A-40, à Maskinongé: La nouvelle aire de services ne devait pas être ouverte le 1er septembre?

C’est Sylvain Lacroix, un commentateur régulier du Blogue de Richard3, qui me faisait remarquer, liens vers un quotidien local à l’appui, que l’aire de services de Maskinongé, sur l’A-40, entre les sorties 160 et 166, n’était pas encore commencée, alors que selon le calendrier de réalisation du MTQ, elle devait entrer en service le 1er septembre dernier.  J’ai profité d’une journée de congé imprévue pour aller y jeter un oeil.

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Je me suis stationné à l’autre halte routière, toujours en opération, en direction ouest, et qui restera inchangée, pour l’instant.  J’y ai vu une installation pour le moins bizarre, dans le sens qu’elle ne profite d’aucune protection (lire: glissière de sécurité) contre les sorties de route, et que sa capacité portante n’est que d’une demi-tonne.  Quand on sait qu’une bagnole comme la mienne pèse déjà 900 kilos, la moindre perte de contrôle risque de sérieusement endommager ces installations.  D’ailleurs, parlant d’installations, le petit pylône, que l’on voit sur la première photo, supporte une station météoroutière, construite au coût de 150,000$, avec l’aide du gouvernement fédéral.

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Entre les deux chaussées de l’autoroute, les installations d’épuration des eaux usées, qui servent aux deux haltes routières, sont également modifiées, afin de supporter la demande supplémentaire, générée par la nouvelle aire de services, qui remplacera la halte en direction est.

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Si vous osez descendre dans ce trou d’homme, vous savez ce que vous risquez, maintenant.  Tenez-vous le pour dit.

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Voici une vue générale de l’endroit où devait se trouver la nouvelle aire de services Baie-de-Maskinongé, et qui devait être ouverte depuis trois semaines, au moment de ma visite.  Les anciens bâtiments de la halte routière, soit le bloc sanitaire et le bureau d’informations touristiques, ne sont pas encore démolis.  L’espèce de truc gris, que l’on voit sur les photos, près de la machinerie lourde, est une pompe, qui sert à assécher…

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…ce trou, dans lequel une armature a été assemblée, et attend d’être bétonnée.  Par la forme, je présume qu’il s’agit d’un réservoir, à être relié au système d’égout, semblable à celui qui ne porte qu’une demi-tonne, de l’autre côté.  Il est situé sensiblement au même endroit, soit entre la chaussée et la voie d’accès à la halte routière,…

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…qui est également retravaillée, afin d’accueillir la nouvelle aire de services.  Sur le site web du MTQ, un dossier, en format PDF, nous montre les fiches des 7 nouvelles aires de services à être aménagées en partenariat public-privé (PPP).  En fait, deux sont déjà existantes, et seront prises en charge par le partenaire privé, alors que les cinq autres sont à construire, dont celle de Maskinongé, qui devrait comprendre deux restaurants, un dépanneur, et un bureau d’informations touristiques.  La fiche de Maskinongé est la sixième, dans le dossier du MTQ.

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Voici le bâtiment qui renfermait le bureau d’information touristique, dont le revêtement extérieur montre un état de décrépitude avancé, alors que le plancher, à l’intérieur, est littéralement jonché de mouches mortes.

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L’autre bâtiment, qui abritait le bloc sanitaire, semble moins délabré que l’autre, mais c’est seulement parce que le revêtement avait déjà été remplacé par un parement en plastique.  Les deux bâtiments seront rasés au sol, afin de faire place au nouveau bâtiment multifonctionnel.

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Le terrain, situé tout juste derrière les deux bâtiments, avait été aménagé, à l’époque, avec des bases de béton, auxquelles furent fixées des tables à pique-nique, alors que des arbres, de différentes essences, furent aussi plantés sur le site.  Mais pour l’heure, vue de devant comme de derrière, le tout est dans un état d’abandon total.

