Virginie Roy parle de « chars »; comment puis-je résister?

Depuis que j’ai mis fin à mon abonnement au Journal de Montréal, j’ai repris plaisir à lire les textes de Virginie Roy, sur le site web Canoë.  Mais cette fois, elle est vraiment tombée dans mon « size »!  En commentant la perte du Grand Prix de F1 de l’île Notre-Dame, la jolie chroniqueuse a mis le doigt directement sur l’un de mes plus vilains points faibles, et j’ai nommé « les chars »!

D’abord, elle commence par un « Bon débarras » bien senti.  Personnellement, la disparition de l’événement me laisse indifférent, parce que si j’ai effectivement un intérêt très marqué pour « les chars », ma plus forte attraction ne va pas vraiment du côté du cirque de Bernie Ecclestone.  Je suis beaucoup plus attiré par l’autre cirque, celui de NASCAR, plus proche des gens ordinaires, et plus abordable, question billets.

Elle met aussi le côté glamour en évidence, en disant qu’une serveuse du restaurant Cavalli pouvait se faire au-delà de 600$ de pourboires en une seule soirée.  Or, si l’on enlève le week-end de la F1, ainsi que celui de NASCAR, les autres fins de semaines estivales rapportent combien, à la serveuse de chez Cavalli, alors que le circuit Gilles-Villeneuve est fréquenté par… les cyclistes?  Serait-ce à dire que les écolos sont plus « cheap » sur les pourboires?  Bon, d’accord, je ne le dirai pas; je risque de me faire aussitôt accuser d’être de mauvaise foi.

Je veux bien croire que le déplacement du cirque comme tel pollue davantage que les voitures elles-mêmes lors du week-end d’épreuves, mais il faudra que madame Roy se rende bien compte que 700,000 kilos de matériel, ce n’est qu’un grain de sable dans le désert.  Tout voyage, à travers le monde, des clémentines du Maroc aux kiwis de la Nouvelle-Zélande, en passant par les vins européens et toutes les babioles « Made in China ».  Quant aux déplacements des milliers d’amateurs, j’ose espérer que vous vous déplacez, vous aussi, madame Roy, pour assister – ou pour participer directement – à des événements qui vous passionnent, car sinon, vous risquez de trouver la vie bien monotone.

Quant à la consommation, qu’elle soit reliée au GPF1, ou à tout autre événement, c’est elle qui fait vivre les commerçants.  Alors que propose madame Roy, à ce sujet; d’interdire les kiosques, lors de tous les événements à survenir en ville?  Il y a un principe bien simple, en ce qui concerne la consommation, et c’est celui-ci; contrairement aux impôts et taxes, la consommation est volontaire, et les gens achètent ce qu’ils veulent bien acheter.  Personne ne les oblige.  Le jour où personne n’achètera les babioles qu’il mettra en vente, le commerçant fermera boutique.  Autre point; ma conscience ne peut avoir d’effets que sur ma personne; si je m’introspecte dans les habitudes des autres, je viole leurs droits et libertés.  Et ça, ce n’est pas bien, quelle que soit la cause pour laquelle je le fais, et aussi noble soit-elle.  D’ailleurs, les commerçants qui tirent profit du passage du cirque de la F1 n’ont pas fait un sou avec moi, et ce depuis que l’événement est présenté à Montréal!  M’ont-ils menacés de poursuite?  Jamais!  Ils avaient une clientèle, ils en ont profité, et maintenant, ils sont tristes, parce que le GPF1 n’aura plus lieu.  Il vont, tout naturellement, changer leurs habitudes, et profiter des autres événements, nombreux, que la ville leur offrira.  Évidemment, ils se plaindront aux gouvernements, mais ça, c’est une autre histoire.

