à moins de deux kilomètres du pont de l’île d’Orléans, est conçu pour supporter la circulation en provenance d’un pont transfluvial.  Alors pourquoi ne pas en profiter pour faire d’une pierre deux coups, et procéder maintenant à la construction d’un nouveau pont autoroutier entre Québec et Lévis, qui passerait par l’île d’Orléans?  On pourrait ainsi économiser sur la réfection du pont suspendu de l’île, et le rénover de façon à en faire un pont davantage touristique, sur lequel les camions seraient interdits, devenant ainsi plus sécuritaire pour piétons et cyclistes.

Évidemment, les pouvoirs publics ont une vision à long terme qui s’arrête au bout du mandat de gouvernement, ce qui est plutôt flou.  Aussi, je ne m’attends qu’à des réponses négatives devant un tel projet.

Secteur manufacturier: Est-ce la fin d’une époque?

Beaucoup de journalistes, qui couvrent les faits et gestes sur la colline parlementaire fédérale, ne cessent de nous répéter qu’il y a un parfum de campagne électorale dans l’air, et plusieurs chefs, dont Gilles Duceppe, du bloc québécois, exigent que le gouvernement conservateur mette des milliards de dollars pour venir en aide au secteur manufacturier, qui bat de l’aile au pays présentement.  Or, je viens de lire un texte d’André Pratte, de La Presse, intitulé « Un recul inévitable« .

Je constate que les dires de Pratte font beaucoup de sens.  Oui, c’est vrai qu’il se perd des milliers d’emplois dans le secteur manufacturier, en fait 72,000 emplois au Québec en 2 ans, mais ils furent remplacés par des emplois dans le domaine des services, et pas nécessairement des emplois précaires.  Plus de 188,000 emplois ont été créés depuis deux ans, et ce dans les domaines des services professionnels et techniques, du transport et de l’entreposage, ainsi que dans le commerce de gros.  La majorité de ces emplois sont à temps plein, et très bien payés, selon l’article d’André Pratte.

Selon moi, la question de l’emploi est plutôt relative, puisque malgré le nombre d’emplois du secteur manufacturier qui baisse sans cesse depuis cinq ans, le taux de chômage baisse lui aussi, atteignant des creux historiques.  C’est donc dire que ce n’est pas l’emploi comme tel qui est le problème, mais plutôt le secteur manufacturier qui perd des plumes.  Il en est ainsi dans la très grande majorité – pour ne pas dire la totalité – des pays industrialisés.  Et la raison en est bien simple; le monde évolue.  Les pays émergeants ont une main-d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, et malgré qu’ils gagnent peu, ce que l’on considère chez nous comme des salaires de misère représente une richesse inespérée pour eux.  Ces gens-là feront comme nous; ils apprendront ce qu’est le pouvoir d’achat, ils deviendront consommateurs, puis tenteront d’améliorer leur sort quand ils le compareront avec ce qui se passe ailleurs dans le monde.  Comme nous l’avons fait, nous aussi, à une certaine époque.

Le monde est en train de s’équilibrer.  D’une année à l’autre, de plus en plus de gens s’enrichissent.  Évidemment, il reste encore beaucoup – trop – de gens qui doivent se débrouiller avec moins d’un dollar par jour, et des milliers d’enfants meurent encore chaque jour des suites de la malnutrition.  Par contre, sauf en Afrique, tous les continents voient une amélioration du niveau de vie de leurs citoyens, ce qui me permet de croire que l’on est sur la bonne voie.  Il faut toutefois être prudents; il ne suffirait que de quelques pays, qui prendraient la décision de tout chambouler, pour que l’on replonge.  Prenons par exemple le Venezuela.

Ce pays d’Amérique du Sud se débrouillait pas trop mal, et son secteur pétrolier lui permettait les meilleurs espoirs.  Ça allait bien jusqu’à l’arrivée de Hugo Chavez.  Il a pris le pouvoir en promettant une autre vision de l’économie, celle qu’il appela « le socialisme du XXIe Siècle ».  On en voit aujourd’hui les résultats; Nathalie Elgrably-Lévy nous rapportait, dans sa chronique du Journal de Montréal du 14 février dernier, qui traitait justement d’une autre vision de l’économie, que les vénézuéliens manquent de tout.  Le lait, les oeufs, l’huile, la farine, le sucre, le maïs, le poulet, etc., font défaut, là-bas.  Il manque aussi de médicaments, de pièces d’autos, de produits d’hygiène personnelle, et même de papier hygiénique!  À défaut de les trouver sur le marché conventionnel, on doit les chercher sur le marché noir, selon cet autre article de La Presse.  Et avec tout ce qui s’est passé au sujet des champs pétroliers de l’Orénoque ces derniers mois, la production de pétrole a sensiblement diminué.  L’inflation, pour l’année 2007, a atteint pas moins de 22,5%.  Ce n’est pas pour rien que Hugo Chavez a lancé son nouveau bolivar.