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Si un tel aménagement avait été planifié ces années-ci, et non pas dans les années 1970, lors de la construction de la seconde chaussée de l’A-40, ce remblai, à même la baie de Maskinongé, n’aurait probablement jamais existé.  C’est que la baie de Maskinongé est une zone écologique sensible, qui fait partie de la plaine de débordement du lac Saint-Pierre.  Au printemps, lors de la crue des eaux, la baie prend parfois les airs d’un grand lac, si la crue est forte, et sert de site de frai aux poissons locaux, comme les perchaudes, brochets, dorés et barbottes, alors que le reste de l’année, elle devient un énorme marécage, qui sert de refuge à de très nombreuses espèces d’oiseaux, dont des migrateurs, comme la plupart des espèces de canards.

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Autre ajout, sur le site; une nouvelle ligne électrique à haute tension fut aménagée, de façon à apporter tout le jus nécessaire, puisqu’il faudra alimenter beaucoup plus, avec la nouvelle aire de services.  Sur la photo de droite, on voit certaines installations électriques souterraines, nécessaires parce que les deux restaurants seront dotés d’un service au volant distinct pour chacun d’eux, entre autres.

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J’ai pris cette photo, celle de gauche, parce qu’il me semblait bizarre de voir l’affiche qui identifie le lac Saint-Pierre comme étant un site Ramsar, alors que l’on y voit une sortie de ponceau, fraîchement installée.  Est-ce un égout pluvial, ou est-ce le trop-plein d’un réservoir quelconque?  En passant, le lac Saint-Pierre est un site reconnu par la Convention de Ramsar depuis le 27 mai 1998, et le territoire répertorié est d’une superficie de 11,952 hectares.  Le nom Ramsar est celui de la ville de Ramsar, en Iran, où fut adopté le traité, en 1971, traité qui fut négocié tout au long des années 1960, et qui est entré en vigueur en 1975.  Vous pouvez obtenir plus de renseignements sur la Convention de Ramsar, ainsi que la liste des plus de 1850 sites protégés à travers les cinq continents, en consultant le site web de la Convention de Ramsar.

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Les travaux actuels, qui sont préparatoires à ceux du projet comme tel, sont exécutés par la firme Maskimo Construction Inc., une entreprise sise en Mauricie.

Les liens que Sylvain Lacroix a mis, dans l’un de ses commentaires, mentionnaient que l’aménagement de l’aire de services de Maskinongé avait été retardé principalement pour une histoire de permis, et de schéma d’aménagement.  Bref, de paperasse.  Ce premier article, publié dans le Nouvelliste du 24 avril dernier, faisait état des différentes réglementations de la MRC de Maskinongé, et celles de la municipalité de Maskinongé, et plus particulièrement le plan de gestion du littoral du lac Saint-Pierre, qui fut adopté par la MRC, mais pas par la municipalité, pour cause de discrimination pour les résidents de la zone inondable.  Selon le maire de Maskinongé, Michel Clément, les règlements découlant de ce plan sont discriminatoires pour les quelque 140 contribuables, dont la propriété est sise en zone inondable, puisqu’ils n’auraient pas le droit à certains aménagements, malgré leurs droits acquis, alors qu’ils paient les mêmes taxes municipales que les autres.  Le second article, publié dans l’édition du 16 septembre 2009 du même quotidien, parle du sérieux retard dans la livraison de l’aire de services, alors que le porte-parole du MTQ, Paul-Jean Charest, explique les différentes raisons de ce délai, qui ne devrait pas compromettre la réalisation du projet de 4,9 millions$, piloté par le partenaire privé Immostar.

Tout cela pour dire que parfois, quelques bouts de papier en retard peuvent causer bien des problèmes.

A-50, été 2009: Quoi de nouveau, au chemin Kilmar?

Nous l’avons vu, l’autoroute 50 progresse bien, à l’ouest de la fin actuelle du tronçon est, à la sortie 239, vers Grenville et Hawkesbury.  Lors du dernier billet, nous étions au chemin de la Montagne (ou chemin Whinfield), et allions vers l’ouest.

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La chaussée de l’A-50, en direction est, avant d’entrer dans la montagne.  Pour la photo suivante,…

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…je me retourne de 180 degrés, et l’on voit l’échangeur du chemin Kilmar.

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D’un peu plus près, maintenant.  Eh non, vous n’avez pas la berlue; la chaussée ne passe pas par la même ouverture, sous ce viaduc, par rapport à tous les autres.