Pollution sonore, maintenant.  Oui, cela les fait avancer plus vite, madame Roy.  Pour être plus « puissant », on doit devoir respirer librement; force est d’admettre que l’on est moins « performant » lorsque l’on est grippé, et que l’on respire difficilement.  C’est la même chose pour un moteur; l’admission d’air, ainsi que l’échappement, doivent offrir le moins de résistance possible.  C’est pourquoi les voitures de course, en général, n’ont pas de silencieux, et sont dotées des tubulures d’admission d’air de grandes dimensions.  La chose est impossible sur les voitures destinées au public, car dans ce cas, personne ne pourrait dormir.  Quant à la « douce musique » des mécaniques, qui vous réveillait, force est de constater qu’après tout, Brossard n’est pas bien loin de l’île Notre-Dame.  Et comme les différentes épreuves du Grand Prix (réchauffements, essais libres, qualifications, etc.) ne commencent rarement avant 8h30 ou 9h00, le matin, c’est que vous dormiez tard, ma chère!  Mais bon, c’est votre droit!  D’ailleurs, ne vous en faites pas, j’ai été jeune, moi aussi!  (Qui a dit « Ça doit faire longtemps »?  Vous, monsieur?  Alors sortez!)  Que feriez-vous, madame Roy, si vous viviez à Trois-Rivières?  Dans cette ville, en août, un week-end de course est organisé directement dans les rues de la ville!  Et mis à part pour quelques exceptions, aucun trifluvien ne voudrait qu’on lui enlève « son » Grand Prix!

Si ma mémoire est bonne, je crois que c’est Jacques Duval, chroniqueur automobile bien connu, et qui fut lui-même coureur dans le passé, qui dernièrement, a appuyé la tenue d’un événement d’endurance pour voitures hybrides, genre « les six heures de Montréal ».  Je dis tout simplement « Pourquoi pas? »  Un tel événement pourrait servir de banc d’essai pour de nouvelles technologies, tout comme l’est la F1, malgré tout ce qu’on peut croire.  Il s’agirait, par contre, de technologies de réduction d’émissions polluantes.  L’événement risque toutefois d’être beaucoup moins glamour qu’un vrai Grand Prix.

Tout cela pour dire que si les politiciens ne s’attardent qu’à ce qu’on voit, mais négligent ce qu’on ne voit pas, Virginie Roy veut s’attarder à ce qu’on ne voit pas, mais néglige ce qu’on voit.  Le Grand Prix du Canada était un événement haut en couleurs, qui attirait des milliers de visiteurs dans notre région, et ce au grand plaisir – lire « au grand profit » – de l’industrie touristique locale.  Et malgré ce qu’elle peut en dire, il y a de très nombreux amateurs qui, tout en faisant des efforts non-négligeables pour être verts tout au long de l’année, étaient prêts à sacrifier un week-end « propre » à des voitures polluantes, et ce pour leur plus grand plaisir.

Car il y a un truc, qu’il faut retenir; tout ce que fait l’homme – je parle ici du genre humain – dérange l’environnement, même une ballade à vélo.  Il n’y aura jamais de « pollution zéro ».  Et la planète, qui a survécu aux dinosaures, aux périodes glaciaires et aux réchauffements passés, survivra aussi au cirque de Bernie Ecclestone.  Alors pourquoi ne pas en profiter pour se faire plaisir, à l’occasion?  Et puisque l’on sait que toute l’activité humaine représente moins de 10% du CO2 produit, sur la planète, le jour où il ne restera plus que la pollution d’un Grand Prix, à gérer, ce ne sera qu’un très léger détail.

Élections provinciales: Marie-France Bazzo va dans la mauvaise direction!

Je viens de lire le commentaire de Marie-France Bazzo, publié dans le Journal de Montréal, puis sur le site web Canoë, et intitulée « Pourquoi je ne voterai pas« .  Je crois que madame Bazzo a de bonnes raisons d’être blasée, parce qu’elle n’est pas la seule; je le suis, moi aussi, d’une certaine façon.  Par contre, je crois qu’en ne votant pas, Marie-France Bazzo va dans la mauvaise direction.  Je m’explique.