La liberté économique fait des merveilles partout – ou presque – dans le monde.  Les preuves s’accumulent pour démontrer que c’est lorsque l’on tente de l’entraver que les problèmes commencent.  Pour le reste, ce n’est qu’une question d’adaptation.  Le secteur manufacturier est en déclin chez nous, comme ailleurs dans les pays industrialisés, mais notre économie compense de façon formidable.  Tout ce que nous devons faire, c’est de s’adapter.

3G$ investis: Le réseau routier est bel et bien en décrépitude!

Avec l’annonce faite hier par la ministre des transports du Québec, Julie Boulet, rapportée ici par LCN, la population du Québec prend acte de l’état de décrépitude avancé du réseau routier québécois.  Imaginez; 3 milliards de dollars investis – 2,7G$ par Québec, plus 0,3G$ par les villes et le fédéral – pour la seule année budgétaire 2008-09, pour un total de plus de 12 milliards d’ici 2012, afin de développer le réseau routier, bien sûr, mais aussi – et surtout – pour en rénover les éléments existants, qui en ont bien besoin.  Si les investissements annoncés sont des suites directes de la commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc Concorde, à Laval, ils justifient à eux seuls les 245$ l’heure versés à Pierre-Marc Johnson.

Évidemment, ce n’est pas moi qui va s’opposer à de tels investissements dans le réseau routier, qui étaient dûs depuis trop longtemps.  Le MTQ a étiré l’élastique au point de le rompre – parlez-en aux familles des victimes du viaduc Concorde!  Il faut maintenant rattraper le temps perdu.  Quand on sait que, pour toutes sortes de raisons, l’inflation dans le domaine de la construction routière fait que le coût d’un projet double aux cinq ans, chaque année passée à attendre fait augmenter la facture de façon astronomique.

Cette année seulement, les automobilistes québécois auront à composer avec pas moins de 1850 chantiers, à la grandeur du Québec.  Mais heureusement, les municipalités seront gagnantes, cette fois, parce que le MTQ a repris l’entretien des ponts et structures dans les municipalités de moins de 100,000 habitants, réparant ainsi la bourde commise par Claude Ryan lors de son passage aux affaires municipales il y a 15 ans.  J’espère seulement que moins d’argent sera investi dans des études à n’en plus finir, et davantage dans les travaux comme tel; pas que les études ne soient pas nécessaires, mais quand on a déjà investi des millions$ sur le comportement de la truite mouchetée, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de recommencer à chaque projet.  Ce sont de telles études, entre autres, qui font grimper le coût des projets routiers vers des sommets faramineux.

Autre point; comment se fait-il que les projets de développement du réseau routier n’avancent pas?  Cela fait trois ans que les travaux de l’échangeur A-15/A-30, au sud de la voie ferrée du CP, aux limites de Delson, Candiac et Saint-Constant, ont été entrepris, et ceux-ci ne sont pas encore terminés.  À ce rythme, les 10 kilomètres à construire pour se rendre à l’autre section de l’A-30 prendront au bas mot… 30 ans!  Il faut arrêter de faire des travaux pour montrer au public qu’on travaille, mais bien faire des travaux pour faire avancer les projets, afin qu’ils cessent d’être des projets, et deviennent une fois pour toutes des réalités.  Quand on compare les divers travaux à l’autoroute Décarie, les chiffres sont étonnants; lors de sa construction, en 1967, pas moins de 21 viaducs furent érigés en 4 mois seulement.  Lors de leur reconstruction, au début des années 2000, il a fallu 4 ans pour faire le même travail!  J’en viens à croire qu’il n’y a pas seulement inflation monétaire, mais aussi inflation de temps.

Tout cela pour dire qu’il était grandement temps que le MTQ s’ouvre les yeux sur l’état de ses infrastructures.

Clôture hors de prix: Merci aux manifestants!

La Presse canadienne publie un court article dans lequel elle rapporte que la clôture installée autour du complexe hôtelier de Montebello l’été dernier, en rapport avec la tenue de la rencontre au sommet entre Stephen Harper, George W. Bush et Felipe Calderon, aurait coûté 875,000$, soit environ quatre fois la valeur marchande d’une telle clôture.