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Vu de ce côté, on remarque très bien que l’on est sur la chaussée nord, et non sur la chaussée sud, comme partout ailleurs, sur l’A-50 à une seule chaussée.

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Ici, à environ deux kilomètres de l’échangeur du chemin Kilmar, l’asphalte s’arrête, et nous voyons une grue, au loin.

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Nous sommes au chantier du pont de la rivière Rouge, un ouvrage qui s’annonce plutôt impressionnant.

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Je me suis arrêté à cet endroit, afin d’éviter de prendre des risques inutiles.  Mais déjà, de ce point de vue, le chantier, dirigé par l’entreprise Construction Demathieu et Bard (CDB) Inc., a des proportions gigantesques.

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Pour tenter d’avoir un meilleur point de vue, j’ai grimpé sur le deuxième palier de nivellement, sur lequel on a passé une ligne électrique.  On voit la falaise rocheuse, à gauche, et la chaussée de l’A-50, à droite, tout en bas.

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À défaut d’une meilleure vue en plongée, disons que l’on voit le chantier du pont de la rivière Rouge d’un angle différent.

De l’autre côté de la rivière Rouge, les travaux de construction de la chaussée sont beaucoup moins avancés.  Mais cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien.  D’ailleurs, selon le site web du MTQ, ce tronçon devrait laisser passer la circulation en 2010.  C’est donc dire que les ouvriers des divers chantiers ont encore beaucoup de pain sur la planche, et pas énormément de temps pour y arriver.

Route 158, dans Lanaudière: Jusqu’à quand comptera-t-on les morts?

L’hebdomadaire L’Action, de Joliette, a publié un article, signé Geneviève Blais, à propos d’un accident mortel survenu ce mardi 8 septembre, en plein jour, sur la route 158, et impliquant deux véhicules.  La conductrice de la voiture a perdu la vie; il est facile de constater, en regardant les photos de l’article, qu’elle n’a eu aucune chance de s’en tirer.  L’accident, selon le peu de renseignements disponibles au moment de mettre l’article en ligne, aurait été causé par, devinez quoi, une manoeuvre de dépassement ratée.  La journaliste dit que l’impact a eu lieu à environ 800 mètres du rang des Continuations, à Saint-Jacques-de-Montcalm, mais si je me fie à la photo, je dirais plutôt qu’il s’est produit juste à la sortie de la grande courbe de Saint-Jacques.  Il faut savoir qu’il y a deux grandes courbes, sur la route 158, l’autre étant à la hauteur de Crabtree.

Il est facile de comprendre que le principal problème de la route 158, entre Saint-Esprit et Joliette, est exactement le même que celui de l’A-50, entre Lachute et l’aéroport de Mirabel; trop peu de zones où l’on peut dépasser de façon sécuritaire, et trop de circulation pour une route à deux voies, sur une seule chaussée.  Résultat; les conducteurs s’impatientent derrière un véhicule plus lent que les autres, et en désespoir de cause, tentent des manoeuvres de dépassement dangereuses.  C’est le même constat que celui qui fut fait sur l’A-55, entre l’A-20 et Sherbrooke, et dont on a terminé le doublage en 2006.  Sauf qu’entre Saint-Esprit et Joliette, l’A-50 a déjà existé!  La route fut rebadgée, au début des années 1980, sous le nom de route 158, mais dans les faits, il s’agit bel et bien de l’autoroute 50.  Même que le MTQ possédait les terrains, le long d’une grande partie de la route actuelle, et pouvaient servir à son doublement, mais le MTQ les a vendus!  Il est donc clair que le ministère devra racheter ces terrains, à grand coût, afin de doubler un jour la route 158, et la rebadger A-50.

La question qui tue est la suivante; le MTQ aura-t-il le courage de le faire?

On n’a de cesse de compter les morts, et ce à longueur d’année, sur l’A-50, entre Lachute, et l’aéroport de Mirabel, on doit s’armer de patience pour traverser le noyau urbain de Saint-Lin–Laurentides, et on compte aussi les morts (deux en sept jours, à Saint-Jacques-de-Montcalm) sur la route 158, entre Saint-Esprit et Joliette.  Devant ce constat, il est temps que le MTQ se décide de passer aux choses sérieuses, dans ce dossier.  Il y a là matière à faire un grand projet mobilisateur pour tout le nord de Montréal, et ce autant dans les Laurentides que dans Lanaudière.   Et ce projet, le voici:

Carte de base © MapMedia Corp.