D’abord, je veux bien croire que « Oui, les foules sentimentales ont besoin de rêver. Elles veulent des chefs honnêtes et inspirants, qui leur parleraient d’éducation, de décrochage, de poésie, de difficulté ; qui réfléchiraient où on sera collectivement dans 20 ans« , mais les foules se sentent, d’abord et avant tout, complètement déconnectées de la politique.  La raison en est bien simple; tant que les foules regardent de loin, et ne comprennent pas trop ce qui se passe, les politiciens peuvent faire tout ce qu’ils veulent.  Y compris des scandales.  C’est d’ailleurs pourquoi ils tiennent, depuis la Révolution tranquille, un discours qui tend à éloigner les gens de la politique.  En disant aux gens, à travers les médias, que « les situations sont complexes, et qu’il faut des solutions complexes », la très grande majorité des gens ne se sentent pas à la hauteur, pour intervenir sérieusement, dans le domaine, que ce soit de peur de faire rire d’eux, ou de ne pas se sentir à leur place.

Or, le seul truc complexe, en politique, c’est la pensée keynésienne.

Juste en passant, qui a lancé cette connerie d’appeler nos voisins du Sud « États-Uniens »?  Nous ne sommes pas des « dominionniens », que je sache!  Ce pays s’appelle, jusqu’à nouvel ordre, les États-Unis d’Amérique, et de ce fait, ils ont pleinement le droit de se proclamer américains, et de se faire appeler ainsi.  D’une part, je n’ai jamais été identifié comme américain parce que je vis au Canada, et d’autre part, s’il fallait suivre le raisonnement tordu qui explique la création de ce terme, les mexicains devraient aussi s’appeler états-uniens, puisqu’ils habitent les « États-Unis du Mexique ».  On pourrait aller plus loin, et appeler les français « républicains »; je suis convaincu qu’ils apprécieraient!  Surtout si on leur dit que ce gentilé n’a rien à voir avec George W. Bush; évidemment, ils vont nous croire sur parole!

Ceci dit, il ne faut pas se leurrer; si les américains ont rêvé, et nous avec eux, ce n’est pas parce que Barack Obama leur a expliqué son projet de changement de long en large.  Ils ont rêvé parce qu’ils voulaient faire partie de ceux qui feraient l’événement d’envergure que représente l’élection d’un premier président noir.  Point à la ligne!  D’ailleurs, pour le rêve, on s’en reparlera à mi-mandat, juste pour voir.  Quant au fait que l’on soit tannés des campagnes à répétition, je crois que ce n’est pas tant dans le nombre de campagnes, plutôt que dans l’ennui mortel de chacune d’elles.

Quand Marie-France Bazzo dit « Comme citoyenne, je peux m’exprimer à travers des groupes, des lobbys, intervenir sur la place publique. En ce moment, ce pouvoir est plus précieux et plus efficace que mon vote« , entend-elle nous convaincre que l’exercice de la démocratie, que représente le droit de vote de chaque citoyen, devrait être éliminé?  Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas instaurer une dictature, au sein de laquelle chaque citoyen aurait son blogue sur le net, afin de faire savoir au chef d’état qu’il le fait chier?  Ce serait beaucoup plus économique que de tenir des élections, non?  Si elle peut profiter de la tribune que lui offre le JdeM, les vendredis, grand bien lui en fasse; ce ne sont pas tous les citoyens qui bénéficient de ce privilège.

Si elle n’a plus envie que les politiciens se réclament de NOUS, je n’ai pas plus envie que Marie-France Bazzo me réclame de son propre NOUS.  Pour ma part, le taux baissier des trois ou quatre dernières élections n’a rien apporté d’autre, en termes de questionnement, que des mesures, instaurées par le DGEQ, pour, semble-t-il, « aider le citoyen dans son exercice du droit de vote », mesures utilisées par moins d’une poignée de personnes, mais qui font décupler le coût d’une élection générale.