Mais pourquoi les lieux, où se tiennent de telles rencontres, doivent-ils nécessairement se transformer en de véritables forteresses?  La réponse est pourtant très simple; les manifestants ont fait preuve de beaucoup de violence depuis les dernières années, et il devient donc impératif de ne prendre aucune chance quant à la sécurité des participants lors de ces rencontres.  Personnellement, si j’étais responsable des mesures de sécurité, je facturerais les organisations qui ont tenu des manifestations.  C’est vrai; celles-ci ont prouvé qu’on ne peut plus leur faire confiance lors de tels événements; elles évoquent qu’elles sont elles-mêmes infiltrées par des « fauteurs de troubles » pour se disculper de tout le grabuge qui se tient dès qu’une réunion de dirigeants politiques est annoncée.  Si ces organisations n’avaient pas commencé à s’attaquer aux forces de l’ordre en troublant violemment les réunions par le passé, nous n’en serions pas là.

La meilleure façon de faire avancer ses points face aux dirigeants politiques n’a jamais été de les empêcher de tenir leurs réunions, mais bien de se présenter face à eux lors d’élections.  Si le PQ a remporté les élections générales de 1976, ce n’est pas parce que Jacques Lanctôt a servi du pâté chinois à James Richard Cross, ou encore que certains de ses complices ont abattu le ministre Pierre Laporte, en 1970, mais bien parce que René Lévesque a passé des années à convaincre suffisamment de gens pour faire élire un gouvernement majoritaire à Québec.  Aussi, à mes yeux, des manifestations violentes n’auront jamais leur place lors d’événements comme des rencontres au sommet, et devraient systématiquement être réprimées, ainsi que leurs organisateurs traduits en justice.

Alors si vous trouvez que la clôture a coûté trop cher, vous n’avez qu’à dire merci aux manifestants.

Locataires indésirables: Un cas parmi tant d’autres

Une nouvelle publiée dans Le Nouvelliste, quotidien de Trois-Rivières, sous la plume de Paule Vermot-Desroches, nous fait part de la découverte pour le moins décourageante d’un propriétaire de logements.  Stéphane Lagacé possède une quarantaine de logements à travers la région de la Mauricie depuis une quinzaine d’années, et a connu sa part de locataires indésirables, mais ce qu’il a constaté dans son logement de la rue Sainte-Anne, à Yamachiche, lui a littéralement scié les bras.

Quand on pense à des types comme François Saillant, du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), pour qui les locataires sont tous victimes des « méchants propriétaires », j’aimerais bien que Saillant prenne un type comme ce locataire indésirable comme chambreur, pour une couple d’années.  Monsieur Lagacé s’attend à des réparations d’au moins 10,000$ à son logement, et ce sans compter qu’il avait prêté différentes pièces d’ameublement à ce locataire, qui avait bien peu au moment de son emménagement.  Évidemment, tous ces meubles, et appareils ménagers, sauf un, sont disparus quand le locataire a quitté.  Ajoutons à cela plus de 1500$ en frais juridiques dans ce seul cas, et on comprend que Stéphane Lagacé se retrouve à son tour… démuni.

Dans le grand Montréal, combien y a-t-il de ce genre de locataires?  Beaucoup plus qu’on pourrait le croire.  Qu’un locataire ait à faire face à des difficultés financières, ça peut arriver; je l’ai moi-même vécu, dans un passé pas si lointain.  Mais causer pour plus de 10,000$ de dommages, des dommages à ce point importants qu’il est impossible de louer le logement avant que des travaux d’importance soient réalisés, c’est vraiment le comble!  Je me demande d’ailleurs pourquoi le nom du locataire n’a pas été cité dans l’article; avait-il moins de 18 ans?  Je serais d’avis que le nom d’un locataire qui cause de tels dommages dans une unité de logement soit publié, afin de faciliter son retracement, et qu’il soit amené devant la justice pour répondre de ses actes.  Parce que pour l’instant, il est disparu dans la nature, le type en question.  Il peut réapparaître n’importe où, et peut-être même démolir un autre logement.  D’un autre côté, cet individu a peut-être d’autres sortes de problèmes, et il aurait peut-être besoin d’aide psychologique?  On ne démolit pas un logement que l’on ne peut plus payer, quand même.

Cette affaire illustre bien ce que vivent certains propriétaires face à des locataires indésirables.  Ce cas n’en est qu’un parmi tant d’autres.  Mais j’espère que la publication de ce cas, ainsi que d’autres qui surviennent régulièrement un peu partout au Québec, amènera tous les François Saillant de ce monde à réfléchir à deux fois avant de jeter tous les blâmes sur les propriétaires, quand il est question de logement.