Carte de base © MapMedia Corp.

Il consiste en trois projets distincts qui, une fois réunis, pourraient devenir un projet aussi important, quoique probablement moins onéreux, que celui de l’A-30, sur la rive-sud de Montréal.  D’ouest en est, le premier projet consiste en l’aménagement de la seconde chaussée de l’A-50, entre la sortie 260, à Lachute, et l’aéroport de Mirabel.  Le second projet est la construction de l’A-50, à quatre voies sur deux chaussées distinctes, entre l’A-15, à Mirabel, et l’A-25, à Saint-Esprit, permettant entre autres de contourner le noyau urbain de la municipalité de Saint-Lin–Laurentides.  À la fin actuelle de l’A-25, à Saint-Esprit, un échangeur tout neuf permettra de relier le deuxième projet et le troisième, soit la construction de la seconde chaussée de l’actuelle route 158, afin de la renommer A-50 jusqu’à Joliette.  Bien entendu, les trois projets comprendront toutes les mises aux normes nécessaires des tronçons actuels, ainsi que les ponts d’étagement et les échangeurs aux endroits jugés opportuns.  On peut voir, sur la carte, à gauche, produite à partir de l’Atlas routier du Québec, édition 2005, les lignes principales de ce grand projet mobilisateur.  Vous n’avez qu’à cliquer dessus pour l’examiner plus en détails.

S’il le faut, je suis bien prêt à faire ma part, à la hauteur de mes moyens, bien sûr, afin de pousser la ministre Julie Boulet dans le cul, afin qu’elle passe à l’action dans ce projet.  Elle va sûrement répondre que le MTQ met déjà 3,7 milliards$, pour la période budgétaire 2009-10, et qu’il faut prendre le temps de bien peser les projets, afin de les réaliser en ordre de priorités.  Évidemment, si son gouvernement, et les autres avant le sien, avaient réalisé les travaux d’entretien du réseau routier aux moments requis, au lieu de les pelleter par en-avant, elle aurait moins de soucis aujourd’hui.  D’ailleurs, ce projet pourrait bien se réaliser en fonction de divers programmes de relance économique, que les gouvernements vont lancer de toute façon.

Ce projet permettra certainement, à défaut d’éviter toute mortalité sur les routes de ces régions, d’abaisser sensiblement le nombre de décès, et d’augmenter d’autant la sécurité routière.

La route 2 – (4) Le chemin du Roy, de Donnacona à Québec

Dans le dernier billet, nous sortions du secteur Les Écureuils, à Donnacona, et après avoir retrouvé la route 138 actuelle, nous avions rejoint un ancien alignement, celui de la rue du Ruisseau, en direction de Neuville.

Par contre, un autre ancien alignement, celui-là beaucoup plus long, mais qui date probablement de bien avant 1950, n’est visible qu’à partir du haut des airs.  À environ un demi-kilomètre de la traversée de la voie ferrée du Canadien National (CN), remarquez un site, le long de la route 2 (route 138), où l’on peut voir derrière une maison, un bâtiment avec la toiture orange.  Regardez les arbres, sur le terrain voisin, puis reliez-les avec une ouverture, parmi les arbres d’un lot boisé, un demi-kilomètre plus à l’est.  À partir de ce point, l’alignement devient beaucoup plus clair; il vient longer le fleuve, sur plus de 2,7 kilomètres, avant de se raccorder à la rue Vauquelin.  Curieusement, la rue Vauquelin suit, elle aussi, le littoral du fleuve, puis vient longer la route 2 (route 138), dans le village de Neuville.  La lecture de l’histoire de Neuville, sur le site web de la ville, permet de comprendre qu’il s’agit de l’alignement de l’ancien chemin de fer de la Great Northern Railway, qui fut en opération de 1908 à 1919.  Eh ben non, ce n’était pas la route 2.  Dommage.  L’actuelle voie du CN, quant à elle, passe au nord du village.  Mais avouez que c’est quand même curieux qu’il reste des vestiges d’un chemin de fer qui a cessé ses activités il y a plus de 90 ans!