Que Marie-France Bazzo se le tienne pour dit; la seule et unique façon que les politiciens utilisent pour « écouter le peuple », c’est le décompte du scrutin.  C’est ainsi que je crois que davantage que l’abstention, c’est surtout l’annulation de son vote, qui incitera les politiciens à réagir.  Lorsque le taux de participation baisse, on trouve toutes sortes de raisons; les téléromans viennent de recommencer, c’était Star Machin, ou Loft Patente, à la télé, il faisait trop mauvais, trop froid,… ou trop beau!  Par contre, si le Québec se rend effectivement aux urnes, mais fait augmenter le taux de votes annulés, les fonctionnaires du DGEQ n’auront d’autre choix que de se dire que les gens en ont ras-le-bol, du système actuel.

D’ailleurs, pourquoi ne pas lancer un mouvement, pendant qu’on y est?  On se rend en grand nombre, aux bureaux de scrutin (y compris par anticipation), et une fois dans l’isoloir, on vote pour tout le monde, puis on marque, sur le bulletin, les mots « RAS-LE-CUL ».  Même si le bulletin est sur fond noir, il est possible d’y écrire, avec le crayon à mine de plomb fourni.  Si, dans plusieurs bureaux de vote, « RAS-LE-CUL » l’emporte, les politiciens n’auront vraiment plus le choix de se regarder dans le miroir.  Ce sera autrement plus efficace que de rester à la maison, et de regarder Star Machin.

Quant à savoir si un homme, ou une femme, de bonne volonté, se lèvera, inspiré, je tiens à rappeler à madame Bazzo que nos chefs actuels, y compris les deux pantins de Québec suicidaire, le sont tout à fait.  Inspirés par les sondages, pour les uns, par l’idée d’avoir leur face dans la caméra, pour d’autres, mais ils sont tous inspirés.  Le problème, c’est qu’aucun n’est INSPIRANT.  Aucun ne soulève de passions, ni n’évoque quoi que ce soit de grandiose, apeuré qu’il soit de se faire « planter » par les environnementalistes.  Ils rivalisent donc tous d’utopie, à différents degrés, dans des plans abstraits, qui laissent les électeurs dans l’indifférence la plus totale.

Marie-France Bazzo croit « qu’on est capables de grandes choses ».  Mais « on » attend tous que ces grandes choses tombent du ciel.  Pourtant, elle sait, comme nous tous, d’ailleurs, que si l’on veut faire le ménage de la garde-robe, il faudra définitivement mettre la chambre à coucher sens dessus-dessous.  Il y a un grand ménage à faire, au Québec, et il faudra se mettre sens dessus-dessous, pour quelques années, afin d’y parvenir, et de pouvoir recommencer à rêver à un avenir brillant.  Par contre, le politicien qui tiendra une campagne électorale dans ce sens se retrouvera avec moins de votes, dans tout le Québec, que le parti québécois dans une circonscription du West-Island!

Désolé.

Élections provinciales: À quand un véritable choix?

Après une semaine de campagne électorale, à quoi a-t-on eu droit, de la part des principaux candidats?

Des vidéos « pas gentilles », à l’ADQ, des « tapes sur la gueule », entre péquistes, un chef libéral qui ne veut pas « s’asseoir à une table », mais surtout, du « tapage sur la tête » entre adversaires.  Le pire, dans toute cette affaire, c’est que les trois principaux protagonistes ont la même façon d’administrer, la même façon de gouverner, à savoir la pensée keynésienne.

Certains doivent se demander « qu’est-ce que ça mange en hiver, ça », la pensée keynésienne.  Je vais tenter de décortiquer.