Revenons à la route 2, si vous le voulez bien.  Donc, après la jonction de la route 365, et la rue du Ruisseau, on parcourt deux kilomètres et des poussières pour arriver aux premières rues du village proprement dit.  Il est probable que la route 2, en 1950 suive la rue des Érables, à gauche, à l’intersection en pointe, puisque la route 138 actuelle semble passer à travers le village, sans trop tenir compte de l’alignement des autres rues.  D’ailleurs, la route Gravel, qui croise l’autoroute 40, et sur laquelle on a construit un échangeur, ne se termine pas à la route 138, mais bien à la rue des Érables.  Les deux chemins sont plus ou moins parallèles, jamais à plus de 150 mètres l’une de l’autre, la route 138 au sud, longeant le fleuve par moments, alors que la rue des Érables est plus au nord, en-haut du talus.  La route du Quai, à moins de 600 mètres de l’église, sera la dernière rue qui croisera la route 138, alors que d’autres, dont la route Gravel, se rattacheront à la rue des Érables.  Les deux axes se rejoignent à près de 3 kilomètres de l’église, empruntant à nouveau de même alignement.

En direction de Saint-Augustin, un ancien alignement est fermé à la circulation, tout juste après la rue Loriot, mais on le voit très bien, à partir de Google Earth; merci à eux, pour cette photo en très haute résolution, sur laquelle on peut voir plein de détails tout à fait clairement, et ce à aussi peu que 350 pieds d’altitude.  On peut même voir, sur cet ancien alignement, une balançoire, et des tables à pique-nique!  Des entrées privées permettent de relier la route 138 aux maisons, situées à une centaine de mètres de celle-ci.  À environ 800 mètres de la rue Loriot, une rue permet enfin de rejoindre cet alignement, tout simplement appelé Chemin du Roy.  Ne reste plus qu’à savoir si cet alignement date d’avant, ou d’après 1950.  J’ai l’impression que cette année-là, la route 2 utilisait déjà l’alignement actuel, du moins par endroits.  Quoi qu’il en soit, nous allons le suivre, du mieux que l’on peut.  Après environ 600 mètres, une intersection en pointe, qui ramène vers la route 138.  Continuons à droite.  À 1,2 kilomètres plus loin, une autre intersection, cette fois avec la route Girard.  Prenons encore à droite, et après 2 kilomètres et demi, nous nous rapprochons du fleuve, à la faveur d’une autre intersection, cette fois avec la rue Moisan.  De là, le chemin du Roy nous mène à voir de jolies propriétés, et des lots boisés, puis à nouveau, des terres agricoles.  Après un autre 2,5 kilomètres, autre intersection en pointe; la route Racette nous permet de rejoindre la route 138.  Que ferons, cette fois?  Eh oui, encore à droite.

Nous roulons sur moins de deux kilomètres lorsque se pointe une autre intersection; gardons la gauche, cette fois, et montons la pente.  Tout en haut, nous arrivons à un virage à 90 degrés, puis à une intersection; à gauche, la route Tessier, à droite, le rang de la Butte.  Prenons à droite.  Au bout du chemin, tournez à droite, sur la rue de l’Hêtrière, puis au bout, à gauche sur la rue Saint-Félix.  Après la rue Marguerite-de-Rouvray, vous quittez Saint-Augustin-de-Desmaures pour entrer sur le territoire de la ville de Québec, plus précisément à Cap-Rouge.  Chemin faisant, vous verrez apparaître un ouvrage impressionnant; le pont ferroviaire de Cap-Rouge.  Propriété du Canadien National, les gens de la place, et du grand Québec, en général, l’appellent « le Tracel », déformation du mot anglais « trestle », qui signifie un pont s’appuyant sur plusieurs portiques, celui-ci totalisant un kilomètre de long.  Après le pont Galarneau, qui traverse la rivière du Cap-Rouge, un virage à gauche vous amènera à passer sous le Tracel, et à monter la côte de Cap-Rouge.  Au haut de la côte, après être passé sous un autre viaduc ferroviaire, vous roulez maintenant sur le « chemin Sainte-Foy », puisque nous entrons dans l’ancienne ville du même nom.  Après l’intersection du boulevard du Versant nord, et du chemin des Quatre-Bourgeois, vous entrerez dans un secteur où il y a des immeubles en hauteur.  Ne soyez pas surpris si, après ces immeubles, vous vous retrouvez sur l’avenue McCartney; cela n’a probablement rien à voir avec la visite de Sir Paul du même nom, lors des fêtes du 400e de la ville de Québec.  La circulation est déviée sur cette avenue, sur une distance d’environ 800 mètres, et vous revenez sur le chemin Sainte-Foy.  Par contre, si vous tenez à suivre le chemin Sainte-Foy, voici ce qu’il faut faire.  Après la rue Alain, prenez la rue Gingras, à gauche, puis tournez tout de suite à droite.  Vous serez à nouveau sur le chemin Sainte-Foy.  Après avoir traversé le boulevard Pie-XII, vous tournerez à droite, sur l’avenue du Château, puis à gauche, pour reprendre le chemin Sainte-Foy.

Par la suite, vous traverserez les autoroutes Duplessis (A-540), et Henri-IV (A-73), puis, à l’angle de la route de l’Église, vous pourrez vous arrêter sur le site de la Visitation, où une église, incendiée en 1977, fut transformée en parc, dans lequel on peut assister à des concerts en plein air, alors que l’ancien clocher laisse place à un observatoire.  Viendra ensuite l’intersection de l’autoroute Robert-Bourassa (A-740), dont les voies rapides passent dans un tunnel, sous le chemin Sainte-Foy, et le chemin des Quatre-Bourgeois.  Un demi-kilomètre plus loin, ces deux axes parallèles se rejoignent, et le chemin Sainte-Foy passe à quatre voies jusqu’à l’avenue Myrand, à quelque 850 mètres de là, revenant alors à sa configuration à deux voies, mais on revient à quatre voies à partir de l’intersection des avenues Holland, et Saint-Sacrement.  À ce niveau, grands édifices et commerces se succèdent.  Nous sommes dans l’arrondissement La Cité, et roulons vers le centre-ville de Québec.  À partir de l’avenue de Salaberry, le nom de la route 2 passe à rue Saint-Jean, et après l’avenue Turnbull, devient à sens unique; nous sommes dans la haute-ville.  Vient ensuite l’avenue Dufferin-Montmorency (route 175), puis la rue d’Youville, où arrivait la côte d’Abraham, soit l’ancienne route 2C.  La route 2 entrait ensuite dans le Vieux-Québec par la porte Saint-Jean, puis descendait la côte de la Fabrique, prenait la rue Sainte-Famille à droite, puis tournait à gauche sur la rue Buade, à gauche encore sur la rue Port-Dauphin, et à droite, pour descendre la côte de la Montagne, jusqu’à la rue Dalhousie.  Tout cela en moins de 1400 mètres.  Ensuite, elle suivait Dalhousie à droite, jusqu’à la rue du Marché-Champlain, puis sur le boulevard Champlain, et finalement à gauche, sur la rue des Traversiers, pour une petite croisière sur le fleuve, qui nous conduira… au prochain billet.

La route 2 – (3) Le chemin du Roy, de Trois-Rivières à Donnacona

Nous nous sommes laissés sur la rue Laviolette, à Trois-Rivières, plus précisément à l’intersection du boulevard du Saint-Maurice.  Pour poursuivre notre visite de la route 2, celle de 1950, bien sûr, nous suivrons justement ce boulevard (route 138), au bout duquel se trouve un pont chargé d’histoire.  Construit de part et d’autre de l’île Saint-Christophe, le pont Duplessis fut reconstruit en 1948, par le gouvernement de Maurice Duplessis, mais l’une des deux parties du pont s’est effondrée dans la rivière Saint-Maurice, le 31 janvier 1951, par une nuit de grand froid, aux environs de 3h00 du matin.  Le premier ministre disait à qui voulait l’entendre, semble-t-il, que c’était les communistes qui avaient saboté le pont, alors que dans les faits, l’acier qui a servi à sa construction était de mauvaise qualité.