La pensée keynésienne vient de John Maynard Keynes, économiste britannique qui vécut de 1883 à 1946.  Sa pensée est complexe, selon ce qu’en dit l’encyclopédie en ligne Wikipédia, mais le plus clair se résume à une intervention marquée de l’état dans l’économie, afin de tenter d’atteindre le plein emploi.  Plusieurs pays ont tenté la pensée keynésienne, et la très grande majorité d’entre-eux ont abandonné cette philosophie.  L’application de la pensée keynésienne débouche, dans la plupart des cas, à la même constatation; si les résultats, à court terme, sont intéressants, ceux à moyen, et à long terme, deviennent catastrophiques.

En voici un exemple frappant.

Suite aux événements du 11 septembre 2001, la population des USA est prise de panique.  Le président, George W. Bush, déclare alors que dans le but de démontrer aux terroristes que les USA n’ont pas peur, le peuple doit faire comme si de rien n’était, qu’il doit dépenser, qu’il doit faire rouler l’économie.  Or, l’économie américaine, pour se remettre en marche, verra le gouvernement faire une première intervention, soit la création de la Federal National Mortgage Association (FNMA), communément appelée Fannie Mae, qui fait des prêts, et des garanties de prêts hypothécaires, ainsi que de la Federal Home Loan Mortgage Corporation (FHLMC), surnommée Freddie Mac, qui achète des hypothèques et les revend sur les marchés internationaux.  Ces deux sociétés, créées par le gouvernement, permettent à des banques d’accorder des prêts hypothécaires à des emprunteurs insolvables, qui auraient normalement été refusés par les banques.

Devant le succès de ces initiatives, le gouvernement fait une autre intervention; il permet aux banques d’avoir un taux d’argent « en mains » plus bas, leur permettant d’accorder davantage de crédit.  Ce taux détermine la quantité d’argent que la banque doit détenir, soit par des dépôts dans des comptes courants, des placements, etc., avant d’accorder du crédit.  Normalement, ce taux se situe entre 50 et 60 pour cent, c’est à dire que pour chaque dollar de crédit accordé, la banque doit avoir de 50 à 60 cents « en mains ».  Le gouvernement américain permet un taux de seulement 8%.  Autrement dit, pour chaque dollar prêté, la banque n’a qu’à détenir 8 cents, ce qui est très dangereux.

Afin d’amener des emprunteurs potentiels à signer, les banques y vont d’un brillant subterfuge; dans les marchés où les municipalités ont adopté des « smart growth policies », ou des réglements de développement durable, les maisons, de moins en moins disponibles, à cause des possibilités très limitées de développement, prennent environ 10% de valeur par année.  On dit aux emprunteurs, d’une part, que ce mouvement de prise de valeur ne s’arrêtera pas, puisque l’économie va bien, et d’autre part, que si leur hypothèque leur pèse trop, ils pourront revendre la maison avec profit, grâce à la prise de valeur annuelle, et recommencer avec une maison plus modeste.

En 2006, l’économie commence à donner des signes d’essoufflement, et les prises de valeurs cessent.  Certains emprunteurs, qui demeurent insolvables, cessent de verser leur hypothèque, et se font saisir leur maison.  Celles-ci sont aussitôt remises en vente, ce qui propulse l’offre (soit le nombre de maisons disponibles) au-dessus de la demande (soit le nombre d’acheteurs).  Résultat; la valeur des maisons plonge, et entraîne beaucoup d’emprunteurs dans une panique, puisque ceux-ci se retrouvent avec une hypothèque plus élevée que la valeur de leur maison.  Les Fannie Mae et Freddie Mac en ont donc plein les bras, et en viennent à demander l’aide du gouvernement.  Les banques, qui ont embarqué dans ce marché hypothécaire risqué, se retrouvent en situation précaire, et demandent aussi de l’aide.

Que fait le gouvernement de George W. Bush?  Une autre intervention!  Cette fois sous la forme de divers plans d’aide, dont la somme dépassera un billion de dollars.  Un million de millions!  De quoi mettre l’économie des USA sur la touche pendant de nombreuses années.

Ceci n’est qu’un exemple d’interventionnisme de l’État.