De l’autre côté du pont, nous entrons dans l’ancienne ville de Cap-de-la-Madeleine, par la rue Fusey.  À environ 100 mètres du pont se trouve l’intersection de la route 19 (route 157), soit la rue Duplessis, à gauche, et à moins de 100 mètres plus loin, à droite, cette fois, un ancien alignement du Chemin du Roy, soit la rue Notre-Dame est.  Je présume qu’en 1950, l’alignement de la route 2 était le même qu’aujourd’hui, soit la rue Fusey jusqu’à la rue Saint-Laurent, à droite sur celle-ci jusqu’au boulevard Sainte-Madeleine, puis à gauche sur celui-ci jusqu’à ce qu’elle rejoigne la rue Notre-Dame est, à la hauteur de l’ancienne ville de Sainte-Marthe-du-Cap.  La route 2 (route 138) suit alors le fleuve, laissant parfois place à des constructions résidentielles ou commerciales, le long de la berge.  Reprenant simplement le nom de rue Notre-Dame, elle traverse le village de Champlain, dans lequel on trouve le boulevard de la Visitation (route 359), qui mène vers le lac-à-la-Tortue, désormais partie de la ville de Shawinigan.

À moins de 5 kilomètres de la sortie du village de Champlain, la route 2 (route 138) s’éloigne du fleuve, et un vieux pont en acier traverse la rivière Champlain; nous entrons dans la municipalité de Batiscan, où le nom change, et devient la rue Principale.  C’est à près de 6 kilomètres de ce pont, lorsque l’on entre dans le village de Batiscan, que la route 2 (route 138), le Chemin du Roy, se rapproche à nouveau du fleuve Saint-Laurent, pour donner des point de vue saisissants.  Alors que la route s’éloigne à nouveau de la berge, pour laisser place à la plage de Batiscan, nous passerons par l’intersection du la route de la Station (route 361), qui conduit vers Sainte-Geneviève-de-Batiscan, puis vers Saint-Narcisse.  Plus loin, un autre pont d’acier, beaucoup plus long, traverse la rivière Batiscan.  Après cet autre pont, la route 2 demeure éloignée du fleuve, parfois à plus d’un kilomètre de distance.  Puis on arrive dans le village de Sainte-Anne-de-la-Pérade, toujours sous le nom de rue Principale, en longeant, cette fois, la rivière Sainte-Anne.  On croise, entre autres, la 2e Avenue, qui est aussi la route 19A (route 159), qui permet de se diriger vers Saint-Prosper, Saint-Stanislas, et Saint-Tite.

Un pont beaucoup plus moderne, fraîchement construit, traverse la rivière Sainte-Anne, directement en face de l’église paroissiale, inspirée de la basilique Notre-Dame, de Montréal.  À la sortie du pont, la route 2 empruntait probablement la rue Sainte-Anne, en 1950, alors que la route 138 utilise plutôt le boulevard de Lanaudière, plus large, et plus dégagé.  Une fois la rue Sainte-Anne raccordée au boulevard de Lanaudière, la route 2 (route 138) conserve ce dernier nom jusqu’à la limite de la municipalité de Deschambault-Grondines, où elle portera enfin, officiellement, le nom de Chemin du Roy.  À différents endroits, il est facile de voir, avec l’aide de Google Earth, que la route 2 fut reconstruite, l’alignement des maisons et autres bâtiments ne correspondant pas du tout avec celui de la route.  À partir de la route Delorme, la rue Principale de ce qui s’appelait Saint-Charles-de-Grondines respecte cet ancien alignement, longeant la route 138 à plus ou moins 50 mètres de distance.  Reste à savoir si la reconstruction date d’avant 1950.  Ces axes parallèles se prolongent de la route Delorme jusqu’à la route Guilbault, qui relie Grondines à Saint-Casimir, ce qui donne près de 4 kilomètres. Toutefois, un bout de route, juste à l’ouest de la 4e Avenue, montre bien que la reconstruction de la route 2 s’est faite en deux projets distincts, ce bout de route reliant le nouvel alignement à la rue Principale, près du village.  D’ailleurs, selon le site web de la municipalité de Deschambault-Grondines, la rue principale de Grondines porte désormais deux noms distincts; la première, depuis la route Delorme, jusqu’à la 4e Avenue, se nomme « chemin du Faubourg », et la seconde, de la 4e Avenue jusqu’à la route Guilbault, « chemin Sir-Lomer-Gouin ».  C’est un peu avant la route Guilbault que la route 2 (route 138) vient rejoindre à nouveau le fleuve, et le suit de près, sauf à quelques exceptions, sur les quelques dix kilomètres qui séparent les noyaux urbains de Grondines et de Deschambault, avec, à mi-chemin, la route Dussault (route 363), qui conduit à Saint-Marc-des-Carrières.