Or, les trois partis principaux, qui se font la lutte, au Québec, et qui nous demande de voter pour eux, le 8 décembre prochain, ne jurent, tous les trois, que par la pensée keynésienne.  Sous des images très différentes, les libéraux, les adéquistes et les péquistes ont, finalement, le même plan, la même pensée économique.  Donc, on nous donne le choix entre « une piastre », « quatre trente-sous », ou « deux rouleaux de cennes noires ».  Bref, du pareil au même.

Quand aura-t-on, au Québec, au point de vue de l’économie, un véritable choix politique?

Il semble que ce ne soit pas pour cette élection-ci.

Débat des chefs: Tout le monde y sera, finalement

C’est en revenant de ma dernière livraison, à Mont-Tremblant, que j’ai appris, à la radio de Radio-Canada (CHOM « ne rentre pas », à Mont-Tremblant, dans mon camion), que la famille au complet sera présente aux débats des chefs, puisque celle du parti vert, Elizabeth May, a finalement été autorisée à y participer.

Dans le reportage, sur le sujet, diffusé lors du bulletin de 16h00, elle remerciait tous ceux qui, parmi la population, lui ont fourni un appui important, afin qu’elle ait droit à son lutrin, elle aussi, devant les caméras, les 1er et 2 octobre prochain.  Je ne sais pas si on a coupé des extraits de ses remerciements, ou encore si elle a fait un oubli majeur, mais je crois qu’elle aurait d’abord dû remercier… Jack Layton.  Voyons voir le fil des événements, d’abord.

Hier, le consortium des télédiffuseurs refusait la présence de madame May, prétextant que d’autres chefs auraient refusé de participer aux débats si elle y était.  Stephen Harper, pour appuyer son refus, a déclaré que la chef des verts n’était rien de plus que la candidate de Stéphane Dion, dans Central Nova, en Nouvelle-Écosse, et que sa présence aux débats donnerait deux représentants libéraux, ce qui désavantagerait les autres chefs.  Elizabeth May a répliqué rapidement, en soulignant le « dédain (du chef conservateur) de l’égalité des femmes, et des féministes en particulier ».  Dès le début de la soirée, Gilles Duceppe a fait savoir, par voie de communiqué, qu’il participerait aux débats, que madame May y soit ou non, et ce même si, à prime abord, il croyait que madame May était trop collée aux libéraux.  On ne pouvait s’attendre à moins; n’est-ce pas Duceppe lui-même, qui met son propre visage sur les pancartes de son parti, accompagnée du mot « Présent »?  Il ne restait donc que deux chefs opposés, soit Stephen Harper, et Jack Layton.

Au cours de la soirée d’hier, les proches de Jack Layton éloignaient déjà les journalistes de celui-ci, qui le pressaient de questions à ce sujet.  La position du chef du NPD ne cadrait pas du tout avec l’alignement de son parti, qui porte définitivement à gauche.  Il est alors probable que les conseillers de Jack Layton lui aient en quelque sorte « recommandé fortement » de laisser madame May participer aux débats des chefs.  Il a donc fait part de sa décision d’accepter Elizabeth May comme participante aux débats télévisés.  Le chef conservateur, ne voulant pas faire cavalier seul, dans cette affaire, a suivi, environ une heure plus tard, en donnant lui aussi son accord.

Tout cela fera en sorte que les libéraux auront, si l’on peut dire, deux représentants sur le plancher des débats.  Ce qui fera l’affaire de Stéphane Dion, qui entendra un « écho » à ses positions.  Je crois que les trois autres chefs, surveilleront madame May de très près.

Ceci étant dit, dans le cadre de la Bourse des chefs, j’enlève 5 points à Jack Layton, chef du NPD, pour s’être placé en position délicate, et pour avoir fait volte-face, dans cette affaire.

Drame familial à Brossard: Un jugement dangereux!

À la page 12, du Journal de Montréal d’aujourd’hui, un article de David Santerre, repris par le site Canoê, mentionne que le tribunal a accordé un montant d’environ 80,000$ à une famille, pour les souffrances qu’elle a endurée depuis un drame familial, survenu sur la rive sud de Montréal.