Dans le village de Deschambault, l’actuelle route 138 respecte l’ancien chemin du Roy, qui s’éloigne du fleuve, à l’exception d’un court réalignement de quelques 200 mètres.  À la sortie du village, la route Proulx, à gauche, mène à Saint-Gilbert.  Environ un kilomètre et demi passé la sortie du village de Deschambault, la route 2 traverse le chemin de fer du Canadien National (CN), puis le longe jusqu’à l’entrée du village de Portneuf, quelque 3 kilomètres plus loin.  Or, qui dit village dit réalignement; une centaine de mètres après la route du Coteau-des-Roches, la 1ère Avenue représente la route 2 de 1950.  La 1ère Avenue longe la route 138 actuelle, nommée 2e Avenue, qui fut construite vers la fin des années 1970, à plus ou moins 200 mètres au nord-ouest de celle-ci.  À l’intersection de la rue de la Rivière, elle prend à droite pour traverser la rivière Portneuf, toujours sous le nom de 1ère Avenue.  Elle revient ensuite longer la route 138 actuelle sur près de 2 kilomètres, avant de s’y rattacher.  De ce point, la route 2 (route 138) est à nouveau parallèle à la voie du CN, puis, un peu plus d’un kilomètre plus loin, un autre ancien alignement, à savoir la rue de l’Anse, sur près de 2 kilomètres.  Après la rue de l’Anse, la voie ferrée s’éloigne de la route 2 (route 138), puis on trouve, à droite, le Vieux Chemin, qui vient s’insérer entre la route 138 actuelle et la voie du CN.  À un kilomètre de là, le Vieux Chemin croise la rue du Roy; nous sommes dans le village de Cap-Santé.  Parmi les plus beaux villages du Québec, Cap-Santé est traversée par la route 138 actuelle, qui porte tout simplement le nom de Route 138, et qui croise les anciennes rues à des angles souvent inimaginables.  Le rang Saint-Joseph (route 358), à gauche, conduit vers Saint-Basile.

Un peu plus loin, dans le secteur Jacques-Cartier, un ancien alignement, sinueux à souhait, relie Cap-Santé à Donnacona.  Depuis une intersection plutôt bizarre, avec la route 138, et les rues Lavallée et Richard, la rue Notre-Dame vient longer la rivière Jacques-Cartier, puis la traverse, en la longeant sur l’autre rive, en passant près des installations, récemment fermées, de la papetière AbitibiBowater.  La rue Notre-Dame traverse ensuite le centre-ville, que l’on appelle aujourd’hui le vieux Donnacona, puis ce qui était Les Écureuils, ancienne ville fusionnée à Donnacona depuis 1967.  La route 2 vient ensuite se raccorder à la route 138 actuelle, environ un kilomètre plus loin.  Cet alignement date d’avant 1950, mais à peine; le pont de la route 138 actuelle, sur la rivière Jacques-Cartier, fut inauguré en 1949.  À moins de deux kilomètres de là, la route 2 traverse à nouveau la voie du CN, puis traverse des terres agricoles sur un peu plus de 3,5 kilomètres, avant d’arriver à un ancien alignement, court, celui de la rue du Ruisseau, celui-là précédé de la jonction de la route 365, qui conduit vers Pont-Rouge, et Saint-Raymond-de-Portneuf.

Ce billet devait à l’origine parler du Chemin du Roy de Trois-Rivières à Québec, mais compte tenu de la longueur du texte, je vais m’arrêter ici, à la sortie de Donnacona, et poursuivre avec un autre billet, qui couvrira la distance de Donnacona jusqu’à la vieille capitale.