Revoyons les faits.  Le 22 avril 2002, la gardienne des enfants du couple composé de Martin Brossard et de Liliane de Montigny, se rend au domicile familial, de la rue Booker, à Brossard.  Elle y voit le corps de Martin, balançant au bout d’une corde, dans le salon.  Les policiers, appelés sur place, découvrent les corps de Liliane, étranglée dans une chambre, et des deux fillettes du couple, Claudia, 4 ans, et Béatrice, 18 mois, noyées dans la baignoire.  L’article révèle que plus tard, des membres de la famille de Liliane, soit son père Marcel, et ses soeurs Karen et Sandra, logeaient une poursuite de 730,000$ contre la succession de Martin Brossard pour dommages, souffrances pour eux et les victimes, et les frais funéraires.  Suite à la décision de la Cour supérieure, de leur octroyer 70,000$, les poursuivants en ont appelé, parce que le jugement ne condamnaient la succession ni à des dommages punitifs, ni pour les souffrances infligées aux victimes, ni au paiement des frais funéraires, selon ce que rapporte l’article.

La seule décision que la Cour d’appel a modifié, par rapport au jugement original de la Cour supérieure, c’est l’allocation d’une somme supplémentaire de 11,102$, pour les frais funéraires.  L’article résume les raisons évoquées par la Cour d’appel, dans son jugement.

Pour ma part, je suis porté à dire qu’il s’agit là d’un jugement dangereux.  À mes yeux, les événements n’impliquaient que Martin Brossard, son épouse et ses enfants.  Compte tenu que Brossard était majeur, et que rien n’indique qu’il n’était pas sain d’esprit, au moment des événements, je ne vois pas en quoi la succession de Brossard aurait à payer quelque somme que ce soit à des membres de la famille de Liliane.  À moins, évidemment, que les membres de la succession de Brossard, visés par la poursuite, aient eu un quelconque lien avec les gestes.  S’il était prouvé, par exemple, que Martin avait subi des pressions, de la part de ces personnes, pressions qui auraient pu déboucher sur les événements tragiques.  Sinon, pourquoi poursuivre la succession de Martin Brossard?

Bien sûr, on ne connaît pas toute l’histoire.  Est-ce que des discussions, entre les deux familles, se seraient soldées par une discorde, au niveau des frais funéraires?  Est-ce que le famille de Martin Brossard a fait preuve de mépris, de suffisance, ou d’autres types de comportements reprochables, envers celle de Liliane de Montigny?  Est-ce à croire, d’un autre côté, que la famille de Brossard n’a subi aucun préjudice, n’a vécu aucune souffrance, suite à ces événements?  Le cas échéant, pourquoi ne poursuivent-ils pas à leur tour?

Malgré mon respect pour les deux familles en cause, ici, je persiste à croire que ce genre de jugement ouvre toute grande la porte à beaucoup d’abus.  Imaginez, vous pourriez être poursuivis parce que votre fils de 18 ans ou plus, ou votre frère, majeur, a commis un geste disgracieux envers quelqu’un.  Il me semble qu’un adulte est le seul responsable de ses propres gestes, et que l’on peut poursuivre les membres de la famille d’un individu jugé coupable dans le seul cas où celui-ci est mineur, ou encore lorsqu’il est prouvé qu’il n’est pas responsable de ses gestes.  Qu’on me corrige si j’ai tort, mais un tel jugement pourrait faire en sorte que toute victime d’un vol, d’une agression sexuelle, ou d’un autre crime, pourrait poursuivre la famille du prévenu, une fois celui-ci trouvé coupable.  Cela fait en sorte que l’on pourrait même être poursuivi en justice, suite à des gestes commis par des membres de sa famille, et ce même si l’on a pas de contacts directs avec ceux-ci.

Un jugement dangereux, à mes yeux.